Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Saint-Eugène, le dimanche 20 mars 2016, messe solennelle de 11h. Conférence de Carême du R.P. de Nadaï, o.p. à 16h30. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.
« Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques. » (Dom Pius Parsch).
« Le diable fut donc trompé par sa propre malignité ; il fit souffrir au Fils de Dieu un supplice qui est devenu le remède de tous les enfants des hommes. Il répandit le sang innocent qui devait être le prix de la réconciliation du monde, et notre breuvage. Le Seigneur souffrit le genre de mort qu’il avait librement choisi, conformément à ses desseins. Il permit à des hommes furieux de porter sur lui leurs mains impies, et, en accomplissant un crime énorme, elles ont servi à l’exécution des desseins du Rédempteur. La tendresse de son amour était si grande, même envers ses meurtriers, que, suppliant son Père du haut de la croix, il lui demanda non pas de le venger, mais de leur pardonner. »
Homélie de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Avant la bénédiction des rameaux : antienne Hosanna Filio David
Pendant la distribution des rameaux : antiennes Pueri Hebræorum
Procession des Rameaux : Antiennes processionnelles : Cum appropinquaret Dominus – Cum audisset – Ante sex dies – Occurrunt turbæ – Cum Angelis – Turba multa
Station devant les portes de l’église : Hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle) : Gloria laus
Ouverture de la porte de l’église : dialogue Attollite portas entre les chantres & le célébrant
Entrée processionnelle dans l’église : répons Ingrediente Domino
Kyrie XVII – Kyrie Salve
Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Matthieu – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
Agnus Dei de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
Répons des offices de Ténèbres – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne – Les 27 répons composés par le Padre Martini seront chantés par la Schola au cours des 3 offices de Ténèbres de la Semaine Sainte
In monte Oliveti (Matthieu, 26, 39 & Marc 14, 38) – premier répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint
Tristis est anima mea (Matthieu 26, 38 & 45) – second répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint
Ecce, vídimus eum – troisième répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi saint
Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
IIndes vêpres du dimanche des Rameaux. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
A la Bienheureuse Vierge Marie : Stabat Mater dolorosa – complainte de la Très Sainte Vierge au pied de la Croix du Sauveur – texte de Jacques de Todi († 1306), plain-chant (versets impairs) et alternances de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la Sainte Chapelle : « Stabat Mater pour des religieuses » (H. 15) de Marc-Antoine Charpentier (versets pairs)
Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro Francisco.
A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
Supplication finale : Gloria, laus & honor tibi sit – hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle)
Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour premier dimanche de Carême, le rit byzantin célèbre le Triomphe de l’Orthodoxie, c’est-à-dire le rétablissement de la vénération des icônes au sein de l’Église et la fin de l’hérésie iconoclaste. Cette fête fut instituée en 843. En dépit du septième concile œcuménique de Nicée II de 787, les empereurs iconoclastes avaient persisté à persécuter les défenseurs des saintes icônes. A la suite d’une vision de la Vierge qu’eut l’impératrice Théodora, l’empereur Théophile se repentit de sa politique iconoclaste, marquant le triomphe définitif des fidèles sur les hérétiques. Le refus de l’icône par les iconoclastes n’était pas une hérésie anodine puisqu’elle équivalait de fait à un refus de l’Incarnation.
L’instauration de cette fête au début du Carême n’est pas sans rapport avec celui-ci. « Le Christ est l’icône du Dieu invisible, le Premier Né de la création » (Colossiens, 1,15). La sainteté consiste bien à restaurer l’image de Dieu en nous, telle qu’elle était au commencement avant qu’elle ne soit altérée par la Chute, comme l’exprime parfaitement & de façon admirable le kondakion de ce dimanche. Cette fête rappelle par ailleurs que le jeûne est aussi une ascèse du regard, de la manière dont nous regardons le monde, et que la contemplation des saintes images y contribue.
Les dimanches de Carême, c’est la liturgie de saint Basile le Grand qui est utilisée, en place de celle de saint Jean Chrysostome.
Le canon des matines est l’œuvre du saint moine Théophane le Marqué, moine palestinien réfugié à Constantinople en raison des persécutions musulmanes et l’un des principaux protagonistes de la lutte théologique contre l’hérésie iconoclaste. Avec son frère saint Théodore, ils subirent maintes fois l’ire impériale et ont mérité leur surnom de « Marqués » à la suite d’un cruel supplice : en 836, on leur grava sur le visage, à l’aide d’aiguilles rougies au feu, douze trimètres iambiques à la gloire de l’iconoclasme.
Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête du Triode. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête du Triode.
Tropaires des Béatitudes :6 tropaires du dimanche & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode, de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe (c. 778 † 845), métropolite de Nicée :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Je T’offre le sacrifice de louange, Seigneur, proclame l’Eglise purifiée des souillures des démons ** par le sang qui coula de ton côté, en ta compassion.
8. L’image adorée du Maître * est peinte et vénérée dans la foi * Et l’Eglise reçoit une nouvelle confiance ** glorifiant le Sauveur dans l’amour de Dieu.
9. L’Eglise du Christ se dépouille * de la tristesse et des ténèbres de l’hérésie. * Elle porte le vêtement de la réjouissance ** et se couvre de la grâce lumineuse de Dieu.
10. Le peuple des Orthodoxes a reçu la lumière de l’ancienne splendeur * par le geste de Théodora la reine ** et de Michel son empereur qui aime Dieu.
A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire du triomphe de l’Orthodoxie, ton 2 : Nous vénérons ton icône très pure, toi qui es bon, * en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu ; * car Tu as bien voulu dans ta chair monter sur la croix, * pour délivrer de l’esclavage de l’Ennemi ceux que Tu as créés. * Aussi, en te rendant grâce, te clamons-nous : ** Tu as tout empli de joie, ô notre Sauveur, toi qui es venu pour sauver le monde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion du Triode, ton 2 : Le Verbe incirconscriptible du Père, * s’est circonscrit en s’incarnant de toi, ô Mère de Dieu, * et, restaurant sous sa forme ancienne l’image souillée, * Il l’a unie à la divine beauté. ** Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.
Prokimen Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 4 : ℟. Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, * & ton nom est loué & exalté dans tous les siècles. ℣. Car tu es juste en tout ce que tu as fait pour nous, toutes tes œuvres sont vérité.
Epître Du dimanche de l’Orthodoxie : Hébreux (§ 329), XI, 24-26, 32 – XII, 2. Jetant les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi, qui au lieu de la vie tranquille, heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix en méprisant la honte, l’ignominie, et maintenant est assis à la droite du trône de Dieu.
Alleluia Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères), ton 8 : ℣. Moïse & Aaron, parmi ses prêtres, & Samuel, invoquant son nom, ℣. En appelaient au Seigneur, & Dieu les exauçait.
Evangile Du dimanche de l’Orthodoxie : Jean (§ 5), I, 43-51. Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et que les prophètes ont prédit : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.
Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, * ô Pleine de grâce, * toute la création, * la hiérarchie des anges * et la race des hommes. * Ô Temple sanctifié, * ô Jardin spirituel, * ô Gloire virginale, * c’est en toi que Dieu s’est incarné, * en toi qu’est devenu petit enfant * Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. * De ton sein il a fait un trône, * il l’a rendu plus vaste que les cieux. * Ô Pleine de grâce, * toute la création se réjouit en toi, ** gloire à toi.
Verset de communion Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Du dimanche de l’Orthodoxie (des Pères) : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.
Saint-Eugène, le samedi 19 mars 2016, grand’messe de 9h30.
La fête de saint Joseph, connue en Egypte depuis au moins le Vème siècle, fut établie en Occident au 19 mars vers l’an 800. Il n’est pas impossible que le choix de cette date en plein Carême ait découlé du fait que l’Eglise latine lise à partir du IIIème dimanche de Carême l’histoire du patriarche Joseph dans le livre de la Genèse. Or les Pères de l’Eglise ont souvent reconnu dans le patriarche Joseph une figure typologique du père nourricier de notre Sauveur, le glorieux époux de la Vierge Marie, comme l’atteste par exemple l’admirable sermon de saint Bernard lu aux matines de la fête de ce jour :
Quel homme fut le bienheureux Joseph, vous pouvez vous en faire idée d’après le titre dont il a mérité d’être honoré, le Seigneur ayant voulu qu’on l’appelât et qu’on le crût père du Fils de Dieu, titre qui n’est vrai cependant, qu’au sens de nourricier. Jugez-en aussi d’après son propre nom qu’on interprète, vous le savez, par accroissement. Rappelez-vous, en même temps, le grand Patriarche qui fut autrefois vendu en Égypte ; et sachez que non seulement celui-ci a été l’héritier de son nom, mais qu’il eut encore sa chasteté, son innocence et sa grâce.
Sermon de saint Bernard, abbé, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu, lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de consentir à la passion de la maîtresse ; le second, reconnaissant une Maîtresse dans la vierge devenue mère de son Maître vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident des mystères célestes, et d’y coopérer pour sa part.
Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi, pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très digne coopérateur, ici-bas, de l’accomplissement de son grand dessein.
Sermon de saint Bernard, abbé, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Procession d’entrée : orgue
Kyriale VIII – De Angelis
Epître : Ecclésiastique XLV, 1-6 : Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et l’a choisi d’entre tous les hommes.
Evangile : Matthieu I, 18-21 : Mais lorsqu’il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie, votre femme : car ce qui est né dans elle, a été formé par le Saint-Esprit.
Pendant la communion : Antienne parisienne solennelle O felicem virum, composée vers l’année 1400 par Jean de Charlier de Gerson (1358 † 1429), chancelier de l’Université de Paris
Venez vivre avec nous les jours les plus saints de l’année liturgique, où sont commémorés les évènements majeurs de notre salut !
Samedi 19 mars, à 9h30 : messe chantée de la fête de saint Joseph
Dimanche des Rameaux 20 mars :
11h : Bénédiction des rameaux, , procession, messe solennelle des Rameaux, chant de la Passion selon saint Matthieu
16h30 : Conférence de Carême du R.P. de Nadaï : Le sacrifice de Jésus-Christ & de l’Eglise – 6ème conférence : Le sacerdoce des fidèles chrétiens et celui des prêtres de la Loi nouvelle.
17h30 : Vêpres du dimanche des Rameaux & Salut du Très-Saint Sacrement
Mercredi Saint 23 mars, vers 20h (après la messe basse de 19h) : Office des Ténèbres, avec répons de Ténèbres polyphoniques du Padre Martini & terminé par le Miserere de Guillaume-Gabriel Nivers
Jeudi Saint 24 mars, 20h30 – Messe solennelle de la Cène – Lavement des pieds – Dépouillements des autels suivis vers 22h30 de l’Office des Ténèbres avec répons de Ténèbres polyphoniques du Padre Martini.
Vendredi Saint 25 mars, 19h – Messe des Présanctifiés – chant de la Passion selon saint Jean & Adoration de la Croix – suivie vers 21h de l’Office des Ténèbres avec répons de Ténèbres du Padre Martini & terminé par le Miserere d’Allegri.
Samedi Saint 26 mars, 20h30 – Vigile Pascale – baptême d’adultes & bénédiction des œufs de Pâques.
Dimanche de Pâques 27 mars :
11h – Messe solennelle de la Résurrection, avec instruments. Messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra – Victimæ Pascali du chanoine Revert – Dextera Domini de César Franck.
17h30 – Vêpres solennelles stationnales de Pâques, selon l’antique Ordre Romain (du propre de l’archidiocèse de Paris) (vêpres triples avec processions aux fonts baptismaux)
Octave de Pâques à Saint-Eugène :
Lundi de Pâques, in albis 28 mars – 11h – messe chantée
Mardi de Pâques, in albis 29 mars – 19h – messe chantée
Mercredi de Pâques, in albis 30 mars – 19h – messe chantée
Jeudi de Pâques, in albis 31 mars – 19h – messe chantée
Vendredi de Pâques, in albis 1er avril – 19h – messe chantée
Samedi de Pâques, in albis 2 avril – 9h30 – messe chantée
Dimanche in albis 3 avril – 11h – messe chantée puis départ en pèlerinage à la basilique d’Argenteuil pour l’ostension de la sainte Tunique du Christ – A Argenteuil seront chantées les vêpres à 17h et une seconde messe, célébrée par le Père-Abbé de Fontgombault à 18h
Lundi 4 avril – 19h – messe chantée de la fête de l’Annonciation (dont la célébration est reportée en raison de l’occurence du 25 mars cette année avec le Vendredi Saint
Saint-Eugène, le dimanche 13 mars 2016, grand’messe de 11h. Conférence de Carême du R.P. de Nadaï, o.p. à 16h30. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.
Avec les premières vêpres de ce dimanche, nous entrons dans le temps de la Passion. La première partie du Carême avait jusqu’alors été surtout consacrée à notre ascèse personnelle, à la contrition de nos péchés. Désormais, le rit romain nous fait méditer sur la Passion & sur la Croix de notre Seigneur. Ce deuil où nous pleurons l’Epoux divin est marqué par un symbole très fort : à compter des premières vêpres de ce dimanche, les saintes images et les croix sont désormais voilées de violet, en signe de deuil. Les derniers chants joyeux de la messe cessent de se faire entendre : le Gloria Patri disparaît à l’Introït, au Lavabo et dans les répons de l’Office divin. De même, le psaume 42 des prières au bas de l’autel n’est plus récité jusqu’à Pâques. Dans les leçons des vigiles nocturnes, on quitte la lecture des livres de Moïse pour prendre celle du prophète Jérémie, l’une des plus importantes figures du Messie souffrant. L’admirable texte du chapitre IX de l’épître aux Hébreux qui est lu à la messe de ce dimanche est commun au rits romain & byzantin : il s’agit d’une parfaite préface au temps de la Passion.
A Rome, la station se fait en la basilique Saint-Pierre : l’importance de ce dimanche, qui ne cède la place à aucune fête, quelque solennelle qu’elle soit, demandait que la réunion des fidèles eût lieu dans l’un des plus augustes sanctuaires de la ville sainte.
« Nous n’ignorons pas, mes bien-aimés, que le mystère pascal occupe le premier rang parmi toutes les solennités chrétiennes. Notre manière de vivre durant l’année tout entière doit, il est vrai, par la réforme de nos mœurs, nous disposer à le célébrer d’une manière digne et convenable ; mais les jours présents exigent au plus haut degré notre dévotion, car nous savons qu’ils sont proches de celui où nous célébrons le mystère très sublime de la divine miséricorde. C’est avec raison et par l’inspiration de l’Esprit-Saint, que les saints Apôtres ont ordonné pour ces jours des jeûnes plus austères, afin que par une participation commune à la croix du Christ, nous fassions, nous aussi, quelque chose qui nous unisse à ce qu’il a fait pour nous. Comme le dit l’Apôtre : « Si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui. » Là où il y a participation à la passion du Seigneur, on peut regarder comme certaine et assurée l’attente du bonheur qu’il a promis. »
Homélie de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
A la messe :
Procession d’entrée : La Croix ouvre l’entrée au trône de la gloire, cantique sur un texte de Pierre Corneille (1606 † 1684), de l’Académie française, tiré de sa traduction versifiée de l’Imitation de Jésus-Christ (livre II, chap. 12 : Du chemin royal de la sainte Croix) – mélodie de Charles Gounod – harmonisation à 4 voix : Henri de Villiers
Kyrie XVII – Kyrie Salve
Epître : Hébreux IX, 11-14 : Il y est entré, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle.
Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Evangile : Jean VIII, 46-59 : En vérité, en vérité je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne mourra jamais.
Pendant la communion : Miserere de Gregorio Allegri (1582 † 1652), maître de la Chapelle Sixtine, chanté à la fin des offices des Ténèbres célébrés devant le Pape à la Sixtine – partition avec abellimenti baroques restaurée par les musicologues Harry Christophers & Ben Byram-Wigfield
Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
IIndes vêpres du dimanche de la Passion. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
A la Bienheureuse Vierge Marie : Stabat Mater dolorosa – complainte de la Très Sainte Vierge au pied de la Croix du Sauveur – texte de Jacques de Todi († 1306), plain-chant (versets impairs) et alternances de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la Sainte Chapelle : « Stabat Mater pour des religieuses » (H. 15) de Marc-Antoine Charpentier (versets pairs)
Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro Francisco.
A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
Supplication finale : Antique litanie qui concluait autrefois l’office des Ténèbres
Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 mars 2016 du calendrier grégorien – 29 février 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.
Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Le dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis perdu est aussi appelé dimanche de la Tyrophagie car ce jour est le dernier jour de la semaine de la Tyrophagie, où les fidèles peuvent encore user des laitages. Ce dimanche est le dernier jour avant le grand Carême, lequel commence à l’entrée des vêpres du soir. Techniquement, ce dimanche correspond au Ier dimanche de Carême dans la tradition latine (en Occident, le jeûne de Carême commençait aussi jusqu’à saint Grégoire le Grand au lundi suivant ce dimanche ; c’est toujours le cas dans les rits ambrosien & mozarabe).
Les vêpres de ce dimanche soir appartiennent déjà liturgiquement au lendemain lundi, qui est le premier jour du jeûne du Carême dans le rit byzantin. Cet office des vêpres du dimanche soir est donc le premier office du Carême byzantin.
« Sur nos âmes a brillé la lumière de ta grâce, Seigneur ; * voici le temps favorable, voici le temps de la conversion ; rejetons les œuvres de ténèbre et des armes de lumière revêtons-nous, * afin que, l’océan du Carême traversé, * nous atteignions le havre de la Résurrection, le troisième jour, * avec notre Seigneur Jésus-Christ, * le Sauveur de nos âmes. » (premier stichère idiomèle des apostiches).
Dans le rit byzantin, l’entrée en Carême se fait à l’entrée du clergé dans le sanctuaire après le chant du lucernaire de ces vêpres du dimanche soir, à l’issue desquelles se déroulent dans la tradition russe le rit émouvant du pardon : le célébrant demande pardon à tous pour les blessures et les offenses qu’il a pu causer ; tous se demandent alors pardon tandis que le chœur a pris récemment coutume de chanter les stichères de Pâques (rien n’est prescrit à cet endroit par le Typikon ; dans certains lieux, on a pris coutume de chanter le psaume 136 « Sur le bord des fleuves de Babylone » ou les stichères du psaume 50 de l’Avant-Carême : « Ouvre-moi les portes de la pénitence »). Les stichères de Pâques sont chantés à ce moment comme un avant-goût de la joie pascale qui nous attend au terme du Carême, mais aussi en raison du pardon mutuel & de la fraternité chrétienne véritable qu’ils chantent :
« C’est le jour de la Résurrection, * soyons illuminés par le triomphe, * embrassons-nous les uns les autres, * disons : « Frères », * même à ceux qui nous haïssent ; * pardonnons tout dans la Résurrection. »
Aux vêpres du pardon les stichères de Pâques sont chantés tout doucement à mi-voix par le chœur ; elles seront proclamées à pleine voix dans la nuit de la résurrection.
Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du Triode.
A la divine liturgie
Tropaires des Béatitudes :six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode (de Christophe l’hymnographe) :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Lorsque je vois * l’océan de cette vie * soulevé par la tempête des tentations, * j’accours à ton havre de paix * et je crie, O Dieu de bonté : ** A la fosse rachète ma vie.
8. Sauveur, au Paradis * tu m’avais revêtu, dans ta bonté, * d’un vêtement divin ; * mais, séduit par le démon, * j’ai violé ton commandement ** et, malheureux, j’ai reconnu, ma nudité.
9. Pauvre âme, tu t’es éloignée, * dans ta négligence, de Dieu ; * le Paradis de délices te fut ravi * et des Anges tu fus séparée ; * dans la fosse tu es tombée : ** quelle chute, ce jour-là !
10. Fais-moi grâce et prends pitié, * Seigneur tout-puissant ; * Dieu de bonté, ne méprise pas * l’ouvrage de tes mains, * bien que je me sois éloigné ** du cortège de tes Saints.
A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 6 : Guide de sagesse & maître de savoir, * pédagogue qui nous donnes la raison, * protecteur des pauvres, fortifie & instruis mon cœur, * acccorde-moi de chanter : ** Dieu de tendresse, aie pitié de moi, pauvre pécheur.
Prokimen Du Triode, ton 8 : ℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12). ℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
Epître Du dimanche de l’expulsion d’Adam :Romains (§ 112), XIII, 11 – XIV, 4. La nuit est déjà fort avancée, et le jour s’approche ; quittons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de lumière.
Alleluia Du Triode, ton 6 : ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2). ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Evangile Du dimanche de l’expulsion d’Adam :Matthieu (§ 17), VI, 14-21. Car si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez point aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus vos péchés.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.
La divine liturgie sera suivie directement des
vêpres d’entrée en Carême
Lucernaire, ton 8 4 stichères de l’octoèque, ton 8 (deux des vêpres du dimanche soir, deux des apostiches des matines du lundi matin), 3 stichères du Triode, ton 2 & 3 stichères des Ménées (au 1er mars : de la Vénérable Mère Martyre Eudocie), ton 4. Théotokion des Ménées, ton 6..
5. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Entrant dans le stade divin du jeûne purificateur, * hâtons-nous, par la tempérance, de rendre humble la chair, * par les prières et les larmes, recherchons le Seigneur qui nous sauve, * oublions définitivement tout mal et clamons : * Christ Roi, nous avons péché contre Toi, * sauve-nous comme jadis Tu as sauvé les Ninivites ** et, dans ta tendresse, rends-nous participants du Royaume céleste.
6. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Seigneur, je désespère de moi-même, * à la pensée de mes oeuvres qui méritent le châtiment, * car voici, Sauveur, j’ai négligé tes saints commandements * et j’ai dépensé ma vie dans le péché. * Aussi, je T’implore, Toi le seul miséricordieux, * purifie-moi dans les flots du repentir, * illumine-moi par le jeûne et la prière * et ne Te détourne pas de moi, ô Très-bon, ** Toi qui combles de biens l’univers.
7. Du Triode, par saint Théodore Studite (759 † 826), ton 2 : Commençons dans la joie le temps du jeûne, * engageons le combat spirituel, * purifions l’âme, purifions la chair, * abstenons-nous de toute passion, comme de nourriture, * pour goûter aux vertus de l’Esprit en persévérant dans leur désir, * afin d’être rendus dignes de contempler * la Passion vénérable du Christ Dieu ** et, dans l’allégresse spirituelle, sa sainte Pâque.
8. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Par l’ascèse et la tempérance, tout d’abord, * ayant fait cesser les élans de la chair, * ensuite, par ton combat de martyre tu renversas, * bienheureuse Eudocie, * les pièges de l’ennemi * et remportas la victoire sur lui; * aussi, pour ton double exploit te couronna ** l’Ami des hommes et le Sauveur de nos âmes, Jésus.
9. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Dans les sillons de ton cœur * c’est le grain semé par Dieu * qu’en bonne terre, sous la divine inspiration, tu reçus * et tu lui fis produire en vérité * l’épi du témoignage au centuple fruit, * que tu déposas dans les mystiques greniers * par la force de l’Esprit qui t’avait transformée ** et changée en mieux par sa grâce, vénérable Eudocie.
10. De la Vénérable Mère Martyre Eudocie, ton 4 : Tu as ressuscité des morts * par ta vivifiante invocation, * illustre Eudocie, toi qui avais mis à mort sagement * sous les peines de la tempérance les passions corporelles ; * et maintenant tu habites les cieux avec les Martyrs, * ayant mené ta course d’athlète à bonne fin * grâce à la collaboration de l’Esprit ; ** désormais tu intercèdes pour tout fidèle t’exaltant.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen. Théotokion des Ménées, au 1er mars : Réjouis-toi, qui as l’aspect du soleil * et du Soleil fus le char réservé, * d’où resplendit l’insaisissable Clarté, * réjouis-toi, dont l’esprit rayonne de divine splendeur, * éclat fulgurant dont s’illumine le monde entier, * colombe aux reflets d’or, toute belle, immaculée, * qui fis briller pour les croyants ** la lumière n’ayant pas de couchant.
Entrée – Lumière joyeuse Grand prokimenon de vêpres : ℟. Ne détourne pas ta Face de ton serviteur, car je suis dans l’affliction ; * hâte-Toi de m’exaucer. Prête attention à mon âme, et délivre-la. (Psaume 68, 18-19) ℣. Que ton salut, ô Dieu, vienne me secourir. (Psaume 68, 30) ℣. Que les pauvres voient et se réjouissent. (Psaume 68, 33) ℣. Cherchez Dieu, et votre âme vivra. (Psaume 68, 33)
Litanie ardente – prière de vêpres – Litanies de demandes.
Apostiches, ton 4
1. Du Triode, par saint Joseph l’Hymnographe († 886), ton 2 : Ta grâce a resplendi, Seigneur, * et nos âmes sont illuminées. * Voici le temps favorable, voici le temps du repentir ; * laissons les œuvres des ténèbres * et revêtons les armes de lumière, * afin de traverser le vaste océan du jeûne, * et de parvenir à la Résurrection du troisième jour ** de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui sauve nos âmes. ℣. J’ai levé les yeux vers Toi qui habites dans les cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres, comme les yeux de la servante sont fixés sur la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’Il nous fasse miséricorde.
2. (On répète le premier). ℣. Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car nous avons été par trop rassasiés de mépris, notre âme a été par trop rassasiée de l’opprobre des nantis et du mépris des orgueilleux. (Psaume 122, 3-4)
3. Ô Christ notre Dieu, * Toi qui es glorifié dans la mémoire de tes saints, ** par leurs supplications, accorde-nous la grande miséricorde. ℣. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
4. Théotokion : Les ordres des anges te glorifient, * ô Mère de Dieu, toute pure, * toi qui as enfanté Dieu, coéternel au Père et à l’Esprit, * qui par sa volonté a créé du néant les puissances des anges. * Prie-Le, ô Toute-pure, ** de sauver et d’illuminer les âmes de ceux qui te chantent dans la vraie foi.
Cantique de Siméon – Trisaghion & Oraison dominicale
Tropaire apolytikia de Carême, ton 4 :
1. Vierge Mère de Dieu, * réjouis-Toi, Marie, pleine de grâce, * le Seigneur est avec Toi ; * Tu es bénie entre toutes les femmes, * et béni est le fruit de ton sein, ** car Tu as enfanté le Sauveur de nos âmes. On fait ici une grande métanie.
2. Baptiste du Christ, * souviens-toi de nous tous, * afin que nous soyons délivrés de nos iniquités ; ** car tu as reçu la grâce d’intercéder pour nous. On fait ici une grande métanie.
3. Priez pour nous, saints apôtres et vous, tous les saint ; * afin que nous soyons délivrés des dangers et des peines, * car en vous nous possédons de fervents défenseurs ** auprès du Sauveur. On fait ici une grande métanie.
4. Sous ta miséricorde nous nous réfugions, ô Mère de Dieu, * ne méprise pas les supplications que nous T’adressons dans l’adversité, * mais délivre-nous des dangers, * Toi seule pure, seule bénie.
Prières finales – Prière de saint Ephrem le Syrien – Conclusion des vêpres & renvoi
Rit du pardon avec le chant des stichères de Pâques
f= »https://schola-sainte-cecile.com/wp-content/2016/03/Chasubles-pliées-espagnoles-en-usage-à-la-FSSP-à-Lyon-Mercredi-des-Cendres-2016.jpg » rel= »attachment wp-att-41171″>Les chasubles pliées sont les ornements que portent le diacre et le sous-diacre pendant les temps de pénitence, au lieu & place de la dalmatique et de la tunique. Cet usage remonte aux premiers temps de l’Eglise, lorsque tout le clergé portait la chasuble.
HISTOIRE – La chasuble est à l’origine un vêtement civil déjà connu des anciens Etrusques & qui connait une vogue sensible dans l’Empire romain à compter du premier siècle de notre ère, au point d’y devenir un vêtement élégant d’usage courant : il s’agit d’un vêtement rond, percé en son centre pour laisser passer la tête et qui recouvre le haut du corps jusqu’au genoux. Elle est connu sous différents noms dont les principaux sont : pænula (le plus courant dans la Rome antique), casula (littéralement « petite maison » car elle constitue une sorte de petite tente, ce terme a donné notre français chasuble), planeta (terme consacré ultérieurement par les livres liturgiques de Rome, tandis qu’ailleurs le reste de l’Europe occidentale a toujours préféré celui de casula) & amphibalus (employé principalement par les Pères de l’Eglise de Gaule).
Pænula étrusque (partiellement retroussée sur les bras) du IVème siècle avant Jésus-Christ.
La chasuble tend alors, au début de notre ère, à remplacer l’antique toge, trop lourde et moins pratique, au point que les avocats romains réclament de pouvoir plaider avec celle-ci plutôt qu’avec celle-là, afin d’être plus libre dans leurs gestes oratoires[1]. Sous Trajan (98-117), les tribuns du peuple en sont revêtus, et l’empereur Commode (180-192) impose l’assistance aux spectacles en chasuble et non plus en toge. La chasuble devient vêtement sénatorial en 382.
Les chrétiens naturellement usaient de ce vêtement[2] et Tertullien au début du IIIème siècle fustigeait les fidèles qui avaient tendance à ôter leurs chasubles pour les prières liturgiques, pour des raisons qu’il qualifie de superstitieuses[3]. A mesure que la chasuble devenait un vêtement d’honneur des hautes fonctions de l’empire, les chrétiens voulurent de même en faire une marque distinctive d’honneur pour leurs propres tribuns et sénateurs qu’étaient les évêques, les prêtres et les diacres : c’est ainsi que l’on voit un évêque en chasuble consacrer une vierge sur une fresque datant du IIIème siècle dans les catacombes de sainte Priscille.
Dans les textes chrétiens, la première mention de la chasuble comme vêtement proprement liturgique est relativement tardive : on la trouve dans la seconde des deux lettres que rédige saint Germain de Paris († 576) et qui contiennent une fameuse description de la messe selon l’ancien rit des Gaules :
Casula quam amphibalum vocant, quod sacerdos induetur, tota unita per Moysem legiferum instituta primitus demonstratur. Jussit ergo Dominus fieri dissimilatum vestimentum, ut talem sacerdos induerit, quale indui populus non auderetur. Ideo sine manicas, quia sacerdos potius benedicit quam ministrat. Ideo unita prinsecus, non scissa, non aperta ; quia multae sunt Scripturae sacrae secreta mysteria, quae quasi sub sigillo sacerdoti doctus debet abscondere, et unitatem fidei custodire, non in haerese vel schismata declinare.
La chasuble, qu’on appelle amphibalus et que le prêtre revêt, montre originairement l’unité de toutes les institutions du législateur Moïse. Le Seigneur ordonna qu’on fît des vêtements différents, de sorte que le peuple ne se permît pas de mettre ce que le prêtre aurait mis. C’est pourquoi elle n’a pas de manches, parce que le prêtre bénit plutôt qu’il ne sert. C’est pourquoi aussi elle est d’une seule pièce sur le devant, sans fente, sans ouverture : nombreux en effet sont les mystères cachés de la Sainte Ecriture que celui qui sait doit cacher pour ainsi dire sous le sceau du pontife, et préserver l’unité de la Foi pour qu’elle ne tombe ni dans l’hérésie ni dans le schisme.
Chasuble de saint Ambroise à Milan. Notez l’échancrure qui facilite les mouvements du bras droit. Mosaïque datant de 375 de la chapelle Saint-Victor-au-Ciel-d’Or de la basilique Saint-Ambroise de Milan.
Cependant, bien avant cette première mention, de très nombreuses fresques, mosaïques ou miniatures depuis le IVème siècle montrent indubitablement que la chasuble est largement adoptée dès cette époque comme vêtement liturgique, aussi bien en Orient qu’en Occident.
Dès cette époque la chasuble était l’ornement général de tout le clergé, non seulement celui de l’évêque et des prêtres, mais aussi celui des diacres, des sous-diacres, et – selon Alcuin (c. 730 † 804) dans certaines circonstances – même des acolytes ! Amalaire de Metz (775 † 850) nous indique que la chasuble est encore portée de son temps par tous les clercs sans distinction, l’appelant le « generale indumentum sacrorum ducum ».[4] On note encore son emploi par les acolytes dans certaines régions encore au XIème siècle.[5]
Pour l’évêque ou le prêtre célébrant, ce vêtement n’était pas incommode pour l’accomplissement des cérémonies sacrées, ainsi que le note excellemment saint Germain de Paris : « C’est pourquoi elle n’a pas de manches, parce que le prêtre bénit plutôt qu’il ne sert ». Mais pour les ministres – diacres et sous-diacres – dont le propre de l’office était de servir et non de consacrer – l’usage de la chasuble ne put se faire qu’au moyen d’une adaptation : les pans antérieurs du vêtement furent repliés, afin que les bras des ministres fussent libres pour manipuler les vases sacrés. De là est venu leur nom de chasubles pliées, planetæ plicatæ ante pectus comme disent les livres liturgiques latins.
Afin de bien comprendre la forme que prenait cette pliure, voici des photographies tirées de la revue L’Art d’Eglise (n°4 de 1948) et qui présentent un essai très réussi de reconstitution de la forme antique des chasubles pliées par les moines de l’Abbaye de Saint-André en Belgique :
Chasuble pliée du sous-diacre.
Du chant de l’évangile à la fin de la messe, le diacre – pour être encore plus libre de ses mouvements, roulait sa chasuble en bandoulière au travers de ses épaules, sur son étole :
Chasuble du diacre : roulée en bandoulière ou simplement pliée, selon les différents moments de la messe.
La chasuble du célébrant ne nécessitait pas de pliure[6] car le diacre et le sous-diacre devaient précisément l’aider en soulevant à certains moments (aux encensements & à l’élévation) les pans de cet ornement, beau geste qui a été fidèlement conservé par la suite dans la liturgie romaine, quand bien même – avec les échancrures prononcées qu’on a ménagées par la suite à la chasuble du célébrant, – cela ne le nécessitait plus forcément.
De fait, les chasubles pliées du diacre et du sous-diacre signifient clairement leur fonction même de ministres sacrés, à savoir leur rôle de serviteur du célébrant.
Les chasubles pliées des diacres et des sous-diacres furent ultérieurement remplacées à partir du Vème siècle par deux nouveaux vêtements, la dalmatique & la tunique, vêtements dotés de manches et de ce fait plus maniables pour l’accomplissement de leur fonctions liturgiques & de service.
Toutefois Rome fut très longue à adopter cette nouveauté, et les Ordines Romani qui décrivent la liturgie romaine au temps de saint Grégoire le Grand et un peu après (VIIème siècle) ne connaissent encore que la chasuble comme vêtement du pape, des diacres & des sous-diacres. Jean Diacre (c. 825 † 880), le biographe de saint Grégoire le Grand (c. 540 † 604), dans sa Vita Gregorii Magni, désigne du reste tout le clergé qui accompagnait le Pape lors des processions sous le terme de planeti (« ceux qui portent des planètes », des chasubles donc).
Lorsqu’ultérieurement, Rome reçut l’usage des dalmatiques & des tuniques, elle conserva toutefois pendant le Carême et les temps de pénitence l’usage des chasubles pliées pour le diacre & le sous-diacre, selon le principe liturgique généralement observé que les temps tenus pour les plus sacrés sont aussi ceux qui sont épargnés par les innovations liturgiques.
De plus, la dalmatique et la tunique sont des ornements fastueux qui symbolisent la joie & l’innocence. Longtemps, leur couleur fut obligatoirement blanche, & la dalmatique antique était de plus ornée des deux brillantes bandes pourpres verticales (lati claves) qui ornaient primitivement les vêtements des sénateurs. Lors de l’ordination d’un diacre, l’évêque lui impose la dalmatique par ces termes : « Que le Seigneur vous revête de l’habit de la félicité et de la robe de la joie (indumento lætitiæ) et qu’il vous environne toujours de la dalmatique de la justice ». La prière équivalente pour la remise de la tunique au sous-diacre parle de même de vestimento lætitiæ. L’emploi de la dalmatique & de la tunique ne convenait donc absolument pas dans les temps de pénitence, pour lesquels on a donc conservé l’antique chasuble pliée.
Distribution des cierges à la fête de la Purification.
REGLES D’EMPLOI LITURGIQUE – Les chasubles pliées sont donc en usage dans la liturgie romaine aux temps de pénitence. L’étendue exacte de ces temps est décrit au titre XIX, §§ 6 et 7 des rubriques du Missel Romain de saint Pie V (De qualitate paramentorum)[7] :
« Aux jours de jeûne (sauf aux vigiles des Saints), ainsi qu’aux dimanches de l’Avent et du Carême, et avant la messe en la vigile de la Pentecôte (mais en exceptant :
– le dimanche de Gaudete et lorsque cette messe est reprise dans la semaine,
– le dimanche de Lætare,
– la vigile de Noël,
– le Samedi Saint, à la bénédiction du cierge [pascal] et à la messe,
– et les Quatre-temps de la Pentecôte),
de même qu’à la bénédiction des cierges et à la procession le jour de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, à la bénédiction des cendres, ainsi qu’à la bénédiction et à la procession des palmes, dans les cathédrales et les grandes églises, [les diacre et sous-diacre portent] des chasubles pliées devant la poitrine ; le diacre dépose cette chasuble etc.
Dans les petites églises, en ces jours de jeûne, ils accomplissent leurs fonctions revêtus simplement de l’aube : le sous-diacre avec le manipule, le diacre portant aussi l’étole sur l’épaule gauche pendant sous le bras droit. »
Ordinations au Samedi des Quatre-Temps : le diacre et le sous-diacre, ministres de l’évêque, portent les chasubles pliées.
Détaillons quelque peu certains aspects de cette rubrique, qui en dépit de sa complexité apparente, suit quelques principes logiques simples :
1. Les chasubles pliées n’existent que pour les temps de pénitence et donc que dans les couleurs violettes et noires. On ne les utilise pas (même si la rubrique susdite ne le précise pas) pour la messe du Jeudi Saint célébrée en blanc mais on le fait pour les Présanctifiés du Vendredi Saint célébrés en noir. Avant les réformes des années 50, la vigile de la Pentecôte était comme une seconde vigile pascale et comprenait 6 prophéties avant le début proprement dit de la messe. Cette avant-messe était célébrée en violet et donc voyait l’usage des chasubles pliées. La messe subséquente était en rouge. De même, le Samedi Saint, le diacre bénit le cierge pascal en dalmatique blanche, puis reprend sa chasuble pliée pour l’avant-messe – en violet – (qui comportait 12 prophéties puis la bénédiction des fonds). La messe qui suit cette avant-messe est en ornements blancs.
2. Les dimanches de l’Avent et du Carême ne sont pas jours de jeûnes (on ne jeûne jamais le dimanche qui fête toujours la résurrection du Christ) mais sont tout de même inclus dans des temps de pénitence car on y célèbre en violet. Cependant la rubrique du Missel Romain ne fait pas mention des dimanches de la Septuagésime, où l’on célèbre aussi en violet. Il y a eu quelques hésitations, mais en général, les auteurs n’ont pas recommandé l’usage des chasubles pliées violettes durant ce temps d’avant-Carême. (En rigoureuse fidélité à la rubrique, on ne devrait pas les employer le dimanche durant la Septuagésime mais on pourrait imaginer le faire aux lundis, mercredis, vendredis & samedis des trois semaines de ce temps, qui étaient primitivement jeûnés, lorsqu’on célèbre la messe fériale).
3. Les deux dimanches de Gaudete et de Lætare constituent deux pauses au milieu de l’Avent et du Carême. Ce sont deux jours de joie où l’Eglise donne un avant-goût au fidèles des réjouissances qui les attendent au terme de ces deux temps de pénitence : les ornements sont de couleur rose et non violette, on orne les autels de fleurs, l’orgue et les instruments de musique se font entendre. La messe du dimanche de Gaudete peut éventuellement être reprise dans la semaine qui suit et bénéficie de ces privilèges (le dimanche de Lætare ne peut lui être repris au cours de la semaine qui suit, chaque jour du Carême étant pourvu d’une messe propre).
4. Les Quatre-Temps de la Pentecôte sont les seuls des Quatre-Temps à n’être pas jeûnés car ils sont inclus dans l’octave de la Pentecôte. Contrairement à ceux de septembre, de l’Avent et du Carême, ils ne voient donc pas l’usage des chasubles pliées.
5. Par grandes églises on désigne les cathédrales, les collégiales mais aussi les églises paroissiales. C’est ce qu’a précisé une décision de la Sacrée Congrégation des Rites du 11 septembre 1847 adressée à l’évêque de Londres, Mgr Nicholas Wiseman (lequel rétablissait alors la hiérarchie catholique en Angleterre et dont les toutes nouvelles paroisses étaient encore souvent dépourvues en ornements) ; la même décision lui conseille même de faire célébrer dans sa cathédrale sans ministres sacrés plutôt que d’y faire officier des diacres & sous-diacres sans chasubles pliées. Cette décision dut paraître un peu trop raide car elle fut supprimée des collections ultérieures de la S.C.R. : une grande église dépourvue de chasubles pliées peut toujours faire servir les ministres sacrés sans chasubles pliées, juste en aube, étole & manipules.
6. Les petites églises paraissent avoir été dispensées de l’usage des chasubles pliées non pas tant parce qu’elles n’en avaient pas mais parce qu’il y était plus compliqué d’avoir trois chasubles parfaitement assorties dont deux étaient pliées.
7. Notons une autre réponse de la Congrégation des rites (n°5385 du 31 août 1867) précisant qu’il faut utiliser – devant le Saint Sacrement exposé – les chasubles pliées aux prières des 40 heures qui se dérouleraient pendant l’Avent ou le Carême.
8. L’usage des chasubles pliées étant lié à une notion de temps liturgique, elles ne servaient pas aux messes de Requiem, qui ne sont pas liées à un temps liturgique particulier : on y emploie des dalmatique et tunique noires.
USAGE LITURGIQUE – Pour assister le célébrant, il suffit aux ministres que le devant de leur chasuble soit replié ; mais lorsque le diacre ou le sous-diacre doivent accomplir une tâche qui leur est propre, ils retirent complètement ou replient encore davantage ce vêtement.
Ainsi, le sous-diacre dépose sa chasuble pliée avant de chanter l’épître, après quoi il la reprend aussitôt.[8]
L’office propre du diacre commence avec le chant de l’évangile et se poursuit jusqu’à la fin de la communion, dont il est ministre, mais il ne dépose pas complètement sa chasuble pliée pendant tout ce temps : il la porte roulée en bandoulière sur l’épaule gauche, attaché sous le bras droit par des cordelettes (ou même en faisant un nœud), par-dessus son étole. Après la communion, il déroule le tissu et remet la chasuble pliée comme auparavant.
Diacre portant la chasuble roulée pour chanter l’évangile.
Pour simplifier quelque peu ce procédé, on s’est mis à rouler par avance une autre chasuble, que le diacre prenait sur l’épaule en temps voulu ; par la suite, on a le plus souvent substitué à cette chasuble roulée une simple bande du même tissu, communément appelée stolon ou étole large.[9]
Evolution de la chasuble transversale jusqu’au stolon : à gauche, la chasuble roulée sur une statue médiévale de la cathédrale de Wells en Angleterre ; à droite, le stolon dans sa forme moderne : simple bande de tissu non galonnée sur les bords.
Lors d’une messe pontificale, les diacres assistants prennent leurs ornements – à savoir : la chasuble pliée devant, par-dessus la cotta ou le rochet – vers la fin de Tierce, avant que l’évêque ne chante l’oraison.[10]
Un sous-diacre porte-croix porterait aussi une chasuble pliée.[11]
Chasuble pliée & stolon de la basilique Sainte-Marie-des-Anges à Rome.
EVOLUTIONS DES FORMES – 1. De la chasuble pliée à la chasuble coupée.
Jusqu’à nos jours s’était conservé l’usage de réellement replier la partie avant de la chasuble et de la maintenir ainsi au moyen de cordons ou d’agrafes.
Chasubles réellement pliées du diacre & du sous-diacre. Angleterre.
Au XVIIème siècle, Pisacara Castaldo rappelle que les chasubles pliées ne doivent pas différer de celle du célébrant.[12] Au XVIIIème siècle Merato commentant Gavantus précise encore qu’il faut en retirer les agrafes qui les maintiennent pliées entre les cérémonies afin de ne pas les abimer & pour que les prêtres puissent les utiliser commodément pour les messes basses.[13]
Une chasuble pliée est donc, de ce fait, exactement ce que son nom suggère : une chasuble comme une autre, portée avec la partie antérieure pliée, à l’intérieur, afin de la remonter au niveau des coudes, et souvent attachée en cette position par deux pinces d’acier.
New Jersey – USA – FSSP.
Toutefois, au fil des siècles, tandis que la chasuble du célébrant s’échancrait sur les côtés, par commodité, on se mit à coudre de façon définitive la pliure des chasubles du diacre et du sous-diacre pour finir par les couper définitivement de l’excédent de tissu (on pourrait donc parler de « chasubles coupées » mais l’usage à maintenu le terme de « chasubles pliées »).
Formes classiques romaines : stolon du diacre, chasuble du célébrant et chasuble pliée du sous-diacre. Juventutem – Londres.
DISPARITION DES CHASUBLES PLIEES ? – La généralisation de la découpe de la partie antérieure de la chasuble pliée – certes commode – a dû contribuer à la faire percevoir comme un vêtement distinct de la chasuble du célébrant, ce qu’elle n’est pourtant absolument pas à l’origine. Paradoxalement, cela a pu contribuer à la désaffection de son usage. Dès 1914, le jésuite Braun[14] déplore la disparition des chasubles pliées dans toute l’Allemagne. La France n’a pas l’air mieux lotie pour la même époque (si les cérémoniaux publiés continuent de décrire l’usage des chasubles pliées, il est assez rare de trouver des exemplaires ni même des photographies du XXème siècle). L’usage semble avoir perduré davantage en Italie, dans la Péninsule ibérique ou dans les Iles britanniques.
Encore maintenues pour la vigile pascale dans ses nouvelles formes expérimentales de 1951 et 1952, les chasubles pliées furent entièrement bannies de la Semaine Sainte réformée de 1955 au profit de dalmatiques et tuniques violettes et noires, tout en continuant pourtant d’être utilisée le reste du Carême et aux autres temps de pénitence. Cette anomalie cessa avec la publication du nouveau code des rubriques de 1960 qui remarquent tout à la fin des rubriques générales que « Les chasubles pliées et l’étole large ne sont plus employées désormais ».[15]
« Les chasubles pliées sont une des caractéristiques les plus anciennes du rite romain ; elles remontent au temps où tout le clergé portait la chasuble, et furent conservées [… pour] la plus austère pénitence. Leur abandon fait mentir les peintures des catacombes : c’est une perte immense, un outrage à l’histoire et à […] tord, dit-on, on aurait donné cette explication proportionnée au méfait : on ne trouve pas facilement des chasubles pliées. Or c’est juste le contraire : on trouve partout des chasubles violettes, qui peuvent se plier, tandis que les dalmatiques violettes sont beaucoup moins répandues.[16] En outre on a toujours la ressource de servir en aube. »
On pourrait ajouter qu’il était curieux de supprimer les chasubles pliées au moment même où l’on entendait promouvoir partout le retour à la forme ample & antique de la chasuble.
Contrairement aux catholiques, l’usage des chasubles pliées ne s’est pas interrompu chez les anglo-catholiques (et peut-être verra-t-on son usage être progressivement repris par les différents nouveaux ordinariats érigés pour recevoir ces communautés au sein de l’Eglise catholique). Par ailleurs, avec la renaissance des études liturgiques dans les communautés catholiques traditionnelles, on note qu’un nombre grandissant de celles-ci reprend l’antique usage.
Vigile de la Pentecôte à Saint-Magnus, paroisse anglicane de Londres.
DANS LES AUTRES RITS OCCIDENTAUX – L’usage de la chasuble pliée n’est pas limitée au rit romain et se rencontre – avec des variantes – dans les liturgies suivantes :
1. Dans le rit ambrosien : les chasubles pliées sont utilisées pendant l’Avent, le Carême et les Litanies majeures et mineures (i.e. les Rogations, qui ont lieu le lundi après l’Ascension dans ce rit et au cours desquelles on impose les Cendres) et les autres jours de jeûne durant l’année. Comme dans le rit romain, le sous-diacre dépose sa chasuble pliée pour chanter l’épître. Le diacre roule la sienne transversalement comme au romain de l’évangile à la fin de la communion. A noter que lors des dimanches de Carême, le diacre doit chanter des litanies très anciennes après l’ingressa au début de la messe ; pour ce faire, comme il remplit son office propre, il roule également sa chasuble transversalement. Les couleurs liturgiques différent du romain ; violet foncé pendant l’Avent et les dimanches de Carême, mais les féries de Carême sont en noir. Les Litanies majeures sont en violet foncé et les mineures sont en noir. Lors d’une exposition du Saint-Sacrement un jour de pénitence, on doit employer obligatoirement les chasubles pliées, même dans les petites églises. Différence notable avec l’usage romain : toute la Semaine Sainte (qui débute au Samedi de la veille des Rameaux, in Traditione Symboli) est célébrée en rouge et on utilise dalmatique et tunique.
2. Dans le rit de Braga : usage identique au romain, sauf pour la procession des Rameaux où l’on utilise dalmatique et tunique.
3. Dans le rit de Lyon : de façon très intéressante, les chasubles pliées ne se prennent qu’après le premier dimanche de Carême, souvenir de l’époque antérieure à saint Grégoire le Grand où le premier jour du jeûne quadragésimal était le lundi suivant ce dimanche. Le diacre dépose sa chasuble avant de chanter l’évangile (exactement comme fait le sous-diacre à l’épitre donc) et ne la roule pas sur ses épaules (comme au romain). Les chasubles pliées ne sont pas en usage le Vendredi Saint.
5. Dans le rit de Paris : Les chasubles ne sont pas pliées mais roulées sur les épaules. (les cérémoniaux parlent de chasubles transversales : planetis transversis super humeros). Elles ne sont pas employées pendant les dimanches de l’Avent, qui sont célébrés en blanc à Paris, et on y use donc logiquement de la dalmatique et de la tunique (l’ancien rit parisien conçoit l’Avent comme une vaste célébration de l’Incarnation). Elles sont toutefois utilisées aux messes fériales de l’Avent dans les grandes églises où il y a beaucoup d’ecclésiastiques, les petites églises en sont dispensées. Les chasubles transversales s’emploient une première fois le Mercredi des Cendres puis les dimanches de Carême et le Vendredi Saint (les ornements sont noirs à chaque fois). Les féries de Carême en revanche, le diacre et le sous-diacre ne servent qu’en aubes, étole & manipules, sans chasubles, même à la cathédrale. Les Quatre-Temps de septembre sont curieusement célébrés avec des chasubles transversales rouges (ces jours appartenant au Temps après la Pentecôte, qui est en rouge à Paris).
6. Chez les Prémontrés : particularité notable, ce rit emploie les chasubles pliées dès le dimanche de la Septuagésime.
7. Chez les Cisterciens, les Dominicains & les Carmes : ces 3 rits ont des usages similaires : pendant les temps de pénitence, le diacre et le sous-diacre servent en aube, étole & manipules, comme dans les petites églises du rit romain. Notons que chez les dominicains, la dalmatique et la tunique ne sont pas non plus employées aux messes fériales pendant l’année.
8. Chez les Chartreux : ce rit est très dépouillé et ignore complètement l’usage de la dalmatique et de la tunique toute l’année durant. A la messe, le diacre ne prend l’étole que pour chanter l’évangile. De ce fait, les chasubles pliées sont complètement ignorées.
ET EN ORIENT ? – Au témoignage des représentations artistiques anciennes, l’Orient byzantin connait depuis au moins le Vème siècle l’usage de la chasuble qui s’appelle en grec φαιλόνιον – phélonion (à rapprocher du latin pælonia).
Théophile d’Alexandrie. Miniature sur papyrus du Vème siècle.
Par un intéressant processus similaire à ce qui s’est produit en Occident, la partie avant du phélonion s’est beaucoup échancrée afin de faciliter les gestes du célébrant.
Icône représentant saint Jean de Novgorod – le phélonion est tenu replié sur les bras.Prêtre byzantin portant le phélonion. La partie avant du vêtement est désormais coupée pour faciliter les gestes liturgiques.
Certaines chasubles pliées espagnoles sont de forme très semblables aux actuels phélonia échancrés par devant des byzantins :
Chasubles pliées d’origine espagnole, assez proches de l’actuelle coupe byzantine.
On ne trouve toutefois pas de traces que les diacres et les sous-diacres aient porté des chasubles en Orient (ceux-ci se revêtent de dalmatiques). Toutefois, dans l’usage russe[17], lors de l’ordination d’un chantre ou d’un lecteur, l’évêque lui impose un petit phélonion sur les épaules, vraisemblablement l’équivalent oriental de la chasuble pliée occidentale.
Ordination d’un lecteur dans l’usage russe.
Le petit phélonion est ensuite retiré une fois que le nouveau lecteur aura chanté une épître.
Le lecteur byzantin nouvellement ordonné & revêtu du petit phélonion chante l’épître
A l’ordination d’un sous-diacre non-moine, le candidat se présente à l’évêque vêtu du petit phélonion. Ce vêtement n’est plus utilisé en dehors de ces deux ordinations[18], mais il pourrait bien être le souvenir d’un état plus antique où la chasuble était portée par le clergé mineur.
Phélonion et petit phélonion russes.
Les vieux-Croyants ont conservé comme toujours les usages anciens et chez eux, l’acolytat existe toujours (tandis que dans l’Eglise « synodale », l’acolytat est conféré puis immédiatement à se suite le lectorat). Les acolytes Vieux-Croyants (des enfants ou des jeunes gens) sont toujours revêtus du petit phélonion[19]. Je pense que ce point est à relier avec l’ancien usage occidental qui connaissait des acolytes revêtus de chasubles. Voici un florilège de photos provenant d’une communauté vieille-croyante d’Ukraine (les trois dernières photos montrent l’ordination d’un acolyte par l’évêque) :
Les autres rites orientaux ne connaissent pas en général la chasuble, même pour le célébrant qui utilise en général la chape. Notons toutefois chez les Arméniens l’existence de l’équivalent du petit phélonion russe[20], court camail qui recouvre les épaules des clercs mineurs de ce rit et devenu le plus souvent solidaire de l’aube de nos jours :
Messe dans le rit arménien – cathédrale arménienne catholique Sainte-Croix de Paris.Ordinations de diacres arméniens.
CONCLUSION – L’empressement de Mgr Bugnini à faire disparaître les chasubles pliées (il note avec dédain que les chasubles pliées ne manqueront à personne)[21] fait resurgir une question plus large qui émerge naturellement lorsqu’on étudie les réformes liturgiques de 1951-1969 : ces réformes ont été présentées alors aux fidèles comme un heureux retour de la liturgie à l’antiquité chrétienne, enfin débarrassée des scories du bas Moyen-Age et de l’époque baroque. Mais dès lors, comment expliquer l’abandon dédaigneux de cet élément véritablement antique du rit romain que sont les chasubles pliées, précieux usage qui nous reliait à la prière et à la pratique même de nos Pères dans la foi des premiers siècles ? Hélas, cet exemple précis est loin d’être unique & l’on peut signaler l’abandon de nombreux éléments antiques au profit de pures créations intellectuelles au cours de ces réformes. Plus globalement, on pourra s’interroger sur la nature de la réforme liturgique de 1951 à 1969 : constitue-t-elle un développement organique continu de la liturgie de l’Eglise ou se situe-t-elle en rupture radicale avec la pratique pluri-séculaire du rit romain ?
Il est intéressant de constater qu’en divers endroits du monde, des communautés traditionnelles reprennent désormais l’usage des chasubles pliées. Gageons que ces communautés perçoivent que celles-ci constituent une part de la richesse symbolique que nous avait livrée la tradition et dont nous avons été injustement privés.
Messe de Mgr Amodeo au Panthéon. Rome.Chasuble pliée – Rome.Mercredi des Cendres.Vendredi Saint. Londres.Stolon noir du Vendredi Saint. Londres.Passion selon saint Matthieu – messe pontificale des Rameaux – Rome.Second dimanche de Carême 2016 – collégiale Saint-Just de Lyon.Second dimanche de Carême 2016 – collégiale Saint-Just de Lyon.A l’aspersion – second dimanche de Carême 2016 – Société Saint-Hugues de Cluny – Connecticut.Notez la chasuble transversale véritablement roulée – second dimanche de Carême 2016 – Société Saint-Hugues de Cluny – Connecticut.Distribution des cierges de la Chandeleur 2016 – Institut du Christ-Roi – Gricigliano.
***********************
Notes :
Notes : (↵ reviens au texte)
Cf. De Oratoribus chap. XXXIX, attribué à Tacite (58 – c. 120).↵
Notons l’existence de plusieurs chasubles qui auraient appartenues à saint Paul.↵
Amalaire de Metz, De ecclesiasticis officiis, II, 19 (P.L. 105, 1095).↵
A. King, Liturgy of the Roman Church, London-New York-Toronto, Longmans, 1957, p. 130.↵
Encore que l’on note parfois des pliures ou des cordelettes sur celle du célébrant également ; ce fut l’usage de la cathédrale de Reims.↵
De qualitate paramentorum tit. XIX, n. 6, 7. « In diebus vero ieiuniorum (præterquam in vigiliis Sanctorum) et in Dominicis et feriis Adventus et Quadragesimæ ac in vigilia Pentecostes ante Missam (exceptis Dominica Gaudete, si eius Missa infra hebdomadam repetatur, et Dominica Lætare, Vigilia Nativitatis Domini, Sabbato Sancto in benedictione Cerei et in Missa, ac quatuor temporibus Pentecostes) item in benedictione Candelarum et Processione in die Purificationis Beatæ Mariæ, et in benedictione Cinerum ac benedictione Palmarum et Processione, in Cathedralibus et præcipuis Ecclesiis utuntur Planetis plicatis ante pectus ; quam planetam Diaconus dimittit, etc. In minoribus autem Ecclesiis, prædictis diebus ieiuniorum Alba tantum induti ministrant : Subdiaconus cum manipulo, Diaconus etiam cum stola ab humero sinistro pendente sub dextrum ».↵
« Si les ministres portent la chasuble pliée, le premier acolyte se lèvera durant la dernière collecte avant l’épître et retirera la chasuble pliée du sous-diacre, puis celui-ci recevra le livre, chantera l’épître, et baisera la main du célébrant ; après qu’il a rendu le livre, il revêtira de nouveau la chasuble pliée – soit près de l’autel, soit à la crédence – et transférera du côté de l’évangile le missel avec son coussin ou pupitre. » Pio Martinucci, Manuale sacrarum Cæromoniarum, chap. VI, n°14.↵
« Après que le célébrant a commencé sa lecture [à voix basse] de l’évangile, le diacre descendra de l’autel par le côté, comme il a été dit. Près de la crédence, il déposera la chasuble pliée et se revêtira de l’étole large ; puis il prendra l’évangéliaire, l’apportera à l’autel, et accomplira la suite de ses fonctions. Pio Martinucci, Manuale sacrarum Cæromoniarum, chap. VI, n°15.
Après la communion, lorsque le diacre a porté le missel (avec son coussin ou pupitre) du côté de l’épître, il descendra de l’autel par le côté et viendra à la crédence ; assisté par un acolyte, il déposera l’étole large et reprendra la chasuble pliée, après quoi il regagnera sa place derrière le célébrant. Pio Martinucci, ibidem n°20.↵
Cæremoniale Episcoporum, Livre II, chap. XIII, n°3.↵
Pierre Jean Baptiste de Herdt, Pratique de la liturgie selon le rit romain, p. 213.↵
A. Pisacara Castaldo, Praxis caeremoniarum, Neapoli, Scoriggium, 1645, p. 178.↵
B. Gavantus – G.M. Merato, Thesaurus Sacrorum Rituum, Venetiis, Balleoniana, 1792, I, p. 48.↵
G. Braun, Die liturgischen Paramente, 1914, p. 98.↵
Rubricæ generales XIX, n°137 : Planetæ plicatæ et stola latior amplius non adhibentur.↵
En effet, en bonne rigueur les dalmatiques et tuniques violettes ne pouvaient servir que pour les trois dimanches de Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime.↵
Lequel conserve très souvent des structures bien plus anciennes que l’usage grec.↵
Le lecteur-chantre utilise ordinairement un genre de tunique pour son office, le sticharion – στιχάριον. Notons que certaines paroisses ont tenté de restaurer un usage plus fréquent du petit phélonion.↵
Information de M. Bogdan Reznychenko que nous remercions vivement.↵
Selon l’avis de R. Pilkington, I riti orientali, Turin, L.I.C.E. – Berruti, p. 31.[[19]]
[[21]]Cf. A. Bugnini – C. Braga, Ordo Hebdomadae Sanctae instauratus commentarium, Bibliotheca Ephemerides Liturgicae Sectio Historica 25, Roma, Edizioni Liturgiche, 1956, p. 56, nt. 28.↵
f= »https://schola-sainte-cecile.com/wp-content/2016/03/Chasubles-pliées-espagnoles-en-usage-à-la-FSSP-à-Lyon-Mercredi-des-Cendres-2016.jpg » rel= »attachment wp-att-41171″>Les chasubles pliées sont les ornements que portent le diacre et le sous-diacre pendant les temps de pénitence, au lieu & place de la dalmatique et de la tunique. Cet usage remonte aux premiers temps de l’Eglise, lorsque tout le clergé portait la chasuble.
HISTOIRE – La chasuble est à l’origine un vêtement civil déjà connu des anciens Etrusques & qui connait une vogue sensible dans l’Empire romain à compter du premier siècle de notre ère, au point d’y devenir un vêtement élégant d’usage courant : il s’agit d’un vêtement rond, percé en son centre pour laisser passer la tête et qui recouvre le haut du corps jusqu’au genoux. Elle est connu sous différents noms dont les principaux sont : pænula (le plus courant dans la Rome antique), casula (littéralement « petite maison » car elle constitue une sorte de petite tente, ce terme a donné notre français chasuble), planeta (terme consacré ultérieurement par les livres liturgiques de Rome, tandis qu’ailleurs le reste de l’Europe occidentale a toujours préféré celui de casula) & amphibalus (employé principalement par les Pères de l’Eglise de Gaule).
Pænula étrusque (partiellement retroussée sur les bras) du IVème siècle avant Jésus-Christ.
La chasuble tend alors, au début de notre ère, à remplacer l’antique toge, trop lourde et moins pratique, au point que les avocats romains réclament de pouvoir plaider avec celle-ci plutôt qu’avec celle-là, afin d’être plus libre dans leurs gestes oratoires[1]. Sous Trajan (98-117), les tribuns du peuple en sont revêtus, et l’empereur Commode (180-192) impose l’assistance aux spectacles en chasuble et non plus en toge. La chasuble devient vêtement sénatorial en 382.
Les chrétiens naturellement usaient de ce vêtement[2] et Tertullien au début du IIIème siècle fustigeait les fidèles qui avaient tendance à ôter leurs chasubles pour les prières liturgiques, pour des raisons qu’il qualifie de superstitieuses[3]. A mesure que la chasuble devenait un vêtement d’honneur des hautes fonctions de l’empire, les chrétiens voulurent de même en faire une marque distinctive d’honneur pour leurs propres tribuns et sénateurs qu’étaient les évêques, les prêtres et les diacres : c’est ainsi que l’on voit un évêque en chasuble consacrer une vierge sur une fresque datant du IIIème siècle dans les catacombes de sainte Priscille.
Dans les textes chrétiens, la première mention de la chasuble comme vêtement proprement liturgique est relativement tardive : on la trouve dans la seconde des deux lettres que rédige saint Germain de Paris († 576) et qui contiennent une fameuse description de la messe selon l’ancien rit des Gaules :
Casula quam amphibalum vocant, quod sacerdos induetur, tota unita per Moysem legiferum instituta primitus demonstratur. Jussit ergo Dominus fieri dissimilatum vestimentum, ut talem sacerdos induerit, quale indui populus non auderetur. Ideo sine manicas, quia sacerdos potius benedicit quam ministrat. Ideo unita prinsecus, non scissa, non aperta ; quia multae sunt Scripturae sacrae secreta mysteria, quae quasi sub sigillo sacerdoti doctus debet abscondere, et unitatem fidei custodire, non in haerese vel schismata declinare.
La chasuble, qu’on appelle amphibalus et que le prêtre revêt, montre originairement l’unité de toutes les institutions du législateur Moïse. Le Seigneur ordonna qu’on fît des vêtements différents, de sorte que le peuple ne se permît pas de mettre ce que le prêtre aurait mis. C’est pourquoi elle n’a pas de manches, parce que le prêtre bénit plutôt qu’il ne sert. C’est pourquoi aussi elle est d’une seule pièce sur le devant, sans fente, sans ouverture : nombreux en effet sont les mystères cachés de la Sainte Ecriture que celui qui sait doit cacher pour ainsi dire sous le sceau du pontife, et préserver l’unité de la Foi pour qu’elle ne tombe ni dans l’hérésie ni dans le schisme.
Chasuble de saint Ambroise à Milan. Notez l’échancrure qui facilite les mouvements du bras droit. Mosaïque datant de 375 de la chapelle Saint-Victor-au-Ciel-d’Or de la basilique Saint-Ambroise de Milan.
Cependant, bien avant cette première mention, de très nombreuses fresques, mosaïques ou miniatures depuis le IVème siècle montrent indubitablement que la chasuble est largement adoptée dès cette époque comme vêtement liturgique, aussi bien en Orient qu’en Occident.
Dès cette époque la chasuble était l’ornement général de tout le clergé, non seulement celui de l’évêque et des prêtres, mais aussi celui des diacres, des sous-diacres, et – selon Alcuin (c. 730 † 804) dans certaines circonstances – même des acolytes ! Amalaire de Metz (775 † 850) nous indique que la chasuble est encore portée de son temps par tous les clercs sans distinction, l’appelant le « generale indumentum sacrorum ducum ».[4] On note encore son emploi par les acolytes dans certaines régions encore au XIème siècle.[5]
Pour l’évêque ou le prêtre célébrant, ce vêtement n’était pas incommode pour l’accomplissement des cérémonies sacrées, ainsi que le note excellemment saint Germain de Paris : « C’est pourquoi elle n’a pas de manches, parce que le prêtre bénit plutôt qu’il ne sert ». Mais pour les ministres – diacres et sous-diacres – dont le propre de l’office était de servir et non de consacrer – l’usage de la chasuble ne put se faire qu’au moyen d’une adaptation : les pans antérieurs du vêtement furent repliés, afin que les bras des ministres fussent libres pour manipuler les vases sacrés. De là est venu leur nom de chasubles pliées, planetæ plicatæ ante pectus comme disent les livres liturgiques latins.
Afin de bien comprendre la forme que prenait cette pliure, voici des photographies tirées de la revue L’Art d’Eglise (n°4 de 1948) et qui présentent un essai très réussi de reconstitution de la forme antique des chasubles pliées par les moines de l’Abbaye de Saint-André en Belgique :
Chasuble pliée du sous-diacre.
Du chant de l’évangile à la fin de la messe, le diacre – pour être encore plus libre de ses mouvements, roulait sa chasuble en bandoulière au travers de ses épaules, sur son étole :
Chasuble du diacre : roulée en bandoulière ou simplement pliée, selon les différents moments de la messe.
La chasuble du célébrant ne nécessitait pas de pliure[6] car le diacre et le sous-diacre devaient précisément l’aider en soulevant à certains moments (aux encensements & à l’élévation) les pans de cet ornement, beau geste qui a été fidèlement conservé par la suite dans la liturgie romaine, quand bien même – avec les échancrures prononcées qu’on a ménagées par la suite à la chasuble du célébrant, – cela ne le nécessitait plus forcément.
De fait, les chasubles pliées du diacre et du sous-diacre signifient clairement leur fonction même de ministres sacrés, à savoir leur rôle de serviteur du célébrant.
Les chasubles pliées des diacres et des sous-diacres furent ultérieurement remplacées à partir du Vème siècle par deux nouveaux vêtements, la dalmatique & la tunique, vêtements dotés de manches et de ce fait plus maniables pour l’accomplissement de leur fonctions liturgiques & de service.
Toutefois Rome fut très longue à adopter cette nouveauté, et les Ordines Romani qui décrivent la liturgie romaine au temps de saint Grégoire le Grand et un peu après (VIIème siècle) ne connaissent encore que la chasuble comme vêtement du pape, des diacres & des sous-diacres. Jean Diacre (c. 825 † 880), le biographe de saint Grégoire le Grand (c. 540 † 604), dans sa Vita Gregorii Magni, désigne du reste tout le clergé qui accompagnait le Pape lors des processions sous le terme de planeti (« ceux qui portent des planètes », des chasubles donc).
Lorsqu’ultérieurement, Rome reçut l’usage des dalmatiques & des tuniques, elle conserva toutefois pendant le Carême et les temps de pénitence l’usage des chasubles pliées pour le diacre & le sous-diacre, selon le principe liturgique généralement observé que les temps tenus pour les plus sacrés sont aussi ceux qui sont épargnés par les innovations liturgiques.
De plus, la dalmatique et la tunique sont des ornements fastueux qui symbolisent la joie & l’innocence. Longtemps, leur couleur fut obligatoirement blanche, & la dalmatique antique était de plus ornée des deux brillantes bandes pourpres verticales (lati claves) qui ornaient primitivement les vêtements des sénateurs. Lors de l’ordination d’un diacre, l’évêque lui impose la dalmatique par ces termes : « Que le Seigneur vous revête de l’habit de la félicité et de la robe de la joie (indumento lætitiæ) et qu’il vous environne toujours de la dalmatique de la justice ». La prière équivalente pour la remise de la tunique au sous-diacre parle de même de vestimento lætitiæ. L’emploi de la dalmatique & de la tunique ne convenait donc absolument pas dans les temps de pénitence, pour lesquels on a donc conservé l’antique chasuble pliée.
Distribution des cierges à la fête de la Purification.
REGLES D’EMPLOI LITURGIQUE – Les chasubles pliées sont donc en usage dans la liturgie romaine aux temps de pénitence. L’étendue exacte de ces temps est décrit au titre XIX, §§ 6 et 7 des rubriques du Missel Romain de saint Pie V (De qualitate paramentorum)[7] :
« Aux jours de jeûne (sauf aux vigiles des Saints), ainsi qu’aux dimanches de l’Avent et du Carême, et avant la messe en la vigile de la Pentecôte (mais en exceptant :
– le dimanche de Gaudete et lorsque cette messe est reprise dans la semaine,
– le dimanche de Lætare,
– la vigile de Noël,
– le Samedi Saint, à la bénédiction du cierge [pascal] et à la messe,
– et les Quatre-temps de la Pentecôte),
de même qu’à la bénédiction des cierges et à la procession le jour de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, à la bénédiction des cendres, ainsi qu’à la bénédiction et à la procession des palmes, dans les cathédrales et les grandes églises, [les diacre et sous-diacre portent] des chasubles pliées devant la poitrine ; le diacre dépose cette chasuble etc.
Dans les petites églises, en ces jours de jeûne, ils accomplissent leurs fonctions revêtus simplement de l’aube : le sous-diacre avec le manipule, le diacre portant aussi l’étole sur l’épaule gauche pendant sous le bras droit. »
Ordinations au Samedi des Quatre-Temps : le diacre et le sous-diacre, ministres de l’évêque, portent les chasubles pliées.
Détaillons quelque peu certains aspects de cette rubrique, qui en dépit de sa complexité apparente, suit quelques principes logiques simples :
1. Les chasubles pliées n’existent que pour les temps de pénitence et donc que dans les couleurs violettes et noires. On ne les utilise pas (même si la rubrique susdite ne le précise pas) pour la messe du Jeudi Saint célébrée en blanc mais on le fait pour les Présanctifiés du Vendredi Saint célébrés en noir. Avant les réformes des années 50, la vigile de la Pentecôte était comme une seconde vigile pascale et comprenait 6 prophéties avant le début proprement dit de la messe. Cette avant-messe était célébrée en violet et donc voyait l’usage des chasubles pliées. La messe subséquente était en rouge. De même, le Samedi Saint, le diacre bénit le cierge pascal en dalmatique blanche, puis reprend sa chasuble pliée pour l’avant-messe – en violet – (qui comportait 12 prophéties puis la bénédiction des fonds). La messe qui suit cette avant-messe est en ornements blancs.
2. Les dimanches de l’Avent et du Carême ne sont pas jours de jeûnes (on ne jeûne jamais le dimanche qui fête toujours la résurrection du Christ) mais sont tout de même inclus dans des temps de pénitence car on y célèbre en violet. Cependant la rubrique du Missel Romain ne fait pas mention des dimanches de la Septuagésime, où l’on célèbre aussi en violet. Il y a eu quelques hésitations, mais en général, les auteurs n’ont pas recommandé l’usage des chasubles pliées violettes durant ce temps d’avant-Carême. (En rigoureuse fidélité à la rubrique, on ne devrait pas les employer le dimanche durant la Septuagésime mais on pourrait imaginer le faire aux lundis, mercredis, vendredis & samedis des trois semaines de ce temps, qui étaient primitivement jeûnés, lorsqu’on célèbre la messe fériale).
3. Les deux dimanches de Gaudete et de Lætare constituent deux pauses au milieu de l’Avent et du Carême. Ce sont deux jours de joie où l’Eglise donne un avant-goût au fidèles des réjouissances qui les attendent au terme de ces deux temps de pénitence : les ornements sont de couleur rose et non violette, on orne les autels de fleurs, l’orgue et les instruments de musique se font entendre. La messe du dimanche de Gaudete peut éventuellement être reprise dans la semaine qui suit et bénéficie de ces privilèges (le dimanche de Lætare ne peut lui être repris au cours de la semaine qui suit, chaque jour du Carême étant pourvu d’une messe propre).
4. Les Quatre-Temps de la Pentecôte sont les seuls des Quatre-Temps à n’être pas jeûnés car ils sont inclus dans l’octave de la Pentecôte. Contrairement à ceux de septembre, de l’Avent et du Carême, ils ne voient donc pas l’usage des chasubles pliées.
5. Par grandes églises on désigne les cathédrales, les collégiales mais aussi les églises paroissiales. C’est ce qu’a précisé une décision de la Sacrée Congrégation des Rites du 11 septembre 1847 adressée à l’évêque de Londres, Mgr Nicholas Wiseman (lequel rétablissait alors la hiérarchie catholique en Angleterre et dont les toutes nouvelles paroisses étaient encore souvent dépourvues en ornements) ; la même décision lui conseille même de faire célébrer dans sa cathédrale sans ministres sacrés plutôt que d’y faire officier des diacres & sous-diacres sans chasubles pliées. Cette décision dut paraître un peu trop raide car elle fut supprimée des collections ultérieures de la S.C.R. : une grande église dépourvue de chasubles pliées peut toujours faire servir les ministres sacrés sans chasubles pliées, juste en aube, étole & manipules.
6. Les petites églises paraissent avoir été dispensées de l’usage des chasubles pliées non pas tant parce qu’elles n’en avaient pas mais parce qu’il y était plus compliqué d’avoir trois chasubles parfaitement assorties dont deux étaient pliées.
7. Notons une autre réponse de la Congrégation des rites (n°5385 du 31 août 1867) précisant qu’il faut utiliser – devant le Saint Sacrement exposé – les chasubles pliées aux prières des 40 heures qui se dérouleraient pendant l’Avent ou le Carême.
8. L’usage des chasubles pliées étant lié à une notion de temps liturgique, elles ne servaient pas aux messes de Requiem, qui ne sont pas liées à un temps liturgique particulier : on y emploie des dalmatique et tunique noires.
USAGE LITURGIQUE – Pour assister le célébrant, il suffit aux ministres que le devant de leur chasuble soit replié ; mais lorsque le diacre ou le sous-diacre doivent accomplir une tâche qui leur est propre, ils retirent complètement ou replient encore davantage ce vêtement.
Ainsi, le sous-diacre dépose sa chasuble pliée avant de chanter l’épître, après quoi il la reprend aussitôt.[8]
L’office propre du diacre commence avec le chant de l’évangile et se poursuit jusqu’à la fin de la communion, dont il est ministre, mais il ne dépose pas complètement sa chasuble pliée pendant tout ce temps : il la porte roulée en bandoulière sur l’épaule gauche, attaché sous le bras droit par des cordelettes (ou même en faisant un nœud), par-dessus son étole. Après la communion, il déroule le tissu et remet la chasuble pliée comme auparavant.
Diacre portant la chasuble roulée pour chanter l’évangile.
Pour simplifier quelque peu ce procédé, on s’est mis à rouler par avance une autre chasuble, que le diacre prenait sur l’épaule en temps voulu ; par la suite, on a le plus souvent substitué à cette chasuble roulée une simple bande du même tissu, communément appelée stolon ou étole large.[9]
Evolution de la chasuble transversale jusqu’au stolon : à gauche, la chasuble roulée sur une statue médiévale de la cathédrale de Wells en Angleterre ; à droite, le stolon dans sa forme moderne : simple bande de tissu non galonnée sur les bords.
Lors d’une messe pontificale, les diacres assistants prennent leurs ornements – à savoir : la chasuble pliée devant, par-dessus la cotta ou le rochet – vers la fin de Tierce, avant que l’évêque ne chante l’oraison.[10]
Un sous-diacre porte-croix porterait aussi une chasuble pliée.[11]
Chasuble pliée & stolon de la basilique Sainte-Marie-des-Anges à Rome.
EVOLUTIONS DES FORMES – 1. De la chasuble pliée à la chasuble coupée.
Jusqu’à nos jours s’était conservé l’usage de réellement replier la partie avant de la chasuble et de la maintenir ainsi au moyen de cordons ou d’agrafes.
Chasubles réellement pliées du diacre & du sous-diacre. Angleterre.
Au XVIIème siècle, Pisacara Castaldo rappelle que les chasubles pliées ne doivent pas différer de celle du célébrant.[12] Au XVIIIème siècle Merato commentant Gavantus précise encore qu’il faut en retirer les agrafes qui les maintiennent pliées entre les cérémonies afin de ne pas les abimer & pour que les prêtres puissent les utiliser commodément pour les messes basses.[13]
Une chasuble pliée est donc, de ce fait, exactement ce que son nom suggère : une chasuble comme une autre, portée avec la partie antérieure pliée, à l’intérieur, afin de la remonter au niveau des coudes, et souvent attachée en cette position par deux pinces d’acier.
New Jersey – USA – FSSP.
Toutefois, au fil des siècles, tandis que la chasuble du célébrant s’échancrait sur les côtés, par commodité, on se mit à coudre de façon définitive la pliure des chasubles du diacre et du sous-diacre pour finir par les couper définitivement de l’excédent de tissu (on pourrait donc parler de « chasubles coupées » mais l’usage à maintenu le terme de « chasubles pliées »).
Formes classiques romaines : stolon du diacre, chasuble du célébrant et chasuble pliée du sous-diacre. Juventutem – Londres.
DISPARITION DES CHASUBLES PLIEES ? – La généralisation de la découpe de la partie antérieure de la chasuble pliée – certes commode – a dû contribuer à la faire percevoir comme un vêtement distinct de la chasuble du célébrant, ce qu’elle n’est pourtant absolument pas à l’origine. Paradoxalement, cela a pu contribuer à la désaffection de son usage. Dès 1914, le jésuite Braun[14] déplore la disparition des chasubles pliées dans toute l’Allemagne. La France n’a pas l’air mieux lotie pour la même époque (si les cérémoniaux publiés continuent de décrire l’usage des chasubles pliées, il est assez rare de trouver des exemplaires ni même des photographies du XXème siècle). L’usage semble avoir perduré davantage en Italie, dans la Péninsule ibérique ou dans les Iles britanniques.
Encore maintenues pour la vigile pascale dans ses nouvelles formes expérimentales de 1951 et 1952, les chasubles pliées furent entièrement bannies de la Semaine Sainte réformée de 1955 au profit de dalmatiques et tuniques violettes et noires, tout en continuant pourtant d’être utilisée le reste du Carême et aux autres temps de pénitence. Cette anomalie cessa avec la publication du nouveau code des rubriques de 1960 qui remarquent tout à la fin des rubriques générales que « Les chasubles pliées et l’étole large ne sont plus employées désormais ».[15]
« Les chasubles pliées sont une des caractéristiques les plus anciennes du rite romain ; elles remontent au temps où tout le clergé portait la chasuble, et furent conservées [… pour] la plus austère pénitence. Leur abandon fait mentir les peintures des catacombes : c’est une perte immense, un outrage à l’histoire et à […] tord, dit-on, on aurait donné cette explication proportionnée au méfait : on ne trouve pas facilement des chasubles pliées. Or c’est juste le contraire : on trouve partout des chasubles violettes, qui peuvent se plier, tandis que les dalmatiques violettes sont beaucoup moins répandues.[16] En outre on a toujours la ressource de servir en aube. »
On pourrait ajouter qu’il était curieux de supprimer les chasubles pliées au moment même où l’on entendait promouvoir partout le retour à la forme ample & antique de la chasuble.
Contrairement aux catholiques, l’usage des chasubles pliées ne s’est pas interrompu chez les anglo-catholiques (et peut-être verra-t-on son usage être progressivement repris par les différents nouveaux ordinariats érigés pour recevoir ces communautés au sein de l’Eglise catholique). Par ailleurs, avec la renaissance des études liturgiques dans les communautés catholiques traditionnelles, on note qu’un nombre grandissant de celles-ci reprend l’antique usage.
Vigile de la Pentecôte à Saint-Magnus, paroisse anglicane de Londres.
DANS LES AUTRES RITS OCCIDENTAUX – L’usage de la chasuble pliée n’est pas limitée au rit romain et se rencontre – avec des variantes – dans les liturgies suivantes :
1. Dans le rit ambrosien : les chasubles pliées sont utilisées pendant l’Avent, le Carême et les Litanies majeures et mineures (i.e. les Rogations, qui ont lieu le lundi après l’Ascension dans ce rit et au cours desquelles on impose les Cendres) et les autres jours de jeûne durant l’année. Comme dans le rit romain, le sous-diacre dépose sa chasuble pliée pour chanter l’épître. Le diacre roule la sienne transversalement comme au romain de l’évangile à la fin de la communion. A noter que lors des dimanches de Carême, le diacre doit chanter des litanies très anciennes après l’ingressa au début de la messe ; pour ce faire, comme il remplit son office propre, il roule également sa chasuble transversalement. Les couleurs liturgiques différent du romain ; violet foncé pendant l’Avent et les dimanches de Carême, mais les féries de Carême sont en noir. Les Litanies majeures sont en violet foncé et les mineures sont en noir. Lors d’une exposition du Saint-Sacrement un jour de pénitence, on doit employer obligatoirement les chasubles pliées, même dans les petites églises. Différence notable avec l’usage romain : toute la Semaine Sainte (qui débute au Samedi de la veille des Rameaux, in Traditione Symboli) est célébrée en rouge et on utilise dalmatique et tunique.
2. Dans le rit de Braga : usage identique au romain, sauf pour la procession des Rameaux où l’on utilise dalmatique et tunique.
3. Dans le rit de Lyon : de façon très intéressante, les chasubles pliées ne se prennent qu’après le premier dimanche de Carême, souvenir de l’époque antérieure à saint Grégoire le Grand où le premier jour du jeûne quadragésimal était le lundi suivant ce dimanche. Le diacre dépose sa chasuble avant de chanter l’évangile (exactement comme fait le sous-diacre à l’épitre donc) et ne la roule pas sur ses épaules (comme au romain). Les chasubles pliées ne sont pas en usage le Vendredi Saint.
5. Dans le rit de Paris : Les chasubles ne sont pas pliées mais roulées sur les épaules. (les cérémoniaux parlent de chasubles transversales : planetis transversis super humeros). Elles ne sont pas employées pendant les dimanches de l’Avent, qui sont célébrés en blanc à Paris, et on y use donc logiquement de la dalmatique et de la tunique (l’ancien rit parisien conçoit l’Avent comme une vaste célébration de l’Incarnation). Elles sont toutefois utilisées aux messes fériales de l’Avent dans les grandes églises où il y a beaucoup d’ecclésiastiques, les petites églises en sont dispensées. Les chasubles transversales s’emploient une première fois le Mercredi des Cendres puis les dimanches de Carême et le Vendredi Saint (les ornements sont noirs à chaque fois). Les féries de Carême en revanche, le diacre et le sous-diacre ne servent qu’en aubes, étole & manipules, sans chasubles, même à la cathédrale. Les Quatre-Temps de septembre sont curieusement célébrés avec des chasubles transversales rouges (ces jours appartenant au Temps après la Pentecôte, qui est en rouge à Paris).
6. Chez les Prémontrés : particularité notable, ce rit emploie les chasubles pliées dès le dimanche de la Septuagésime.
7. Chez les Cisterciens, les Dominicains & les Carmes : ces 3 rits ont des usages similaires : pendant les temps de pénitence, le diacre et le sous-diacre servent en aube, étole & manipules, comme dans les petites églises du rit romain. Notons que chez les dominicains, la dalmatique et la tunique ne sont pas non plus employées aux messes fériales pendant l’année.
8. Chez les Chartreux : ce rit est très dépouillé et ignore complètement l’usage de la dalmatique et de la tunique toute l’année durant. A la messe, le diacre ne prend l’étole que pour chanter l’évangile. De ce fait, les chasubles pliées sont complètement ignorées.
ET EN ORIENT ? – Au témoignage des représentations artistiques anciennes, l’Orient byzantin connait depuis au moins le Vème siècle l’usage de la chasuble qui s’appelle en grec φαιλόνιον – phélonion (à rapprocher du latin pælonia).
Théophile d’Alexandrie. Miniature sur papyrus du Vème siècle.
Par un intéressant processus similaire à ce qui s’est produit en Occident, la partie avant du phélonion s’est beaucoup échancrée afin de faciliter les gestes du célébrant.
Icône représentant saint Jean de Novgorod – le phélonion est tenu replié sur les bras.Prêtre byzantin portant le phélonion. La partie avant du vêtement est désormais coupée pour faciliter les gestes liturgiques.
Certaines chasubles pliées espagnoles sont de forme très semblables aux actuels phélonia échancrés par devant des byzantins :
Chasubles pliées d’origine espagnole, assez proches de l’actuelle coupe byzantine.
On ne trouve toutefois pas de traces que les diacres et les sous-diacres aient porté des chasubles en Orient (ceux-ci se revêtent de dalmatiques). Toutefois, dans l’usage russe[17], lors de l’ordination d’un chantre ou d’un lecteur, l’évêque lui impose un petit phélonion sur les épaules, vraisemblablement l’équivalent oriental de la chasuble pliée occidentale.
Ordination d’un lecteur dans l’usage russe.
Le petit phélonion est ensuite retiré une fois que le nouveau lecteur aura chanté une épître.
Le lecteur byzantin nouvellement ordonné & revêtu du petit phélonion chante l’épître
A l’ordination d’un sous-diacre non-moine, le candidat se présente à l’évêque vêtu du petit phélonion. Ce vêtement n’est plus utilisé en dehors de ces deux ordinations[18], mais il pourrait bien être le souvenir d’un état plus antique où la chasuble était portée par le clergé mineur.
Phélonion et petit phélonion russes.
Les vieux-Croyants ont conservé comme toujours les usages anciens et chez eux, l’acolytat existe toujours (tandis que dans l’Eglise « synodale », l’acolytat est conféré puis immédiatement à se suite le lectorat). Les acolytes Vieux-Croyants (des enfants ou des jeunes gens) sont toujours revêtus du petit phélonion[19]. Je pense que ce point est à relier avec l’ancien usage occidental qui connaissait des acolytes revêtus de chasubles. Voici un florilège de photos provenant d’une communauté vieille-croyante d’Ukraine (les trois dernières photos montrent l’ordination d’un acolyte par l’évêque) :
Les autres rites orientaux ne connaissent pas en général la chasuble, même pour le célébrant qui utilise en général la chape. Notons toutefois chez les Arméniens l’existence de l’équivalent du petit phélonion russe[20], court camail qui recouvre les épaules des clercs mineurs de ce rit et devenu le plus souvent solidaire de l’aube de nos jours :
Messe dans le rit arménien – cathédrale arménienne catholique Sainte-Croix de Paris.Ordinations de diacres arméniens.
CONCLUSION – L’empressement de Mgr Bugnini à faire disparaître les chasubles pliées (il note avec dédain que les chasubles pliées ne manqueront à personne){{21}} fait resurgir une question plus large qui émerge naturellement lorsqu’on étudie les réformes liturgiques de 1951-1969 : ces réformes ont été présentées alors aux fidèles comme un heureux retour de la liturgie à l’antiquité chrétienne, enfin débarrassée des scories du bas Moyen-Age et de l’époque baroque. Mais dès lors, comment expliquer l’abandon dédaigneux de cet élément véritablement antique du rit romain que sont les chasubles pliées, précieux usage qui nous reliait à la prière et à la pratique même de nos Pères dans la foi des premiers siècles ? Hélas, cet exemple précis est loin d’être unique & l’on peut signaler l’abandon de nombreux éléments antiques au profit de pures créations intellectuelles au cours de ces réformes. Plus globalement, on pourra s’interroger sur la nature de la réforme liturgique de 1951 à 1969 : constitue-t-elle un développement organique continu de la liturgie de l’Eglise ou se situe-t-elle en rupture radicale avec la pratique pluri-séculaire du rit romain ?
Il est intéressant de constater qu’en divers endroits du monde, des communautés traditionnelles reprennent désormais l’usage des chasubles pliées. Gageons que ces communautés perçoivent que celles-ci constituent une part de la richesse symbolique que nous avait livrée la tradition et dont nous avons été injustement privés.
Messe de Mgr Amodeo au Panthéon. Rome.Chasuble pliée – Rome.Mercredi des Cendres.Vendredi Saint. Londres.Stolon noir du Vendredi Saint. Londres.Passion selon saint Matthieu – messe pontificale des Rameaux – Rome.Second dimanche de Carême 2016 – collégiale Saint-Just de Lyon.Second dimanche de Carême 2016 – collégiale Saint-Just de Lyon.A l’aspersion – second dimanche de Carême 2016 – Société Saint-Hugues de Cluny – Connecticut.Notez la chasuble transversale véritablement roulée – second dimanche de Carême 2016 – Société Saint-Hugues de Cluny – Connecticut.Distribution des cierges de la Chandeleur 2016 – Institut du Christ-Roi – Gricigliano.
A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en une véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où elle est conservée près de la statue monumentale de sainte Hélène).
La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :
Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cujus participátio ejus in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)
Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême[1], le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.
Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.
Il est possible que le fleurissement des croix à Byzance en ce dimanche ait influé sur l’usage des fleurs dans la liturgie occidentale en ce même dimanche. A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :
« O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »
L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & des deux poissons. Cet évangile fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême qu’ils recevront lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.
Car c’est un plus grand miracle de gouverner le monde entier que de rassasier de cinq pains cinq mille personnes. Et pourtant, nul ne s’étonne du premier prodige, tandis que l’on est rempli d’admiration pour le second, non parce qu’il est plus grand, mais parce qu’il est rare. Qui, en effet, maintenant encore, nourrit le monde entier, sinon celui qui, de quelques grains, fait sortir les moissons ? Jésus a donc agi à la manière de Dieu. En effet, par cette même puissance qui d’un petit nombre de grains multiplie les moissons, il a multiplié entre ses mains les cinq pains. Car la puissance était entre les mains du Christ. Ces cinq pains étaient comme des semences non plus confiées à la terre, mais multipliées par celui qui a fait la terre.
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
A la messe :
Procession d’entrée : orgue
Ordinaire : Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris & de Louis XV à Versailles
Epître : Galates IV, 22-31 : Au lieu que la Jérusalem d’en haut est vraiment libre ; et c’est elle qui est notre mère.
Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Evangile : Jean VI, 1-15 : Ils les ramassèrent donc, et emplirent douze paniers des morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge, après que tous en eurent mangé.
Après la Consécration : Benedictus de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
Pendant la communion : Lætatus sum – Psaume 121 – extrait des « Vespro della Beata Vergine » de Claudio Monteverdi (1567 † 1643), maître de chapelle à Mantoue puis de Saint-Marc de Venise
Le IIIème dimanche de Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême romain, la façon de compter étant différente : en Orient on compte pour premier dimanche de Carême celui qui arrive au bout de la première semaine complète de jeûne, alors qu’à Rome celui-ci est compté pour IInd dimanche de Carême.↵
Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 mars 2016 du calendrier grégorien – 22 février 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.
Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Ce dimanche est appelé dimanche du jugement dernier en raison du péricope de l’évangile lu ce jour (Matthieu 25, 31-46) et correspond au dimanche de la Quinquagésime du rit romain.
L’hymnographie propre à ce dimanche traite largement de ce thème du jugement dernier ; cela a entraîné que le samedi – samedi de l’Apocréo – qui le précède soit devenu consacré à la prière pour tous les fidèles défunts dans le rit byzantin.
Le dimanche de l’Apocréo (ou de Carnaval – ce mot à la même étymologie, latine, que le mot Apocreo venant du grec : carnes levandas en latin, ce qui signifie « où l’on retire les viandes ») marque le dernier jour où les fidèles peuvent user de la viande, et ce jusqu’à Pâques. Le retranchement de la viande se faisait également à partir du dimanche de la Quinquagésime en Occident.
Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Triode.
Tropaires des Béatitudes :six tropaires du ton dominical occurrent et quatre tropaires de la 6ème ode du canon du Triode, œuvre de saint Théodore Studite (759 † 826) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Dans ton terrible avènement, Christ, quand Tu viendras du ciel * quand les trônes seront posés, quand les livres seront ouverts ** alors épargne, Sauveur, épargne ta créature.
8. Là Dieu sera Juge. Rien ne pourra t’aider * ni zèle, ni art, ni gloire, ni amitié ** sinon ta force qui vient des œuvres, mon âme.
9. Là où seront ensemble le roi et le prince, le pauvre et le riche, mon âme * nul père ne donnera sa force, nulle mère n’aidera ** nul frère ne délivrera de la condamnation.
10. Pense, mon âme, au terrible réquisitoire du Juge, et tremble dès ici bas * Prépare ce que tu as à dire ** pour n’être pas condamnée dans les liens éternels.
A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion du Triode, ton 1 : Lorsque tu viendras, dans la gloire, sur la terre, ô notre Dieu, * la création entière tremblera, * un fleuve de feu coulera devant ton tribunal, * les livres seront ouverts & les secrets manifestés ; * en ce jour délivre-moi du feu qui ne s’éteint * et rends-moi digne de me tenir à ta droite, ** Juge juste & équitable.
Prokimen Du dimanche du Jugement dernier, ton 3 : ℟. Grand est le Seigneur, et grande est sa force, et sa sagesse n’a pas de bornes (Psaume 146, 5). ℣. Louez le Seigneur parce qu’il est bon de le louer ; que la louange que l’on donne à Dieu lui soit agréable & digne de lui (Psaume 146, 1).
Epître Du dimanche du Jugement dernier :I Corinthiens (§ 140), VIII, 8 – IX, 2. Les aliments ne nous rendront pas agréables à Dieu : si nous mangeons, nous n’en aurons rien davantage ; ni rien de moins, si nous ne mangeons pas.
Alleluia Du dimanche du Jugement dernier, ton 8 : ℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve
(Psaume 94, 1). ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le
(Psaume 94, 2).
Evangile Du dimanche du Jugement dernier :Matthieu (§ 106), XXV, 31-46. Et ceux-ci iront dans le supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle.
Ce troisième dimanche de Carême est aussi appelé Oculi, du premier mot de l’Introït de la Messe.
A Rome, la station de ce troisième dimanche de Carême se fait en la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le saint diacre Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême, combat spirituel auquel fait allusion l’évangile de la messe de ce jour. En ce dimanche également, les catéchumènes font un pas de plus vers l’Église : on l’appelle en effet le dimanche des scrutins. C’est à partir d’aujourd’hui qu’on commençait l’examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d’ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême. Aux diptyques du canon de la messe de ce troisième dimanche de Carême, on priait autrefois pour les parrains & marraines des futurs baptisés.
« Dans Matthieu on raconte que ce démoniaque est non seulement muet mais aveugle aussi. Il fut guéri par le Seigneur, nous dit-on, si bien qu’il pouvait parler et voir. Trois miracles sont accomplis simultanément dans un seul homme : l’aveugle voit ; le muet parle ; le possédé est délivré du démon. Mais ce qui fut fait alors dans la chair, s’accomplit chaque jour dans la conversion des croyants. Une fois le démon expulsé, ils perçoivent la lumière de la foi, ensuite la bouche, jadis muette, s’ouvre pour louer Dieu. « Mais il s’en trouva pour dire : C’est par Béelzéboub, le chef des démons, qu’il chasse les démons. » Ceux qui dénigraient ainsi, n’étaient pas des personnes dans la foule, mais des scribes et des pharisiens comme l’attestent d’autres évangélistes. »
Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Epître : Ephésiens V, 1-9 : Car vous étiez autrefois ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière en le Seigneur : marchez comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
Trait : Faux-bourdon du VIIIème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Evangile : Luc XI, 14-28 : Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, assurément le royaume de Dieu est venu jusqu’à vous.