Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Rit parisien – Media vita – complies de Carême

Sabbato ante
Dominica II in Quadragesima
Ad Nunc dimittis, Ant.

Média vita in morte sumus : quem quærimus adjutórem, nisi tu Dómine ? qui pro peccátis nostris juste irásceris : * Sancte Deus, Sancte Fortis, Sancte Misericors Salvator, amaræ morti ne tradas nos. Au milieu de la vie, nous sommes dans la mort : quel secours chercher, sinon toi, Seigneur ? toi qui à bon droit es irrité de nos péchés : * Saint Dieu, Saint fort, Saint Sauveur miséricordieux, ne nous livre pas à la mort amère.
1. Nunc dimíttis servum tuum, Dómine, * secúndum verbum tuum in pace : 1. Maintenant, laisse ton serviteur, Seigneur, * selon ta parole, s’en aller en paix.
2. Quia vidérunt óculi mei * salutáre tuum. 2. Car mes yeux ont vu * le salut qui vient de toi.
3. Quod parásti * ante fáciem ómnium populórum. 3. Que tu as préparé * devant la face de tous les peuples.
4. Lumen ad revelatiónem Géntium, * et glóriam plebis tuæ Israël. 4. Lumière qui doit se révéler aux Nations * & gloire de ton peuple Israël.
5. Glória Patri, & Fílio, * & Spirítui Sancto. 5. Gloire au Père, & au Fils, * & au Saint-Esprit.
5. Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. 5. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, * & dans les siècles des siècles. Amen.
℣. Ne projícias nos in témpore senectútis ; cum defécerit virtus nostra, ne derelínquas nos, Dómine. * Sancte Deus, Sancte Fortis, Sancte Misericors Salvator, amaræ morti ne tradas nos. ℣. Ne nous rejette pas dans le temps de la vieillesse ; et maintenant que notre force s’est affaiblie, ne nous abandonne pas, Seigneur. * Saint Dieu, Saint fort, Saint Sauveur miséricordieux, ne nous livre pas à la mort amère.

Sources : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f° 230 v°. – Cantus ID: 003732 & 003732b.
Psalmodie solennelle du Nunc dimittis selon les indications du Psalterium Parisiense imprimé de 1496.

Media vita est une antienne qui a connu un succès énorme au Moyen-Age. Saint Thomas d’Aquin entrait en ravissement et versait des torrents de larmes à chaque complies de Carême, lorsqu’on chantait le verset Ne projícias nos in témpore senectútis.

En raison du caractère particulièrement dramatique de son texte, on se mit à chanter cette antienne en dehors de l’office, en particulier sur les champs de bataille ou même pour des buts moins avouables où s’entremêlèrent quelques superstitions, au point qu’un concile réuni à Cologne en 1316 dût interdire aux fidèles de proférer des imprécations contre leurs ennemis en chantant Media vita (Quod non fiant imprecationes nec cantetur Media vita contra aliquas personas).

Dans son Chronicon S. Galli de 1613, l’historien allemand Erst Jodok Metzler a attribué la paternité de cette antienne à saint Notker le Bègue, moine de Saint-Gall en Suisse († 912), mais cette attribution bien tardive n’est étayée par aucune autre preuve ni source et parait assez faible.

L’antienne ne figure pas dans le fond ancien du répertoire de l’office divin romain et apparait pour la première fois – sans verset – dans des manuscrits du XIème simultanément en Italie du Nord, à Autun et en Angleterre : sa création a dû être de ce fait antérieure (serait-elle du Xème siècle ?) mais sa véritable origine reste inconnue. La nombre restreint d’antiphonaires antérieurs au XIème qui nous soient parvenus ne permettent pas de retracer précisément le parcours de cette pièce très curieuse.

Son texte est en effet remarquable en ce qu’il présente une version du Trisaghion de la liturgie orientale, qui était aussi largement pratiqué dans l’ancien rit des Gaules, supprimée par Pépin le Bref et Charlemagne au profit de la liturgie romaine. Il est possible que la première partie, avant Sancte Deus, soit de fait conçue comme un trope d’introduction du Trisaghion, et ait assuré la transmission d’une formule liturgique plus ancienne dans la nouvelle liturgie romano-franque.

A partir du XIIème siècle, l’antienne Media vita s’accompagne curieusement de versets, dont le plus commun (et probablement le plus ancien) – Ne projicias nos, celui-là même qui faisait pleurer saint Thomas d’Aquin – est celui utilisé tant par Paris que par les Dominicains. Ce verset Ne projicias nos est tiré du psaume 30, verset 9, avec mise au pluriel du verset biblique. Si l’antiphonaire manuscrit du chœur de Notre-Dame de Paris indique le chant du verset après le Nunc dimittis (comme dans l’usage de Sarum), les éditions postérieures du Breviarium Parisiense (de 1492 & 1500) placent ce verset avant le cantique évangélique, comme dans le rit dominicain.

La majorité des manuscrits assignent Media vita au Nunc dimittis des complies de Carême, assez souvent à partir de la mi-Carême, le milieu du Carême évoquant symboliquement le milieu de la vie évoqué par le texte de l’antienne, ainsi que le souligne en 1286 Guillaume Durand de Mende (Rational ou manuel des Divins offices, L. VI, chap. LII, n°IV & V). L’usage de Paris l’emploie aux complies de Carême à partir de la veille du IInd dimanche et jusqu’au Triduum pascal. Ce n’est qu’au XXème siècle que les éditions de Solesmes vont proposer le chant de Media vita pendant le temps de la Septuagésime.

A titre de comparaison, voici le chant dominicain de cette antienne de Nunc dimittis, qui est chantée dans cet Ordre à partir des complies de la veille du IIIème dimanche de Carême :

Et voici le Media vita dans l’usage de Sarum en Angleterre, tel qu’édité par l’excellent site The Sarum Rite. Il comporte trois versets et se chante à partir du IIIème dimanche de Carême :

Photos : messe solennelle en rit dominicain du second dimanche de Carême

Ce dimanche 12 mars 2017, Saint-Eugène – Sainte-Cécile avait l’honneur de recevoir le R.P. Louis-Marie de Blignères venu célébrer la sainte messe dans le rit dominicain, assisté par les RR.PP. Réginald-Marie Rivoire & Ambroise-Marie Pellaumail (ancien granc-clerc de Saint-Eugène), de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, faisant fonctions de diacre & de sous-diacre.

Nous avons pu goûter les admirables cérémonies de la messe solennelle dominicaine, quelques peu plus complexes que celles du rit romain, mais qui, accomplies avec un infini respect, calme et douceur, ne lassent pas d’imprimer une paix surnaturelle dans les âmes. Vous trouverez ici le livret de cette messe distribué aux fidèles.

Chant de l’épître par le diacre. Notez que le chant se fait en dehors du chœur, face à l’autel. C’est un souvenir de l’ancien béma des toutes premières églises de Palestine & de Syrie, sorte d’estrade au milieu de la nef sur laquelle se faisaient les lectures dans la primitive Eglise.

Chant des deux traits de ce second dimanche de Carême par les chantres de la Schola Sainte Cécile. Le rit dominicain – exactement comme l’ancien rit de Paris – chante en ce jour les traits De necessitatibus & Confitemini, et, exceptionnellement, il n’y a pas de graduel en ce dimanche. Vous pouvez visualiser ici le livret des chantres, avec le plain-chant dominicain de ce dimanche.

Le sous-diacre dépose le calice sur l’autel.
Entre le chant de l’épître et le chant de l’évangile, a lieu une série d’actions liturgiques tout à fait originales à la liturgie solennelle dominicaine : le diacre commence par déplier le corporal à l’autel, puis le sous-diacre présente le calice au prêtre à la banquette pour le garnir puis remonte à l’autel déposer le calice avant de revenir à la banquette. Les acolytes vont chercher la croix à la sacristie pour la procession de l’évangile. Une fois revenus au chœur avec le crucifère et le thuriféraire, ce dernier demande la bénédiction de l’encens au prêtre à la banquette. Le diacre devant proclamer l’évangile demande la bénédiction au prêtre à la banquette. Tous les ministres processionnent ensuite jusqu’au lieu de l’évangile.

Pendant le chant des deux traits par le chœur, les acolytes et le thuriféraire vont chercher la croix à la sacristie. La croix va être placée devant le diacre qui proclame l’évangile.

Chant de l’évangile de la Transfiguration par le diacre, face à la croix encadrée par les cierges des acolytes. Le diacre pose l’évangéliaire sur un pupitre (le sous-diacre soutient l’évangéliaire au rit romain). Le diacre chante face au Nord, comme dans le rit romain, pour proclamer symboliquement la lumière de l’Evangile devant illuminer les ténèbres barbares.

Prédication du R.P. de Blignères.

Prédication du R.P. de Blignères, qui portait sur les apparitions de la Vierge Marie à Fatima (dont nous fêtons le centenaire cette année), et en particulier sur la prière que la Mère de Dieu a appris aux trois petits voyants : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez nous du feu de l’Enfer, prenez en Paradis toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde ».

Inclinaison profonde des ministres devant l’autel. Le rit dominicain a conservé des dispositions plus antiques : on ne génuflecte qu’en arrivant au début de la messe et à la fin de celle-ci. L’inclinaison profonde marque le reste du temps l’adoration. Le rit romain l’a remplacé à l’époque moderne par la génuflexion.

Pendant les encensements de l’offertoire. Notons que l’autel n’est pas encensé au début de la messe dominicaine. En Occident, l’encensement de l’autel à l’offertoire est une pratique plus ancienne que celui de l’introït (les premiers Ordines Romani – les plus anciens documents qui décrivent la liturgie du Pape à Rome – ne mentionnent l’encensement de l’autel qu’à l’offertoire ; du reste, la messe des morts romaine, qui a eu tendance à conserver les structures liturgiques plus anciennes, ne connait pas non plus l’encensement de l’autel au début de la messe).

Encensement de l’autel à l’offertoire.

Lavabo à l’offertoire. Notons que ce sont le diacre & le sous-diacre qui sont alors ministres du célébrant (ce sont les acolytes au rit romain).

Avant la consécration.

Elévation du Corps Très-Saint de Notre Seigneur.

A l’élévation du Corps du Seigneur. Notez la position du diacre et du sous-diacre de part & d’autre du célébrant (dans le rit romain, le sous-diacre se tient derrière le célébrant).

Le diacre porte la paix au chœur, en présentant à chacun un instrument de paix à baiser. Le diacre souhaite la paix avec l’antique formule, autrefois en usage aussi dans le rit parisien et qui provient peut-être de l’ancien rit des Gaules :

Pax tibi et Ecclesiae Dei sanctae. – Paix à toi & à la sainte Eglise de Dieu.
℟. Et cum spiritu tuo. – ℟. Et avec ton esprit.

Diacre, prêtre & sous-diacre. Notez le missel posé sur un coussin, un usage semblable est également possible dans le rit romain (quoique peu fréquemment pratiqué).

Inclinaison profonde du célébrant et de son diacre devant les saints oblats.

Dominus vobiscum. Dans le rit dominicain, lorsque le tabernacle est sur l’autel où est célébrée la messe et si il contient le Corps du Seigneur, le célébrant, en se retournant, se décale sur le côté pour ne pas tourner le dos au Très-Saint Sacrement.

Bénédiction finale du célébrant.

Les Pères de la Fraternité Saint Vincent Ferrier sont en train de construire la nouvelle grande & magnifique église de leur couvent de Chéméré-Le-Roi en Mayenne. N’hésitez pas à suivre ce chantier & à y contribuer.

Programme du second dimanche de Carême

Pietro Perugino : La Transfiguration de Notre Seigneur (1496)Saint-Eugène, le dimanche 12 mars 2017, messe solennelle de 11h célébrée dans le rit dominicain par le R.P. de Blignères, fondateur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier. Conférence de Carême du R. P. Rivoire, fsvf, à 17h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
(Répétition samedi 11 mars à 18h, précédée du chant des Ières vêpres du dimanche dans la tradition parisienne à 17h30).

> Catéchisme sur le Carême

Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.

La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas primitivement de messe dominicale ce dimanche, car c’était la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême, laquelle commençait le samedi après none et durait une bonne partie de la nuit (on y faisait les ordinations aux ordres ecclésiastiques) – qui en tenait lieu. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.

Le rit dominicain en ce jour utilise presque les mêmes textes que le rit romain : il y a toutefois deux traits (le premier, De necessitatibus) prend la place du graduel romain (et les rubriques précisent que celui-ci doit être chanté en chœurs alternés). Soit dit en passant, l’ancien rit parisien connaissait aussi l’usage de ces mêmes deux traits en ce second dimanche de Carême.

Longtemps, le rit romain et ses variantes n’ont pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisément ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en cette nuit à Saint-Pierre à la messe du Samedi des Quatre-Temps, sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.

Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août. Rome ne s’y décida qu’en 1456, en mémoire de l’éclatante victoire de la levée du siège de Belgrade, remportée sur les Ottomans. La composition de l’office de la Transfiguration (au 6 août) est attribuée au pape Callixte III qui avait convoqué à cette occasion une croisade de prières contre les ennemis de la Foi.

La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domenica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.

IIndes vêpres du IInd dimanche de Carême. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
  • Chant final, d’action de grâces : Hymne Christe qui lux es & dies – Antique hymne du Carême, à complies – IInd ton

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des chantres (plain-chant dominicain) au format PDF.
Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres du dimanche.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres et du salut du second dimanche de Carême.

Programme du IInd dimanche de Carême – mémoire de saint Grégoire Palamas – ton 5

Saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique - fresque du Monastère de Dyonisiou par le maître Tsortsi Fuca - XVIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 mars 2017 du calendrier grégorien – 27 février 2017 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce second dimanche de Carême, le rit byzantin commémore depuis l’an 1368 (année de sa canonisation) saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (1296 † 1359).

Saint Grégoire Palamas a développé une théologie mystique qui insiste sur les voies de l’union de l’homme avec Dieu, conduisant à la divinisation de l’homme par le don de la grâce de Dieu, approfondissant par le moyen des techniques de l’hésychasme, de la prière permanente du cœur, ce que disait déjà au IInd siècle saint Irénée du mystère de l’Incarnation et du Salut (« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu »).

« Puisque le Fils de Dieu, dans son incomparable amour pour les hommes, ne s’est pas borné à unir son Hypostase divine à notre nature, en endossant un corps animé et une âme douée d’intelligence, pour apparaître sur terre et vivre avec les hommes, mais puisqu’il s’unit, ô miracle d’une incomparable surabondance, aux hypostases humaines elles-mêmes, en se confondant lui-même avec chacun des fidèles par la communion à son saint Corps, puisqu’il devient un seul corps avec nous et fait de nous un temple de la Divinité tout entière, car dans le Corps même du Christ habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, comment n’illuminerait-il pas ceux qui communient dignement au rayon divin de son Corps qui est en nous, en éclairant leur âme comme il illumina les corps mêmes des disciples sur le Thabor ? Car alors ce corps, source de la lumière de la grâce, n’était pas encore uni à nos corps : il illuminait du dehors ceux qui en approchaient dignement et envoyaient l’illumination à l’âme par l’intermédiaire des yeux sensibles ; mais aujourd’hui, puisqu’il est confondu avec nous et existe en nous, il illumine l’âme justement de l’intérieur. »
saint Grégoire Palamas, Triades 1, 3, 38.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Triode (de saint Grégoire). Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode (de saint Grégoire).
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Triode (de saint Grégoire). Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du Triode.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 3ème ode du canon de saint Grégoire :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Gardant tes divins commandements * nous évitons toutes les ruses des hérétiques ** nous écartons leurs phalanges, Grégoire, par tes saints écrits.
8. Tu as détruit la sagesse folle des hérétiques * Bienheureux qui avais dans ton cœur la sagesse de la Personne de Dieu ** par laquelle de toute ta voix tu as renversé les ruines de leur orgueil.
9. Sage qui vivais dans l’ascèse * tu as détruit les passions de la chair qui se corrompent ** et fait de ton âme l’organe divin de la théologie.
10. Dans la connaissance et la résolution du cœur * j’aimais la confusion et la perdition de ma vie ** Mais par ton intercession, Vierge Epouse de Dieu, attache moi à mon amour.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Lumière de l’Orthodoxie & docteur de l’Eglise dont tu fus le ferme appui, * ornement des saints moines & rempart invincible des théologiens, * saint Grégoire thaumaturge, gloire de Thessalonique & de la grâce le héraut, ** intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Organe sacré & divin de la sagesse, * porte-voix éclatant & harmonieux de la théologie, * nous te chantons, Grégoire aux divines parles. * Soumettant l’intelligence à l’Intelligence première, * conduis vers Elle notre intelligence, Père, pour que nous te clamions : ** Réjouis-toi, prédicateur de la grâce.
6. Kondakion du Triode, ton 4 : Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, * le jugement est proche ; * hâtons-nous donc de jeûner, * offrons avec nos aumônes nos larmes. * Nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, * mais efface-les, Créateur de toutes choses, ** afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Prokimen
Du Triode, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
De saint Grégoire Palamas, ton 1 :
℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du second dimanche de Carême : Hébreux (§ 304), I, 10 – II, 3.
C’est pourquoi il a fallu qu’il fût en tout semblable à ses frères, pour être envers Dieu un pontife compatissant et fidèle en son ministère, afin d’expier les péchés du peuple.
De saint Grégoire Palamas : Hébreux (§ 318), VII, 26 – VIII, 2.
Car il était bien raisonnable que nous eussions un pontife comme celui-ci, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux.

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
De saint Grégoire Palamas, ton 2 :
℣. La bouche du juste produit la sagesse, la langue perverse sera arrachée (Proverbes, 10, 31)

Evangiles
Du second dimanche de Carême : Marc (§ 7), II, 1-12.
Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés.
De saint Grégoire Palamas : Jean (§ 36), X, 9-16.
Pour moi, je suis le bon Pasteur : je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De saint Grégoire Palamas : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Rit parisien – Répons Minor sum – IInd dimanche de Carême

Dominica II in Quadragesima
Ad processionem, Resp.

Répons parisien - Minor sum cunctis miserationibus tuis - ton-4

Minor sum cunctis miseratiónibus tuis, Dómine Abraham. In báculo meo transívi Jordánem istum : et nunc cum duábus turmis regrédior. * Líbera me, Dómine, de mánibus Esau quia valde contrémit cor meum illum timens. Je suis indigne de toutes vos miséricordes, Seigneur d’Abraham. J’ai passé ce fleuve du Jourdain n’ayant qu’un bâton, et je retourne maintenant avec ces deux troupes. Délivrez-moi, Seigneur, de la main d’Esaü, parce que mon cœur le crains extrêmement.
(Genèse XXXII, 10-11)
℣. Tu locútus es quod mihi bene fáceres, et dilatáres semen meum sicut arénam maris. ℣. Vous m’avez promis de me combler de biens, et de multiplier ma race comme le sable de la mer.
(Genèse XXXII, 12)
* Líbera me, Dómine, de mánibus Esau quia valde contrémit cor meum illum timens. * Délivrez-moi, Seigneur, de la main d’Esaü, parce que mon cœur le crains extrêmement.
(Genèse XXXII, 11)

Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f°234 v°. – Cantus ID: 007156 & 007156b.

Ce répons fait partie de la couche ancienne du répertoire de l’office romain, puisqu’on le trouve dans l’antiphonaire de Compiègne du IXème siècle, le plus ancien témoin complet du texte de l’office divin. Son texte est établi sur celui de l’histoire de Jacob Israël, dans le livre de la Genèse, qui est lue à l’office nocturne de ces jours du Carême. Ce répons a cependant progressivement disparu des différents usages diocésains médiévaux, il n’a pas été conservé par les Ordres religieux ni par le Bréviaire romain de saint Pie V.

L’usage de Paris l’a conservé en l’assignant à la procession dominicale qui précède la grand-messe du IInd dimanche de Carême.

Ier dimanche de Carême – Trait – Graduale Romanum 1905

Dominica I. in Quadragesima
Tractus

Trait - Qui habitat - ton 2 - 1

Trait - Qui habitat - ton 2 - 2

Trait - Qui habitat - ton 2 - 3

Trait - Qui habitat - ton 2 - 4

Qui hábitat * in adjutório Altíssimi, in protectióne Dei cæli commorábitur. Qui demeure sous l’assistance du Très-Haut reposera sous la protection du Dieu du ciel.
Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu, et refúgium meum : Deus meus, sperábo in eum. Il dira au Seigneur : tu es mon défenseur et mon refuge, mon Dieu en qui j’espère.
Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium, et a verbo áspero. Parce qu’il m’a lui-même délivré du filet des chasseurs, et de la parole âpre.
Scápulis suis obumbrábit tibi, et sub pennis ejus sperábis. Il te mettra sous l’ombre de ses épaules, et tu espèreras sous ses ailes.
Scuto circúmdabit te véritas ejus : non timébis a timóre noctúrno. Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras point les terreurs nocturnes.
A sagítta volánte per diem, a negótio perambulánte in ténebris, a ruína et dæmónio meridiáno. Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les complots qui s’ourdissent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.
Cadent a látere tuo mille, et decem míllia a dextris tuis : tibi autem non appropinquábit. Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite, mais on ne s’approchera point de toi.
Quóniam Angelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis. Parce qu’il a commandé à ses anges de te garder en tes voies.
In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem tuum. Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes une pierre de ton pied.
Super aspidem et basilíscum ambulábis, et conculcábis leónem et dracónem. Tu marcheras sur l’aspic et sur le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
Quóniam in me sperávit, liberábo eum : prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum. Parce qu’en moi il a espéré, je le délivrerai, je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.
Invocábit me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne. Il m’invoquera, et moi, je l’exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation.
Erípiam eum, et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum, et osténdam illi salutáre meum. Je le sauverai et je le glorifierai ; je le comblerai de jours, et je lui montrerai mon salut.
(Psaume XC, 7 & 11-16).

Programme du premier dimanche de Carême

Les trois tentations de N.S. - Le Miroir de l'humaine condition, Ecole française du XVe siècleSaint-Eugène, le dimanche 5 mars 2017, grand’messe de 11h. Conférence de Carême de M. le chanoine de Menthière à 17h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
(Répétition samedi 4 mars à 18h, précédée du chant des Ières vêpres du dimanche dans la tradition parisienne à 17h30).

> Catéchisme sur le Carême

Quoique les fidèles jeûnent depuis mercredi, la liturgie n’ouvre néanmoins qu’aujourd’hui le commencement du Carême. Autrefois, il s’agissait en effet du véritable début du Carême, le premier jour de jeûne commençant le lendemain lundi. C’est saint Grégoire le Grand qui rajouta les 4 premiers jours au VIème siècle afin d’arriver au compte rond de 40 jours de jeûne. L’office divin conserve la disposition antique antérieure à saint Grégoire : les hymnes propres au Carême ne sont chantées qu’à partir des premières vêpres de ce dimanche ; au second nocturne de l’office de la nuit, une leçon de saint Léon le Grand annonce toujours aux fidèles le début du Carême en ces termes :

Très chers fils, leur dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du Carême, puis-je mieux commencer mon discours qu’en empruntant les paroles de l’Apôtre en qui Jésus-Christ parlait, et en répétant ce qu’on vient de vous lire : Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut ? Car encore qu’il n’y ait point de temps dans l’année qui ne soient signalés par les bienfaits de Dieu, et que, par sa grâce, nous ayons toujours accès auprès de sa miséricorde ; néanmoins nous devons en ce saint temps travailler avec plus de zèle à notre avancement spirituel et nous animer d’une nouvelle confiance. En effet, le Carême, nous ramenant le jour sacré dans lequel nous fûmes rachetés, nous invite à pratiquer tous les devoirs de la piété, afin de nous disposer, par la purification de nos corps et de nos âmes, à célébrer les mystères sublimes de la Passion du Seigneur.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Ce premier dimanche de Carême est un jour solennel et ne le cède à aucune fête, pas même celle du saint patron du lieu. L’Eglise nous donne en ce jour l’évangile des trois tentations du Christ au désert. Il est remarquable que toutes les pièces du propre de la messe sont empruntées au psaume 90, celui-là même qui fut cité au Christ par le Satan tentateur.

IIndes vêpres du Ier dimanche de Carême. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
  • Chant final, d’action de grâces : Attende Domine – plain-chant français, avec ses anciens versets – Vème ton

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Programme du Ier dimanche de Carême – Triomphe de l’Orthodoxie (restauration des saintes Images) – ton 4

Triomphe de l'Orthodoxie - rétablissement du culte des Images par l'impératrice ThéodoraParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 mars 2017 du calendrier grégorien – 20 février 2017 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. En ce jour premier dimanche de Carême, le rit byzantin célèbre le Triomphe de l’Orthodoxie, c’est-à-dire le rétablissement de la vénération des icônes au sein de l’Église et la fin de l’hérésie iconoclaste. Cette fête fut instituée en 843. En dépit du septième concile œcuménique de Nicée II de 787, les empereurs iconoclastes avaient persisté à persécuter les défenseurs des saintes icônes. A la suite d’une vision de la Vierge qu’eut l’impératrice Théodora, l’empereur Théophile se repentit de sa politique iconoclaste, marquant le triomphe définitif des fidèles sur les hérétiques. Le refus de l’icône par les iconoclastes n’était pas une hérésie anodine puisqu’elle équivalait de fait à un refus de l’Incarnation.

L’instauration de cette fête au début du Carême n’est pas sans rapport avec celui-ci. « Le Christ est l’icône du Dieu invisible, le Premier Né de la création » (Colossiens, 1,15). La sainteté consiste bien à restaurer l’image de Dieu en nous, telle qu’elle était au commencement avant qu’elle ne soit altérée par la Chute, comme l’exprime parfaitement & de façon admirable le kondakion de ce dimanche. Cette fête rappelle par ailleurs que le jeûne est aussi une ascèse du regard, de la manière dont nous regardons le monde, et que la contemplation des saintes images y contribue.

Aux dimanches de Carême, c’est la liturgie de saint Basile le Grand qui est utilisée, en place de celle de saint Jean Chrysostome.

Le canon des matines est l’œuvre du saint moine Théophane le Marqué, moine palestinien réfugié à Constantinople en raison des persécutions musulmanes et l’un des principaux protagonistes de la lutte théologique contre l’hérésie iconoclaste. Avec son frère saint Théodore, ils subirent maintes fois l’ire impériale et ont mérité leur surnom de « Marqués » à la suite d’un cruel supplice : en 836, on leur grava sur le visage, à l’aide d’aiguilles rougies au feu, douze trimètres iambiques à la gloire de l’iconoclasme.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête du Triode. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête du Triode.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode, de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe (c. 778 † 845), métropolite de Nicée :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Je T’offre le sacrifice de louange, Seigneur, proclame l’Eglise purifiée des souillures des démons ** par le sang qui coula de ton côté, en ta compassion.
8. L’image adorée du Maître * est peinte et vénérée dans la foi * Et l’Eglise reçoit une nouvelle confiance ** glorifiant le Sauveur dans l’amour de Dieu.
9. L’Eglise du Christ se dépouille * de la tristesse et des ténèbres de l’hérésie. * Elle porte le vêtement de la réjouissance ** et se couvre de la grâce lumineuse de Dieu.
10. Le peuple des Orthodoxes a reçu la lumière de l’ancienne splendeur * par le geste de Théodora la reine ** et de Michel son empereur qui aime Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire du triomphe de l’Orthodoxie, ton 2 : Nous vénérons ton icône très pure, toi qui es bon, * en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu ; * car Tu as bien voulu dans ta chair monter sur la croix, * pour délivrer de l’esclavage de l’Ennemi ceux que Tu as créés. * Aussi, en te rendant grâce, te clamons-nous : ** Tu as tout empli de joie, ô notre Sauveur, toi qui es venu pour sauver le monde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion du Triode, ton 2 : Le Verbe incirconscriptible du Père, * s’est circonscrit en s’incarnant de toi, ô Mère de Dieu, * et, restaurant sous sa forme ancienne l’image souillée, * Il l’a unie à la divine beauté. ** Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Prokimen
Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 4 :
℟. Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, * & ton nom est loué & exalté dans tous les siècles.
℣. Car tu es juste en tout ce que tu as fait pour nous, toutes tes œuvres sont vérité.

Epître
Du dimanche de l’Orthodoxie : Hébreux (§ 329), XI, 24-26, 32 – XII, 2.
Jetant les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi, qui au lieu de la vie tranquille, heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix en méprisant la honte, l’ignominie, et maintenant est assis à la droite du trône de Dieu.

Alleluia
Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 8 :
℣. Moïse & Aaron, parmi ses prêtres, & Samuel, invoquant son nom,
℣. En appelaient au Seigneur, & Dieu les exauçait.

Evangile
Du dimanche de l’Orthodoxie : Jean (§ 5), I, 43-51.
Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et que les prophètes ont prédit : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères) : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Rit parisien – Répons Ductus est Jesus in desertum – Ier dimanche de Carême

Dominica I In Quadragesima
In tertio nocturno, Resp. tertius

Répons Ductus est Jesus - ton 7 - Ier dimanche de Carême

Ductus est Jesus in desértum a Spíritu, ut tentarétur a diábolo : * et áccendens tentátor, dixit ei : Si Fílius Dei es dic ut lápides isti panes fiant. Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert, pour y être tenté par le diable ; * et le tentateur s’approchant de lui, lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains.
(Matthieu IV, 1 & 3)
℣. Et cum jejunásset quadragínta diébus & quadragínta nóctibus, póstea esúriit. ℣. Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite.
(Matthieu IV, 2)
* et áccendens tentátor dixit ei si Fílius Dei es dic ut lápides isti panes fiant. * Et le tentateur s’approchant de lui, lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains.
(Matthieu IV, 3)

Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f°222 r°. – Cantus ID: 006529 & 006529a.

Ce répons, le troisième du troisième nocturne du Ier dimanche de Carême dans l’ancien rit parisien, était également repris au cours de la procession qui précédait à Paris la grand-messe de ce dimanche. Son texte est bien sûr tiré du début du IVème chapitre de l’évangile selon saint Matthieu, qui est lu à la messe du Ier dimanche de Carême. Présent dans de très nombreux manuscrits médiévaux un peu partout en Europe, ce répons ne figure plus dans l’office romain actuel.

Programme du Mercredi des Cendres

Saint-Eugène, le mercredi 1er mars 2017, messe de 19h (répétition pour les choristes à 18h30).

> Catéchisme sur le Mercredi des Cendres

Avant l’époque de saint Grégoire le Grand (fin du VIème siècle), le jeûne du Carême ne commençait qu’au lendemain du Ier dimanche de Carême, comme cela est toujours le cas dans la liturgie ambrosienne, ou similaire encore à ce qui se pratique dans la liturgie byzantine (même si celle-ci commence le Carême plus tôt car on ne jeûne pas les samedis en Orient).

Afin d’obtenir un compte plein de 40 jours de jeûne, saint Grégoire décida d’ajouter quatre jours de jeûne avant le Ier dimanche. Le Mercredi des Cendres est devenu depuis le premier jour de Carême dans le rit romain (les livres liturgiques antiques le désignent souvent sous le titre d’« in capite jejunii »). Toutefois l’ancienne disposition antérieure à saint Grégoire a malgré tout laissé quelques traces : ainsi, à l’office, on reste toujours dans l’ordonnance de la Septuagésime, et les hymnes du Carême ne commencent-elles samedi prochain qu’aux premières vêpres du Ier dimanche de Carême.

Dans les premiers temps du christianisme, l’évêque en ce jour expulsait de l’église les pénitents qui devaient expier pour des fautes graves (principalement le meurtre, l’adultère et l’apostasie). Les pénitents publics assistaient aux offices de l’extérieur de l’église, depuis le narthex (comme cela se voit toujours fréquemment dans les églises d’Ethiopie) et ne pouvaient rentrer dans l’église qu’une fois leur pénitence accomplie.

Voici quatre gravure tirées d’un Pontifical romain imprimé à Venise en 1561 représentant l’imposition des Cendres aux fidèles puis l’expulsion des pénitents publics :

01 - Imposition des Cendres par le pontife - Pontifical de 1561

Imposition des Cendres aux fidèles par le pontife.

02 - Les pénitents publics se présentent devant l'évêque - Pontifical de 1561

Les pénitents publics se présentent devant l’évêque.

03 - L'évêque revêt de cilices les pénitents publics - Pontifical de 1561

L’évêque revêt de cilices les pénitents publics.

04 - L'évêque expulse les pénitents publics hors de l'église - Pontifical de 1561

L’évêque expulse les pénitents publics hors de l’église.

La pénitence publique durait régulièrement plusieurs années. Une fois la pénitence accomplie, la réconciliation des pénitents publics était effectuée par l’évêque le Jeudi Saint.

Lorsque la discipline de la pénitence publique disparut pratiquement (avant le XIème siècle), on en retint cependant certains éléments, dont l’imposition des cendres qui leur était faite au début du Carême. Ce geste liturgique marque parfaitement le désir de tout chrétien de revêtir les armes de la pénitence & du jeûne au début du Carême, tout en se souvenant de sa condition :

Meménto, homo, quia pulvis es, et in púlverem revertéris.
Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière.

La cérémonie de l’imposition des cendres, qui avait lieu autrefois de façon autonome entre sexte et none, finit par être jointe à la messe de ce jour, messe qui se célèbre après none (la messe est suivie des vêpres, après lesquelles dans le rit romain, le jeûne est rompu).

Traditionnellement, la cendre dont on se sert est réalisée par la combustion des rameaux bénis l’année précédente. Le prêtre impose les cendres en forme de croix sur le front des fidèles – mais sur la tonsure ou sur le sommet de la tête pour les clercs – tandis que le chœur chante deux antiennes Immutemur in habitu et Inter vestibulum, ainsi qu’un répons, Emendemus in melius.

La messe de ce jour comporte deux particularités que l’on retrouve tout au long du Carême : avant l’évangile se chante le trait du IInd ton, comme tous les lundis, mercredis et vendredis de Carême, anciens jours de station ; après la post-communion, comme à toutes les féries de Carême, le prêtre récite une oraison supplémentaire sur les fidèles inclinés : cette oraison est en réalité une prière de bénédiction très ancienne, elle se faisait également à l’office divin et le restant de l’année, à chaque fois que l’on renvoyait le peuple. Encore présente dans la plupart des rits orientaux ou occidentaux, l’oraison super populum ne s’est maintenue dans le rit romain que pour les féries de Carême.

  • Procession d’entrée : Antienne Exaudi nos Domine
  • Pendant l’imposition des cendres : Antiennes Immutemur et Inter vestibulum – plain-chant ; répons Emendemus in melius
  • Kyrie des féries de Carême et d’Avent au propre de Paris
  • Sanctus XVIII
  • Agnus Dei XVIII
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum

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