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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

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Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

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Programme du XXXIème dimanche après la Pentecôte – après-fête de la Théophanie – saint Hilaire de Poitiers – ton 6

Saint Hilaire de PoitiersParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 janvier 2025 du calendrier grégorien – 13 janvier 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Dans le rit byzantin, la grande fête de la Théophanie est précédée de 4 jours d’avant-fête, du 2 au 5 janvier et suivie de 8 jours d’après-fête, du 7 au 14 janvier, pendant lesquels l’office du jour se combine avec celui de la fête.

Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Hilaire, évêque de Poitiers.

De famille aristocratique gallo-romaine et païenne, il avait reçu une solide éducation littéraire, s’était marié et avait une fille nommée Abra qui deviendra sainte également. Passionné par la recherche philosophique, il découvrit le christianisme et se convertit. Il reçoit le saint baptême vers 345 puis fut élu par acclamation évêque de Poitiers entre 353 et 354 et prit sous sa protection saint Martin, le futur évêque de Tours.

Voici la catéchèse que consacra Sa Sainteté le Pape Benoît XVI à saint Hilaire de Poitiers lors de l’audience générale du mercredi 10 octobre 2007 :

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, je voudrais parler d’un grand Père de l’Eglise d’Occident, saint Hilaire de Poitiers, l’une des grandes figures d’Evêques qui ont marqué le IVème siècle. Au cours de la confrontation avec les ariens, qui considéraient le Fils de Dieu Jésus comme une créature, certes éminente, mais toutefois uniquement comme une créature, Hilaire a consacré toute sa vie à la défense de la foi dans la divinité de Jésus Christ, Fils de Dieu et Dieu comme le Père, qui l’a engendré de toute éternité.

Sacre de saint Hilaire de PoitiersNous ne disposons pas d’informations certaines sur la plus grande partie de la vie d’Hilaire. Les sources antiques disent qu’il naquit à Poitiers, probablement vers l’année 310. Issu d’une famille aisée, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits. Il ne semble pas qu’il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d’un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle. Baptisé vers 345, il fut élu Evêque de sa ville natale autour de 353-354. Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l’Evangile de Matthieu. Il s’agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile. En 356, Hilaire assiste comme Evêque au Synode de Béziers, dans le sud de la France, le « synode des faux Apôtres », comme il l’appelle lui-même, car la réunion fut dominée par des Evêques philo-ariens, qui niaient la divinité de Jésus Christ. Ces « faux apôtres » demandèrent à l’empereur Constance la condamnation à l’exil de l’Evêque de Poitiers. Hilaire fut ainsi obligé de quitter la Gaule au cours de l’été 356.

Exilé en Phrygie, dans l’actuelle Turquie, Hilaire se trouva au contact d’un milieu religieux totalement dominé par l’arianisme. Là aussi, sa sollicitude de pasteur le poussa à travailler sans relâche pour le rétablissement de l’unité de l’Eglise, sur la base de la juste foi, formulée par le Concile de Nicée. C’est dans ce but qu’il commença la rédaction de son œuvre dogmatique la plus importante et la plus connue : le De Trinitate (Sur la Trinité). Dans celle-ci, Hilaire expose son chemin personnel vers la connaissance de Dieu, et se préoccupe de montrer que l’Ecriture atteste clairement la divinité du Fils et son égalité avec le Père, non seulement dans le Nouveau Testament, mais également dans un grand nombre de pages de l’Ancien Testament, dans lequel apparaît déjà le mystère du Christ. Face aux ariens, il insiste sur la vérité des noms de Père et de Fils et développe toute sa théologie trinitaire à partir de la formule du Baptême qui nous a été donnée par le Seigneur lui-même : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Le Père et le Fils sont de la même nature. Et si certains passages du Nouveau Testament pourraient faire penser que le Fils est inférieur au Père, Hilaire offre des règles précises pour éviter des interprétations erronées : certains textes de l’Ecriture parlent de Jésus comme de Dieu, d’autres mettent, en revanche, en évidence son humanité. Certains se réfèrent à Lui dans sa préexistence auprès du Père ; d’autres prennent en considération l’état d’abaissement (kenosi), sa descente jusqu’à la mort ; d’autres, enfin, le contemplent dans la gloire de la résurrection. Au cours des années de son exil, il écrivit également le Livre des Synodes, dans lequel il reproduit et commente pour ses confrères Evêques de Gaule les confessions de foi et d’autres documents des synodes réunis en Orient autour de la moitié du IVème siècle. Toujours ferme dans son opposition aux ariens radicaux, saint Hilaire montre un esprit conciliant à l’égard de ceux qui acceptaient de confesser que le Fils était ressemblant au Père dans son essence, naturellement en cherchant à les conduire vers la plénitude de la foi de Nicée, selon laquelle il n’y a pas seulement une ressemblance, mais une véritable égalité du Père et du Fils dans la divinité. Cela aussi me semble caractéristique : l’esprit de conciliation qui cherche à comprendre ceux qui n’y sont pas encore arrivés et qui les aide, avec une grande intelligence théologique, à parvenir à la plénitude de la foi, dans la divinité véritable du Seigneur Jésus Christ.

En 360 ou en 361, Hilaire put finalement revenir dans sa patrie après son exil, et il reprit immédiatement l’activité pastorale dans son Eglise, mais l’influence de son magistère s’étendit de fait bien au-delà des frontières de celle-ci. Un synode tenu à Paris en 360 ou en 361 reprend le langage du Concile de Nicée. Certains auteurs antiques pensent que ce tournant anti-arien de l’épiscopat de la Gaule a été en grande partie dû à la fermeté et à la mansuétude de l’Evêque de Poitiers. Tel était précisément son don : conjuguer la fermeté dans la foi et la douceur dans les relations interpersonnelles. Au cours des dernières années de sa vie, il rédigea encore les Traités sur les Psaumes, un commentaire de cinquante-huit Psaumes, interprétés selon le principe souligné dans l’introduction de l’œuvre : « Il ne fait aucun doute que toutes les choses qui se disent dans les Psaumes doivent être comprises selon l’annonce évangélique, de façon à ce que, quelle que soit la voix avec laquelle l’esprit prophétique a parlé, tout soit cependant rattaché à la connaissance de la venue de Notre Seigneur Jésus Christ, incarnation, passion et royaume, et à la gloire et puissance de notre résurrection » (Instructio Psalmorum 5). Il voit dans tous les psaumes cette compréhension du mystère du Christ et de son Corps, qui est l’Eglise. En diverses occasions, Hilaire rencontra saint Martin : précisément près de Poitiers, le futur Evêque de Tours fonda un monastère, qui existe encore aujourd’hui. Hilaire mourut en 367. Sa mémoire liturgique est célébrée le 13 janvier. En 1851, le bienheureux Pie IX le proclama Docteur de l’Eglise.

Pour résumer l’essentiel de sa doctrine, je voudrais dire qu’Hilaire trouve le point de départ de sa réflexion théologique dans la foi baptismale. Dans le De Trinitate, Hilaire écrit : Jésus « a commandé de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (cf. Matthieu XXVIII, 19), c’est-à-dire dans la confession de l’Auteur, du Fils unique et du Don. Il n’y a qu’un seul Auteur de toutes les choses, car Dieu le Père est un seul, dont tout procède. Et Notre Seigneur Jésus Christ est un seul, à travers lequel tout fut fait (I Corinthiens VIII, 6), et l’Esprit est un seul (Ephésiens IV, 4), don en tous… En rien on ne pourra trouver qu’il manque quelque chose à une plénitude aussi grande, dans laquelle convergent dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit l’immensité de l’Eternel, la révélation dans l’Image, la joie dans le Don » (De Trinitate 2, 1). Dieu le Père, étant entièrement amour, est capable de communiquer en plénitude sa divinité au Fils. Je trouve particulièrement belle la formule suivante de saint Hilaire : « Dieu ne sait rien être d’autre qu’amour, il ne sait rien être d’autre que le Père. Et celui qui l’aime n’est pas envieux, et celui qui est le Père l’est dans sa totalité. Ce nom n’admet pas de compromis, comme si Dieu pouvait être le Père sur certains aspects, mais ne l’était pas sur d’autres » (ibid. 9, 61).

C’est pourquoi, le Fils est pleinement Dieu sans aucun manque ni diminution : « Celui qui vient de la perfection est parfait, car celui qui a tout, lui a tout donné » (ibid. 2, 8). Ce n’est que dans le Christ, Fils de Dieu et Fils de l’homme, que l’humanité trouve son salut. En assumant la nature humaine, Il a uni chaque homme à lui, « il s’est fait notre chair à tous » (Tractatus in Psalmos 54, 9); « il a assumé en lui la nature de toute chair, et au moyen de celle-ci il est devenu la vraie vie, il possède en lui les racines de chaque sarment » (ibid. 51, 16). C’est précisément pour cette raison que le chemin vers le Christ est ouvert à tous, – car il a attiré chacun dans sa nature d’homme – même si la conversion personnelle est toujours demandée : « A travers la relation avec sa chair, l’accès au Christ est ouvert à tous, à condition qu’ils se dépouillent du vieil homme (cf. Ephésiens IV, 22) et qu’ils le clouent sur sa croix (cf. Col 2, 14); à condition qu’ils abandonnent les oeuvres de jadis et qu’ils se convertissent, pour être ensevelis avec lui dans son baptême, en vue de la vie (cf. Colossiens I, 12 ; Romains VI, 4) » (ibid. 91, 9).

La fidélité à Dieu est un don de sa grâce. C’est pourquoi saint Hilaire demande, à la fin de son Traité sur la Trinité, de pouvoir rester toujours fidèle à la foi du baptême. C’est une caractéristique de ce livre : la réflexion se transforme en prière et la prière redevient réflexion. Tout le livre est un dialogue avec Dieu. Je voudrais conclure la catéchèse d’aujourd’hui par l’une de ces prières, qui devient ainsi également notre prière : « Fais, ô Seigneur – récite saint Hilaire de manière inspirée – que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Fais que je t’adore, notre Père, et en même temps que toi, que j’adore ton Fils ; fais que je mérite ton Esprit Saint, qui procède de toi à travers ton Fils unique… Amen » (De Trinitate 12, 57).

Ajoutons que saint Hilaire semble avoir été le premier en Occident à composer des hymnes pour les offices de l’Eglise, avant saint Ambroise de Milan. Le Beata nobis gaudia est ainsi toujours chanté aujourd’hui dans les offices de la Pentecôte au Bréviaire romain. Il a sans doute dû s’initier à cette activité d’hymnographe lors de son exil en Phrygie, au contact des liturgies orientales. C’est de là qu’il envoie une de ses composition dans une lettre à sa fille sainte Abra : Lucis largitor splendide.

A matines

Versets du matin, ton 6
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de Sa sainteté, ton 3 : Comme un des piliers de l’Orthodoxie, * tu soutins dans l’Église l’enseignement * d’Athanase, le champion de la vraie Foi : * proclamant toi aussi, le Fils consubstantiel au Père, * de l’arianisme tu as préservé l’Occident. * Intercède, saint Hilaire, auprès de notre Dieu, ** pour qu’Il accorde à nos âmes la grande miséricorde.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 6
Par ta mort volontaire et vivifiante, ô Christ, * Tu as brisé les portes des enfers, car Tu es Dieu ; * Tu nous as ouvert l’antique paradis ** et, ressuscité des morts, Tu as délivré notre vie de la corruption.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Seigneur, réveille ta puissance, * et viens nous sauver (Psaume LXXIX, 3).
℣. Pasteur d’Israël, sois attentif, toi qui mènes Joseph comme une brebis (Psaume LXXIX, 2).

IXer évangile de la Résurrection : Jean (§ 65) XX, 19-31.
Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu !

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), de la fête (second canon), œuvre de saint Jean Damascène (4 tropaires, avec l’acrostiche en distiques héroélégiaques : L’excellent Serviteur du Maître universel, baptisant en ce jour le Feu spirituel, engloutit dans les eaux les torts de notre race ; puisse-t-il nous donner pour ces hymnes la grâce !) & de Sa Sainteté (4 tropaires), œuvre du hiéromoine Denis Guillaume. Catavasies de la fête, ton 2.

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 6

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 6

Conclusion des matines

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Télécharger le livret des matines de la fête de Sa Sainteté Hilaire de Poitiers au format PDF

Programme de la fête de la Théophanie

Fête de la Théophanie - baptême du Christ au JourdainParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 18 janvier 2025 du calendrier grégorien – 5 janvier 2025 du calendrier julien, vigiles (Grandes Complies et Matines) à 19h, le dimanche 19 janvier 2025 du calendrier grégorien – 6 janvier 2025 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Basile le Grand à 9h15 suivie de la bénédiction des eaux.

La fête de l’Epiphanie (« manifestation ») est aussi appelée dans le rit byzantin fête de la Théophanie (« manifestation de Dieu »), car Dieu s’est manifesté dans sa gloire Trinitaire au jour du baptême du Christ dans le Jourdain (ce terme de Théophanie se retrouve aussi en Occident très fréquemment dans les manuscrits liturgiques latins médiévaux comme synonyme d’Epiphanie).

Cette fête est l’une des douze grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

A l’origine, les chrétiens orientaux fêtaient la Nativité du Christ le 6 janvier, et l’Eglise arménienne du reste est la seule à avoir conservé cette disposition primitive jusqu’à aujourd’hui. En Occident, et à Rome en particulier, on fêtait la Nativité du Christ le 25 décembre. Saint Jean Chrysostome nous enseigne que la date du 25 décembre choisie par les Romains avait été déterminée en consultant les archives impériales des recensements effectués sous le règne d’Auguste ; il témoigne qu’Antioche avait décidé de suivre Rome quelques années avant son épiscopat. Désormais, les Eglises d’Orient fêteraient Noël le 25 décembre et garderaient au 6 janvier la fête du baptême du Christ. En contrepartie, si l’on peut dire, les chrétiens d’Occident accueillaient la fête de l’Epiphanie, y célébrant l’adoration des mages (le Christ est manifesté comme Dieu à des païens), le baptême au Jourdain (le Christ est manifesté comme Dieu à son baptême par la voix du Père et la venue de l’Esprit Saint) et les noces de Cana (le Christ manifesté comme Dieu par son premier miracle).

Dans le rit byzantin, comme dans la plupart des autres rits chrétiens (éthiopien, copte, syriaque par exemple, et même romain, même si cela est tombé de l’usage commun), on procède à la bénédiction solennelle des eaux dans la nuit de la Théophanie (normalement celle-ci intervient après le chant des grandes vêpres). Les textes employés par le rit byzantin pour cette bénédiction ont été admirablement composés par saint Sophrone, patriarche de Jérusalem de 634 à 638.

Mais pourquoi n’est-ce pas le jour de la naissance du Sauveur plutôt que celui de son baptême qui est appelé Epiphanie ? Car c’est en ce jour qu’il fut baptisé et qu’il sanctifia les eaux. Aussi, dans cette solennité, vers le milieu de la nuit, tous vont puiser de l’eau qu’ils mettent en réserve dans leurs maisons, pour la garder l’année entière, en mémoire de ce qu’à pareil jour, les eaux ont été sanctifiées. Et par un miracle évident, le temps n’a aucune influence sur la nature de cette eau, car après un an, quelquefois deux et même trois, elle demeure pure et fraîche, et malgré cet espace de temps, on né la distingue pas de celle qui vient d’être prise à la source. Mais pour quelle cause ce jour est-il appelé manifestation ? Parce que Notre-Seigneur fut manifesté aux hommes, non le jour de sa naissance, mais le jour de son baptême, car jusque-là il était à peu près inconnu. Qu’il n’ait pas été généralement connu, et que la plupart aient ignoré qui il était, c’est ce qui ressort de ces paroles de Jean-Baptiste Il y a quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. (Jean, 1, 26.) Et faut-il s’étonner si les autres ne le connaissaient pas quand Jean-Baptiste lui-même l’ignorait jusqu’à ce jour ? Et je ne le connaissais pas moi-même, dit-il, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui vous verrez descendre et demeurer le Saint-Esprit, est celui qui baptise dans le Saint-Esprit. (Jean, I, 33.)
Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la Théophanie.

A la vigile

A matines
Texte des hirmi du canon de saint Côme de Maïouma pour les matines de la Théophanie.

Aux heures
A tierce & à sexte Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie de saint Basile le Grand

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la divine liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 1 – Psaume CXIII
℣. Quand Israël sortit d’Egypte, * la maison de Jacob de chez un peuple barbare (Psaume 113, 1).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Juda devint son peuple saint, * Israël son domaine (Psaume 113, 2).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. La mer le vit & s’enfuit, * le Jourdain retourna en arrière (Psaume 113, 3).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Qu’as-tu, mer, à t’enfuir, * Jourdain, à retourner en arrière ? (Psaume 113, 5)
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume CXIV
℣. J’aime ! car le Seigneur * écoute les accents de ma prière (Psaume 114, 1).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Car il a incliné son oreille vers moi * & moi, je l’invoquerai chaque jour (Psaume 114, 2).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. La mort m’avait enveloppé dans ses rets, * déjà m’avait saisi l’angoisse de la tombe. * En proie à la détresse & à la douleur, * j’ai invoqué le nom du Seigneur (Psaume 114, 3-4).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Le Seigneur est miséricordieux & juste, * & notre Dieu est plein de compassion (Psaume 114, 5).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 1 – Psaume CXVII
℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 1).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’elle le dise la maison de Jacob, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 2).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’elle le dise la maison d’Aaron, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 3).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
℣. Qu’ils le disent ceux qui craignent le Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 4).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

A la place du Trisaghion :
℟. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 4 :
℟. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur es Dieu, & il nous est apparu (Psaume 117, 26-27).
℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

Epître
De la fête : Tite (§ 302) II, 11-14; III, 4-7.
Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru à tous les hommes.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Apportez au Seigneur, enfants de Dieu, apportez au Seigneur les petits des béliers (Psaume 28, 1).
℣. La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur est sur les eaux innombrables (Psaume 28, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 6) III, 13-17.
Et au même instant une voix se fit entendre du ciel, qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée (Tite, 2, 11). Alléluia, alléluia, alléluia.

A la bénédiction des eaux
Stichères idiomèles de saint Sophrone, patriarche de Jérusalem (c. 550 † 638) :
1. La voix du Seigneur retentit sur les eaux, disant : * « Venez, recevez tous * l’Esprit de sagesse, l’Esprit d’intelligence, * l’Esprit de la crainte de Dieu, ** du Christ qui s’est manifesté.
2. En ce jour, la nature de l’eau est sanctifiée, * et le Jourdain interrompt son cours * et retient ses propres eaux en voyant ** le Seigneur être baptisé.
3. En tant qu’homme, dans le fleuve, * tu descends, Christ-Roi, * et tu te hâtes de recevoir le baptême, toi qui es Bon, * des mains du Précurseur, * à cause de nos péchés, Ami des hommes.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Doxastikon : A la voix criant dans le désert : * « Préparez les chemins du Seigneur, » * toi qui as pris, Seigneur, * la forme d’un esclave * tu vins demander le baptême, sans avoir connu le péché. * Les eaux te virent & prirent peur, * le Précurseur fut saisi d’effroi, * et il s’écria : * Comment le chandelier éclairerait-il la lumière ? * Comment l’esclave imposerait-il les mains sur son Maître ? * Sanctifie-moi ainsi que les eaux, Sauveur, ** Toi qui ôtes les péchés du monde.

Prokimen
De la bénédiction des eaux, ton 3 :
℟. Le Seigneur est ma lumière & mon salut, de qui aurai-je crainte ?
℣. Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerai-je ?

Alleluia
De la bénédiction des eaux, ton 4 :
℣. La voix du Seigneur retentit sur les eaux, sur les grandes eaux.

Après la consécration des eaux :
Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Stichère final, ton 6 : Chantons, fidèles, * la grandeur de l’économie de Dieu pour nous, * il s’est fait homme pour accomplir * il s’est fait homme pour accomplir * notre purification dans le Jourdain, * Lui le seul pur et sans souillure, * il me sanctifie, ainsi que les eaux * et il brise les têtes des dragons dans cette eau. * Puisons donc de cette eau avec allégresse, frères ! * car la grâce de l’Esprit, aux fidèles, est donnée * invisiblement à ceux qui y puisent par le Christ Dieu, ** et le Sauveur de nos âmes.

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Programme du XXIXème dimanche après la Pentecôte – dimanche après Noël – saints Joseph, David & Jacques – ton 4

Saint Joseph époux de la Vierge, saint roi David et saint Jacques frère du SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 janvier 2025 du calendrier grégorien – 30 décembre 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Ce dimanche est aussi celui après Noël & le rit byzantin y commémore saint Joseph, l’époux de la Vierge, le saint roi David et saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem (de fait cousin germain du Christ), trois saints que la liturgie byzantine qualifie de « Pères divin » (ou « Pères de Dieu » – θεοπάτορες – Богоотцы).

Traditionnellement, c’est l’un des jours où la divine liturgie de saint Jacques, frère du Seigneur, peut être employée à la place de celle de saint Jean Chrysostome. Cette liturgie très antique représente les anciens usages de l’Eglise de Jérusalem et du Patriarcat d’Antioche. Elle fut progressivement abandonnée quand les patriarches de Jérusalem et d’Antioche se sont réfugiés en territoire byzantin après la conquête musulmane de l’Orient, et recréée (de façon quelque peu hypothétique) à partir du XIXème siècle, par l’évêque Denis de Zante († 1894).

Ce jour est aussi dans l’après-fête de Noël, d’où la reprise du tropaire et du kondakion de la fête dans l’office & à la petite entrée de la liturgie.

A matines

Versets du matin, ton 4
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! » (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Saints, ton 2 : Annonce, Joseph, la bonne nouvelle à David, * à l’ancêtre de Dieu les merveilles dont tu fus le témoin : * sous tes yeux une Vierge a enfanté, * avec les Mages tu t’es prosterné, * avec les Pâtres tu as rendu gloire au Seigneur * et par l’Ange tu fus averti. ** Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 4 : Ta Nativité, ô Christ, notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de Justice, * et à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut ; ** Seigneur, gloire à toi !

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 4
Accourues les premières, * les femmes myrrhophores portèrent aux apôtres * l’annonce de ta merveilleuse résurrection, ô Christ, * car Tu es ressuscité en tant que Dieu, ** accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide, * et délivre-nous à cause de ton Nom (Psaume XLII, 27).
℣. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous ont raconté (Psaume XLIII, 2).

VIIème évangile de la Résurrection : Jean (§ 63) XX, 1-10.
Simon-Pierre qui le suivait, arriva ensuite ; et entrant dans le sépulcre, il vit les linceuls qui y étaient.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), de la fête (second canon), œuvre de saint Jean Damascène (4 tropaires) & des Saints (4 tropaires), œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886) (pour le canon de saint Joseph) et de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † c. 787) (pour le canon des saints David & Jacques). Catavasies de Noël, ton 1.

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 3 : La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel, * et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. * Les Anges et les Pasteurs chantent sa gloire. * Les Mages avec l’étoile s’avancent. * Car tu es né pour nous * enfant nouveau-né ** le Dieu d’avant les siècles.

Après la 6ème ode : Kondakion des Saints, ton 3 : Le saint roi David est comblé d’allégresse en ce jour * et Jacques offre sa louange avec Joseph ; * ayant reçu couronne dans la parenté avec le Christ, * ils se réjouissent et chantent * celui qui sur terre est né de merveilleuse façon ** et s’écrient : Sauve dans ton amour ceux qui célèbrent ton Nom.

Les Laudes, ton 4

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 4

Conclusion des matines

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Noël russe : grandes complies & matines – liturgie de saint Jean Chrysostome

Nativite de Notre Seigneur & Sauveur Jésus-ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le lundi 6 janvier 2025 du calendrier grégorien – 24 décembre 2024 du calendrier julien, grandes complies et matines de Noël à 19h – le mardi 7 janvier 2025 du calendrier grégorien – 25 décembre 2024 du calendrier julien, heures de tierce et de sexte puis divine liturgie de saint Basile le Grand à 12h.

L’Eglise catholique russe suit le calendrier julien et non le calendrier grégorien. Le décalage entre les deux calendriers étant actuellement de 13 jours, Noël – le 25 décembre julien – tombe le 7 janvier grégorien. Le 6 janvier, la célébration de la fête de la Nativité s’ouvre par l’office des grandes complies, suivi de celui des matines de Noël, ces deux offices constituant la vigile nocturne de cette grande fête.

Tropaire apolytikion, ton 4
Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !

Kondakion (de saint Romanos le Mélode), ton 3
La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel, * et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. * Les Anges et les Pasteurs chantent sa gloire. * Les Mages avec l’étoile s’avancent. * Car tu es né pour nous * enfant nouveau-né ** le Dieu d’avant les siècles.

Aux matines

Canon des matines de Noël, de saint Côme de Maïouma

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A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 2 – Psaume 110, 1-3
℣. Je Te confesserai de tout mon cœur Seigneur, * je raconterai toutes Tes merveilles.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Dans la société des justes, et dans l’assemblée * grandes sont les œuvres du Seigneur.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Elles sont proportionnées * à toutes ses volontés.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Tout ce qu’il a fait publie sa gloire, et annonce sa grandeur : * sa justice demeure éternellement.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume 111, 1-4
℣. Heureux l’homme qui craint le Seigneur, * et qui a une grande affection pour ses commandements.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Sa race sera puissante sur la terre : * la postérité des justes sera bénie.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. La gloire et les richesses sont dans sa maison ; * et sa justice demeure éternellement.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Une lumière s’est levée dans les ténèbres pour les justes : * elle est miséricorde, tendresse et justice.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, né de la Vierge, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 4 – Psaume 109, 1-3
℣. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : * siège à ma droite.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Jusqu’à ce que je réduise tes ennemis * à te servir de marchepied.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Le Seigneur fera sortir de Sion le sceptre de ta puissance : * règne au milieu de tes ennemis.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
℣. Le pouvoir est avec toi au jour de votre puissance, * dans la splendeur des saints.
℟. Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : De mon sein je t’ai engendré avant l’étoile du matin. Le Seigneur l’a juré et Il ne s’en repentira pas : Tu es prêtre pour les siècles selon l’ordre de Melchisédech (Psaume 109, 3-4).
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. * Par elle en effet les adorateurs des astres * ont appris par l’astre à t’adorer, * toi, Soleil de justice, * & à reconnaître en toi l’Orient d’en-haut; ** Seigneur, gloire à toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la fête (de saint Romanos le Mélode, diacre du monastère des Blachernes à Constantinople au VIème siècle), ton 3 : La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel, * et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. * Les Anges et les Pasteurs chantent sa gloire. * Les Mages avec l’étoile s’avancent. * Car tu es né pour nous * enfant nouveau-né ** le Dieu d’avant les siècles.

A la place du Trisaghion :
℟. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 8 :
℟. Que toute la terre t’adore et te chante, / qu’elle chante ton Nom, ô Très-Haut (Psaume 65, 4).
℣. Acclamez le Seigneur, toute la terre, chantez son Nom, célébrez sa gloire par la louange. (Psaume 65, 2).

Epître
De la fête : Galates (§ 209) IV, 4–7.
Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, et assujetti a la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, et pour nous rendre enfants adoptifs.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Les cieux racontent la gloire de Dieu, le firmament annonce l’œuvre de ses mains (Psaume 18, 2).
℣. Le jour au jour en proclame le récit ; la nuit à la nuit en annonce la connaissance (Psaume 18, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 3) II, 1–12.
Et entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère ; et se prosternant, ils l’adorèrent : puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, * mon âme, * celle qui est plus vénérable et plus glorieuse * que les armées d’en-haut, * la Vierge Très-Pure, ** Mère de Dieu.
Hirmos : Je vois un mystère étonnant, * qui dépasse l’entendement, * une grotte est devenue le ciel ; * la Vierge est devenue le trône des Chérubins ; * une crèche est devenue le lieu où repose * Celui que rien ne peut contenir, * le Christ-Dieu, ** chantons-le, & magnifions-le !

Verset de communion
De la fête : Le Seigneur a envoyé la délivrance à Son peuple (Psaume 110, 9). Alleluia, alleluia, alleluia.
Concert : Catavasies de la Nativité.

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Programme du XXVIIIème dimanche après la Pentecôte – Dimanche des Pères – Avant-fête de Noël – ton 3

Icône de la Généalogie du Christ - dimanche des PèresParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 janvier 2025 du calendrier grégorien – 23 décembre 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Dimanche des Pères. Carême de Noël (nourriture végétalienne avec usage de l’huile autorisé).

Le dimanche qui précède Noël est consacré, dans le rit byzantin, à la mémoire des saints & justes Pères & Patriarches qui ont précédé l’Incarnation du Messie. C’est pour cela que la généalogie du Christ selon saint Matthieu est chantée comme évangile à la divine liturgie de ce jour et que ce dimanche est parfois appelé « dimanche de la généalogie ».

Nous sommes aussi dans les jours d’avant-fête de Noël : l’avant-fête de Noël commence le 20 décembre dans le rit byzantin.

A matines

Versets du matin, ton 3
1. Tropaire du dimanche, ton 3 (deux fois) : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Pères, ton 2 : Combien sont sublimes les entreprises de la foi ! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos ; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions semblait le pâtre du troupeau. ** Par leurs prières, Christ-Dieu, sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Prépare-toi, Bethléem : * pour tout homme s’ouvre l’Eden ; * pare-toi, Ephratha : * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie ; * son propre sein devient le mystique Paradis * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam : ** le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 3
L’ange resplendissant remplit d’effroi les femmes myrrhophores par son apparition * et répandit la rosée de ses paroles en disant : * Pourquoi cherchez-vous dans le tombeau le Vivant ? * Il est ressuscité après avoir vidé les tombeaux ; * sachez que l’Immuable a aboli la corruption ; * et dites à Dieu : Que tes œuvres sont redoutables, ** car Tu as sauvé le genre humain.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Dites parmi les nations que le Seigneur est entré dans son règne ; * car Il a affermi l’univers qui ne sera pas ébranlé (Psaume XCV, 10).
℣. Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, toute la terre (Psaume XCV, 1).

VIème évangile de la Résurrection : Marc (§ 114) XXIV, 36-53.
Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, Jésus se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! C’est moi ; n’ayez point de peur.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de l’avant-fête, ton 1 (4 tropaires) & des Pères (6 tropaires), œuvre de saint Clément l’hymnographe (IXème siècle). Catavasies de Noël, ton 1.

Après la 3ème ode : Hypakoï des Pères, ton 8 : Jadis un Ange couvrit de rosée la fournaise pour les Jeunes Gens, * maintenant il empêche les femmes de poursuivre leurs gémissements, * disant : Pour-quoi portez-vous de la myrrhe au Vivant ? * Que cherchez-vous dans le sépulcre ? il est ressuscité, le Christ notre Dieu, ** car il est la vie et le sa-lut du genre humain.

Après la 6ème ode : Kondakion des Pères, ton 1 : Réjouis-toi, Bethléem, * Ephratha, prépare-toi, * voici que la Brebis s’empresse d’enfanter le grand Pasteur qu’elle porte en son sein ; * à cette vue les Pères théophores se réjouissent ** et chantent avec les Bergers la Vierge qui allaite.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 3

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 3

Conclusion des matines

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – Conception de la Mère de Dieu – ton 1

Conception de la Mère de Dieu par sainte AnneParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 décembre 2024 du calendrier grégorien – 9 décembre 2024 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Conception par sainte Anne de la Mère de Dieu.

La fête de la Conception de la Mère de Dieu par sainte Anne a été célébrée assez tôt en Orient – au moins avant le VIIIème siècle – puisque saint André de Crête († 712) est l’auteur d’un des deux canons des matines. En voici un extrait :

Anne, tu as conçu dans ton sein * la myrrhe de suave odeur qui recevra * merveilleusement le Parfum de notre vie, * le Maître qui embaume nos esprits ** par le souffle de la grâce. (tropaire de la 7ème ode).

A pareille époque, une homélie du moine Jean d’Eubée (début du VIIIème compte la Conception parmi la liste des dix fêtes mariales, encore qu’elle ne soit pas célébrée partout. Georges de Nicomédie, dans le dernier quart du IXème siècle, la considérait de même comme une fête de la Vierge, la plus récente, et ce n’est qu’en 1166 que l’empereur Manuel Comnène la rangea parmi les fêtes de précepte à laquelle on donna, au siècle suivant, une avant-fête.

L’étude magistrale publiée par le Père Martin Jugie en 1952 « L’Immaculée-Conception dans l’Écriture Sainte et dans la tradition orientale » – compte-rendu ici) fournit par ailleurs une mine de travail impressionnante de références positives sur la théologie traditionnelle de l’Orient byzantin relative à l’Immaculée Conception et montre l’apparition progressive et tardive de sa négation dans un contexte de controverses grandissantes avec Rome.

En Occident, la même fête est célébrée le 8 décembre (la fête de la Nativité de la Vierge étant le 8 septembre). Elle apparait la première fois en Italie du Sud sous influence grecque au tournant du VIIIème et du IXème siècle et figure sur un calendrier napolitain (latin) du milieu du IXème siècle. La fête de la Conception de Marie est déjà connue et commentée par les bénédictins anglais au Xème siècle. Cette fête s’est surtout introduite en Occident à l’occasion des croisades, et on la voit apparaître à l’abbaye du Bec puis en Angleterre et à Lyon dès le XIIème siècle. Après avoir défendu théologiquement l’Immaculée Conception en 1388, le cardinal Pierre d’Ailly, aumônier du roi Charles VI, lui conseilla la célébration de la fête. La Chapelle royale commença de ce fait cette célébration en décembre sous le règne de ce souverain, vraisemblablement en 1389. Le Pape Sixte IV étendit la fête à tout le rit romain en 1477 et on dit que l’octave de l’Immaculée Conception aurait été accordée par le pape sur une demande expresse du roi Louis XIV.

Cette fête est précédée d’un jour d’avant-fête (le 8 décembre donc) dans le rit byzantin.

Catéchisme sur l’Immaculée Conception.

*

A matines

Versets du matin, ton 1
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! » (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Tropaire de la Conception, ton 4 : Aujourd’hui les liens de la stérilité sont déliés, * car Dieu ayant entendu les prières de Joachim et Anne, * il leur promet clairement * qu’ils enfanteront, au delà de toute espérance, l’enfant de Dieu, * de laquelle lui-même, devenu homme, naîtra, lui l’Incirconscriptible, * qui ordonna aux anges de lui clamer : ** réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Polyeleos puis tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 1
Par son repentir le larron a ravi le paradis, * et par leurs lamentations les femmes myrrhophores ont annoncé la joie, * car Tu es ressuscité, Christ Dieu, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
℟. Maintenant Je ressuscite, dit le Seigneur, * Je serai leur salut, Je le resterai fidèlement (Psaume 11, 6).
℣. Loue le Seigneur, ô mon âme ! * Je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai mon Dieu tant que je serai. (Psaume 11, 7).

IVème évangile de la Résurrection : Marc (§ 112) XXIV, 1–12.
Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?

Chant de la Résurrection (une fois). Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (hirmos et 4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), et du premier canon de la Conception d’Anne, œuvre de saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740) (4 tropaires). Catavasies de Noël, ton 1.

Après la 3ème ode : Kondakion de la Conception, ton 4 : Le monde entier célèbre aujourd’hui * Anne qui conçoit par la volonté de Dieu, ** car indiciblement elle a enfanté celle qui enfantera le Verbe.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 1

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 1

Conclusion des matines

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – saint prophète Habacuc – ton 8

Le saint prophète HabacucParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 décembre 2024 du calendrier grégorien – 2 décembre 2024 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Prophète Habacuc.

Durant la période de jeûne avant Noël (laquelle commence le 15 novembre en la fête de saint Philippe – aussi est-il appelé populairement le « jeûne de Philippe »), le rit byzantin commémore à de nombreuses reprises les prophètes de l’Ancien Testament qui ont annoncé la venue du Sauveur.

Habacuc (en hébreux : חֲבַקּוּק) est le 8ème des douze petits prophètes. Il prophétisa probablement aux jours de Joachim, roi de Juda (608 † 598 avant Jésus-Christ). Le livre des prophéties d’Habacuc rapporte en 2 courts chapitres cinq oracles sur l’invasion des Chaldéens et la déportation des Juifs à Babylone, et se conclut au 3ème chapitre par un cantique (ou prière d’Habacuc).

Ce cantique d’Habacuc (« Seigneur ! j’ai entendu ta parole, et j’ai été saisi de crainte »), qui forme le 3ème et dernier chapitre de son livre, a été utilisé – très tôt et universellement – par les liturgies chrétiennes à l’office de matines (office du matin). Dans le rit byzantin, ce cantique constitue le 4ème du canon de l’orthros (il n’est plus figuré en général de nos jours que par les tropaires de la 4ème ode du canon). Dans le rit romain traditionnel (et dans l’office bénédiction qui en dépend sur ce point), il est employé à l’office des laudes de chaque vendredi. Dans le rit ambrosien, c’est le cantique du troisième nocturne de l’office nocturne du dimanche. Dans le rit mozarabe, il est chanté à l’office du matin des dimanches.

En dehors de ce livre de prophétie, Habacuc est également cité dans la Bible au livre de Daniel (14, 32-38) :

32 Or le prophète Habacuc était en Judée ; après avoir fait cuire une bouillie et émietté du pain dans un vase, il allait aux champs le porter à ses moissonneurs.
33 L’ange du Seigneur dit à Habacuc : « Porte le repas que tu tiens à Babylone, à Daniel, qui est dans la fosse aux lions. »
34 Habacuc dit : « Seigneur, je n’ai jamais vu Babylone, et je ne connais pas la fosse. »
35 Alors l’ange le prit par le haut de la tête, le porta, par les cheveux de sa tête, et le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec toute l’agilité de sa nature spirituelle.
36 Et Habacuc cria : « Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’envoie. »
37 Daniel répondit : « Vous vous êtes, en effet, souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment. »
38 Et Daniel se leva et mangea. Et l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc en son lieu.

L’historien ecclésiastique Sozomène (Historia Ecclesiastica VII, 29) rapporte au Vème siècle que les reliques d’Habacuc (et celles du prophète Michée) ont été découvertes à Qeïla au IVème siècle sous le règne de Théodose le Grand, suite à une révélation faite à Zebennus, évêque d’Eleuthéropolis.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du prophète. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical occurent :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Unité partageant même trône & Trinité sans commencement, * Etre sans division en qui la gloire est partagée, * Royauté qui par nature précèdes tous les temps, ** sauve les fidèles qui chantent pour toi.
8. Réjouis-toi, vaste demeure de Dieu, * réjouis-toi, arche du nouveau Testament, * réjouis-toi, ciboire qui as renfermé ** pour tous les hommes la manne des cieux.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire du prophète, ton 2 : Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Habacuc, * par ses prières, ** nous t’en supplions, sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du prophète, ton 8 : O Habacuc divinement éloquent qui a annoncé au monde que Dieu viendrait du midi, c’est-à-dire de la Vierge, * et qui, se tenant sous l’assistance divine, a reçu cette nouvelle de l’ange radieux: * tu as proclamé la résurrection du Christ au monde, * c’est pourquoi, dans la joie, nous crions vers toi : * Réjouis-toi, splendide parure des prophètes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts * et ressuscité Adam ; * Eve exulte en ta résurrection * et les confins du monde célèbrent ** ta résurrection d’entre les morts, ô Très-miséricordieux.

Prokimen
em>Du dimanche, ton 8 :
℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).

Epître
En raison du dimanche des Ancêtres avant Noël, c’est l’épître du XXIVème dimanche après la Pentecôte qui est lue en ce jour.
Du dimanche : Ephésiens (§ 224) IV, 1-6.
Un Seigneur, une foi, un baptême.

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).

Evangile
En raison du dimanche des Ancêtres avant Noël, c’est l’évangile du XXXème dimanche après la Pentecôte qui est lu en ce jour.
Du dimanche : Luc (§ 91) XVIII, 18-27.
Ce que Jésus ayant entendu, il lui dit : Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, et le distribue aux pauvres, et tu aura un trésor dans le ciel ; puis viens, et me suis.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – Clôture de la fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – Saint Clément – ton 7

PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 décembre 2024 du calendrier grégorien – 25 novembre 2024 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la clôture de la fête l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux Protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

*

Saint hiéromartyr Clément, Pape de Rome - icône du Vieux-LadogaNous fêtons aussi en ce jour le hiéromartyr saint Clément, pape de Rome.

La plus ancienne liste des évêques de Rome – que nous tenons de saint Irénée de Lyon au IInd siècle dans son Adversus haereses – donne saint Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre :

Ayant donc fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément obtint l’épiscopat.

Le canon romain garde le même ordre au memento des vivants : Lin, Clet, Clément.

Saint Irénée de Lyon rapporte aussi que saint Clément avait connu les bienheureux Apôtres et avait conversé avec eux ; il avait encore dans l’oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.

Dans la première moitié du troisième siècle, Origène, décrit Clément comme disciple des apôtres et l’identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux Philippiens (IV, 2-3) : Clément et mes autres collaborateurs dont les noms se trouvent au Livre de vie.

Telle était aussi l’opinion de l’historien Eusèbe de Césarée, qui date le pontificat de saint Clément de 92 à 101. Eusèbe note :

La douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l’Apôtre, dans sa lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots : « avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre de vie. » Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l’église de Rome à celle de Corinthe à propos d’une dissension qui s’était alors élevée à Corinthe. En beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément fut déporté avec 2000 chrétiens au delà du Pont-Euxin, dans les mines proches de Chersonèse de Tauride (dans l’actuelle Crimée, non loin de l’actuelle ville de Sébastopol) et, pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui attacha une ancre au cou avant de le précipiter dans la Mer Noire. La tradition du martyre de saint Clément est rapportée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime (+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), de plus, il n’a jamais été fait mention de son tombeau à Rome. Saint Cyrille et saint Méthode, en mission à Chersonèse, ramenèrent ensuite le corps de saint Clément à Rome.

On possède donc de saint Clément de Rome une admirable lettre qu’il adresse aux Corinthiens divisés. Comme l’indique à bon droit le pape Benoît XVI dans la catéchèse qu’il consacra à ce saint, Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre.

Cette intervention du Pape de Rome dans les affaires de l’église de Corinthe est d’autant plus notable qu’était encore en vie le dernier Apôtre (et Evangéliste), Jean, celui que Jésus aimait, qui gouvernait alors les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. On notera ici que l’Eglise de Corinthe, si proche de l’Apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément d’Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s’adresse au successeur de Pierre, l’évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son propre chef, intervient dans ses affaires, c’est qu’il représente bien plus que l’évêque d’une église locale. Il suffit d’ailleurs de considérer le texte de la lettre clémentine pour voir que le pape est d’autant plus sûr de son autorité que le ton y est tranquille et serein et que, loin d’expliquer pourquoi il intervient, il se contente de s’excuser de n’avoir pu faire plus tôt son devoir… On notera aussi que les Corinthiens reçurent si bien cette épître romaine que bien des communautés antiques la mettront presque au rang des Ecritures comme le souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Le pape Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon romain, il admire la bonne administration romaine et l’ordre des légions qui la fonde. Clément de Rome est en admiration devant l’harmonie et la beauté de la création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu’à l’acceptation de la correction dont personne ne doit s’irriter.

Invention des reliques de saint Clément un an après son martyre - les fidèles récupèrent son corps dans la Mer NoireAlors que saint Clément est fêté le 24 novembre par le rit byzantin (et le 23 novembre par le rit romain), les Russes (ainsi que l’Eglise copte d’Egypte) le fêtent le 25 novembre. La dévotion envers saint Clément est importante en Russie, en raison même du lieu de son martyre en Crimée. Le tropaire et le kondakion employés par les Russes diffèrent aussi de ceux employés dans les livres grecs actuels. Le tropaire russe fait référence aux circonstances de la découverte du corps de saint Clément par ses disciples au fond de la Mer Noire, à 300 mètres du rivage, selon une passion écrite au Vème siècle.

Ordinairement, saint Pierre d’Alexandrie est également fêté par l’Eglise russe au 25 novembre, mais lorsque ce jour tombe un dimanche, la combinaison de l’office du dimanche avec celui de l’après-fête de l’Entrée au Temple et de celui de saint Clément de Rome fait que la mémoire de saint Pierre d’Alexandrie est omise.

A matines

Versets du matin, ton 7
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du hiéromartyr Clément, ton 4 : Avec les miracles de Dieu tu as glorieusement étonné les extrémités de la terre, * ô saint athlète ; * au-delà des lois de la nature, * tu as fait se retirer les eaux de la mer * au jour honoré de ta mémoire, * pour ceux qui étaient venus avec ferveur à l’église divinement construite, * portant tes précieuses reliques. * Après leur départ, tu as merveilleusement fait reprendre sa place à la mer. * très admirable Clément, ** prie le Christ Dieu afin qu’il sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.

Polyeleos puis tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 6
Par ta mort volontaire et vivifiante, ô Christ, * Tu as brisé les portes des enfers, car Tu es Dieu ; * Tu nous as ouvert l’antique paradis ** et, ressuscité des morts, Tu as délivré notre vie de la corruption.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Seigneur, réveille ta puissance, * et viens nous sauver (Psaume LXXIX, 3).
℣. Pasteur d’Israël, sois attentif, toi qui mènes Joseph comme une brebis (Psaume LXXIX, 2).

IInd évangile de la Résurrection : Marc (§ 70) XVI, 1-8.
Mais il leur dit : Ne craignez point : vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité ; il n’est point ici : voici le lieu où on l’avait mis.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), du second canon de la fête, œuvre du seigneur Basile (4 tropaires) & du hiéromartyr Clément, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) avec l’acrostiche : « Gloire au Sarment témoin de la vigne de vie. Joseph » (4 tropaires). Catavasies de Noël, ton 1.

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».
Kondakion du hiéromartyr Clément, ton 2 : Comme un cep de la vigne divine vêtue de sainteté, tu as été manifesté, * exsudant la douceur de la sagesse * par tes supplications, ô très Honorable ; * afin que nous puissions t’offrir telle une robe tissée de pourpre * une hymne noétique ; saint Clément, sauve tes serviteurs !

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 7

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 7

Conclusion des matines

Télécharger le livret des matines de la résurrection du 7ème ton au format PDF
Télécharger le livret de la fête de la Clôture de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu et du hiéromartyr Clément.

Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Platon & Romain – ton 6

Le martyre de saint Platon d'Ancyre - Fresque du monastère de Dyonisiou (Mont Athos), 1547Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 1er décembre 2024 du calendrier grégorien – 18 novembre 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint martyr Platon d’Ancyre.

Saint Platon vivait à Ancyre (actuelle Ankara), en Galatie, sous le règne de l’empereur Maximien (285-305) et était le frère selon la chair du saint martyr Antiochus (fêté le 18 juillet). Comme il confessait publiquement sa foi au Christ et encourageait les Chrétiens à rester fermes dans la persécution, il fut arrêté par les soldats de l’empereur et conduit devant le gouverneur Agripinus. Inébranlable dans sa conviction malgré son jeune âge, il fut d’abord frappé par douze soldats, puis étendu sur un lit de bronze brûlant, et il eut la chair déchirée et brûlée par toutes sortes de tortures. Devant le spectacle de ses souffrances, un grand nombre de païens embrassa la Foi. Le saint Martyr éleva vers Dieu sa prière au milieu des tourments et les Puissances angéliques répondirent : « Amen ! » de manière à ce que tous les spectateurs entendissent ce témoignage de l’assistance de l’Eglise du ciel dans les combats du Saint athlète du Christ. Après d’autres supplices, saint Platon fut décapité et partit rejoindre l’assemblée des Saints. Saint Platon est commémoré au 22 juillet au Martyrologe romain :

A Ancyre, en Galatie, l’anniversaire de saint Platon, martyr. Sous le lieutenant Agrippin, il fut battu de verges, déchiré avec des ongles de fer, et souffrit d’autres genres de tourments très cruels ; il eut enfin la tête tranchée et remit à Dieu son âme invincible. Ses miracles accomplis pour venir en aide aux captifs, sont attestés par les Actes du second concile de Nicée.

*

Saint Romain d'AntiocheNous fêtons également en ce jour le saint martyr Romain, diacre et exorciste de l’Eglise de Césarée de Palestine, qui souffrit généreusement le martyre à Antioche lors de la persécution de Dioclétien (303), ainsi que le saint garçon Barulas qui l’accompagna dans sa passion.

Saint Romain exerçait les offices de diacre & d’exorciste dans l’Eglise de Césarée quand furent publiés en 303 les édits de la grande persécution de Dioclétien et de Maximien. Il se trouvait alors à Antioche lorsqu’on commença à y démolir les églises. Comme il exhortait les chrétiens à défendre leurs sanctuaires & qu’il relevait le courage d’un grand nombre, il fut arrêté et traduit devant le juge Asclépiade. Au cours du procès, un enfant, Barulas (Barallaha en syriaque, et par contraction Barlaha), avait été pris par hasard dans la foule pour apporter son témoignage. Or l’enfant loua le Dieu de Jésus-Christ et, pour cela, il fut battu de verges et Asclépiade eut l’inhumanité de le faire décapiter. Avant sa mort, le saint garçon pria sa mère, présente à l’exécution de son fils, de lui donner à boire, et sa mère ne cessa de l’encourager, le priant de supporter toutes ses souffrances pour le Seigneur Jésus-Christ. S’élevant au dessus des sentiments de la nature, elle tint la tête de son fils sur le billot et eut l’autorisation ensuite d’enterrer son corps.

Asclépiade condamna saint Romain à être brûlé vif après avoir été flagellé et déchiré par des crocs de fer. L’exécution devait se faire en présence de Dioclétien qui était alors à Antioche. Une averse empêcha le feu de prendre et saint Romain louait Dieu tout en se moquant de ses bourreaux et des idoles impies des païens. L’empereur le fit amener et commua la sentence, ordonnant qu’on coupa la langue de saint Romain jusqu’à la racine. On le jeta ensuite en prison pour plusieurs mois, et le saint continua cependant à parler malgré son supplice. Enfin, on l’étrangla dans la prison le 17 novembre 303. Cependant, sa fête liturgique est célébrée le 18 novembre, tant en Orient qu’en Occident. Voici du reste sa notice au Martyrologe romain du 18 novembre :

A Antioche, l’anniversaire de saint Romain, martyr. Au temps de l’empereur Galère, comme il voyait le préfet Asclépiade faire irruption dans une église et s’efforcer de la renverser de fond en comble, il exhorta les autres chrétiens à entraver ce dessein. Pour ce motif, après avoir souffert d’affreux tourments et avoir eu la langue coupée (ce qui cependant ne l’empêchait pas de célébrer les louanges de Dieu), il fut étranglé en prison et honoré de la couronne du martyre. Avant lui souffrit aussi un petit enfant, nommé Barulas, qui, interrogé par le préfet sur ce qui était le plus raisonnable, ou d’adorer un seul Dieu, ou d’en reconnaître plusieurs, avait répondu qu’il fallait croire au seul Dieu qu’adorent les chrétiens ; pour ce motif il fut battu de verges et décapité.

Le culte de saint Romain & de saint Barulas s’est répandu très tôt en Orient comme en Occident. Le martyre de saint Romain est bien connu car il a été rapporté par Eusèbe de Césarée (Traité de la Résurrection, livre 2 & Livre des Martyrs de Palestine, chap. 2). Saint Jean Chrysostome prononça un Panégyrique en son honneur à Antioche, le jour de sa fête (43ème discours). On trouve un second panégyrique de saint Romain dans les œuvres attribuées à saint Jean Chrysostome, mais qui doit être d’un autre prêtre d’Antioche contemporain. Enfin, nous possédons un troisième panégyrique de ce saint parmi les homélies publiées sous le nom d’Eusèbe d’Emèse (Sermon 50).

Surtout, le poète espagnol Prudence (348 † c. 405/410) consacre à saint Romain un long poème très bien documenté, qui a été rangé à l’époque moderne comme 10ème hymne de son Peristephanon. Cette pièce de 1140 vers en trimètres iambiques, intitulée Romanus, Contre les païens est un des rares exemples de quasi « tragédie » écrite par un auteur chrétien dans l’Antiquité. La fête de saint Romain a été célébrée de bonne heure au 18 novembre dans le rit hispano-mozarabe. Voici la première strophe de l’hymne, qui doit remonter à l’époque wisigothique :

Romane, Christi fortis adsertor Dei,
Elinguis oris organum fautor move :
Largire comptum carmen, et faustissimum,
Fac ut tuarum mira laudum concinam.

Romain, fort défenseur du Christ Dieu, accorde ta faveur et remue ma langue dans ma bouche sans voix, accorde abondamment le chant gracieux et permets-moi de réussir à chanter les merveilles de ta gloire.

En araméen, Barallaha signifie Enfant (ou serviteur) de Dieu. Dans le rit hispano-mozarabe, le saint martyr Barulas est nommé Théodule, mot grec qui a la même signification.

Autre témoignage de la dévotion précoce des Espagnols à saint Romain, de nombreuses églises ibériques lui sont dédiées, dont l’une des plus anciennes églises de Tolède (Eglise Saint-Román, actuel Musée des Conciles de Tolède et de la Culture wisigothique). Si le bâtiment actuel remonte au XIIIème siècle, il succède à une basilique wisigothique transformée en mosquée avant le XIème siècle, elle même établie sur une première basilique antique. C’est pour une autre église Saint-Romain à Séville que Francisco de Zurbarán a peint un célèbre tableau du saint tenant sa langue, accompagné du saint garçon Barulas.

La Gaule antique ne fut pas en reste dans l’hommage et la dévotion à saint Romain. Saint Eucher, évêque de Lyon (370 † 449) lui consacre un de ses sermons prononcé au jour de sa fête. La ville de Lyon possédait depuis au moins le VIème siècle (peut-être depuis le Vème siècle) une église dédiée à saint Romain, qui fut détruite à la révolution. La ville de Vienne en possédait une également. Du reste, de nombreuses églises et communes de notre pays sont nommées d’après saint Romain d’Antioche.

A matines

Versets du matin, ton 6
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion du même ton : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Polyeleos puis tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 6
Par ta mort volontaire et vivifiante, ô Christ, * Tu as brisé les portes des enfers, car Tu es Dieu ; * Tu nous as ouvert l’antique paradis ** et, ressuscité des morts, Tu as délivré notre vie de la corruption.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Seigneur, réveille ta puissance, * et viens nous sauver (Psaume LXXIX, 3).
℣. Pasteur d’Israël, sois attentif, toi qui mènes Joseph comme une brebis (Psaume LXXIX, 2).

Ier évangile de la Résurrection : Matthieu (§ 116) XXVIII, 16-20.
Allez donc, et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Chant de la Résurrection (une fois). Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), du Martyr Platon (4 tropaires), œuvre saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845), avec pour acrostiche en grec : Je chante largement ton éloge, Platon, & du Martyr Romain (4 tropaires). Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion du Martyr Platon, ton 3 : Ta mémoire, saint Platon, réjouit le monde entier, * appelant les fidèles vers ton temple sacré ; * tous ensemble nous y chantons * avec allégresse tes hauts faits * et dans la foi nous nous écrions : ** Délivre des barbares ce qui fut ta cité.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 6

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 6

Conclusion des matines

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Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Menas, Victor, Vincent, Stéphanide & Théodore Studite – ton 5

Saints Menas, Victor, Théodore Studite et VincentParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 novembre 2024 du calendrier grégorien – 11 novembre 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour d’une part les saints martyrs Menas, Victor, Vincent et la sainte martyre Stéphanide, d’autre part notre vénérable père saint Théodore Studite.

Les 4 martyrs dont les fêtes sont regroupées en ce jour n’ont pas vraiment de rapports entre eux : saint Menas est un martyr de la persécution de Dioclétien en Phrygie, saint Victor et sainte Stéphanide ont été martyrisés à Damas lors d’une persécution sous le règne d’Antonin, saint Vincent est le célèbre diacre de Sarragosse martyrisé sous la persécution de Dioclétien en Espagne.

Le Christ et saint Mennas - icône copte du VIème siècle du monastère de Bawit en Moyenne Egypte (l'une des plus anciennes icône existante) - collection du Musée du LouvreSaint Menas (ou Mennas) le Mégalomartyr était un soldat d’origine égyptienne, né à Nikiou (aujourd’hui Menouf, en Basse-Egypte), de parents chrétiens, dans la seconde moitié du IIIème siècle. Il s’engagea de bonne heure dans l’armée romaine et suivit le détachement auquel il appartenait à Cotyée, petite ville de la Phrygie Salutaire (Κοτύαιον, l’actuelle Kütahya). En 291, sentant le durcissement de la politique de Dioclétien contre les chrétiens, Menas se retire du service de l’empereur et séjourne 5 ans dans un désert près de Cotyée, menant une vie solitaire & de pénitence, se préparant à livrer la grande bataille du martyre. Le jour de la naissance des empereurs, que le peuple célébrait par des spectacles, Ménas s’avança dans l’arène entre deux tournois et se mit à crier ce verset du prophète Isaïe :

« J’ai été découvert par ceux qui ne me cherchaient pas, et j’ai été manifesté à ceux qui ne me réclamaient nullement « .

Le martyre de saint Menas - fresque du monastère de Vatopedi au Mont AthosIl fut pris, lié et condamné le lendemain par le préfet Pyrrhus. Après l’avoir cruellement flagellé avec des lanières de cuir, on le tourmenta sur le chevalet ; on lui brûla les flancs avec des torches, on frotta ses plaies avec un rude cilice, on le traîna pieds et mains liés sur des claies hérissées de pointes de fer, on le meurtrit en le frappant avec des fouets plombés, enfin on le tua d’un coup d’épée. C’était un 11 novembre 296. Pendant toute sa passion, Menas demeura constant et plein d’espérance, priant pour ses bourreaux. Des chrétiens récupérèrent son corps et le portèrent en son pays, comme le saint leur avait demandé avant de mourir. L’église qui abrita son corps devint un grand lieu de pèlerinage. De nombreuses apparitions du saint après sa mort sont rapportées par Timothée Ier, patriarche d’Alexandrie (380 † 384).

Il faut remarquer qu’il y eut sous le même règne de Dioclétien et Maximien un autre saint Menas martyrisé à Alexandrie et qui est fêté avec ses compagnons Hermogène & Eugraphe le 10 décembre. Le corps de saint Menas d’Alexandrie a été transporté à Constantinople, tandis que celui de saint Menas de Cotyée fut ramené après sa mort en Egypte. Aussi, beaucoup d’auteurs ont eu tendance à les confondre et à n’en faire qu’un des deux.

Saint Mennas de Cotyée est fêté au Martyrologe romain à la même date du 11 novembre :

A Cotyée en Phrygie, le glorieux martyre de saint Mennas, soldat égyptien ; qui, pendant la persécution de Dioclétien, après avoir renoncé à la profession des armes, se retira dans le désert pour y servir le Roi du ciel et venir à lui par la prière. Depuis, ayant reparu en public et confessé hautement qu’il était chrétien, il fut éprouvé par de cruels tourments ; enfin, s’étant mis à genoux pour prier, et rendant grâces à Notre Seigneur Jésus-Christ, il fut décapité, et devint après sa mort, célèbre par de nombreux miracles.

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Martyr de saint Victor et de sainte Stéphanide de DamasSaint Victor (aussi Mégalomartyr) était un soldat romain originaire d’Italie, il fut affecté dans la région de Damas. Dénoncé pour sa foi en Jésus-Christ, on lui fit boire un mélange de chaux vive et de vinaigre, puis on le laissa pendu par les pieds jusqu’à la mort. Sa douloureuse agonie dura trois jours. Sainte Stéphanide était une jeune & pieuse veuve chrétienne qui vivait dans le jeûne & la prière depuis la mort de son époux. Elle assista au martyre de saint Victor. A la vue de ce spectacle, comme elle rendait gloire à la bravoure du soldat-martyr, elle fut elle aussi arrêtée. Attachée entre deux palmiers qu’on avait courbés et retenus par des cordes, on libéra les arbres qui reprirent brutalement leur position et déchirèrent ainsi en deux son corps.
Tous deux subirent leur passion vers l’an 160, soit sous le règne d’Antonin soit sous celui de Marc-Aurèle.

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Saint Vincent de Sarragosse - fresque grecque du XIème siècleLe diacre martyr saint Vincent appartenait à l’église de Saragosse dans la Tarraconaise (Espagne). Il rendit son témoignage au Christ sous l’empereur Maximien vers 304 à Valence dans la Carthaginoise. Il connut très tôt une exceptionnelle dévotion en Occident et en Orient, dont saint Augustin en est déjà le témoin au début du Vème siècle :

« Partout où s’étend l’Empire romain et retentit le nom chrétien, quel est le pays, quelle est la province où l’on ne célèbre avec joie l’anniversaire de Vincent ? » (Sermon 276, chap. 4. Migne, Patr. lat., t. XXXVIII, col. 1257)

Du reste on lisait sa Passion à la messe dans l’Eglise d’Hippone, au jour de sa fête. Saint Vincent est né à Saragosse, en Espagne, où il fut diacre de l’évêque Valère. Ce dernier vieillissant souffrait d’un défaut d’élocution, aussi chargea-t-il Vincent de sa mission de prêcher et d’instruire les fidèles, fonction normalement dévolue à l’évêque. Lorsque vinrent les persécutions sous Dioclétien et Maximien, l’évêque et le diacre furent arrêtés et emprisonnés. Le procurateur Dacien les fit comparaitre, et Vincent prit la parole pour confesser leur foi commune. Dacien condamna alors Valère à l’exil et Vincent à la torture, en exemple. Ce dernier conserva un calme inaltérable face aux tortures nombreuses & raffinées qu’on lui fit subir, avant de mourir le 22 janvier 304. Vincent ayant été torturé sur une maie de pressoir, il est devenu le saint patron des vignerons. Pour éviter la vénération des fidèles, le procurateur Dacien tente à deux reprises de se débarrasser du corps de Vincent, mais celui-ci est à chaque fois miraculeusement protégé.

Saint Vincent de Sarragosse - fresque grecque de 1192Childebert, roi de Paris, fils de Clovis, rapporta comme trophée du siège de Saragosse de 531 (où il était allé châtier son indigne beau-frère, Amalaric, roi des Wisigoths, une étole du diacre saint Vincent. Il fonda pour la garder, aux portes de sa capitale, un monastère sous le vocable de Saint-Vincent, qui prit par la suite le nom de Saint-Germain-des-Prés.

La fête de saint Vincent fut d’abord célébrée dans le rit byzantin le 22 janvier, comme en Occident (ainsi que l’atteste le Synaxaire Constantinopolitain du Xème-XIème siècle, qui connait aussi au 6 août l’anniversaire de la dédicace de l’église de Saint-Vincent-sous-les-murs-de-Constantinople). Cette fête fut ensuite basculée à la date du 11 novembre dans le rit byzantin. Il est possible que cette date corresponde à une translation des reliques du saint à Gaète, en Italie méridionale, ville alors située dans la sphère d’influence byzantine, translation probablement survenue après l’invasion musulmane de l’Espagne.

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Saint Théodore Studite - mosaïque du XIème siècle du monastère de Nea Moni à ChiosOutre les 4 martyrs susdits, le rit byzantin fête en ce jour saint Théodore Studite, né à Constantinople en 759, mort sur l’île de Prinkipo le 11 novembre 826, une des plus grandes figures de l’Église d’Orient.

Nous citerons la merveilleuse catéchèse que donna sur la vie de ce saint le Saint Père Benoît XVI en 2009 :

Chers frères et sœurs !

Le saint que nous rencontrons aujourd’hui, saint Théodore le Studite, nous conduit en plein Moyen-Age byzantin, à une période assez tourmentée du point de vue religieux et politique. Saint Théodore naquit en 759 dans une famille noble et pieuse : sa mère, Théoctiste, et un oncle, Platon, abbé du monastère de Saccoudion en Bithynie, sont vénérés comme des saints. Ce fut précisément son oncle qui l’orienta vers la vie monastique, qu’il embrassa à l’âge de 22 ans. Il fut ordonné prêtre par le patriarche Tarasius, mais rompit ensuite la communion avec lui en raison de la faiblesse dont celui-ci fit preuve à l’occasion du mariage adultérin de l’empereur Constantin VI. La conséquence en fut l’exil de Théodore, en 796, à Thessalonique. La réconciliation avec l’autorité impériale advint l’année suivante sous l’impératrice Irène, dont la bienveillance conduisit Théodore et Platon à s’installer dans le monastère urbain de Stoudios, avec une grande partie de la communauté des moines de Saccoudion, pour éviter les incursions des sarrasins. C’est ainsi que débuta l’importante « réforme studite ».

Saint Théodore et le monastère du StoudionToutefois, l’histoire personnelle de Théodore continua d’être mouvementée. Avec son énergie habituelle, il devint le chef de la résistance contre l’iconoclasme de Léon V l’Arménien, qui s’opposa de nouveau à l’existence d’images et d’icônes dans l’Eglise. La procession d’icônes organisée par les moines de Stoudios (dans les jardins du monastère du Stoudion le dimanche des Rameaux le 25 mars 815) déchaîna la réaction de la police. Entre 815 et 821, Théodore fut flagellé, incarcéré et exilé en divers lieu de l’Asie Mineure. En fin de compte, il put rentrer à Constantinople, mais pas dans son monastère. Il s’installa alors avec ses moines de l’autre côté du Bosphore. Il mourut, semble-t-il, à Prinkipo, le 11 novembre 826, jour où il est célébré dans le calendrier byzantin. Théodore se distingua dans l’histoire de l’Eglise comme l’un des grands réformateurs de la vie monastique et également comme défenseur des images sacrées pendant la deuxième phase de l’iconoclasme, aux côtés du patriarche de Constantinople, saint Nicéphore. Théodore avait compris que la question de la vénération des icônes avait à voir avec la vérité même de l’Incarnation. Dans ses trois livres Antirretikoi (Réfutations), Théodore établit une comparaison entre les relations éternelles intratrinitaires, où l’existence de chaque Personne divine ne détruit pas l’unité, et les relations entre les deux natures en Christ, qui ne compromettent pas, en lui, l’unique Personne du Logos. Et il argumente : abolir la vénération de l’icône du Christ signifierait effacer son œuvre rédemptrice elle-même, du moment que, assumant la nature humaine, l’invisible Parole éternelle est apparue dans la chair visible humaine et de cette manière a sanctifié tout le cosmos visible. Les icônes, sanctifiées par la bénédiction liturgique et par les prières des fidèles, nous unissent avec la Personne du Christ, avec ses saints et, par leur intermédiaire, avec le Père céleste et témoignent de l’entrée dans la réalité divine de notre cosmos visible et matériel.

Théodore et ses moines, témoins du courage au temps des persécutions iconoclastes, sont liés de façon inséparable à la réforme de la vie cénobitique dans le monde byzantin. Leur importance s’impose déjà en vertu d’une circonstance extérieure : le nombre. Tandis que les monastères de l’époque ne dépassaient pas trente ou quarante moines, nous apprenons de La vie de Théodore l’existence de plus d’un millier, au total, de moines studites. Théodore lui-même nous informe de la présence dans son monastère d’environ trois cents moines ; nous voyons donc l’enthousiasme de la foi qui est né autour de cet homme réellement informé et formé par la foi elle-même. Toutefois, plus que le nombre, c’est le nouvel esprit imprimé par le fondateur à la vie cénobitique qui se révéla influent. Dans ses écrits, il insiste sur l’urgence d’un retour conscient à l’enseignement des Pères, surtout à saint Basile, premier législateur de la vie monastique et à saint Dorothée de Gaza, célèbre père spirituel du désert palestinien. La contribution caractéristique de Théodore consiste à insister sur la nécessité de l’ordre et de la soumission de la part des moines. Au cours des persécutions, ceux-ci s’étaient dispersés, s’habituant à vivre chacun selon son propre jugement. A présent qu’il était possible de reconstituer la vie commune, il fallait s’engager pleinement pour faire du monastère une véritable communauté organisée, une véritable famille ou, comme il le dit, un véritable « Corps du Christ ». Dans cette communauté se réalise de façon concrète la réalité de l’Eglise dans son ensemble.

Saint Théodore StuditeUne autre conviction de fond de Théodore est la suivante : les moines, par rapport aux séculiers, prennent l’engagement d’observer les devoirs chrétiens avec une plus grande rigueur et intensité. Pour cela, ils prononcent une profession particulière, qui appartient aux hagiasmata (consécrations), et est presque un « nouveau baptême », dont la vêture représente le symbole. En revanche, par rapport aux séculiers, l’engagement à la pauvreté, à la chasteté et à l’obéissance est caractéristique des moines. S’adressant à ces derniers, Théodore parle de façon concrète, parfois presque pittoresque, de la pauvreté, mais celle-ci, dans la suite du Christ, est depuis le début un élément essentiel du monachisme et indique également un chemin pour nous tous. Le renoncement à la possession des choses matérielles, l’attitude de liberté vis-à-vis de celle-ci, ainsi que la sobriété et la simplicité valent de façon radicale uniquement pour les moines, mais l’esprit de ce renoncement est le même pour tous. En effet, nous ne devons pas dépendre de la propriété matérielle, nous devons au contraire apprendre le renoncement, la simplicité, l’austérité et la sobriété. Ce n’est qu’ainsi que peut croître une société solidaire et que peut être surmonté le grand problème de la pauvreté de ce monde. Donc, dans ce sens, le signe radical des moines pauvres indique en substance également une voie pour nous tous. Lorsqu’il expose ensuite les tentations contre la chasteté, Théodore ne cache pas ses expériences et montre le chemin de lutte intérieure pour trouver le contrôle de soi et ainsi, le respect de son corps et de celui de l’autre comme temple de Dieu.

Mais les renoncements principaux sont pour lui ceux exigés par l’obéissance, car chacun des moines a sa propre façon de vivre et l’insertion dans la grande communauté de trois cents moines implique réellement une nouvelle forme de vie, qu’il qualifie de « martyre de la soumission ». Ici aussi, les moines donnent uniquement un exemple de combien celui-ci est nécessaire pour nous-mêmes, car, après le péché originel, la tendance de l’homme est de faire sa propre volonté, le principe premier est la vie du monde, tout le reste doit être soumis à sa propre volonté. Mais de cette façon, si chacun ne suit que lui-même, le tissu social ne peut fonctionner. Ce n’est qu’en apprenant à s’insérer dans la liberté commune, à la partager et à s’y soumettre, à apprendre la légalité, c’est-à-dire la soumission et l’obéissance aux règles du bien commun et de la vie commune, qu’une société peut être guérie, de même que le moi lui-même, de l’orgueil d’être au centre du monde. Ainsi, saint Théodore aide ses moines et en définitive, nous aussi, à travers une délicate introspection, à comprendre la vraie vie, à résister à la tentation de placer notre volonté comme règle suprême de vie, et de conserver notre véritable identité personnelle – qui est toujours une identité avec les autres – et la paix du cœur.

Saint Théodore Studite et saint Etienne le Nouveau - fresque du XIVème siècle du monastère serbe de Gratchnitsa au KosovoPour Théodore le Studite, une autre vertu, aussi importante que l’obéissance et que l’humilité, est la philergia, c’est-à-dire l’amour du travail, dans lequel il voit un critère pour éprouver la qualité de la dévotion personnelle : celui qui est fervent dans les engagements matériels, qui travaille avec assiduité, soutient-il, l’est également dans les engagements spirituels. Il n’admet donc pas que, sous le prétexte de la prière et de la contemplation, le moine se dispense du travail, également du travail manuel, qui est en réalité, selon lui et selon toute la tradition monastique, le moyen pour trouver Dieu. Théodore ne craint pas de parler du travail comme du « sacrifice du moine », de sa « liturgie », et même d’une sorte de Messe à travers laquelle la vie monastique devient angélique. C’est précisément ainsi que le monde du travail doit être humanisé et que l’homme à travers le travail devient davantage lui-même, plus proche de Dieu. Une conséquence de cette vision singulière mérite d’être rappelée : précisément parce qu’étant le fruit d’une forme de « liturgie », les richesses tirées du travail commun ne doivent pas servir au confort des moines, mais être destinées à l’assistance des pauvres. Ici, nous pouvons tous saisir la nécessité que le fruit du travail soit un bien pour tous. Bien évidemment, le travail des « studites » n’était pas seulement manuel : ils eurent une grande importance dans le développement religieux et culturel de la civilisation byzantine comme calligraphes, peintres, poètes, éducateurs des jeunes, maîtres d’école, bibliothécaires.

Bien qu’exerçant une très vaste activité, Théodore ne se laissait pas distraire de ce qu’il considérait comme strictement lié à sa fonction de supérieur: être le père spirituel de ses moines. Il connaissait l’influence décisive qu’avaient eu dans sa vie aussi bien sa bonne mère que son saint oncle Platon, qu’il qualifiait du titre significatif de « père ». Il exerçait donc à l’égard des moines la direction spirituelle. Chaque jour, rapporte son biographe, après la prière du soir, il se plaçait devant l’iconostase pour écouter les confidences de tous. Il conseillait également spirituellement de nombreuses personnes en dehors du monastère lui-même. Le Testament spirituel et les Lettres soulignent son caractère ouvert et affectueux, et montrent que de sa paternité sont nées de véritables amitiés spirituelles dans le milieu monastique et également en dehors de celui-ci.

Saint Théodore Studite - fresque de la cathédrale de la Trinité à Kostroma - 2005La Règle, connue sous le nom d’Hypotyposis, codifiée peu après la mort de Théodore, fut adoptée, avec quelques modifications, sur le Mont Athos, lorsqu’en 962 saint Athanase Athonite y fonda la Grande Lavra, et dans la Rus’ de Kiev, lorsqu’au début du deuxième millénaire, saint Théodose l’introduisit dans la Lavra des Grottes. Comprise dans sa signification authentique, la Règle se révèle singulièrement actuelle. Il existe aujourd’hui de nombreux courants qui menacent l’unité de la foi commune et qui poussent vers une sorte de dangereux individualisme spirituel et d’orgueil intellectuel. Il est nécessaire de s’engager pour défendre et faire croître la parfaite unité du Corps du Christ, dans laquelle peuvent se composer de manière harmonieuse la paix de l’ordre et les relations personnelles sincères dans l’Esprit.

Il est peut-être utile de reprendre, pour conclure, certains des éléments principaux de la doctrine spirituelle de Théodore. Amour pour le Seigneur incarné et pour sa visibilité dans la Liturgie et dans les icônes. Fidélité au baptême et engagement à vivre dans la communion du Corps du Christ, entendue également comme communion des chrétiens entre eux. Esprit de pauvreté, de sobriété, de renoncement ; chasteté, maîtrise de soi, humilité et obéissance contre le primat de sa propre volonté, qui détruit le tissu social et la paix des âmes. Amour pour le travail matériel et spirituel. Amitié spirituelle née de la purification de sa propre conscience, de son âme, de sa propre vie. Cherchons à suivre ces enseignements qui nous montrent réelle la voie de la vraie vie.

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A matines

Versets du matin, ton 5
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection. (une fois)
2. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Tropaire du vénérable Père, ton 8 : Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * Théodore, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. ** Intercède auprès du Christ Dieu afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Théotokion du même ton : Toi qui pour nous es né d’une vierge et as enduré la Croix, ô Très-Bon, * qui par la mort as dépouillé la mort, * et, en tant que Dieu, as manifesté la Résurrection, * ne dédaigne pas ceux que Tu as créés de ta main, * montre ton amour pour les hommes, ô Miséricordieux. * Accueille l’intercession de celle qui t’a enfanté, la Mère de Dieu, ** et sauve un peuple désespéré, ô notre Sauveur.

Polyeleos puis tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 5
L’esprit troublé par la vue de l’ange * et l’âme illuminée par la divine résurrection, * les femmes myrrhophores portèrent la bonne nouvelle aux apôtres : * Annoncez parmi les nations la résurrection du Seigneur ** qui nous assiste par des miracles et nous accorde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Lève-toi, Seigneur mon Dieu, que ta main soit exaltée, * car Tu régneras pour les siècles (Psaume IX, 33 & 37).
℣. Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles (Psaume IX, 1).

XIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 67) XXI, 15-25.
Jésus lui dit : Paissez mes agneaux.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 5 (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires), des Martyrs (4 tropaires) & du Vénérable Père (4 tropaires), tous les deux œuvres saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845), avec pour acrostiches : Avec foi je te chante, saint martyr Ménas / J’honore par ces chants l’illustre Théodore. Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion des Martyrs, ton 4 : T’arrachant à l’armée temporelle, * victorieux athlète Ménas, * c’est le compagnon des armées célestes * que fit de toi le Christ notre Dieu, ** l’immarcescible couronne des Martyrs.
Kondakion du vénérable Père, ton 2 : Ta vie ascétique et angélique, tu l’éclairas * par la splendeur de tes exploits athlétiques ; * partageant désormais la demeure des Anges dans le ciel, * bienheureux Père Théodore, avec eux * tu intercèdes sans cesse en faveur de nous tous ** auprès du Christ notre Dieu.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 5

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 5

Conclusion des matines

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