Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Grandes complies et matines de Noël à la paroisse catholique russe de Paris

« Le Christ est né, glorifiez-le ; * le Christ descend des cieux, allez à sa rencontre ; * le Christ est sur terre, relevez-vous. * Chante pour le Seigneur, terre entière, * & peuples, louez-le dans l’allégresse, * car il s’est couvert de gloire. »
(Saint Côme de Maïouma, canon des matines de Noël, hirmos de la première ode).

Ce mercredi soir 6 janvier du calendrier grégorien – correspondant au 24 décembre du calendrier julien – la fête de la Nativité du Christ s’ouvrait par la célébration de l’office des Grandes Complies, suivi de celui des matines de Noël, ces deux offices constituant la vigile nocturne de cette grande fête.

Nous remercions vivement Thomas Wallut et l’émission télévisée Chrétiens orientaux qui nous ont pris ces magnifiques photos de ce long et bel office. En cliquant sur chaque photo, vous aurez une description succincte du moment de l’office où celle-ci a été prise. Plus de photo en suivant ce lien.

Crédit photographique : © Thomas Wallut.

Le livret des choristes pour les grandes complies et les matines de Noël :

Et en version PDF téléchargeable.

Programme du XXXIème dimanche après la Pentecôte – Dimanche des Pères – Avant-fête de Noël – ton 6

Généalogie du Christ - dimanche des PèresParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 janvier 2016 du calendrier grégorien – 21 décembre 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Le dimanche qui précède Noël est consacré, dans le rit byzantin, à la mémoire des saints & justes Pères & Patriarches qui ont précédé l’Incarnation du Messie.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : de l’avant-fête.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : des saints Pères.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du ton dominical occurent, 4 tropaires de la 3ème ode du canon des saints Pères & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de l’avant-fête :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. « Seigneur qui suspendis la terre sur les eaux, * la création, te voyant suspendu à la croix, * trembla de frayeur et s’écria : ** Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu. »
4. Après trois jours au sépulcre, par ta vivifiante Résurrection * tu ressuscitas les morts de jadis; * délivrés de la condamnation, dans l’allégresse ils chantaient : ** Tu es venu, Seigneur, te voici, ô Rédempteur.
5. Sauvant la gloire de leur image et ressemblance avec Dieu, * les Jeunes Gens méprisèrent l’éclat de l’image dorée * et dans le feu de l’Esprit ils chantèrent avec foi : ** Nous ne connaissons d’autre Maître que toi.
6. Par la Sagesse suprême et la puissance de l’Esprit * les Jeunes Gens confondirent les sages babyloniens * et pleins de courage ils s’écriaient : ** Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu.
7. « De ses entrailles, comme il l’avait reçu, * le monstre a rejeté Jonas * comme du sein le nouveau-né; * et le Verbe pareillement * dans le sein de la Vierge est demeuré, * il prit chair et en sortit, * lui conservant son intégrité, * car il a préservé en celle qui l’enfanta ** sa virginité. »
8. Notre Dame, en ciel nouveau, * tu feras bientôt lever * dans la grotte et dans la chair * de ton sein comme nuée * le Soleil de gloire, le Christ, * qui va faire resplendir * de son rayonnement * la terre et tous ses habitants ** par extrême bonté.
9. Tu as vu, Seigneur Jésus, * notre misère et nos douleurs * et nous pris en compassion * sans détourner ton regard; * mais assumant notre néant, * sans quitter le sein du Père tu as demeuré * dans celui de l’Inépousée * qui, sans douleurs, ** va t’enfanter dans la grotte selon la chair.
10. Montagnes et collines, exultez * avec les plaines et les vallées, * tous les peuples, les familles des nations * et tout ce qui respire, battez des mains, * comblés de la joie divine, * car voici la rédemption universelle, * le Verbe intemporel de Dieu * qui vient se mettre par amour ** sous les normes du temps.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire des Pères, ton 2 : Combien sont sublimes les entreprises de la foi ! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos ; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. ** Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
3. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Prépare-toi, Bethléem : * pour tout homme s’ouvre l’Eden ; * pare-toi, Ephratha : * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie ; * son propre sein devient le mystique Paradis * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam : ** le Christ vient au monde pour relever son image déchue.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion des Pères, ton 1 : Réjouis-toi, Bethléem, Ephratha, prépare-toi, * voici que la Brebis s’empresse d’enfanter * le suprême Pasteur qu’elle porte dans son sein ; * à cette vue les Pères théophores sont dans la joie * et chantent avec les Bergers ** la Vierge nourrissant le Créateur de son lait.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion de l’avant-fête, ton 3 : La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * en une grotte ineffablement le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante & danse, glorifie avec les Anges & les Bergers * celui qui a voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Prokimen
Des Pères, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement (Daniel, 3, 26).
℣. Car tu es juste en toutes les œuvres accomplies pour nous (Daniel, 3, 27).

Epître
Du dimanche avant la Nativité du Christ : Hébreux (§ 328) XI, 9-10, 17-23, 32-40.
Cependant toutes ces personnes, à qui l’Écriture rend un témoignage si avantageux à cause de leur foi, n’ont point reçu la récompense promise ; Dieu ayant voulu, par une faveur particulière qu’il nous a faite, qu’ils ne reçussent qu’avec nous l’accomplissement de leur bonheur.

Alleluia
Des Pères, ton 4 :
℣. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, & nos pères nous ont fait connaître (Psaume 43, 2).
℣. Puisque c’est toi qui nous as sauvés de ceux qui nous affligeaient, et qui as confondu ceux qui étaient animés de haine contre nous (Psaume 43, 8).

Evangiles
Du dimanche avant la Nativité du Christ : Matthieu (§ 1) I, 1-25.
Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, à qui on donnera le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire, Dieu avec nous.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du XXXème dimanche après la Pentecôte – Dimanche des saints Ancêtres du Christ – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 décembre 2015 du calendrier grégorien – 14 décembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Avec le dimanche qui suit, ce jour constitue un dimanche de préparation à la fête de la Nativité du Christ puisque l’on y fête tous les saints ancêtres selon la chair de notre Seigneur.

En fait, ce premier dimanche a reçu son appellation (en grec « Πропатόрων ») parce qu’il précède le second (« Παтέрων »), mais tous deux célèbrent, sans réelles différences, tous les justes de l’Ancien Testament qui ont précédé la venue du Messie.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Ancêtres. Kondakion : des Ancêtres.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 5, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Ancêtres (œuvre de Joseph l’Hymnographe) :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Dans l’univers est célébrée * l’ardeur de Seth pour son Créateur : * par la ferveur de son âme, en effet, * et la pure vie qu’il a menée, * il l’a servi en vérité * et maintenant il s’écrie * sur la terre des vivants : ** Saint es-tu, Seigneur notre Dieu.
8. De bouche et de cœur, * de ses lèvres et en esprit * l’admirable Enos commença * d’invoquer divinement * le nom du Seigneur Dieu de l’univers ; * ayant vécu sur terre * d’une façon qui plut à Dieu, ** il en acquit grand renom.
9. Par des hymnes sacrées * célébrons le bienheureux Enoch * qui, ayant plu au Seigneur, * fut ravi dans la gloire, * ainsi qu’il est écrit, * triomphant visiblement de la mort * pour avoir été ** un serviteur tout proche de Dieu.
10. L’attente des nations * vient de la Vierge maintenant * et voici que Bethléem * entr’ouvre justement * l’Eden jadis fermé, * en recevant le Verbe incarné * et dans la crèche reposant ** corporellement.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire des Ancêtres, ton 2 : Par la foi tu as justifié les Ancêtres, * en épousant d’avance par eux l’Eglise de la gentilité. * Ces saints sont fiers, dans la gloire, * car de leur lignée devait naître un fruit glorieux, * celle qui t’a engendré virginalement. ** Par leurs supplications, ô Christ Dieu, aie pitié de nous.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion des Ancêtres, ton 6 : Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’Essence indescriptible, * dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. * Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. * Hâte-Toi, ô Miséricordieux, ** viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon ta volonté.

Prokimen
Des Ancêtres, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26).
℣. Car tu es juste en toutes les œuvres accomplies pour nous. (Daniel, 3, 27).
(On ne dit pas le prokimen du dimanche).

Epître
Du dimanche des saints Ancêtres : Colossiens (§ 257) III, 4-11 (du 29ème dimanche après la Pentecôte).
Dépouillez le vieil homme avec ses œuvres, et revêtez-vous du nouveau.

Alleluia
Des saints Ancêtres, ton 4 :
℣. Moïse et Aaron étaient ses prêtres, et Samuel était au nombre de ceux qui invoquaient son nom (Psaume 98, 6).
℣. Ils invoquaient le Seigneur, et le Seigneur les exauçait (Psaume 98, 6).
(On ne dit pas l’alleluia du dimanche).

Evangile
Du dimanche des saints Ancêtres : Luc (§ 76) XIV, 16-24 (du 28ème dimanche après la Pentecôte).
Car je vous assure que nul de ces hommes que j’avais conviés, ne goûtera de mon souper.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des saints Ancêtres : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXIXème dimanche après la Pentecôte – saint Ambroise de Milan – ton 4

Saint Ambroise de Milan - fresque du monastère de Dyonisiou - Mont Athos 1547Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 20 décembre 2015 du calendrier grégorien – 7 décembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Ambroise, évêque de Milan.

Saint Ambroise naquit dans une puissante famille de l’administration impériale à Trèves, en 339 ou 340, où son père Ambroise, chrétien, exerçait l’importante charge de préfet du prétoire pour la province des Gaules.

Selon la Vie d’Ambroise rédigée par son secrétaire Paulin de Milan, son berceau se trouvait dans la salle du prétoire. Un jour qu’il y dormait, un essaim d’abeilles survint tout à coup et couvrit sa figure et sa bouche de telle sorte qu’il semblait que les insectes entraient dans sa bouche et en sortaient. Les abeilles prirent ensuite leur envol et s’élevèrent en l’air à une telle hauteur que l’œil humain n’était plus capable de les distinguer. L’événement frappa son père qui dit: « Si ce petit enfant vit, ce sera quelque chose de grand. » En quittant son visage, les abeilles avaient laissé un peu de miel dessus. Ceci fut considéré comme le présage de son éloquence future.

À la mort de son père, sa mère retourna à Rome avec ses trois enfants, encore en bas âge : Ambroise, Marcelline et Satyre, qui deviendraient tous trois saints. Confié aux meilleurs maîtres, Ambroise montra par la suite de grandes capacités pour les sciences, et faisait en particulier l’admiration de tous par ses dons oratoires.

À l’adolescence, il vit sa mère et sa sœur, laquelle avait consacré sa virginité à Dieu, embrasser la main des prêtres de Jésus-Christ (vénérable coutume qui existait dès les premiers temps de l’Eglise et qui est encore largement pratiquée en Orient de nos jours ainsi que dans certaines régions d’Europe occidentale méditérranéenne : il s’agissait (et il s’agit toujours) d’honorer les mains qui avaient reçu l’onction sacerdotale pour bénir et consacrer). Pour plaisanter, Ambroise tendit sa main à sa sœur assurant qu’elle devait l’embrasser comme elle l’avait fait aux prêtres. Mais celle-ci refusa, considérant Ambroise encore comme un enfant impertinent.

À l’issue de ses études de droit, Ambroise fut désigné en 370 par l’empereur Valentinien Ier († 375) comme gouverneur de la province de Ligurie-Émilie, ayant pour capitale Milan. Le préfet Probus lui dit alors, sans savoir qu’il prononçait une prophétie : « Va et gouverne plutôt en évêque qu’en juge », voulant par là l’exhorter à la compassion et à la miséricorde. De fait, le jeune homme s’acquit bien vite l’attachement et la reconnaissance du peuple, par sa sagesse et ses vertus.

Mosaique de saint Ambroise de Milan dans la chapelle de saint Victor datant de 378 - un probable portrait fidèle du saintÀ cette époque, malgré de longues années de luttes depuis le Concile de Nicée (tenu en 325), l’hérésie arienne était encore tenace et divisait toujours l’Église, surtout en Orient où elle avait trouvé le soutien du nouvel empereur Valens (364-378). À la mort en 373 de l’évêque arien de Milan Auxence, une assemblée se tint dans la cathédrale pour procéder à l’élection du nouvel évêque, mais le peuple était si divisé entre les deux partis, orthodoxe et arien, qu’il était impossible de parvenir à un accord. On fit alors appel à Ambroise pour intervenir et calmer le tumulte. Les paroles du gouverneur, sa douceur, sa persuasion, son esprit de paix firent une telle impression que tous les fidèles reprirent soudain d’une seule voix l’exclamation d’un enfant qui s’était écrié : « Ambroise évêque ! » Surpris, puis effrayé, Ambroise objecta qu’il n’était encore que catéchumène — car la coutume était alors répandue de retarder le baptême pour ne pas le souiller par des péchés ultérieurs — et il se réfugia dans son palais, suivi par la foule qui répétait sans cesse ce même cri. La nuit venue, il tenta de s’enfuir à cheval, mais il perdit son chemin et, au petit matin, se retrouva à son point de départ. Il essaya ensuite d’échapper à ces honneurs en écrivant à l’empereur, mais celui-ci, d’habitude indifférent aux affaires ecclésiastiques, soutint avec admiration l’élection d’Ambroise. Finalement résigné à se soumettre à la volonté de Dieu, ce rhéteur et administrateur de trente-cinq ans fut ordonné évêque, huit jours après son baptême, à la satisfaction des deux partis ; c’était le 7 décembre 374.

Dès lors Ambroise se consacra complètement à son ministère et renonça à tous biens, richesses et plaisirs. Il distribua son argent aux pauvres et fit don de ses vastes propriétés à l’Église. Ne gardant rien pour lui, il passait presque toute la semaine dans le jeûne le plus strict, consacrait ses nuits à la prière et à la méditation des Écritures et des saints Pères, alors que pendant le jour il s’occupait des affaires de l’Église et de la direction de son troupeau spirituel. Sous la direction du prêtre Simplicien, il acquit une profonde connaissance de la philosophie et des Pères grecs (en particulier d’Origène) et s’engagea avec fougue dans la défense de l’Orthodoxie catholique, à la grande confusion des Ariens qui avaient agréé l’élection de ce magistrat modéré, espérant en faire leur instrument.

A la suite de saint Hilaire de Poitiers, l’évêque de Milan se montra pendant vingt-cinq ans le champion de la foi véritable en Occident, telle qu’elle avait été clairement exprimée au concile de Nicée, et fit de son siège, qui était devenu depuis 381 la résidence de l’empereur d’Occident, la métropole où se décidaient toutes les affaires ecclésiastiques des diocèses d’Italie, de Pannonie, de Dacie et de Macédoine.

Ambroise parvint à s’assurer la confiance et l’intérêt de l’empereur d’Occident, Gratien (375-383), grâce auquel il put faire réunir le concile de Sirmium (juillet 378) et faire décréter des lois proscrivant l’arianisme.

À la mort de Valens (379), l’empire d’Orient passa aux mains du pieux Théodose. Le nouvel empereur, nicéen, fit réunir le Second Concile Œcuménique à Constantinople, en juillet 381, tandis que Gratien, conseillé par Ambroise, convoquait le concile d’Aquilée, qui tentait de mettre fin de l’arianisme en Occident.

En 383, à la mort de Gratien, l’empire compte trois empereurs : Maxime à Trèves, Valentinien II, sous la tutelle de sa mère Justine à Milan, Théodose à Constantinople.

Ambroise dut s’opposer fermement à la politique de l’impératrice Justine et de l’entourage du jeune héritier, Valentinien II, qui étaient gagnés à l’hérésie arienne. Valentinien II intima un jour au prélat l’ordre de livrer son église. « Allez dire à votre maître, répondit Ambroise aux envoyés de l’empereur, qu’un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu ! » Il s’enferma alors dans la cathédrale de Milan, entouré du peuple décidé à mourir avec lui ; et, du Dimanche des Rameaux au Jeudi Saint, les chrétiens de Milan résistèrent ainsi aux troupes qui tentèrent d’investir cette basilique, en n’ayant pour armes que la prédication enflammée de leur pasteur, et le chant ininterrompu des psaumes et des hymnes. On date de cet épisode l’introduction du chant antiphoné dans l’Eglise de Milan, et par là en Occident, à l’imitation de ce qui se pratiquait en Orient et à Antioche en particulier. Plus généralement, il est certain que saint Ambroise contribua à organiser profondément la liturgie de son Eglise (l’actuel rit milanais dit aussi rit ambrosien).

En 390, Théodose, alors au faîte de sa gloire, fit réprimer avec une cruauté inutile une émeute qui s’était déclenchée à Thessalonique, et plus de sept mille personnes furent alors massacrées. La nouvelle parvint jusqu’à Milan et, lorsque l’empereur en visite dans la métropole italienne se présenta à la porte de la cathédrale pour assister à la messe, saint Ambroise lui en interdit l’entrée et l’excommunia pendant plus de huit mois. Respectueux envers la discipline de l’Église, le souverain se soumit avec humilité à la pénitence publique. Le jour de la Nativité, il se présenta à l’église, se prosterna jusqu’à terre aux pieds d’Ambroise, baignant le sol de ses larmes et suppliant d’être à nouveau jugé digne de la participation aux saints Mystères. Après avoir obtenu le pardon de l’évêque, au moment de la communion, il pénétra dans le sanctuaire pour communier avec les clercs, comme c’était la coutume à Constantinople. Mais le serviteur de Dieu Ambroise se tourna vers lui et l’humilia publiquement une nouvelle fois en le repoussant et lui disant : « Sors d’ici et demeure à ta place parmi les laïcs, car la pourpre n’institue pas des prêtres, mais des empereurs ! » Théodose se retira alors parmi les pénitents, tant son respect pour Ambroise était grand. De retour à Constantinople, jamais plus il n’osa entrer dans le sanctuaire pour communier.

Familier des princes et des grands de ce monde, Ambroise portait aussi son attention sur le moindre de ses fidèles. Lorsqu’un pécheur venait vers lui pour se confesser, il le prenait dans ses bras et le baignait de ses larmes. Défenseur ardent de la foi, il détourna aussi un grand nombre de païens des ténèbres et les initia au mystère du christianisme, en particulier par ses brillants sermons publics. Le plus célèbre de ses disciples fut saint Augustin qui, grâce à l’évêque de Milan, put se détourner de la fausse religion du manichéisme et, baptisé par saint Ambroise lui-même, entrer définitivement dans l’Église qu’il allait si brillamment servir. C’est grâce à lui encore que la reine Frigitilde de la tribu germanique des Marcomans reçut le saint baptême et attira son peuple à la vraie foi.

Malgré ses multiples activités, ce grand pasteur trouva cependant le temps de composer de nombreux ouvrages, principalement exégétiques et moraux, dans lesquels il manifeste une vaste culture, tant sacrée que profane, et qui contribuèrent grandement à la diffusion de la doctrine des Pères grecs dans le monde latin. Outre son œuvre oratoire, Ambroise enrichit aussi l’Église par de magnifiques hymnes liturgiques, destinées à être chantées par le peuple en deux chœurs antiphonés, qui furent un des plus riches éléments de la liturgie latine pendant de longs siècles.

Saint Ambroise s’endormit dans la paix du Christ, à l’aube du Samedi Saint, le 4 avril 397, deux ans après l’empereur Théodose, dont il avait prononcé l’éloge funèbre. Les cérémonies de ses funérailles ne purent être accomplies que le Jeudi in Albis en raison de la célébration de Pâques. Dans le rit romain comme dans le rit byzantin, saint Ambroise est fêté au 7 décembre, date à laquelle il devint évêque de Milan. L’Eglise de Milan, dans le rit ambrosien, quant à elle fête saint Ambroise à quatre reprises au cours de son année liturgique : le 7 décembre (fête principale – anniversaire de son sacre épiscopal), le 30 novembre (anniversaire de son baptême), le Jeudi in Albis (après Pâques – anniversaire de ses funérailles) et le 14 mai (anniversaire de la translation de ses reliques avec celle des saints Gervais et Protais dans le reliquaire en argent qui les contient toujours).

Le corps de saint Ambroise repose jusqu’à aujourd’hui dans la basilique Saint-Ambroise de Milan, sous l’autel majeur, en compagnie des saints diacre Gervais et Protais (photos prises au cours de l’un de nos pèlerinages à Milan) :

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical occurrent :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance ; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et par ta pauvreté la richesse. * Père Ambroise, * prie le Christ Dieu ** de sauver nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 3 : Rayonnant par les dogmes divins, * tu as assombri les séductions d’Arius, * toi le docteur des mystères & le pasteur, ô Ambroise. * Et tu as accompli des miracles par la puissance de l’Esprit, * tu as guéri efficacement les diverses passions, ô Vénérable Père. * Prie le Christ Dieu pour que nos âmes soient sauvées.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).

Epître
Du dimanche : Colossiens (§ 258) III, 12-16 (Epître du 30ème dimanche après la Pentecôte, en raison des deux dimanches des Ancêtres & des Pères).

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 85) XVII, 12-19.
Alors Jésus dit : Tous les dix n’ont-ils pas été guéris ? Où sont donc les neuf autres ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXVIIIème dimanche après la Pentecôte – saint André le Protoclite – ton 3

Apôtre André le ProtocliteParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 décembre 2015 du calendrier grégorien – 30 novembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Apôtre André le Premier-Appelé.

Saint André, le glorieux Apôtre du Christ, était le frère du saint Apôtre Pierre et était originaire comme lui de la ville de Bethsaïde (auj. Al-Tell), située sur la rive Nord-Est du lac de Tibériade. Les deux frères exerçaient ensemble la profession de pêcheurs. Quand saint Jean le Précurseur prêcha son message de pénitence et de conversion, André accourut vers lui et devint son disciple. Un jour, après avoir baptisé Jésus, Jean le Baptiste s’entretenait avec André et un autre disciple et, leur montrant Jésus qui passait non loin de là, il leur dit : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jean I, 35). À cette parole du Précurseur, ils suivirent Jésus pour le connaître davantage. Le Christ se retourna alors vers eux et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Maître, où demeures-tu ? » — « Venez et voyez », dit Jésus. Ils se rendirent donc avec lui dans la demeure où il séjournait et l’interrogèrent le reste du jour. De cet entretien, André retira la conviction que ce Jésus était le Messie attendu depuis tant de siècles par son peuple, le Sauveur du monde. Ne retenant pas sa joie, il se précipita chez son frère Simon et lui cria : « Nous avons trouvé le Messie ! » (Jean I, 41), puis il le conduisit auprès de Jésus. André fut ainsi le premier à reconnaître le Christ et à le suivre en devenant son disciple ; c’est pourquoi il reçut le surnom de « Premier-Appelé » ou Protoclite (Πρωτοκλήτος en grec, Первозванный en slavon). Par la suite, André suivit le Seigneur avec le groupe des Douze. Il était présent lors de la multiplication des pains (Jean VI, 5-15) et vint intercéder auprès du Seigneur, pour qu’il nourrisse aussi d’aliment terrestre ces cinq mille hommes. André était lié d’amitié avec saint Philippe, qui était originaire comme lui de Béthsaïde. Lorsque certains Hellènes demandèrent à Philippe à voir Jésus, Philippe alla le rapporter à André, qui jouissait d’une plus grande familiarité auprès du Maître (Jean XII, 20-22). Le Premier-Appelé fut témoin des événements qui accompagnèrent la Passion du Christ et assista avec les autres Apôtres à ses apparitions après sa Résurrection.

Après la Pentecôte, on perd sa trace dans le Nouveau Testament. Cependant, les Actes d’André, dont la première rédaction date des années 150-200, ont vraisemblablement conservé des traditions orales plus anciennes des travaux évangéliques du saint Apôtre. A la dispersion des Apôtres, André s’est consacré à l’évangélisation des côtes de la mer Noire, de la Bithynie, de la Thrace et de la Grèce (Macédoine, Thessalie et Achaïe). Les Actes d’André retracent son itinéraire : il apporte l’Evangile d’abord à Amisos, ville du Pont (auj. Samsum) sur le littoral de la mer Noire, puis à Trébizonde et Lazique, avant de retourner à Jérusalem pour passer Pâques. De là, il partit avec saint Jean le Théologien pour Éphèse et évangélisa quelque temps les régions occidentales de l’Asie Mineure. En remontant vers la Propontide et prêchant dans les villes de Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, Héraclée du Pont et Amastris, il parvient à Sinope, Néocésarée et Samosate, puis se rendit une nouvelle fois à Jérusalem pour le concile qui réunit les Apôtres au sujet de la réception des païens dans l’Église (Actes XV, 6). Après la fête de Pâques, il accompagna quelque temps Matthias et Thaddée jusqu’aux confins de la Mésopotamie, puis passa d’Orient en Occident en suivant les rivage du Nord de la mer Noire, du Caucase vers la Thrace. Il aurait prêché l’Evangile aux habitants de la petite ville de Byzance, y fondant l’Eglise et y laissant saint Stachys, l’un des soixante-dix Disciples, comme évêque (l’actuel patriarche Bartholomée est considéré comme le 270ème successeur de saint André). Par la suite, il poursuivit son périple en Thrace, Macédoine et Thessalie, et parvint à la ville de Patras, dans le Péloponnèse où il subit le martyre sous le règne de l’empereur Néron. Comme son frère Pierre à Rome, il subit le supplice de la croix, mais refusa de mourir tout à fait exactement comme son Seigneur : il fut lié par des cordes à une croix et succomba au bout de trois jours.

Procession de la Croix de saint André dans sa cathédrale de PatrasLa fête de saint André au 30 novembre est sans doute l’une des plus ancienne fête particulière d’Apôtre, on la trouve déjà inscrite dans le plus ancien calendrier chrétien, le calendrier philocalien (336/354), c’est du reste une des rares fêtes d’Apôtres dont la date est commune au rit latin et au rit byzantin.

Le 3 mars 357, sous l’empereur Constance II, les reliques de saint André furent transférées de Patras à Constantinople où elles furent déposées avec celles de saint Luc et de saint Thaddée dans l’église des Saints-Apôtres. Cinq cents ans après, son chef et sa croix revinrent à Patras, envoyées par l’empereur Basile Ier le Macédonien (867-886). Lors de la conquête de Constantinople, le corps du saint, qui y était demeuré, est transféré dans la cathédrale d’Amalfi en Italie, au Sud de Naples, où il se trouve encore. En 1460, devant l’invasion turque dans le Péloponnèse, le chef de saint André, ainsi que sa croix, qui étaient encore à Patras, furent offerts au pape Pie II par le despote de Morée Thomas Paléologue, mais ne purent parvenir à la basilique Saint-Pierre de Rome qu’en 1462, où ces reliques reposèrent alors auprès de celles de son frère de sang Simon Pierre. Le Pape Paul VI, en geste d’amitié envers l’Eglise de Grèce, décida le 26 septembre 1964 de restituer le crâne du saint et les reliques de sa croix à la ville de Patras. Ces précieuses reliques sont conservées depuis dans l’immense cathédrale Saint-André de Patras, dédiée en 1974, qui est actuellement la plus grande église de ce pays. En juillet 2013, les reliques de la croix de saint André firent un voyage triomphal en Russie.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de l’Apôtre.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3 & 4 tropaire de la 3ème ode du canon de l’Apôtre (œuvre de saint Jean Damascène) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Ayant soif, tu accourus, * sans être appelé, mais de ton propre mouvement, * comme un cerf vers la source de vie ; * l’ayant trouvée, tu l’annonças au monde entier, * André, et t’y étant désaltéré, * tu abreuvas tous ceux qui avaient soif ** des flots de l’immortalité.
8. Te conformant à la nature, * admirable saint André, * tu fis participer à ta découverte * ton frère, en lui disant : * Nous avons trouvé celui que nous cherchions ; * et ton aîné selon la chair, ** tu l’introduisis dans la connaissance de l’Esprit.
9. Grâce au filet de la parole tu repêchas * saint Apôtre, les mystiques poissons du gouffre de l’erreur * et tels un mets délicieux * les portas à la table du Christ, * illuminés par la grâce de celui qui est apparu ** dans la similitude de la chair.
10. Vierge, tu as conçu en ton sein * notre Dieu par l’Esprit Saint, * demeurant inconsumée malgré l’irrésistible feu : * c’est donc toi que le buisson * ardent sans être consumé * a révélé d’avance bien clairement ** à Moïse le Législateur.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 4 : Toi qui des Apôtres fus le premier appelé * et le propre frère de leur Coryphée, * André, prie le Maître de tout * pour qu’il fasse don de la paix au monde ** et qu’à nos âmes il accorde la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : L’éponyme de la vaillance, le premier appelé, le héraut de Dieu, * qui suivit le Coryphée de l’Église, * le frère de Pierre, acclamons-le, * car il nous répète ce que jadis il dit à celui-ci : ** Venez, nous avons trouvé Celui que nous souhaitons.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De l’Apôtre, ton 8 :
℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres
Du dimanche : Colossiens (§ 250) I, 12-18.
Il est le chef, la tête du corps de l’Église. Il est les prémices, et le premier-né d’entre les morts, afin qu’il soit le premier en tout.
De l’Apôtre : I Corinthiens (§ 131) IV, 9-16.
Car il semble que Dieu nous traite, nous autres apôtres, comme les derniers des hommes, comme ceux qui sont condamnés à la mort, nous faisant servir de spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De l’Apôtre, ton 1 :
℣. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
De l’Apôtre : Jean (§ 4) I, 35-51.
André, frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu dire ceci à Jean, et qui avaient suivi Jésus. Et ayant trouvé le premier son frère Simon, il lui dit : Nous avons trouvé le Messie.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
Des Apôtres : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.
Concert : Catavasies de la Nativité.

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Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – saint Alexandre Nevski – ton 2

PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 décembre 2015 du calendrier grégorien – 23 novembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous sommes aussi en ce jour dans l’après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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Saint pieux prince Alexandre NevskiNous fêtons aussi en ce jour le saint pieux prince Alexandre Iaroslavitch Nevski (= »de la Néva »), qui prit le nom d’Alexis lorsqu’il devint moine.

À l’une des époques parmi les plus critiques de l’histoire mouvementée de la Russie, saint Alexandre de la Néva brilla par son courage et par ses vertus de chef d’état chrétien. Énergique, vaillant, défenseur de la foi et de la justice, il reçut de Dieu la mission d’offrir sa vie au service de son peuple assailli de toutes parts. Fils de Iaroslav Vsevolodovitch, prince de Pereïaslavl-Zalesski, au nord de Moscou, saint Alexandre naquit en 1220. Dès son plus jeune âge, le prince fut initié au métier des armes et à l’art du gouvernement par son père ; mais il apprit aussi à user de l’un et de l’autre avec sagesse et modération pour la cause de la piété et de la justice, grâce à la fréquentation assidue de l’église et à la méditation des saintes Écritures. Alexandre était si beau, si vaillant et se comportait avec un tel esprit évangélique, qu’il faisait l’admiration même de ses ennemis.

En 1228, âgé de seulement dix ans, il était devenu avec son frère aîné, Théodore, prince de la fière et grande ville de Novgorod. Il fit de bonne heure l’expérience des difficultés du gouvernement, car les habitants de la ville étaient divisés par des luttes fratricides, qui opposaient les riches au pouvoir et les pauvres écrasés par les taxes et la tyrannie des notables. En 1231, cette situation fut aggravée par une famine et un hiver exceptionnellement rigoureux, qui firent de nombreuses victimes. Le jeune prince manifesta alors ses vertus chrétiennes en ouvrant toutes ses réserves et en venant en aide personnellement aux riches comme aux pauvres. Il se fit ainsi aimer de ses sujets et put, peu à peu, imposer son autorité aux habitants qui avaient refusé jusque-là de le reconnaître. Ami du clergé, des moines et des pauvres, il consacrait toute son énergie à la sauvegarde de sa ville menacée.

Saint Alexandre de la NévaDepuis 1223, les Tatares (Mongols), venus des steppes d’Asie centrale, avaient envahi et ravagé d’immenses territoires et, entre 1237 et 1239, ils déferlèrent sur la Russie, massacrant la population et pillant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ils s’emparèrent de Vladimir, mais s’arrêtèrent à environ cent kilomètres de Novgorod pour se diriger vers Kiev qu’ils réduisirent en cendres. Ils se fixèrent ensuite dans la partie sud-est de la Russie, sur un territoire d’une grande importance géo-stratégique, la Horde d’Or, territoire qui contrôlait l’accès à la mer Noire, au Caucase et à l’Asie centrale. Ils soumirent pour plus de deux cents ans les principautés russes à de très lourds tributs, les menaçant constamment de meurtrières invasions en cas de rébellion.

Devenu seul prince de Novgorod à la mort de son frère en 1236, Alexandre eut à affronter un danger plus pressant encore venu d’Occident : le royaume de Suède, celui de Lituanie et les chevaliers teutoniques faisaient en effet converger leurs efforts pour s’emparer des principautés russes affaiblies par l’invasion mongole et par leurs divisions. Le 15 juillet 1240, Alexandre fut contraint de réunir une faible armée pour s’opposer à une massive incursion des Suédois. Mais la veille au soir, les saints princes Boris et Gleb apparurent sur un mystérieux bateau descendant la Neva, en exhortant les rameurs célestes à se hâter pour venir au secours de leur « parent, Alexandre ». Encouragés par cette apparition, le jeune prince et ses hommes infligèrent alors une défaite écrasante à leurs ennemis, c’est ce qui lui valut le surnom d’Alexandre « de la Neva ». Malgré cette victoire, le peuple de Novgorod, à nouveau divisé, expulsa quelque temps après son héros. Mais, lorsque, l’année suivante, les chevaliers teutoniques, qui s’étaient emparés de Pskov, menacèrent de prendre Novgorod, on rappela en hâte Alexandre qui, sans rancune, accourut au secours de son peuple et remporta une nouvelle victoire sur les eaux glacées du lac Peïpous (5 avril 1242). Il fut alors accueilli triomphalement à Novgorod et passa les quatre années suivantes à s’opposer aux incursions répétées des Lituaniens, qu’il repoussa définitivement, en 1245, près de Vitebsk.

Pieux prince Alexandre NevskiÀ la mort de son père, en 1246, Alexandre fut convoqué à la Horde d’Or, auprès du Khan tatare avec les autres princes russes. L’usage voulait qu’en rendant hommage au souverain mongol, on se soumît aussi aux rites païens, sous peine de mort. Alexandre le savait, mais il ne voulait pour rien au monde trahir la sainte foi, aussi se prépara-t-il à la mort. Arrivé devant le Khan, il s’inclina respectueusement devant son suzerain, mais refusa de se soumettre au rite païen, en disant : « Sire, je te rends honneur car Dieu t’a octroyé la souveraineté, cependant je ne peux vénérer les idoles, car je suis chrétien et j’adore le seul Dieu en trois Personnes, le Créateur du ciel et de la terre ! » Le Khan, impressionné par son courage et ayant été mis au courant des exploits du saint prince, ordonna qu’on ne lui fît aucun mal, et il lui offrit une hospitalité pleine d’égards. De là, Alexandre et son frère André furent envoyés auprès du Grand Khan, à Qaraqorum, capitale de l’immense Empire mongol fondée par Gengis Khan, au centre de l’actuelle Mongolie. Alexandre revint à Novgorod en 1251, épuisé et malade après ce long voyage, mais ayant été confirmé prince de Novgorod et de Kiev, et en ayant acquis la confiance des occupants mongols.

En 1260, les tributs exigés par les Mongols augmentèrent à nouveau et ceux qui ne pouvaient pas s’en acquitter étaient pris comme esclaves par les mercenaires chargés du recouvrement des impôts. On enrôlait également de force de nombreux Russes pour servir dans la campagne engagée par le Khan en Perse. Saint Alexandre partit à nouveau en mission à Saraï, obtint l’allégement des taxes et put éviter la conscription obligatoire. Mais, épuisé par le voyage et la maladie, il mourut en route, le 14 novembre 1263, après avoir revêtu le Grand Habit monastique sur son lit de mort, sous le nom d’Alexis.

Saint Alexandre NevskyDe nombreux miracles et apparitions eurent lieu auprès de son tombeau, particulièrement à la veille des grandes victoires des Russes contre les Mongols en 1380, 1552 et 1572. En 1380, à la veille de la grande bataille de Koulikovo, le corps de saint Alexandre fut trouvé intact. Son culte se développa au sein du peuple, et il fut officiellement reconnu lors du Concile de Moscou de 1547. En 1721, à la suite de sa victoire contre la Suède, le tsar Pierre le Grand fit procéder à la translation des reliques de saint Alexandre à Saint-Pétersbourg, dans l’église principale de la laure qui lui avait été dédiée, et il le proclama protecteur du peuple russe.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du pieux Prince. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du pieux prince.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 2, 4 tropaires des 4ème & 5ème odes du canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) et 4 tropaires de la 6ème ode du canon du pieux Prince :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Accueillant en ce jour au milieu d’elle * la Porte infranchissable, la maison de Dieu * fit cesser l’obscure adoration * prescrite par la Loi et s’écria : ** A ceux de la terre est apparue la vérité.
6. La montagne d’ombre dont jadis * Habacuc, l’ayant contemplée, * annonça l’entrée au Saint des saints * a fait fleurir les vertus ** et couvre les confins de l’univers.
7. Sanctuaire glorieux * et offrande sacrée, * la Vierge toute-pure, présentée en ce jour * au Temple du Seigneur, * y est gardée comme il le sait, * pour devenir l’habitation ** du seul Dieu et Roi de l’univers.
8. Zacharie, voyant jadis * la beauté de ton âme, eut foi et s’écria : * Tu es la rédemption * et la joie de l’univers, * notre rappel auprès de Dieu, * car celui que nul espace ne contient ** se montre à moi dans les limites de ton sein.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
3. Tropaire du pieux Prince, ton 4 : Tel le précieux rejeton d’une pieuse racine, * bienheureux Alexandre, le Christ te manifesta * comme un trésor divin de la terre de Russie, * un nouveau thaumaturge, très glorieux et agréable à Dieu. * Et assemblés pour célébrer en ce jour ta mémoire avec foi et amour,* par les psaumes et les chants, * nous glorifions avec joie le Seigneur * qui t’a donné la grâce des guérisons. **Aussi prie-Le de sauver cette cité, et que les fils de la Russie soient sauvés.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du pieux Prince, ton 8 : Nous te vénérons comme une étoile étincelante, * qui se leva en orient et parvint en occident, * enrichissant tout ce pays par des miracles et par la bonté, * illuminant ceux qui vénèrent ta mémoire avec foi, bienheureux Alexandre. * Aussi nous, ton peuple, fêtons en ce jour ta dormition ; * prie afin que ta patrie soit sauvée * ainsi que tous ceux qui accourent à tes reliques et qui t’acclament : ** réjouis-toi soutien de notre cité !
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
Du pieux Prince, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
Du pieux Prince : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
Du pieux Prince : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
℣. Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge ** s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Hirmos : Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée ** plus haut que toute créature.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du pieux Prince : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Pèlerinage à l’Abbaye de Chevetogne, Belgique

De ce vendredi 27 jusqu’au dimanche 29 novembre 2015, le clergé, le chœur, l’atelier d’iconographie & les fidèles de la paroisse catholique byzantine russe de Paris de la Très-Sainte-Trinité étaient en pèlerinage en Belgique au monastère de Chevetogne. Voici quelques images de cette retraite spirituelle dans la célèbre abbaye belge bi-rituelle fondée par Dom Lambert Beauduin, où se célèbrent en parallèle les rits byzantins & romains.

À chaque extrémité du monastère s’élèvent deux églises : au sud, l’église byzantine construite de 1955 à 1957, et au nord, l’église latine construite entre 1981 et 1988.

Arrivés le vendredi soir, nous pûmes assister à la célébration des vêpres, puis, après le souper, à celles des complies en rit byzantin, célébrées dans la crypte de l’église byzantine. L’église basse est utilisée en hiver, comme c’est souvent le cas en Russie, pour les offices de semaine. Elle est dédiée au Saint-Esprit. Son iconostase provient de la chapelle d’une ancienne villa florentine qui appartenait à une famille russe.

Entre les offices du samedi (matines à 6h du matin, sexte, vigiles dominicales), nous bénéficiâmes de trois conférences données par les frères du monastère.

Conférence de l'higoumène (=Père Abbé) Philippe : "Pourquoi célébrons-nous la liturgie"
Conférence de l’Higoumène (=Père Abbé) Philippe : « Pourquoi célébrons-nous la liturgie »

Nous pûmes bénéficier aussi d’une visite de l’église haute – dédiée à l’Exaltation de la sainte Croix – et de ses exceptionnelles fresques.

C’est dans cette église haute que furent célébrées le samedi soir les vigiles dominicales, réunissant – selon la tradition russe – les grandes vêpres et les matines du dimanche, au cours desquelles le rit byzantin chante chaque dimanche la glorieuse résurrection du Christ.

Le dimanche matin, le clergé de notre paroisse célébra avec celui du monastère la divine liturgie de saint Jean Chrysostome.

Voici quelques vues de l’église latine, à l’autre extrémité du monastère (non loin de la fabuleuse bibliothèque de 150 000 volumes) :

Un grand merci aux frères de Chevetogne pour la charité de leur accueil et pour nous avoir fait participer à la beauté de leur vie spirituelle !

La paroisse catholique byzantine russe de Paris en pèlerinage à l’abbaye de Chevetogne

Monastère de Chevetogne

De ce vendredi 27 jusqu’au dimanche 29 novembre 2015, le clergé, le chœur & les fidèles de la paroisse catholique byzantine russe de Paris de la Très-Sainte-Trinité seront en pèlerinage en Belgique au monastère de Chevetogne. Il n’y aura donc pas – exceptionnellement – de divine liturgie ce dimanche à Paris à la paroisse.

Le monastère de Chevetogne a été fondé à la fin de l’année 1925 par Dom Lambert Beauduin (1873-1960) qui, comme moine de l’abbaye du Mont-César (Louvain), était l’un des acteurs principaux du Mouvement liturgique en Belgique. La rencontre de l’Orient chrétien a rendu Dom Lambert Beauduin conscient de la division des églises et a inspiré son projet de fonder un monastère dédié à l’unité des chrétiens.

La lettre Equidem Verba (1924) du pape Pie XI adressée à l’Abbé primat de l’Ordre bénédictin afin d’attirer son attention sur la question de l’unité, lui fournit l’occasion de réaliser cette nouvelle fondation. D’abord établie en décembre 1925, le à Amay-sur-Meuse au diocèse de Liège, d’où la nouvelle communauté monastique déménagera à Chevetogne au diocèse de Namur en 1939, dans ce qui était initialement un château construit au XIXème, mais qui avait été déjà occupé de 1903 à 1923 par les bénédictins de Ligugé chassés de France par la Loi sur les Congrégations, et de 1932 à 1938, à des Jésuites espagnols exilés par le régime républicain.

À chaque extrémité des bâtiments, s’élèvent deux églises : au sud, l’église byzantine construite de 1955 à 1957, et au nord, l’église latine construite entre 1981 et 1988. Le 11 décembre 1990 le prieuré bénédictin de Chevetogne fut élevé au rang d’abbaye.

Dès la fondation, Dom Beauduin travailla au lancement d’une revue œcuménique Irénikon, consacrée à la recherche de l’unité entre les églises, qui commença à paraître dès avril 1926 et continue jusqu’aujourd’hui.

Par la grande qualité musicale de son chœur monastique byzantin et grâce à de nombreux enregistrements de qualité, la communauté de Chevetogne a largement contribué à faire connaître aux chrétiens d’Occident la richesse spirituelle de la tradition de l’Orient chrétien.

Programme du XXVème dimanche après la Pentecôte – icône de Notre-Dame « Prompte à écouter » – ton 8

Icône de Notre-Dame Prompte à écouter - fresque du Xème siècle du monastère de Dochiariou au Mont-AthosParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 novembre 2015 du calendrier grégorien – 9 novembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’icône de Notre-Dame « Prompte à écouter ».

Cette icône est dénommée en grec Γοργοεπήκοος (Gorgoepikoos) et Скоропослушница (Skoroposloushnitsa) en slavon : prompte à écouter. C’est la plus célèbre des icônes miraculeuses du Mont-Athos, après celle de Notre-Dame des Ibères (« Marie, porte du Ciel »).

Cette icône est en fait une grande fresque murale du monastère de Docheiariou au Mont-Athos, située dans ce qui était initialement le couloir entre le catholikon (l’église principale du monastère) et la trapeza (le réfectoire), qui sont traditionnellement situés l’un en face de l’autre. Selon la tradition locale, elle aurait été peinte au Xème siècle, tandis que saint Néophytos (commémoré ce même 9 novembre) était supérieur du monastère.

Les moines en charge du réfectoire devaient fréquemment utiliser une torche pour se frayer un chemin dans le corridor pendant le service avant l’aube. La fumée de la torche, cependant, noircit les icônes avec le temps.

En 1664, le moine Nil, en charge du service au réfectoire, passa près de la peinture murale avec sa torche allumée en allant à son travail. Une voix, alors lui cria: « Ne passe pas par là de nouveau avec ta torche, parce que cela salit mon icône. »

Le moine pensa que ce devait être l’un des frères qui lui faisait une blague, et il n’en tînt pas compte, continuant à arpenter ce couloir quelques jours avec sa torche. La voix se plaignit à nouveau, et cette fois, le moine fut frappé de cécité. Il tomba à genoux et implora la Panaghia de lui pardonner et de le guérir. Sa vue fut restaurée, et il entendit ensuite la voix une troisième fois, qui lui disait que sa prière avait été entendue, qu’il était pardonné et qu’il devrait aller dire à tous les autres moines de se réfugier vers Elle dans les moments de détresse, parce qu’elle serait prompte à les écouter, « car j’accorderai rapide miséricorde et exaucerai ceux qui viendront à moi ».

Le couloir fut depuis fermé et transformé en chapelle autour de cette icône.

Icône russe de Notre-Dame, Prompte à écouterDe nombreuses copies de l’icône athonite furent réalisées en Russie, plusieurs d’entre elles se sont signalées par les guérisons miraculeuses qui s’y accomplissent aujourd’hui encore.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du dimanche, ton 8, et quatre tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : Auprès de la Mère de Dieu, * nous les pécheurs, accourrons humblement * et, pleins de repentir, devant elle nous prosternant, * crions-lui du fond de notre cœur : * Vierge de tendresse, viens à notre secours, * hâte-toi, car nous sommes perdus, * vois la multitude de nos péchés, * ne laisse pas sans aide tes serviteurs ; ** notre unique espérance repose en toi.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts * et ressuscité Adam ; * Eve exulte en ta résurrection ** et les confins du monde célèbrent ** ta résurrection d’entre les morts, ô Très-miséricordieux.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Ballotés par la tempête sur la mer de la vie, * nous nous enfonçons sous les triples vagues des passions & des tentations. * Pour cela, donne-nous, ô Dame, ta main secourable * comme ton Fils le fit à Pierre, * et hâte-toi de nous délivrer des malheurs qui nous affligent, afin de te crier : ** Réjouis-toi, toute Sainte Prompte à écouter !

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 224) IV, 1-6.
Un Seigneur, une foi, un baptême.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors..

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
De la Mère de Dieu :
℣. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 39) VIII, 41-56.
Et Jésus lui dit : Ma fille, votre foi vous a guérie ; allez en paix.
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – saints Akindynos, Pégasios, Aphthonios, Elpidiphore et Anempodiste – ton 7

Martyre sous Shapour II de Perse des saints Akindynos, Pégasios, Aphthonios, Elpidiphore, Anempodiste et leurs 7000 compagnons - fresque du monastère de Dyonisiou, Mont Athos, 1547.Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 novembre 2015 du calendrier grégorien – 2 novembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour les saints martyrs Akindynos, Pégasios, Aphthonios, Elpidiphore (ou Elpidéphore) et Anempodiste, ainsi que leurs 7000 compagnons.

Ces saints martyrs furent parmi les premiers à souffrir la terrible persécution de l’empereur perse sassanide Shapour II.

Dans les premiers siècles, le christianisme se développa rapidement dans la Mésopotamie qui parlait alors l’araméen, comme en Palestine, l’Evangile y étant apporté principalement par les apôtres saints Thomas, Jude Thaddée et Barthélémy. Le pays était sous la domination perse, et on ne signale pas beaucoup de persécutions durant les 4 premiers siècles (si ce n’est de façon sporadiques et plutôt du fait des communautés juives non converties). Cette Eglise, qui s’intitule Eglise d’Orient (toutes les autres étant pour elle des Eglises d’Occident !) est gouvernée par un catholicos depuis la capitale de l’empire perse sassanide, Séleucie-Ctésiphon (près de l’actuelle Bagdad), mais dépend toujours du patriarche d’Antioche, ville située dans l’empire romain. Tant que les chrétiens étaient persécutés dans l’empire romain, leur sort était vu plutôt d’un bon œil par le pouvoir perse. Les choses se gâtent à partir du moment où l’empereur romain saint Constantin le Grand se convertit : pour les empereurs perses, toujours en guerre avec Rome, les chrétiens deviennent dès lors des suspects, des agents de l’étranger. Shapur II décréta une grande persécution générale des chrétiens de son empire qui dura quarante ans (339-379) : le nombre des martyrs se compta en centaines de milliers. La persécution ciblant tout particulièrement les évêques & les membres du clergé, le siège du catholicosat de Séleucie-Ctésiphon demeura vacant de 346 à 363. L’histoire de cette terrible & grande persécution fut écrite par saint Maruthas de Maïpherkat ainsi que par l’historien Sozomène.

Martyre sous Shapour II de Perse des saints Akindynos, Pégasios, Aphthonios, Elpidiphore, Anempodiste & leurs 7000 compagnonsCommencée dès 339, la grande persécution de Perse prit un tour tragique à compter du Vendredi Saint 5 avril 345, date à laquelle l’empereur Shapour II fit paraître un édit condamnant à mort tous les chrétiens de son empire. Les saints Akindynos, Anempodiste, Aphtonios, Elpidéphore et Pégase étaient des dignitaires de la cour impériale de Perse. Aux débuts de la persécution, ils avaient prudemment quitté la cour mais furent dénoncés dans leur retraite par d’autres courtisans envieux. Traduits devant l’empereur perse lui-même, ils confessèrent courageusement leur foi en la Très-Sainte Trinité. Shapour ordonna qu’ils fussent fouettés sur le champ, puis qu’on les décapitât le lendemain avec interdiction d’enterrer les corps.

Le lendemain, une grande foule suivit le cortège des condamnés conduits en dehors des murs de la ville pour être décapités. Comme beaucoup dans cette foule glorifiaient publiquement le Christ, roi des Martyrs, l’empereur ordonna à la troupe de saisir tous ceux qui étaient chrétiens et de les massacrer sur le champ. On estime qu’ils furent au nombre de 7000 martyrs.

Les corps d’Akindynus, de Pégase et d’Anempodistus furent brûlés le lendemain. Les chrétiens vinrent toutefois secrètement recueillir leurs restes non consumés pour les enterrer avec révérence.

Le rit romain fait mémoire également de ces martyrs au 2 novembre :

En Perse, les saints martyrs Acyndinus, Pégase, Aphtone, Elpidophore & Anempodiste, & plusieurs autres martyrs (Martyrologe romain du 2 novembre).

Le rit byzantin fait aussi mémoire le lendemain – 3 novembre – d’un autre groupe de martyrs de la terrible persécution de Shapour II, autour des saints Akepsimas, Joseph et Aïthala.

*

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du dimanche, ton 7 :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Lumière est le Père, lumière le Fils, * lumière aussi le Saint-Esprit, * mais une seule lumière est en eux trois, * car en trois personnes il n’y a qu’un seul Dieu * consubstantiel & coéternel ** sans division ni confusion depuis toujours & à jamais.
8. Tu mis au monde dans la chair * le Fils & Verbe du Père éternel * d’une manière que lui seul connaît ; * aussi, Vierge Mère de Dieu, * nous qui par toi fûmes divinisés, ** nous te crions : Réjouis-toi, espérance des chrétiens.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire des Martyrs, ton 2 : Athlètes du Seigneur, * bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, * et saintes sont les demeures qui ont reçu vos corps, * puisque dans l’arène vous avez triomphé de l’ennemi * et avez proclamé avec courage le Christ : * obtenez-nous de lui – puisqu’Il est bon – ** de sauver, par vos prières, nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Martyrs, ton 2 : Les pieux et théophores martyrs, * qui sur la terre ont délaissé toutes choses, * Tu les as reçus dans les délices des biens et du repos, * Acindynus, Pégase, et Anempodistus, et avec eux Aphthonius et Elpidiphorus, ** Toi qui seul est le bien suprême.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
[Des Martyrs, ton 4 :
℟. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
[Des Martyrs : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.]

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
[Des Martyrs, ton 2 :
℣. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 38) VIII, 26-39.
Les démons étant donc sortis de cet homme, entrèrent dans les pourceaux ; et aussitôt le troupeau courut avec violence se précipiter dans le lac, où ils se noyèrent.
[Des Martyrs : Matthieu (§ 36) X, 16-22.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des martyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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