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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Bénédiction du pain en l’honneur de sainte Agathe

Le martyre de sainte Agathe de CataneNée vers 231 en Sicile, probablement à Catane, sainte Agathe y confessa sa foi au Christ et y reçut la palme du martyre à l’âge de 20 ans, après avoir subi de nombreuses tortures parmi lesquelles l’arrachement de ses seins à l’aide de tenailles est resté célèbre.

Citée au canon de la messe romaine, sainte Agathe est l’une des plus célèbres vierges martyres de la chrétienté occidentale, également célébrée dans les Eglises orientales.

Dès le IVème siècle, on l’honore un peu partout : le pape saint Damase compose une hymne en son honneur, saint Ambroise de Milan et le saint pape Gélase écrivent des préfaces particulières pour le jour de sa fête, saint Jérôme en fait mention dans son martyrologe et saint Augustin en parle dans ses ouvrages. Le pape Symmaque (498-514) lui édifie une basilique à Rome. Sainte Agathe figure dans le calendrier de Carthage du VIème siècle et dans tous les martyrologes latins et grecs.

Sainte Agathe - Francisco de Zurbarán - Musée Fabre - MontpellierLors d’une éruption de l’Etna, les habitants de Catane étaient allés chercher le voile qui recouvrait le tombeau de sainte Agathe pour le porter en procession autour de la cité, et la coulée de lave s’arrêta aux portes de la ville. Depuis, saint Agathe est invoquée contre le fléau du feu.

En France, au Moyen-Age, on la place au nombre des saints auxiliaires. Voici comment des vers du XVème siècle la célèbrent :

Saint Blaise, glorieux martyr,
Avec madame sainte Agathe,
Garde mon âme au départir
Du corps, que l’enfer ne l’abatte.

Ou encore d’autres vers du XIIIème siècle :

Sainte Agathe, vierge pucelle,
Qui souffris en ta mamelle,
Tu y souffris pour Dieu amour,
Prie pour moi notre Seignour.

Et d’autres encore :

Sainte Agathe, vierge piteuse,
Qui souffris peine douloureuse
Pour Jésus-Christ en ta poitrine,
Prie Dieu qu’il me donne son amour fine.

Pain de la sainte Agathe à Mons en ProvenceDans certaines régions de France s’est conservée jusqu’à nos jours l’ancienne coutume (déjà attestée au moins au XIVème siècle) de bénir des pains en l’honneur sainte Agathe le jour de sa fête le 5 février. En Provence, ces pains ont la forme de petits seins ! 🙂

La bénédiction particulière au jour de sainte Agathe ne s’est pas conservée dans le Rituale Romanum de 1614, qui se veut un ouvrage synthétique allant à l’essentiel. On la trouve néanmoins dans les rituels antérieurs et elle a été conservée dans beaucoup de rituels diocésains ultérieurs. Au XVIIIème siècle, on bénit le jour de la sainte Agathe du pain et de l’eau, puis du pain seulement dans les livres du XIXème siècle. Les livres plus anciens mentionnent beaucoup plus d’aliments.

Nous donnons ci-dessous cette bénédiction telle qu’elle figure dans le fameux Sacerdotale Romanum de 1579, ancêtre du Rituale Romanum de 1614. Il est tout à fait significatif de voir que cet ouvrage conserve l’antique usage de bénir de nombreux biens, non pas hors de la messe mais à l’intérieur même de celle-ci, à la fin du canon. Cet usage semble avoir été général autrefois et explique parfaitement ces paroles du canon qui concluaient de fait autrefois les diverses bénédictions des offrandes des fidèles :

Per quem hæc omnia, Domine, semper bona creas, santificas, vivificas, benedicis, et præstas nobis.
Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens, de les sanctifier, des les vivifier, de les bénir et de nous les accorder.

Sainte Agathe portant ses seins arrachésLa disparition de l’usage de bénir les offrandes (qui étaient apportées au moment de l’offertoire au sanctaire par les fidèles) à ce moment précis du canon rend un peu obscur le sens des paroles de cette prières, devenues quelque peu hors contexte : le pluriel hæc omnia et le sens général des paroles s’appliquent mal aux seuls oblats eucharistiques. Les trois signes de croix que fait le prêtre à ce moment du canon sont un souvenir des trois signes de croix qu’il traçait sur toutes les offrandes pour les bénir.

Le Sacerdotale Romanum de 1579 indique qu’on bénissait non seulement des pains, mais aussi des fruits, des cierges, de l’eau, du vin, de l’huile et d’autres dons (de l’argent vraisemblablement, ce qui correspond assez bien à la liste des 7 dons traditionnels qu’apportaient à l’offertoire les premiers chrétiens dans l’ancienne Gaule et qui étaient ensuite consommés au cours d’agapes fraternelles).

Voici le texte de Sacerdotale Romanum de 1579 :

Benedictio panis, & aqua in festo S. Agatha,

contra periculum ignis

Bénédiction du pain & de l’eau en la fête de sainte Agathe,

contre le péril du feu.

Sacerdos existens in canone missæ, ad locum illum : Per quem hæc omnia Dómine semper bona creas etc., vertens se ad populum, benedicit panem hoc modo : Le prêtre étant parvenu dans le canon de la messe aux paroles : Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens etc., se tourne alors vers le peuple et bénit le pain de cette façon :
Primo dicat Psalmus LXI. D’abord il dit le Psaume XXIII.
Deus, misereátur nostri, et benedícat nobis : * illúminet vultum suum super nos, et misereátur nostri. Que Dieu ait pitié de nous, et nous comble de ses bénédictions : qu’il répande sur nous la lumière de son visage, et qu’il fasse éclater sur nous sa miséricorde :
Ut cognoscámus in terra viam tuam, * in ómnibus géntibus salutáre tuum. Afin que nous connaissions, votre voie sur la terre, et que le salut que vous procurez soit connu de toutes les nations.
Confiteántur tibi pópuli, Deus : * confiteántur tibi pópuli omnes. Que tous les peuples, ô Dieu ! publient vos louanges ; que tous les peuples vous louent, vous rendent grâces.
Læténtur et exsúltent gentes : * quóniam júdicas pópulos in æquitáte, et gentes in terra dírigis. Que les nations se réjouissent et soient transportées de joie ; parce que vous jugez les peuples dans l’équité, et que vous conduisez dans la droiture les nations sur la terre.
Confiteántur tibi pópuli, Deus, confiteántur tibi pópuli omnes : * terra dedit fructum suum. Que les peuples, ô Dieu ! publient vos louanges ; que tous les peuples vous louent : la terre a donné son fruit.
Benedícat nos Deus, Deus noster, benedícat nos Deus : * et métuant eum omnes fines terræ. Que Dieu, que notre Dieu nous bénisse ; que Dieu nous comble de ses bénédictions ; et qu’il soit craint jusqu’aux extrémités de la terre.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Kýrie, éleison. Christe, éleison. Kýrie, éleison. Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Pater noster. Notre Père.
Secreto usque ad En secret jusqu’à
℣. Et ne nos indúcas in tentatiónem. ℣. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
℟. Sed líbera nos a malo. ℟. Mais délivrez-nous du mal.
℣. Adjutórium nostrum in nómine Dómini. ℣. Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
℟. Qui fecit cælum et terram. ℟. Lui qui fit ciel et terre.
℣. Sit nomen Dómini benedíctum. ℣. Que le nom du Seigneur soit béni.
℟. Ex hoc nunc & usque in sæculum. ℟. Dès maintenant & jusque dans les siècles.
℣. Ora pro nobis beáta Agatha. ℣. Priez pour nous, bienheureuse Agathe.
℟. Ut digni efficiámur promissiónibus Christi. ℟. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
℣. Dómine exáudi oratiónem meam. ℣. Seigneur, exaucez ma prière.
℟. Et clamor meus ad te véniat. ℟. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
℣. Dóminus vobíscum. ℣. Le Seigneur soit avec vous.
℟. Et cum spíritu tuo. ℟. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Dómine Jesu Christe, Fílii Dei vivi, qui es Panis vivus, qui de cœlo descendísti, bene†dic, & sanctí†fica hos panes, fructus, cereos, aquam, vinum, oleum & cetera hic posita in honorem Beátæ Agathæ Virginis, & Martyris, ut, ubicumque contra ignem comburentem missa, vel posita fuerit, illico ignis evanescat, & penitus extinguatur. Qui vivis, & regnas, cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti Deus : per ómnia sæcula sæculórum. Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui êtes le Pain vivant qui est descendu du ciel, bénis†sez & sancti†fiez ces pains, ces fruits, ces cierges, cette eau, ce vin, cette huile et ces autres dons ici déposés en l’honneur de la Bienheureuse Agathe, Vierge & Martyre, afin qu’en quelque lieu où il seront envoyés ou posés contre un feu consumant, qu’aussitôt ce feu s’évanouisse et s’éteigne tout à fait. Vous qui vivez & régnez, avec Dieu le Père en l’unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.
℟. Amen. ℟. Amen.
Benedictio Dei omnipotentis Pa†tris, & Fí†lii, & Spíritus†Sancti, per intercessiónem Beátæ Agathæ Vírginis, & Martyris tuæ, descéndat & maneat super hos panes, & super omnes ex eis gustantes. Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, Pè†re, & Fi†ls, & Saint†Esprit, par l’intercession de la Bienheureuse Agathe Vierge & Martyre, descende & demeure sur ces pains, et sur tous ceux qui y goûteront.
℟. Amen. ℟. Amen.
Aspergantur aqua benedicta. On asperge d’eau bénite.
Postea dicat : Ensuite il dit :
Per quem hæc omnia Domine semper bona creas… Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens…

Bénédiction des relevailles

Louis-Nicolas Lemasle - Relevailles de la duchesse de Berry tenant le futur Henri V.
Louis-Nicolas Lemasle – Relevailles de la duchesse de Berry dans l’église de Vernouillet – Madame la duchesse de Berry tient son cierge des relevailles et son fils, le petit duc de Bordeaux, futur Henri V .

« Secúndum legem Móysi, tulérunt Jesum in Jerusalem, ut sísterent eum Dómino. »
Luc II, 22

La bénédiction des relevailles est aujourd’hui très négligée en France (je ne l’ai vue qu’une seule fois pratiquée à Saint-Eugène par Mgr Batut). Pourtant, il s’agit d’un rite d’une simple mais grande beauté, qui célèbre le don de la vie, le don de l’enfant et la beauté de la maternité. Face aux développements de la culture de mort dans notre pays, ce rite très ancien dans l’Eglise, pratiqué également depuis les origines chrétiennes dans les Eglises orientales, gagnerait à être de nouveau célébré et promu dans nos familles. C’est en effet une « bénédiction » que de donner la vie, et la mère mérite d’être bénie et célébrée après l’épreuve de la grossesse et de l’accouchement, et pour la fortifier dans l’exercice de sa maternité qui devra accompagner l’éducation de son enfant.

Traditionnellement, la bénédiction des relevailles a lieu 40 jours après la naissance de l’enfant, à l’imitation de la Sainte Vierge venue au Temple de Jérusalem pour la cérémonie de la purification selon la loi de Moïse et la présentation de l’Enfant Jésus (cf. Lévitique XII et Luc II, 22-24) :

Et le temps de la purification de Marie étant accompli, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour donner ce qui devait être offert en sacrifice, selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombe.

La mère tient un cierge allumé pendant toute la cérémonie, cierge qui rappelle ceux de la fête de la chandeleur. Le prêtre va la chercher à la porte de l’église et l’y introduit après avoir chanté le psaume XXIII, psaume de majesté et de gloire. L’usage de ce psaume rappelle l’entrée solennelle du Christ à Jérusalem et est utilisé traditionnellement pour l’entrée dans l’église à l’issue de la procession des Rameaux.

Voici la bénédiction des relevailles du Rituale Romanum, titre VII, chapitre 3.

De benedictione mulieris post partum.

Bénédiction des femmes après qu’elles aient enfanté.

Si qua puerpera post partum, juxta piam ac laudabilem consuetudinem, ad Ecclesiam venire voluerit, pro incolumitate sua Deo gratias actura, petieritque a Sacerdote benedicti-onem, ipse superpelleceo et stola alba indutus, cum ministro aspersorium deferente, ad fores ecclesiæ accedat, ubi illam foris ad limina genuflectentem et candelam accensam in manu tenentem, aqua benedicta aspergat, deinde dicat : Si quelque mère ayant enfanté souhaite, selon la pieuse et louable coutume, venir à l’Eglise rendre grâce à Dieu de son heureuse délivrance, et demande la bénédiction du prêtre, celui-ci, revêtu d’un surplis et d’une étole blanche, accompagné d’un ministre qui porte l’aspersoir, va aux portes de l’église où elle l’attend à genoux, ayant en main un cierge allumé, il l’asperge d’eau bénite et dit ensuite :
℣. Adjutórium nostrum in nómine Dómini. ℣. Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
℟. Qui fecit cælum et terram. ℟. Lui qui fit ciel et terre.
Antiphona. Hæc accípiet benedicti-ónem a Dómino. Antienne. C’est celle-là qui recevra du Seigneur la bénédiction.
Psalmus XXIII. Psaume XXIII.
Dómini est terra, et plenitúdo ejus ; * orbis terrárum, et univérsi, qui hábitant in eo. Au Seigneur appartient la terre, et tout ce qu’elle contient, toute la terre et tous ceux qui l’habitent.
Quia ipse super mária fundávit eum : * et super flúmina præparávit eum. Car c’est lui qui l’a fondée au-dessus des mers, et établie au-dessus des fleuves.
Quis ascéndet in montem Dómini, * aut quis stabit in loco sancto ejus ? Qui est-ce qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui s’arrêtera dans son lieu saint ?
Innocens mánibus, et mundo corde, * qui non accépit in vano ánimam suam, nec jurávit in dolo próximo suo. Celui dont les mains sont innocentes et le cœur pur ; qui n’a point pris son âme en vain, ni fait un serment faux à son prochain.
Hic accípiet benedictiónem a Dómino : * et misericórdiam a Deo salutári suo. C’est celui-là qui recevra du Seigneur la bénédiction, et miséricorde de Dieu, son Sauveur.
Hæc est generátio quæréntium eum, * quæréntium fáciem Dei Jacob. Telle est la race de ceux qui le cherchent, de ceux qui cherchent à voir la face du Dieu de Jacob.
Attóllite portas, príncipes, vestras, et elevámini portæ æternáles : * et introíbit Rex glóriæ. Levez vos portes, ô princes ! et vous, portes éternelles, levez-vous, afin de laisser entrer le Roi de gloire.
Quis est iste Rex glóriæ ? * Dóminus fortis, et potens ; Dóminus potens in prœlio. Qui est ce Roi de gloire ? Le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans les combats.
Attóllite portas, príncipes, vestras, et elevámini portæ æternáles : * et introíbit Rex glóriæ. Levez vos portes, ô princes ! et vous, portes éternelles, levez-vous, afin de laisser entrer le Roi de gloire.
Quis est iste Rex gloriæ ? * Dóminus virtútum, ipse est Rex gloriæ. Qui est ce Roi de gloire ? Le Seigneur des armées est lui-même ce Roi de gloire.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Antiphona. Hæc accípiet benedictiónem a Dómino, et miseri-córdiam a Deo salútari suo : quia hæc est generátio quæréntium Dóminum. Antienne. C’est celle-là qui recevra du Seigneur la bénédiction, et miséri-corde de Dieu, son Sauveur, car telle est la race de ceux qui le cherchent.
Deinde, porrigens ad manum mulieris extremam partem stolæ, ex humero sinistro pendentem, eam introducit in ecclesiam, dicens : Ensuite, plaçant l’extrémité de son étole, laquelle pend de son épaule gauche, sur la main de la femme, il l’introduit dans l’église en disant :
Ingrédere in templum Dei, adóra Fílium beátæ Maríæ Vírginis, qui tibi fecunditátem tríbuit prolis. Entre dans le temple de Dieu, adore le Fils de la bienheureuse Vierge Marie, qui t’a donné la fécondité d’être mère.
Et ipsa, ingressa, genuflectit coram Altari et orat, gratias agens Deo de beneficiis sibi collatis ; tunc Sacerdos dicit : Et elle, étant entrée, va s’agenouiller devant l’autel et prie, rendant grâces à Dieu des bienfaits qu’il lui a accordés ; alors le prêtre dit :
Kýrie, éleison. Christe, éleison. Kýrie, éleison. Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Pater noster. Notre Père.
secreto usque ad En secret jusqu’à
℣. Et ne nos indúcas in tentatiónem. ℣. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
℟. Sed líbera nos a malo. ℟. Mais délivrez-nous du mal.
℣. Salvam fac ancíllam tuam, Dómine. ℣. Sauvez votre servante, Seigneur.
℟. Deus meus, sperántem in te. ℟. Mon Dieu, elle espère en vous.
℣. Mitte ei, Dómine, auxílium de sancto. ℣. Envoyez-lui, Seigneur, votre aide depuis votre sanctuaire.
℟. Et de Sion tuére eam. ℟. Et de Sion, protègez-la.
℣. Nihil profíciat inimícus in ea. ℣. Que l’ennemi n’ait aucune prise sur elle.
℟. Et fílius iniquitátis non appónat nocére ei. ℟. Et que le fils d’iniquité n’ose point lui nuir.
℣. Dómine exáudi oratiónem meam. ℣. Seigneur, exaucez ma prière.
℟. Et clamor meus ad te véniat. ℟. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
℣. Dóminus vobíscum. ℣. Le Seigneur soit avec vous.
℟. Et cum spíritu tuo. ℟. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Omnípotens sempitérne Deus, qui per beátæ Maríæ Vírginis partum fidélium pariéntium dolóres in gáudium vertísti: réspice propítius super hanc fámulam tuam, ad templum sanctum tuum pro gratiárum actióne lætam accedéntem, et præsta; ut post hanc vitam, ejúsdem beátæ Maríæ méritis et intercessióne, ad ætérnæ beatitúdinis gáudia cum prole sua perveníre mereátur. Per Christum Dóminum nostrum. Dieu éternel & tout-puissant, qui par la maternité de la bienheureuse Vierge Marie avez changé en joie les douleurs des fidèles qui deviennent mères : jetez un regard de bonté sur votre servante, qui, pleine de joie, vient dans votre saint temple pour rendre grâces ; faites qu’après cette vie, par les mérites et l’intercession de la bienheureuse Marie, elle obtienne, ainsi que son enfant, la joie de la béatitude éternelle. Par le Christ notre Seigneur.
℟. Amen. ℟. Amen.
Deinde illam aspergit iterum aqua benedicta, dicens : Ensuite il l’asperge à nouveau d’eau bénite, en disant :
Pax et benedíctio Dei omnipoténtis, Patris, et Fílii, † et Spíritus Sancti, descéndat super te, et máneat semper. Que la paix & la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, & Fils, † & Saint-Esprit, descende sur toi et toujours y demeure.
℟. Amen. ℟. Amen.

Même si le Rituale Romanum ne le précise pas, il est d’usage que le prêtre célèbre ensuite la sainte messe pour la mère, qui y assiste.

Enrique Melida y Alinari : une messe de relevailles en Espagne
Enrique Melida y Alinari : une messe de relevailles en Espagne

Certains rituels médiévaux prévoyaient que la bénédiction des relevailles puisse être pontificale. Voici la rubrique de l’ancien pontifical d’Evreux :

Primo induat se episcopus more duplicis festi in loco sibi praeparato, et impositis capa cum mitra acceptoque baculo pastorali procedat ad ostium ecclesiae, praecedentibus ipsum aqua benedicta et duobus ceroferariis. L’évêque s’habille d’abord comme au fêtes doubles à un lieu approprié, et ayant reçu la chape avec la mitre, et la crosse, il va à la porte de l’église, précédé d’un ministre portant l’eau bénite et de deux céroféraires.

On a discuté du fait que la bénédiction de la mère puisse être faite même si l’enfant était mort en couche, sans avoir reçu le baptême (ce qui de fait s’est pratiqué : les rituels diocésains indiquaient qu’il fallait alors omettre les paroles cum prole sua dans l’oraison). Dans certaines provinces françaises, on pu a également pratiquer autrefois de curieuses relevailles par procuration, lorsque la mère était morte en couches.

Quelques coutumes françaises

Dans les anciens rituels diocésains français, le prêtre posait le bout de son étole sur la tête de la mère et lisait alors l’évangile de Luc de la messe de la Purification (Luc II, 22-32), comme on peut le voir sur le tableau des relevailles de la duchesse de Berry en haut de cet article, ou encore sur cette gravure des relevailles en Bretagne (O. Perrin, Galerie des mœurs, usages et costumes des Bretons de l’Armorique, Paris, 1808) :

Les relevailles en Bretagne

La mère tient son cierge devant le prêtre assisté du bedeau, la sage femme, agenouillée derrière elle, tient son enfant. Un pauvre espère l’aumône que la mère ne manquera pas de lui donner.

Assez souvent, les hommes de la famille étaient exclus de la cérémonie des relevailles, à laquelle ne participait que la mère, la sage-femme et la marraine de l’enfant. Dans certaines régions, l’assistance était élargie, mais restait en général féminine : parentes et amies de l’accouchée, toutes étaient là pour participer à cet heureux événement. La sage-femme et la marraine se rendaient au matin chez l’accouchée pour l’accompagner à l’église. En Provence, le petit cortège qu’elles formaient avait son rituel : l’accoucheuse portait l’enfant en faisant reposer la tête de celui-ci sur son bras droit. La mère marchait du côté de la tête de son enfant. La marraine, elle, se plaçait du côté des pieds du nouveau-né. Suivaient ensuite les autres femmes, par ordre de parenté.

Dans beaucoup de région, la mère portait un pain (confectionné la veille), qui était béni après la messe, pour être consommé au cours du grand festin que donnait ensuite la famille (le terme de relevailles en français du XVIIème siècle désigne aussi bien le banquet familial que la cérémonie elle-même.

Souhaitons que cette belle cérémonie qui célèbre la mère ayant donné la vie soit de nouveau largement pratiquée dans notre pays.

Relevailles à Poughkeepsie en 1953

Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le lundi 2 février 2015, grand-messe de 19h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Programme du dimanche de la Septuagésime

Saint-Eugène, le dimanche 16 février 2015, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur la Septuagésime

> Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité
 
La Septuagésime nous prépare au Carême en nous invitant à penser à notre destinée. Ce temps d’Avant-Carême est caractérisé par la mise en place des règles liturgiques suivantes, propre à marquer la pénitence :

1. La couleur violette sert à l’office & à la messe du Temps de la Septuagésime pour tous les vêtements & ornements liturgiques.

2. L’Alleluia est supprimé depuis la fin des Ières vêpres de la Septuagésime jusqu’à la vigile pascale. A la fin des Ières vêpres de la Septuagésime, on fait l’adieu de l’Alleluia (Clausum Alleluia) : 2 chantres chantent en conclusion de ces vêpres, sur le ton de Pâques :

℣. Benedicamus Domino, alleluia, alleluia.

Et on y répond :

℟. Deo gratias, alleluia, alleluia.

Après ce renvoi, l’Alleluia qui termine chaque Deus, in adjutorium au début de tous les offices est remplacé par Laus tibi, Domine, Rex æternæ gloriæ (Louange à toi, Seigneur, Roi d’éternelle gloire).

A la messe, l’Alleluia qui suit le graduel est remplacé par le chant du trait le dimanche & aux jours de fête (on ne chante que le graduel seul aux messes fériales).

3. Les glorieuses hymnes que sont le Te Deum à l’office de la nuit et le Gloria in excelsis Deo à la messe sont supprimées. Ils reviendront à Pâques (et, pour le Gloria in excelsis Deo, à titre exceptionnel à la messe du Jeudi Saint). Dans le rit traditionnel, le Benedicamus Domino remplace l’Ite, missa est à la fin de la messe (la règle traditionnelle était simple & générale : on ne chantait l’Ite, missa est à la messe que lorsqu’on y chantait le Gloria in excelsis Deo).

4. On peut toutefois continuer à toucher l’orgue seul (jusqu’au Mercredi des Cendres).

5. Les auteurs ne s’accordent pas sur le maintien de la dalmatique du diacre et de la tunique du sous-diacre. La plupart notent qu’on continue à utiliser ces vêtements liturgiques (qui sont signes de joie), quelques uns néanmoins indiquent qu’il faut passer aux chasubles pliées, utilisées pour les jours de pénitence. Il est vrai que la rubrique du Missel (Partie I, titre 19, n°6) n’indique l’emploi des chasubles pliées pour les jours de jeûne et que le temps de la Septuagésime n’est pas jeûnée (historiquement, on n’y jeûnait que le mercredi, le vendredi & le samedi comme le reste de l’année) ; la même rubrique précise l’emploi des chasubles pliées aux dimanche de Carême (qui ne sont pas jeûnés) sans faire remonter cet usage aux dimanches de Quinquagésime, Sexagésime et Septuagésime. Pourtant on trouve une réponse de la Congrégation des rites (n°5385 du 31 août 1867) indiquant qu’il faut utiliser les chasubles pliées aux prières des 40 heures (qui ont lieu dans la semaine de la Quinquagésime).

Au dimanche de la Septuagésime, à l’office nocturne, l’Eglise romaine démarre la lecture de la Bible dans l’ordre, en commençant par le livre de la Genèse : la création du monde et la chute d’Adam. On trouvera des allusions à ces thèmes dans diverses pièces de l’office divin et de la messe.

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Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

Programme du IIIème dimanche après l’Epiphanie

3ème dimanche après l'Epiphanie - guérison de l'esclave du centurionSaint-Eugène, le dimanche 25 janvier 2015, grand’messe de 11h.

La guérison du lépreux et celle du serviteur du centurion – Domine non sum dignus.

Après le premier miracle, aux noces de Cana, l’évangile de ce jour nous montre la manifestation de la puissance de Dieu à l’œuvre au travers des deux premières guérisons effectuées par le Christ au début de sa vie publique. Ce déploiement de la puissance divine, prolongement logique de la manifestation divine fêtée à l’Epiphanie – est chanté par les textes de la messe, en particulier par l’offertoire, tiré du psaume CXVII :

Déxtera Dómini * fecit virtútem, déxtera Dómini exaltávit me : non móriar, sed vivam, et narrábo ópera Dómini.
La dextre du Seigneur a fait éclater sa puissance, la dextre du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

La guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm constitue aussi le prémice symbolique de la vocation des gentils, d’Orient et d’Occident, au salut, comme l’annonce Notre Seigneur lui-même dès ce passage. L’humble confession de foi du centurion a été reprise dans la liturgie romaine, et nous faisons nôtres ses paroles avant que de communier au Verbe de vie :
Dómine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum : sed tantum dic verbo, et sanábitur ánima mea.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dit seulement une parole, et mon âme sera guérie.

Tandis qu’il descend de la montagne, les foules vont au devant du Seigneur ; car elles n’ont pu gravir les sommets. Et le premier qui vient à sa rencontre est un lépreux : à cause de sa lèpre il ne pouvait entendre le si long discours prononcé par le Sauveur sur la montagne. Il faut noter qu’il est le premier cas spécial de guérison : le second rang revient au serviteur du centurion, le troisième à la belle-mère de Pierre accablée par la fièvre à Capharnaüm, le quatrième aux possédés du démon qui sont présentés au Seigneur et dont les esprits sont chassés par sa parole lorsqu’il guérit aussi tous les malheureux.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Programme de la messe solennelle de Requiem pour Louis XVI

LouisXVI

Saint-Eugène, le mercredi 21 janvier 2015, Requiem solennel de 19h.

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».
Louis XVI.

L’évènement sur Facebook.

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Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

2nd dimanche après l'Epiphanie - les noces de CanaSaint-Eugène, le dimanche 18 janvier 2015, grand’messe de 11h.

Le troisième mystère de l’Epiphanie :

les noces de Cana.

« Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel.

L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu.

Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

Dom Guéranger.

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Programme de la solennité de l’Epiphanie

Le baptême du Christ par Navarrete El MudoSaint-Eugène, le dimanche 11 janvier 2015, grand’messe de 11h.

> Catéchisme sur la fête de l’Epiphanie.

« Nous vénérons ce jour saint, orné de trois miracles : aujourd’hui l’étoile conduit les Mages à la crèche; aujourd’hui l’eau est transformée en vin au cours des noces ; aujourd’hui dans le Jourdain le Christ veut être baptisé, afin de nous sauver, alléluia. »
Antienne de Magnificat des secondes vêpres de l’Epiphanie.

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Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2015

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est reportée en France au dimanche qui suit), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2015, réalisé par nos soins :

Noveritis Romanum 2015

En voici la traduction pour 2015 :

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

  • Le 1er février sera le dimanche de la Septuagésime.
  • Le 18 du même mois sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
  • Le 5 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
  • Le 14 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
  • Le 24 du même mois sera la fête de la Pentecôte.
  • Le 4 juin sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
  • Le 29 novembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

    Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.

    Un petit livret imprimable à l’attention du clergé.

    RIT PARISIEN

    Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2015 :

    Noverit Parisiense 2015

    En voici la traduction pour 2015 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 5 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

    RIT AMBROSIEN

    Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2015 :

    Noverit-Ambrosianum-2015

    En voici la traduction pour 2015 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 5 avril, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. ℟. Rendons grâces à Dieu.

  • Programme de la solennité de sainte Geneviève, vierge, patronne de Paris

    Sainte Geneviève - livre d'heure du XVIème siècleSaint-Eugène, le dimanche 4 janvier 2015, grand’messe de 11h

    « Contemporaine de Clovis et de saint Remi, Geneviève naît en 422 à Nanterre. À l’âge de sept ans, elle rencontre Germain, évêque d’Auxerre, et Loup, évêque de Troyes, qui faisaient halte dans cette bourgade avant de s’embarquer pour l’Angleterre pour y combattre, sur l’ordre du pape, l’hérésie de Pélage. La fillette est en prière dans l’église de Nanterre et Germain prophétise devant les parents de Geneviève le destin exceptionnel de l’enfant. Lorsque sa mère est frappée de cécité pour avoir donné un soufflet à Geneviève, celle-ci la guérit avec de l’eau qu’elle a bénite.

    Geneviève promet à Germain de se consacrer au Christ, et, à quinze ans, elle reçoit le voile des vierges. À l’époque, en effet, il n’existait pas de monastères de femmes et celles qui souhaitaient se consacrer au Seigneur continuaient à vivre dans le monde, simplement distinguées par le voile de leur consécration. À la mort de ses parents, Geneviève vient habiter à Paris chez sa marraine. Elle vit dans le silence, la prière et la mortification, ne se nourrissant que deux fois par semaine. Elle est aussi favorisée de grâces extraordinaires, en lisant dans les consciences et en guérissant les corps au nom du Christ par des onctions d’huile.

    Saint Germain la défend contre les calomnies. Geneviève fait construire la première basilique de Saint-Denis. Elle visite de nuit le chantier avec ses compagnes, quand le vent éteint le cierge qui éclairait le chemin du petit groupe. Geneviève prend le cierge, qui se rallume assitôt, et sa flamme résiste à toutes les bourrasques.

    En 451, Attila franchit le Rhin et envahit la Gaule. Les Parisiens prennent peur et veulent fuir. Geneviève les convainc de demeurer dans la ville. Elle rassemble les femmes de Paris dans l’église-baptistère près de Notre-Dame et leur demande de supplier le Ciel d’épargner leur ville. C’est ce qui se produit. Abandonnant la route de Paris, les Huns se dirigent vers Orléans qu’ils assiègent. Contraints par les armées du général romain Aetius, ils se replient vers le nord et sont définitivement vaincus aux Champs Catalauniques. Plus tard, lorsque les Francs assiègent Paris, Geneviève sauve cette fois la ville de la famine. Elle organise une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Seine, vont chercher le ravitaillement jusqu’en Champagne. Sa réputation s’étend jusqu’en Orient. Clovis et Clotilde lui voueront une grande vénération. Elle sera enterrée auprès du roi dans l’église des Saints-Apôtres que sainte Clotilde avait fait construire et qui prendra dès le VIIème siècle le nom de Sainte-Geneviève.

    Geneviève meurt en 512 à près de 90 ans. Son corps est transporté en 845 à Marizy par crainte des Normands et rapporté à Paris en 890. À partir du XIIème siècle, la châsse contenant ses reliques est portée en procession à travers Paris. Des miracles ont lieu sur son passage en particulier lors du mal des ardents. Ses reliques sont brûlées par les révolutionnaires en 1793, mais son tombeau vide, transporté dans l’église Saint-Étienne-du-Mont continue d’être vénéré.

    Sainte Geneviève est la patronne de Paris, et des gendarmes. »
    Source : Introibo.

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