Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du dimanche de Pâques – la lumineuse résurrection du Christ

La sainte & lumineuse résurrection du ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi
4 mai 2024 du calendrier grégorien – 22 avril 2024 du calendrier julien, vêpres & liturgie de saint Basile ( = vigile pascale) à 10h, office nocturne à 21h – procession de la résurrection et matines de Pâques à 21h30, suivies de [l’heure pascale & de] la divine liturgie de Pâques de saint Jean Chrysostome.

L’office du matin – avec ses 15 lectures précédant l’épître et l’évangile – correspond à la vigile pascale du rit romain avec ses 12 prophéties d’avant les réformes de Pie XII. Les ornements aux couleurs sombres du Carême sont changés en ornements blancs entre l’épître et l’évangile de la résurrection qui comprend l’intégralité du dernier chapitre de saint Matthieu (Matthieu XXVIII, 1-20 – seuls les 7 premiers versets sont cantilés à la vigile pascale latine).

Au cours du bref office de la nuit – qui garde encore le caractère triste de la Semaine Sainte -, l’Epitaphios (Плащаница – ou suaire : représentation du Christ au tombeau) est enlevé avec discrétion (nul n’a vu ni su le moment exact de la résurrection) par le clergé, tandis que le chœur chante la 9ème ode du canon du samedi saint :

Ne pleure pas, O Mère, bien que tu aies vu gisant dans le tombeau, * le Fils que tu avais conçu sans semence, * car je ressusciterai et serai glorifié * et dans ma gloire divine ** j’exalterai pour l’Eternité ceux qui t’aiment et chantent ta gloire.

Ensuite commence véritablement la fête de la Résurrection par la procession pascale du clergé & des fidèles qui font le tour de l’église. Cette procession figure la venue des myrrophores et des disciples au tombeau, y recevant la joyeuse annonce de la résurrection (elle existait aussi dans les rits occidentaux, mais les réformes du XXème siècle ont tendu à la supprimer – seul le rit dominicain la conserve dans sa splendeur primitive). Le clergé & le peuple entrent ensuite dans l’église inondée de lumière après avoir chanté le tropaire pascal, qui sera chanté de très nombreuses fois au cours de la nuit pascale :

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort, il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie !

Démarrent alors les joyeuses matines de la résurrection, au cours desquelles est chanté le canon pascal composé par saint Jean Damascène, sommet de la poésie liturgique byzantine. Voici les hirmi de ce célèbre canon :

Première ode : Jour de la Résurrection ! peuples rayonnons de joie ! Pâque du Seigneur ! Pâque ! de la mort à la vie & de la terre au ciel, le Christ-Dieu nous a conduits, chantant l’hymne de la victoire.

Troisième ode : Venez, buvons le breuvage nouveau, non pas la source qu’un miracle fit jaillir du rocher stérile, mais le Christ, la source incorruptible qui jaillit du tombeau, en qui nous avons la puissance.

Quatrième ode : En cette divine veillée, que le héraut de Dieu, Habacuc se tienne au milieu de nous, et qu’il nous montre l’ange de lumière disant d’une voix claire : C’est aujourd’hui le salut du monde car le Christ est ressuscité, comme Tout-Puissant.

Cinquième ode : Veillons jusqu’à la pointe du matin et en guise d’onguents, offrons une hymne au Seigneur, & nous verrons le Christ, Soleil de justice, se lever pour donner à tous la vie.

Sixième ode : Tu es descendu jusqu’aux tréfonds de la terre, et tu as brisé les verrous éternels qui en retenaient les captifs, ô Christ, & le troisième jour, comme Jonas de la baleine, tu es sorti du tombeau.

Septième ode : Celui qui libéra les enfants de la fournaise, devenu homme, souffrit comme mortel ; & par sa passion il revêt ce qui était mortel de la splendeur de l’incorruptibilité ; lui, le seul béni, le Dieu de nos pères & le très glorieux.

Huitième ode : Voici le jour illustre & saint, roi & seigneur des dimanches, fête des fêtes & solennité des solennités, en qui nous bénissons le Christ dans tous les siècles.

Neuvième ode : Resplendis, resplendis, Nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur sur toi s’est levée, danse maintenant & exulte, Sion ; et toi, réjouis-toi, Mère de Dieu très pure, en la résurrection de ton Fils.

A l’issue des matines, le clergé et les fidèles se donnent le baiser de paix pascal & l’homélie pascale de saint Jean Chrysostome est lue.

Suit ensuite la divine liturgie du jour de Pâques. Notons que le prokimen byzantin de ce jour glorieux est le même que le graduel du rit romain ou encore de leur équivalent dans la liturgie éthiopienne, ce qui semble dénoter une très haute antiquité pour le répons qui accompagne l’épître du jour de Pâques :

Voici le jour que fit le Seigneur, exultons & réjouissons-nous en lui ! (Psaume 117, 4)

Les différents rits d’Orient et d’Occident depuis une haute antiquité ont réservé la lecture de l’évangile de Jean durant le temps pascal. Le rit byzantin commence donc sa lecture en ce jour de la Résurrection par le Prologue de saint Jean. Selon la tradition russe, celui-ci est chanté en grec et en slavon, ainsi qu’en un grand nombre d’autres langues pour signifier l’universalité du salut qu’offre à l’humanité la résurrection du Christ :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

Le souhait pascal rententira de nombreuses fois durant la nuit pascale et pendant tout le temps pascal, les chrétiens se salueront ainsi :

Христо́с воскре́се! – Вои́стину воскре́се!
Le Christ est ressuscité ! En vérité il est ressuscité !

Télécharger le livret des vêpres et de la liturgie de saint Basile
Télécharger le livret de la nuit
Télécharger le livret des matines de Pâques
Télécharger le livret de l’heure pascale
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2 mai – saint Athanase – Livre d’Heures dit de Charles V

Saint Athanase - Heures dites de Charles V - BM Tours 0218
Saint Athanase – Heures dites de Charles V – BM Tours 0218

Saint Athanase (né vers 298, mort le 2 mai 373) fut évêque (“Pape”, patriarche) d’Alexandrie, il est l’un des Docteurs de l’Eglise. En raison de l’éminence de ses travaux théologiques, il est compté parmi les quatre principaux Pères de l’Eglise grecque, avec saint Basile le Grand, évêque de Césarée, saint Grégoire le Théologien, évêque de Nazianze, et saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople.

Encore jeune diacre, saint Athanase prit part au premier concile œcuménique réunit à Nicée en 325. Il y brilla en défendant la vrai foi – à savoir que le Christ est consubstantiel (“homoousios”) au Père (cf. Jean XIV, 9), et pas une simple créature comme le prétendaient les Ariens. Par la suite, il dû lutter âprement contre  le prêtre Arius – qui avait été déposé par son prédécesseur l’évêque saint Alexandre d’Alexandrie – et contre le parti arien, qui eut parfois les faveurs du gouvernement impérial, ce qui lui valut de connaître cinq longues périodes d’exil, le plus souvent en Occident. Il ne put paître en toute quiétude son troupeau alexandrin, qui l’aimait profondément, que quelques années avant sa mort. Ses reliques sont vénérées dans l’église Saint-Zacharie de Venise au-dessus du corps de saint Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste. On lui doit probablement le symbole qu’il a pu composer lors de l’un de ses exils en Occident.

Bien connu en Orient, saint Athanase ne fut pas fêté de bonne heure en Occident : sa fête n’apparaît dans le Nord de la France qu’au milieu du XIIème siècle, et elle n’est pas reçue à Rome avant le XVIème siècle. Fête simple inscrite au Bréviaire romain de 1550, elle devient double lors de la publication du Bréviaire romain normatif de saint Pie V en 1568. En raison de cette entrée tardive au sanctoral de l’Eglise romaine, on trouve assez difficilement des représentations de saint Athanase dans les manuscrits médiévaux occidentaux.

Cette belle miniature est extraite d’un Livre d’Heures à l’usage de Rome réalisé probablement à Bruges dans les Flandres vers 1450. Ce riche manuscrit dont toutes les pages sont splendidement décorées ne fut pas possédé par le roi Charles V (ce qui est une attribution fautive – pour ne pas dire frauduleuse – et bien tardive). Par sa reliure, on sait qu’il appartint à Philippe de Béthune (1565 † 1649), comte de Selles, marquis de Chabris, & marquis de Béthune puis à la Chartreuse Saint-Jean du Liget au diocèse de Tours. A la révolution, le volume fut versé dans les collections de la Bibliothèque municipale de Tours où il figure toujours sous la côte 0218.

Saint Athanase - manuscrit 0218 de la BM de Tours. Le folio 165 v° complet.
Saint Athanase – manuscrit 0218 de la BM de Tours. Le folio 165 v° complet.

Saint Athanase est représenté en évêque latin par l’artiste. Il tient sa croix d’archevêque métropolitain et ses gants de pontife, porte une mitre latine, une aube parée, une dalmatique et une chape par dessus, et tient l’un de ses nombreux écrits, signifiant par là son rôle de docteur de l’Eglise.

Si cette miniature figure dans ce manuscrit, c’est qu’elle est au regard du Symbole de saint Athanase. Ce symbole de foi se récite à l’office de prime chaque dimanche matin. En voici le début – les cinq premiers articles -, visible au folio 166 r° :

Symbole de saint Athanase (Quicumque vult salvus esse)
Symbole de saint Athanase (Quicumque vult salvus esse).
Quicumque vult salvus esse, * ante omnia opus est ut téneat cathólicam fidem : Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique.
Quam nisi quisque íntegram inviolatámque serváverit, * absque dúbio in ætérnum períbit. Celui qui ne la garde pas entière et inviolée, périra sans aucun doute pour l’éternité.
Fides autem cathólica hæc est : ut unum Deum in Trinitáte, * et Trinitátem in unitáte venerémur : Or la foi catholique la voici : nous adorons un seul Dieu en trois personnes et la Trinité dans l’unité.
Neque confundéntes persónas, * neque substántiam separántes. Sans confondre les personnes ni diviser la substance.
Alia est enim persóna Patris, ália Fílii, * ália Spíritus Sancti. Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle de l’Esprit Saint.

Lire la suite du Symbole de saint Athanase.

Mois de mai – Livre d’heures de Marie Manuel de Mello – XVIème siècle

En ce premier jour du beau mois de mai, nous vous présentons les deux pages consacrées à ce mois dans le calendrier par lequel s’ouvre ce beau livre d’heures du XVIème siècle, peint et réalisé en France, commande de François Manuel de Mello pour sa sœur Marie.

C’est une tradition constante des bréviaires depuis le Moyen-Age, tradition ultérieurement reprise par leur version allégée pour les laïcs que sont ces livres de prières connus sous le nom de livres d’heures, de commencer l’ouvrage par un calendrier qui présente en particulier la liste des saints célébrés chaque jour de chaque mois. D’un diocèse à l’autre, ce sanctoral présentait des variantes, ce qui permet en général de localiser la provenance du livre de façon assez fiable. Le calendrier de ce livre d’heures fait plutôt pencher pour une provenance au Sud de la France.

Voici le sanctoral présenté pour les 31 jours de mai dans le livre d’heures de Marie de Mello, nous présenterons succinctement chacun des saints mentionnés :

Première partie du mois de mai

Mois de mai - Livre d'Heures de Marie Manuel de Mello - 1ère partie.
Calendrier de mai – Livre d’Heures de Marie Manuel de Mello – 1ère partie.
  • 1er mai : saints Philippe et Jacques le Mineur, Apôtres.
    Cette fête est universelle en Occident à cette date jusqu’en 1955 où Pie XII tente de christianiser la fête du travail en instituant une fête de saint Joseph ouvrier. La fête remonte à la dédicace à Rome de la basilique des Saint-Apôtres le 1er mai 570 par Jean III (561-574), que l’on célébra en y déposant les reliques de Philippe et de Jacques le Mineur.
  • 2 mai : saint Sigismond, roi des Burgondes au VIème siècle – saint Athanase, archevêque d’Alexandrie au IVème siècle, père et docteur de l’église.
    Saint Sigismond est mort décapité le 1er mai 524. Empêchée par la fête plus ancienne de saint Philippe et saint Jacques, sa fête est traditionnelle au 2 mai. La fête de saint Athanase apparaît dans le nord de la France vers le milieu du XIIème siècle mais elle ne fut pas reçue à Rome avant le XVIème siècle.
  • 3 mai : invention de la Sainte Croix par l’impératrice sainte Hélène.
    La fête célèbre la découverte (sens premier du mot “Invention”) le 3 mai 326 par l’impératrice à la suite de fouilles effectuées à Jérusalem.
  • 4 mai : saint Monique, mère de saint Augustin.
    La mère de saint Augustin, qui par la constance de ses prières obtint la conversion de son fils, mourrut à Ostie en 387. Les Ermites de St Augustin fêtaient la Conversion de leur saint patron le 5 mai, d’où le choix du 4 mai pour en fêter celle qui en fut l’instrument. La fête se développa au XVème</sup siècle et finit par être inscrite au calendrier romain par le pape saint Pie V en 1568.
  • 5 mai : saint Gothard, évêque et confesseur.
    Mort le 5 mai 1038, cet évêque qui fut un propagateur de la réforme clunisienne, fut aussi le premier saint bavarois.
  • 6 mai : saint Jean devant la Porte Latine.
    Cette fête commémore le supplice de l’huile bouillante que subit l’Apôtre saint Jean, rapporté par Tertullien. Elle rappelle sans doute la date de la dédicace de la basilique romaine de Saint-Jean-Porte-Latine au début du VIème siècle.
  • 7 mai : saint Clet, pape et martyr.
    Clet ou Anaclet, fut le troisième pape, à la suite de saint Pierre et de saint Lin. Il mourut martyr lors de la persécution de Domitien.
  • 8 mai : Apparition de saint Michel Archange.
    Cette fête célèbre l’apparition de l’Archange saint Michel au Mont-Gargan en Italie au Vème siècle et la dédicace de la basilique magnifique qui y fut édifiée.
  • 9 mai : saint Grégoire le Théologien, évêque.
    Saint Grégoire de Nazianze, l’un des trois Pères cappadociens, est mort en 379-380. Très célèbre en Orient, sa fête ne fait que commencer à se répandre à cette date du 9 mai en Occident, à partir du XVIème siècle.
  • 10 mai : saints Gordien et Epimaque, martyrs.
    Ces martyrs romains furent inhumés sur la via Latina dans le cimetière qui portait leur nom. Ils sont mentionnés dès le Martyrologe hiéronymien (IVème siècle. Depuis leur fête est constante dans les livres liturgiques occidentaux.
  • 11 mai : saint Mamert, évêque et confesseur.
    Cet archevêque de la ville de Vienne (en Gaule), mort en 475, créa la procession des Rogations ou Litanies mineures qui se tient au cours des trois jours qui précèdent l’Ascension. Sa fête a toujours été célébrée le 11 mai depuis les plus anciens martyrologes. Il est l’un des trois saints de glace, avec saint Pancrace et saint Servais.
  • 12 mai : saints Nérée, Achille et Pancrace, martyrs.
    A l’origine à Rome existaient deux fêtes distinctes, celle des saint Nérée et Achille d’une part, celle de saint Pancrace de l’autre, toutes les deux célébrées le même jour (saint Grégoire le Grand a prêché pour les deux fêtes). L’unification des deux fêtes en une ne s’accomplit qu’avec le Missel de la Curie Romaine au XIIIème siècle. Clément VIII y ajouta en 1597 la sainte Vierge Domitille dont Nérée et Achille furent les chambellans. Elle n’est pas encore mentionnée par notre livre d’heures.
  • 13 mai : sainte Théodora, vierge & saint Mucius, martyr.
    Ces deux saints sont assez rarement célébrés. Mucius fut un prêtre martyrisé à Byzance lors de la persécution de Dioclétien au IVème siècle. Sainte Théodora est ici probablement la vierge qui souffrit sa passion à Alexandrie, également lors de la persécution de Dioclétien. Elle est normalement fêté le 28 avril.
  • 14 mai : saint Boniface, martyr.
    Ce martyr de Tarse en Cilicie lors de la persécution de Dioclétien est honoré à Rome depuis le VIIème siècle par une église qui lui est dédiée, édifiée sur l’Aventin.
  • 15 mai : saint Isidore, martyr glorieux.
    Ce martyr fut jeté dans un puis sur l’ile de Chio. L’eau de ce puis, sur lequel on avait édifié une basilique, guérissait les malades.

Seconde partie du mois de mai

Mois de mai - Livre d'Heures de Marie Manuel de Mello - 2nde partie
Calendrier de mai – Livre d’Heures de Marie Manuel de Mello – 2nde partie.
  • 16 mai : saint Ubald, évêque & confesseur.
    Evêque de Gubbio en Italie, mort en 1160, il fut canonisé en 1192. Sa fête fut reçue à Rome en 1605.
  • 17 mai : saint Tropez, martyr et sainte Maxime, vierge.
    Saint Torpet/Torpetius/Tropez est l’un des tous premiers chrétiens de Rome, il est cité dans saint Paul dans son Epître aux Romains. La ville de Saint-Tropez lui est dédiée et célèbre chaque année sa fête par une “bravade” les 16, 17 et 18 mai. La fête de sainte Maxime de Callian, vierge, est selon la tradition la sœur de saint Tropez. Sa fête est normalement le 16 mai.
  • 18 mai : saint Félix, évêque et martyr.
    À Salone en Dalmatie, l’an 299, saint Félix reçut la gloire du martyre lors de la persécution de Dioclétien.
  • 19 mai : sainte Pudentienne, vierge, saint Pierre Célestin, pape.
    Sainte Potentienne que cite ici notre manuscrit est plus connue sous le nom de sainte Pudentienne. Sa fête est connue à Rome depuis au moins l’an 645. Elle connaîtra une rapide diffusion en France au XIème siècle. L’ermite saint Pierre de Corone devint pape sous le nom de Célestin V. Il renonça à sa charge deux ans avant de mourir et fut canonisé à Avignon par Clément V en 1313.
  • 20 mai : saint Bernardin de Sienne, confesseur.
    Mort à l’Aquila le 20 mai 1444, ce célèbre prédicateur fut canonisé en 1450 par Nicolas V. C’est l’un de saints les plus récents inscrits dans le calendrier de ce manuscrit.
  • 21 mai : sainte Hélène, reine, saint Secondat, martyr.
    Curieusement, notre manuscrit cite ici sainte Hélène (normalement au 18 août)n au lieu et place de la fête de son époux le saint empereur Constantin. Saint Second fut martyrisé en Egypte le jour de la Pentecôte 357, tué par des Ariens.
  • 22 mai : sainte Julie, martyre glorieuse.
    Cette saint patronne de la Corse, avec sainte Dévote, fut martyrisée en subissant le supplice de la crucifixion.
  • 23 mai : saint Didier, évêque et martyr.
    Ce saint évêque de Langres fut martyrisé par les Vandales en 407.
  • 24 mai : saint Servule, martyr du Seigneur.
    Ce saint – peu célébré – fut martyrisé dans la ville de Trieste en Istrie.
  • 25 mai : saint Urbain, pape et martyr.
    Saint Urbain fut le 17ème pape et il mourut martyr en 230.
  • 26 mai : saint Eleuthère, pape et martyr.
    13ème pape, Eleuthère mourut en 189.
  • 27 mai : saint Jean, pape et martyr.
    Le 27 mai est l’anniversaire de la translation des reliques de saint Jean Ier, 53ème pape, martyrisé par le roi Théodoric des Ostrogoths, qui le fit mourir de faim.
  • 28 mai : saint Germain, évêque et confesseur.
    Saint Germain de Paris fut le principal et plus célèbre évêque de Paris au VIème siècle. Il mourut en 576.
  • 29 mai : saint Maxime, évêque de Padoue.
    Notre manuscrit assigne ce saint à ce jour, alors qu’il est normalement inscrit au 2 août. Il s’agit probablement d’une confusion avec saint Maxime, évêque de Vérone, qui est bien inscrit par le Martyrologe romain au 29 mai.
  • 30 mai : saint Félix, pape et martyr.
    Le 26ème pape fut martyrisé sous l’empereur Aurélien en 274.
  • 31 mai : sainte Pétronille, vierge, saint Crescentien, martyr.
    On voyait encore au VIIème siècle au cimetière de Domitille le tombeau de sainte Pétronille, fille de saint Pierre (fille spirituelle car baptisée par lui selon certains). Sa fête se diffusa en France à partir du XIème siècle. Saint Crescentien reçut le martyre à Sassari en Sardaigne sous l’empereur Hadrien.

Quelques détails particulièrement charmants

L’artiste qui a somptueusement peint les miniatures du livre d’heures de Marie de Mello a choisi d’orner le calendrier de scènes profanes, de rinceaux, de fleurs, de plantes et d’animaux. En voici quelques détails qui permettent de juger de la finesse de son travail :

Le manuscrit dans les collections de la Huntington Library

Retrouvez les miniatures de ce livre d’heures manuscrit en ligne.

Cet ouvrage fait partie des collections de The Huntington Library, Art Museum, and Botanical Gardens, communément appelé “The Huntington”. Celu-ci est un complexe culturel et éducatif situé à San Marino, en Californie, aux États-Unis. Fondé par Henry E. Huntington au début du XXème siècle, The Huntington est devenu l’un des centres culturels les plus prestigieux du pays.

The Huntington est composé de plusieurs composantes principales :

  • La bibliothèque : La Huntington Library possède une collection de recherche exceptionnelle comprenant des livres rares, des manuscrits, des cartes, des photographies et des documents historiques. Les collections de la bibliothèque couvrent une vaste gamme de sujets, dont l’histoire de l’Amérique et de l’Europe, la littérature anglaise et américaine, l’histoire de l’art, la science et bien d’autres.
  • Le musée d’art : Le musée abrite une importante collection d’œuvres d’art européennes et américaines, allant du Moyen Âge au XIXe siècle. Les visiteurs peuvent y admirer des peintures, des sculptures, des arts décoratifs et d’autres formes d’art.
  • Les jardins botaniques : The Huntington possède environ 120 acres (environ 48 hectares) de magnifiques jardins botaniques, où les visiteurs peuvent se promener et découvrir une grande variété de plantes, de fleurs et de paysages, représentant différentes régions du monde. Parmi les jardins notables, on trouve le jardin chinois, le jardin japonais, le jardin du désert et le jardin de roses.

En plus de ses collections et de ses jardins, The Huntington organise également des expositions spéciales, des conférences, des événements éducatifs et des programmes publics pour promouvoir la recherche, la culture et les arts.

Grâce à la générosité et à la vision de son fondateur, The Huntington continue de jouer un rôle important dans l’enrichissement culturel et éducatif des Etats-Unis.

Programme du IVème dimanche après Pâques – Cantate Domino

Saint-Eugène, le dimanche 28 avril 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche nous prépare au départ prochain du Christ à l’Ascension & à la venue du Paraclet de vérité à la Pentecôte. L’évangile est tiré de l’évangile de Jean, comme régulièrement durant le Temps Pascal ; l’usage de lire l’évangile de Jean pendant le Temps Pascal doit du reste remonter à une haute antiquité, car c’est une constante que l’on retrouve dans les différents rits tant Orientaux qu’Occidentaux. Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche est extrait du dernier discours du Christ pendant la Cène (Jean XVI, 5-14).

Que veulent donc dire ces paroles : « Mais je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, parce que j’étais avec vous », si ce n’est que les prédictions qu’il leur fait ici du Saint-Esprit, à savoir qu’il viendrait à eux et rendrait témoignage au moment où ils auraient à souffrir les maux qu’il leur annonçait, il ne les leur avait pas faites dès le commencement, parce qu’il était avec eux ? Ce consolateur ou cet avocat (car le mot grec Paraclet veut dire l’un et l’autre) n’était donc nécessaire qu’après le départ du Christ ; il ne leur en avait point parlé dès le commencement lorsqu’il était avec eux, parce qu’il les consolait lui-même par sa présence.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du quatrième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche du IVème dimanche après Pâques.

Programme du dimanche des Rameaux – Entrée du Seigneur à Jérusalem

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 avril 2024 du calendrier grégorien – 15 avril 2024 du calendrier julien, matines puis divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h, célébrées par Mgr Hlib Lonchyna, évêque émérite de l’éparchie de la Sainte Famille de Londres.

Le dimanche des Rameaux – ou l’Entrée du Seigneur à Jérusalem, selon la terminologie des livres liturgiques byzantins – est une fête du Seigneur, l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Sa célébration supprime donc l’office habituel du dimanche dans l’Octoèque. En raison du caractère festif de ce jour, c’est l’un des très rares jours où l’usage du poisson est autorisé au cours du grand Carême byzantin.

La bénédiction des rameaux se fait après l’évangile de matines et la distribution de ceux-ci pendant les stichères du psaume 50 et le canon de la fête.

Evangile de matines
De la fête : Matthieu (§ 83), XXI, 1-11, 15-17.
Une grande multitude de peuple étendit aussi ses vêtements le long du chemin ; les autres coupaient des branches d’arbres, et les jetaient par où il passait.

[Aux heures
A tierce & à sexte : 1er tropaire de la fête. Gloire au Père. 2nd tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.]

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Première antienne, Psaume 114, ton 2
J’ai aimé, car le Seigneur entend la voix de ma prière.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
Car il a incliné vers moi son oreille, et je l’invoquerai tous les jours de ma vie.
Les douleurs de la mort m’ont environné et les périls de l’enfer sont venus sur moi.
J’ai trouvé la tribulation et la douleur et j’ai invoqué le Nom du Seigneur.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Seconde antienne, Psaume 115, ton 2
J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ; et je me suis profondément humilié.
℟. Sauve-nous, ô Fils de Dieu, qui trônes sur un ânon, nous qui te chantons : Alléluia !
Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ?
Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur.
J’acquitterai mes vœux au Seigneur, devant tout son peuple.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Troisième antienne, Psaume 117, ton 1
Confessez le Seigneur car il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
Tropaire, ton 1 : Avant ta Passion * tu t’es fait le garant de notre commune résurrection, * en ressuscitant Lazare d’entre les morts, ô Christ Dieu. * C’est pourquoi nous aussi comme les enfants portant les symboles de la victoire, * nous te chantons, à toi le vainqueur de la mort : * “Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.”
Que la maison d’Israël le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
Que la maison d’Aaron le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
Que tous ceux qui craignent le Seigneur le disent : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Soyez béni de la maison du Seigneur, le Seigneur est Dieu, et il nous est apparu.
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Avant ta Passion * tu t’es fait le garant de notre commune résurrection, * en ressuscitant Lazare d’entre les morts, ô Christ Dieu. * C’est pourquoi nous aussi comme les enfants portant les symboles de la victoire, * nous te chantons, à toi le vainqueur de la mort : * “Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.”
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Autre tropaire de la fête, ton 4 : Ensevelis avec toi par le baptême, ô Christ notre Dieu, * nous avons été rendus dignes de la vie immortelle par ta résurrection * et nous te clamons cette louange : * “Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur”.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la fête, ton 6 : Porté sur un trône dans le ciel et par un ânon sur la terre, ô Christ Dieu, * tu as reçu la louange des anges * et le chant des enfants qui Te clament : ** Béni sois-tu, Toi qui viens rappeler Adam.

Prokimen
De la fête, ton 4 :
℟. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27).
℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

Epître
De la fête : Philippiens (§ 247) IV, 4-9.
Réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissez-vous dans le Seigneur.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car le Seigneur a fait des merveilles. (Psaume 97, 1)
℣. Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. (Psaume 97, 3)

Evangile
De la fête : Jean (§ 41), XII, 1-18.
Une grande multitude de Juifs ayant su qu’il était là, y vinrent, non-seulement pour Jésus, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité d’entre les morts.

Mégalinaire à la Mère de Dieu durant l’anaphore :
Le Seigneur est Dieu et il nous est apparu. Convoquez une fête et venez vous réjouir, faisons au Christ un triomphe de nos palmes, de nos branches et de nos chants, l’acclamant : “Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur, notre Sauveur !”

Verset de communion
De la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27) Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la supplication des Litanies majeures

Procession des Litanies majeures : le Pape saint Grégoire le Grand a la vision de saint Michel Archange sur le Château Saint-Ange remettant son glaive au fourreau, marquant la fin de l'épidémie de peste à Rome.
Procession des Litanies majeures : le Pape saint Grégoire le Grand a la vision de saint Michel Archange sur le Château Saint-Ange remettant son glaive au fourreau, marquant la fin de l’épidémie de peste à Rome.
Saint-Eugène, le jeudi 25 avril 2024, procession des Litanies majeures et grand’messe de 19h.

A partir de novembre 589, une terrible épidémie de peste frappe la ville de Rome, provoquant la mort de nombreux habitants, et en premier lieu celle du pape Pélage II lui-même qui meurt le 7 février 590 des soins qu’il avait apporté aux malades. Son successeur n’est autre que le Pape saint Grégoire le Grand (590 † 604). Celui réorganise la grande procession des Litanies Majeures (qui existait avant son pontificat) et la fixe au 25 avril, à la date d’une ancienne fête célébrant l’entrée de saint Pierre à Rome (fête encore présente dans le Sacramentaire Léonien (notons que la fixation de la fête de saint Marc, Evangéliste et secrétaire de saint Pierre, à la même date du 25 avril n’interviendra que plus tard, à partir des VIIIème – IXème siècles en se superposant aux Litanies majeures).

Voici en quels termes, au témoignage de saint Grégoire de Tours, le Pape saint Grégoire le Grand, à peine élu (il ne fut sacré que le 3 septembre suivant) convoqua une litanie septénaire spéciale qui laissa dans l’histoire un souvenir fameux :

Il nous faut, bien-aimés frères, quand nous n’avons pas su les prévenir, craindre du moins les fléaux de Dieu lorsqu’ils nous accablent. Que la douleur nous ouvre la porte de la conversion ; que la peine qui nous frappe brise le rocher de nos cœurs. “Le glaive, comme dit Jérémie, pénètre aujourd’hui jusqu’à l’âme.” (Jérémie IV, 10).

Sous le coup des célestes vengeances, voilà que tout le peuple est frappé, et chacun est enlevé instantanément. La maladie ne précède pas la mort ; aucun avant-coureur : la mort est sa propre messagère ; vous le voyez, elle ne s’annonce qu’en foudroyant. Pas même entre elle et le pécheur le temps du repentir. Songez en quel état parait devant son juge le malheureux qui n’a pas eu une seconde pour pleurer ses fautes. Hélas ! ce ne sont pas des victimes isolées, c’est tout le peuple qui succombe. Les maisons restent vides, les pères voient mourir leurs enfants ; l’héritier précède dans la tombe ceux qui voulaient lui laisser leurs biens. C’est donc maintenant qu’il nous faut nous réfugier dans la pénitence, puisque nous pouvons encore pleurer avant que la mort ne frappe. Remettons sous les yeux de notre âme la suite de nos égarement ; effaçons dans les larmes la trace de nos iniquités. “Prévenons dans la confession du délut la face du juge.” (Psaume XCII, 2). “Elevons vers Dieu nos cœurs avec nos mains.” (Lamentations III, 41). Qu’est-ce à dire : “Elever à Dieu le cœur avec les mains ?” sinon soutenir la ferveur de nos prières par le mérite des bonnes œuvres. Il donne, ce grand Dieu, il donne à nos terreurs une pleine confiance, quand il nous dit par la bouche du prophète : “Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse & qu’il vive.” (Ezéchiel XXXIII, 1).

Donc, que nul ne désespère, quelle que soit l’énormité de ses forfaits. Ninive avait croupi des siècles dans la fange de ses crimes. Trois jours de pénitence sauvèrent Ninive. Et le larron converti sur la croix, eut-il besoin, pour entendre la sentence de vie éternelle, de plus de temps qu’il n’en faut pour mourir ? Changeons le fond de nos cœurs, cela suffit pour nous donner la certitude que nous avons déjà reçu ce que nous demandons? Notre juge ne demande, pour révoquer la sentance de mort, que de nous voir à ses pieds suppliants et convertis. Ainsi, bien aimés frères, ouvrons nos cœurs à la contrition et nos mains aux bonnes œuvres.

Une litanie septiforme, grande manifestation de notre douleur, de nos vœux et de notre repentir, aura lieu au point du jour, le matin de Pâques. Venez-y tous mêler vos larmes aux nôtres, et apporter à notre Dieu le tribut de votre dévotion. Que tous les travaux des champs, que tout négoce soit interrompu. Le rendez-vous général sera l’église de la sainte Mère de Dieu, où tous ensemble, déplorant nos fautes, nous supplierons le souverain juge de désarmer sa colère. Les sept diverses litanies partiront pour s’y rendre, celle des clercs, de l’église Saint-Jean-Baptiste ; celle des hommes, de l’église Saint-Etienne ; celle des veuves, de l’église Saint-Vital ; celle des pauvres & des enfants, de l’église de Sainte-Cécile. (in saint Grégoire de Tours, Histoire des Francs, lib. X, cap. 1 – cf aussi Saint Grégoire le Grand, Opera omnia, Patrologie Latine, tome LXXVI, col. 1312).

Procession de saint Grégoire - Litanies majeures
Procession de saint Grégoire – Litanies majeures.

Cette procession, une fois réunie pour la collecte à Sainte-Marie Majeure, se dirigea vers Saint-Pierre-du-Vatican pour y faire la station, elle fut conduite par saint Grégoire, qui marchait pieds nus sous le sac et la cendre, et est alors marquée selon la tradition par plusieurs miracles :

  • Une image de la Bienheureuse Vierge Marie (probablement la fameuse icône Salus Populi Romani rapportée à Rome par l’impératrice sainte Hélène et conservée à Sainte-Marie-Majeure jusqu’à aujourd’hui) était portée dans la procession et son passage éteignait les miasmes de la peste.
  • Les Anges firent entendre cette louange à la Mère de Dieu tandis que la procession traversait le Tibre en face du Mausolée d’Hadrien :

    Regina cœli lætare, alleluia,
    Quia quem meruisti portare, alleluia,
    Resurrexit sicut dixit, alleluia.


    À quoi le pape saint Grégoire le Grand ajouta :

    Ora pro nobis Deum, alleluia.

  • Alors que la procession s’approchait de la basilique Saint-Pierre du Vatican pour que le pape y célèbre la messe de la station, saint Grégoire vit apparaître, sur le Mausolée d’Hadrien saint Michel Archange qui remettait son glaive au fourreau, signifiant la cessation de l’épidémie. En commémoraison de cette vision, une chapelle dédiée à saint Michel Archange fut dédiée dans ce monument de l’antiquité par le pape Boniface IV (608 † 615), et depuis l’édifice fut renommé Château Saint-Ange.

Cette fameuse procession eut lieu toutefois le jour de Pâques, qui tombait alors le 26 mars 590, et non le 25 avril. Il parait assuré que la supplication des Litanies Majeures existait à Rome avant saint Grégoire le Grand, mais à une date qui n’était pas encore fixe chaque année. Il semblerait que pour commémorer le souvenir de la fameuse procession effectuée le jour de Pâques 590, saint Grégoire ait fixé les Litanies Majeures à une date annuelle fixe – le 25 avril, qui est la date la plus extrême à laquelle Pâques peut survenir (et est aussi, comme nous l’avons dit, la date de l’ancienne fête romaine de l’entrée à Rome de saint Pierre) : cela présentait l’avantage de la faire tomber toujours dans le Temps pascal (les antiennes processionnelles de pénitence qu’on chantaient autrefois à cette procession bien avant saint Grégoire se terminent systématiquement dès lors de façon assez surprenante par Alléluia – voyez par exemple l’antienne De Jerusalem exiunt).

Statue de l'archange saint Michel sur le Château Saint-Ange par Peter Anton von Verschaffelt.
Statue de l’archange saint Michel sur le Château Saint-Ange par Peter Anton von Verschaffelt.

A la messe :

  • Kyrie des féries de Carême et d’Avent au propre de Paris
  • Epître : Jacques V, 16-20 : Et la prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le soulagera ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront remis.
  • Evangile : Luc XI, 5-13 : Si donc vous, étant méchants comme vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes choses à vos enfants ; à combien plus forte raison votre Père qui est dans le ciel, donnera-t-il le bon Esprit à ceux qui le lui demandent ?
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Litanies de saint Martin – texte compose par saint Martin, évêque de Tours (c. 316 † 397) – mélodie du processionnal de Laon (édition de 1755)
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne pascale Ad cœnam Agni providi
  • Agnus Dei XVIII
  • Pendant la communion :
    • Regina cœli – antienne à la Bienheureuse Vierge Marie durant le temps pascal – selon la tradition, cette antienne fut chantée pour la première fois par saint Grégoire le Grand alternant avec des chœurs angéliques lors de la première procession des Litanies majeures survenue le 25 avril 590 – chant alternatif, du Ier ton (sans doute plus ancien que celui du VIème ton)
    • Deprecamur te, Domine – antique antienne processionnelle pour les Litanies Majeures, au-trefois en usage à Rome et restée en usage dans le rit parisien – chant : Missale Parisiense de Notre-Dame, c. 1225 – c’est au chant de cette antienne, bannière et croix de procession en tête, que saint Augustin de Cantorbéry et ses 40 compagnons commencèrent la Mission d’évangélisation de l’Angleterre et entrèrent dans la cité de Cantorbéry en l’an 597 pour se présenter au roi Æthelberht du Kent
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Regina cœli
  • Procession de sortie : De Jerusalem exiunt – antique antienne processionnelle pour les Litanies Majeures, autrefois en usage à Rome et restée en usage dans le rit parisien – chant : Missale Parisiense de Notre-Dame, c. 1225

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Procession de saint Gregoire aux Litanies Majeures par Jacopo Zucchi
Procession de saint Gregoire aux Litanies Majeures par Jacopo Zucchi (Musées du Vatican).

Horaires de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine russe catholique de la Très-Sainte Trinité

La lumineuse résurrection du Christ

La Semaine Sainte ou Grande Semaine est le sommet de l’année liturgique et nous fait revivre les mystères de notre Rédemption. Nous sommes heureux de vous accueillir à cette occasion pour prier avec nous à l’un ou l’autre de nos offices célébrés dans le rit byzantin et partager avec vous la grande joie de Pâques, vous êtes les bienvenus !

Cette année, les calendriers julien et grégorien voient le décalage maximum possible : cinq semaines !

Voici les horaires des offices célébrés à la Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité 39, rue François Gérard – 75016 Paris (avec leurs équivalents latins entre parenthèses) :

28 avril – ENTREE DU SEIGNEUR A JERUSALEM
9h : matines avec bénédiction et distribution des rameaux puis liturgie de saint Jean Chrysostome, célébrée par Mgr Hlib Lonchyna, évêque émérite de Londres (matines et messe du dimanche des Rameaux)

1er mai – GRAND & SAINT MERCREDI
18h30 : vêpres & liturgie des présanctifiés (messe du Mercredi Saint)

2 mai – GRAND & SAINT JEUDI
12h : vêpres & liturgie de saint Basile le Grand (Messe de la Cène du Seigneur au Jeudi Saint)
19h : matines des 12 évangiles : matines des souffrances du Christ avec les lectures de la Passion (office de Ténèbres du Vendredi Saint)

3 mai – GRAND & SAINT VENDREDI
12h : vêpres de l’ensevelissement du Christ (vêpres du Vendredi Saint)
19h : matines devant le tombeau du Christ (office de Ténèbres du Samedi Saint)

4 mai – GRAND & SAINT SAMEDI
10h : vêpres & liturgie de saint Basile le Grand (vigile pascale)

Dans la nuit du 4 au 5 mai – PAQUES – LA LUMINEUSE RESURRECTION DU CHRIST – ПАСХА – СВЕТЛОЕ ХРИСТОВО ВОСКРЕЦЕНИЕ
21h : office de minuit
21h30 : procession pascale – matines de la résurrection – divine liturgie de Pâques de saint Jean Chrysostome, suivie des agapes paroissiales (procession & matines du jour de Pâques, suivies de la messe du jour de Pâques)

L’évènement sur Facebook.

23 avril – saint Georges – Livre d’Heures d’Anne Boleyn

Saint Georges de Lydda - Miniature tirée d'un Livre d'Heures d'Anne Boleyn - XVI<sup>ème</sup> siècle
Saint Georges de Lydda – Miniature tirée d’un Livre d’Heures d’Anne Boleyn – XVIème siècle.

Saint Georges est né à Lydda en Palestine entre 275 et 285. Tribun militaire et comte de l’empereur, il était un intime de Dioclétien à la cour impériale de Nicomédie. Lorsque Dioclétien publie le premier édit de persécution des chrétiens, le 24 février 303, Georges se déclare ouvertement et courageusement chrétien, ce qui a pour effet de bouleverser l’empereur, qui l’aimait. En dépit de nombreuses propositions de Dioclétien en terres, argent et esclaves s’il sacrifiait aux idoles, Georges refuse de renier le Christ. Il est emprisonné et subit diverses tortures (dont des lacérations par une roue hérissée d’épées, dont il fallut le ranimer trois fois) avant d’être finalement décapité sous les murailles de Nicomédie le vendredi 23 avril 303, devenant ainsi l’une des premières victimes de la terrible persécution.

Sous Constantin eut lieu la translation solennelle du corps de saint Georges jusqu’à sa ville de Lydda en Palestine, où l’empereur lui avait élevé une église magnifique dont les encénies furent célébrées un 3 novembre. La renommée de saint Georges, modèle du courageux soldat chrétien se répandit rapidement dans tout l’univers chrétien, aussi bien en Orient qu’en Occident. Déjà au Vème siècle, le pape saint Gélase Ier avait déclaré que Georges faisait partie de ces saints dont les noms sont justement révéré chez les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu.

Saint Georges est le saint patron de la Georgie, de l’Ethiopie, de l’Angleterre, du Portugal, de la Bourgogne, de l’Aragon, de la Catalogne, de Gênes, de Venise, de Barcelone, etc. Il est le patron d’un très grand nombre de lieux, d’églises et d’organisations (dont les scouts). Très vénéré en Russie, saint Georges à cheval figure sur les armoiries de la Moscovie, reprises sur les armoiries impériales et désormais sur les nouvelles armes de la Russie.

Cette miniature est tirée des collections royales d’Angleterre, pays placé sous le patronage de saint Georges. Le manuscrit qui la contient est conservé à la British Library de Londes, sous la côte MS King’s 9, au f°. 41 verso. Il s’agit d’un livre d’Heures à l’usage de Sarum, la moderne Salisbury, dont la liturgie brillante s’était largement diffusée dans l’Angleterre catholique à la fin du Moyen-Age. Néanmoins l’écriture de ce manuscrit et la peinture de ses miniatures ont été réalisées à Bruges, au Pays-Bas, au tout début du XVIèmesiècle.

Le premier propriétaire du manuscrit fut Henry Reppes († 1558), de Mendham (Suffolk) et sa première épouse Elizabeth. Ce manuscrit fut ensuite offert par le roi Henri VIII d’Angleterre à sa seconde épouse Anne Boleyn, ainsi que l’atteste une dédicace du roi faite en vieux français au folio 231 v° : “Si silon mon affection la sufvenance sera en voz prieres ne seray yers oblie car vostre suis Henry R. a jammays.” (“Si tu te souviens de mon amour dans tes prières aussi fort que je t’adore, je serai à peine oublié, car je suis à toi”.) Anne Boleyn avait écrit quand à elle de sa main au folio 66 v° en vieil anglais : “‘Be daly prove you shall me fynde To be to yu bothe lovynge and kynde” (“Sois la preuve quotidienne que tu me trouveras être à toi à la fois aimante et douce”). Tristes témoignages d’une union houleuse – qui, réprouvée par le Pape – fut la cause du schisme de l’Eglise d’Angleterre avec le reste du monde catholique et qui devait s’achever par l’exécution cruelle d’Anne Boleyn – sur fausses accusations d’adultère – dans la cour de la Tour de Londres au petit matin du 19 mai 1536.

Sur cette miniature, saint Georges est vêtu de sa croix, dont la description héraldique est d’argent à la croix de gueules. Ces couleurs furent celles des croisés (qui firent également de saint Georges leur saint protecteur) et devinrent celles de la Savoie puis le symbole propre de l’Angleterre depuis le XIVème siècle. Sa lance, plantée dans le dragon, porte la même croix. La miniature est encadrée de feuillages, fleurs et oiseaux, sur fond d’or.

Le folio en regard (f° 42 r°), porte le texte de l’antienne de saint Georges chantée en guise de commémoraison (avec verset et oraison, le début du verset termine la page), selon le rit de Sarum :

Georgi Martyr inclite, te decet laus & gloria : prædotatum militia, per quem puella Regia, existens in tristitia, coram Dracone pessimo ; te rogamus corde intimo, salvata est, & animo ut cum cunctis fidelibus, cœli jungamur civibus, nostris abluti sordibus, ut simul cum lætitia, tecum simus in gloria, nostraque reddant labia laudes Christo cum gratia.

Antienne de saint Georges selon le rit de Sarum - Livre d'Heures d'Anne Boleyn.
Antienne de saint Georges selon le rit de Sarum – Livre d’Heures d’Anne Boleyn.

Marc-Antoine Charpentier – Regina cœli (H. 16)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Regina cœli (H. 16).
2 voix égales (SA) & basse continue.
2 pages.

Composé autour de 1670 d’après les travaux de datation de Catherine Cessac, ce petit motet Regina cœli (H. 16) offre le texte de l’antienne à la Très-Sainte Vierge pour le Temps pascal à un chœur de femmes à deux parties accompagnées de la basse continue. Il figure en effet au premier volume relié des vingt-huit manuscrits autographes, les fameux Meslanges de Marc-Antoine Charpentier, vendus à la Bibliothèque du Roi par son neveu & héritier Jacques Édouard Charpentier en 1727 et grâce auxquels nous est parvenu l’essentiel de la musique de ce compositeur, qui aurait été perdue sans cela. Ce premier volume des Meslanges de Charpentier referme plusieurs autres pièces composées pour le même effectif féminin, dont l’hymne des fêtes des Vierges – Jesu corona virginum – déjà publié sur ce site.

Ecrit en fa majeur – classé comme “furieux et emporté” dans le tableau des énergies des modes par Charpentier lui-même, le motet s’ouvre par une première section joyeuse et pleine de dynamisme sur le premier vers du quatrain dont se compose l’antienne. Une soliste premier dessus chante ensuite les vers deux et trois de l’antienne (Quia quem meruisti portare / Resurrexit sicut dixit), et le chœur lui-répond avec les mêmes alléluias qui concluent le premier vers. Changement de caractère ensuite, les deux voix entremêlent de somptueux et suppliants retards harmoniques pour chanter “Ora pro nobis Deum”, avant de conclure par le retour des mêmes joyeux alléluias.

L’écriture musicale de Charpentier dans ce motet est remarquable pour sa fraicheur d’inspiration et sa finesse harmonique. Les contrastes dynamiques entre l’oraison suppliante et la jubilation débordante sont subtilement marqués.

Regína cæli, laetáre, alleluia;
Quia quem meruísti portáre, alleluia,
Resurréxit, sicut dixit, alleluia:
Ora pro nobis Deum, alleluia.
Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia,
Car celui que tu as mérité de porter, alleluia,
Est ressuscité, comme il l’avait dit, alleluia,
Prie Dieu pour nous, alleluia.

Les premières mesures de cette partition :

 
Regina cœli de Charpentier H.16
 

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Regina cœli de Charpentier (H. 16) – partition au format PDF, transposée un ton plus bas
 

Regina cœli (H. 16) de Marc-Antoine Charpentier
Regina cœli (H. 16) de Marc-Antoine Charpentier – le manuscrit du tome I. des Meslanges.

Programme du IIIème dimanche après Pâques – Jubilate Deo

Troisième dimanche après PâquesSaint-Eugène, le dimanche 21 avril 2024, grand’messe de 11h, avec la participation des Petits Chantres de Sainte Cécile. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le troisième dimanche après Pâques est aussi appelé dimanche de Jubilate, en raison du premier mot de l’introït de la messe.

L’évangile de la messe de ce jour est tiré du dernier discours du Christ à la Cène dans l’évangile de Jean (16, 16-22) : “Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis un peu encore, et vous me verrez, car je vais au Père.” Aussi ce dimanche constitue-t-il un point de bascule au milieu du temps pascal : après avoir célébré la résurrection et la vie nouvelle offerte par le baptême & l’eucharistie, voici que la perspective que nous offre la sainte liturgie change et nous prépare au départ du Seigneur vers son Père et à l’envoi de l’Esprit, aux fêtes prochaines de l’Ascension & de la Pentecôte.

Ce peu de temps nous paraît long, parce qu’il dure encore ; mais lorsqu’il sera fini, nous comprendrons combien il était court. Que notre joie ne ressemble donc pas à celle du monde, dont il est dit : “Mais le monde se réjouira” ; et néanmoins, pendant l’enfantement du désir de l’éternité, que notre tristesse ne soit pas sans joie ; montrons-nous, comme dit l’Apôtre : “Joyeux par l’espérance, patients dans la tribulation”. En effet, la femme qui enfante, et à laquelle nous avons été comparés, éprouve plus de joie à mettre au monde un enfant, qu’elle ne ressent de tristesse à souffrir sa douleur présente. Mais finissons ici ce discours, car les paroles qui suivent présentent une question très épineuse ; il ne faut pas les circonscrire dans le court espace de temps qui nous reste, afin de pouvoir les expliquer plus à loisir, s’il plaît au Seigneur.”
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Organiste invité : Gabriel de Laharpe

IIndes vêpres du second dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

Organiste invité : Gabriel de Laharpe

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres et du salut du dimanche du IIIème dimanche après Pâques.

La Résurrection du Christ