Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du Mercredi des Quatre-Temps de Carême

Mercredi des Quatre-Temps de Carême - le signe de JonasSaint-Eugène, le mercredi 21 février 2024, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps
> Catéchisme sur le Carême

Par ailleurs, si le signe de Jonas figure la Passion du Seigneur, il atteste aussi la gravité des péchés commis par des Juifs. L’on peut y voir à la fois la proclamation de la majesté et le signe de la miséricorde. En effet, l’exemple des Ninivites annonce le châtiment, mais en même temps, il montre le remède. Dès lors, les Juifs non plus ne doivent pas désespérer du pardon, pourvu qu’ils consentent à faire pénitence.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IIIème leçon des vigiles nocturnes de ce mercredi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Meditabor, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume VI
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Inter vestibulum, en plain-chant musical (tradition bretonne)

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Programme du premier dimanche de Carême

Les trois tentations de N.S. - Le Miroir de l'humaine condition, Ecole française du XVe siècleSaint-Eugène, le dimanche 18 février 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

> Catéchisme sur le Carême

Quoique les fidèles jeûnent depuis mercredi, la liturgie n’ouvre néanmoins qu’aujourd’hui le commencement du Carême. Autrefois, il s’agissait en effet du véritable début du Carême, le premier jour de jeûne commençant le lendemain lundi. C’est saint Grégoire le Grand qui rajouta les 4 premiers jours au VIème siècle afin d’arriver au compte rond de 40 jours de jeûne. L’office divin conserve la disposition antique antérieure à saint Grégoire : les hymnes propres au Carême ne sont chantées qu’à partir des premières vêpres de ce dimanche ; au second nocturne de l’office de la nuit, une leçon de saint Léon le Grand annonce toujours aux fidèles le début du Carême en ces termes :

Très chers fils, leur dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du Carême, puis-je mieux commencer mon discours qu’en empruntant les paroles de l’Apôtre en qui Jésus-Christ parlait, et en répétant ce qu’on vient de vous lire : Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut ? Car encore qu’il n’y ait point de temps dans l’année qui ne soient signalés par les bienfaits de Dieu, et que, par sa grâce, nous ayons toujours accès auprès de sa miséricorde ; néanmoins nous devons en ce saint temps travailler avec plus de zèle à notre avancement spirituel et nous animer d’une nouvelle confiance. En effet, le Carême, nous ramenant le jour sacré dans lequel nous fûmes rachetés, nous invite à pratiquer tous les devoirs de la piété, afin de nous disposer, par la purification de nos corps et de nos âmes, à célébrer les mystères sublimes de la Passion du Seigneur.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Ce premier dimanche de Carême est un jour solennel et ne le cède à aucune fête, pas même celle du saint patron du lieu. L’Eglise nous donne en ce jour l’évangile des trois tentations du Christ au désert. Il est remarquable que toutes les pièces du propre de la messe sont empruntées au psaume 90, celui-là même qui fut cité au Christ par le Satan tentateur.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Ier dimanche de Carême. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
  • Chant final, d’action de grâces : Attende Domine – plain-chant français, avec ses anciens versets – Vème ton

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Programme du XXXVIIème dimanche après la Pentecôte – sainte Agathe de Sicile – ton 4

Sainte Agathe de Sicile, vierge et martyreParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 février 2024 du calendrier grégorien – 5 février 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la Martyre Agathe de Sicile.

Saint Agathe est née en Sicile au début du IIIème dans une noble famille patricienne. Son nom est grec et signifie “bonne”. Elle se consacra à Dieu dès son enfance dans l’ordre des vierges. Le gouverneur consulaire de Sicile, Quintien, voulu conquérir le cœur de cette jeune fille de bonne famille, mais en vain car elle ne voulait pas s’unir à ce païen. Quintien profita des édits de persécution des Chrétiens de l’empereur Dèce pour faire arrêter Agathe. A Catane, Quintien la livre à une tenancière de bordel appelée Aphrodote ou Aphrodisie qui pendant un mois tentera tout avec ses neufs filles de joie pour qu’Agathe renonce à sa virginité, mais en vain. Au bout de ce mois, Quintien la fait comparaître aux services d’instruction judiciaire. Agathe y fit alors une admirable profession de sa foi, disant en outre que la plus illustre noblesse et la plus véritable liberté est d’être servante de Jésus-Christ. Après cette première comparution, Agathe est conduite dans une prison qui est maintenant changée en chapelle. Le lendemain, Quintien la fit amener et lui demanda si elle avait songé au moyen de sauver sa vie, Agathe lui répondit : “Jésus-Christ est ma vie & mon salut.” La sainte fut alors torturée sur le chevalet et on lui coupa les seins. Ramenée en prison sans soin et sans nourriture, Agathe reçut une apparition de saint Pierre au cours de la nuit qui la guérit de ses blessures.

Quatre jours après, après un nouvel interrogatoire, on fit rouler le corps dénudé de sainte Agathe sur sur des pièces de poteries cassées. Un tremblement de terre survint alors, qui fit périr deux des assesseurs de la justice romaine. Une fois ramenée dans sa geôle, Agathe quant à elle, rendit son âme à Dieu après une ultime prière et consomma ainsi son martyre, le 5 février de l’an 251.

Un an après ces évènements, l’Etna étant entré en éruption, menaçait Catane par une coulée de lave. Les habitants prirent le voile qui recouvrait le tombeau de sainte Agathe et le brandirent devant la coulée qui s’arrêta aussitôt. Ce miracle fut reproduit à plusieurs reprise au cours des siècles, l’une des dernières fois en 1635.

Sainte Agathe apparut à sainte Luce, et aussi à sainte Digne, vierge de Cordoue, à qui elle prédit le martyre qu’elle endura en effet en 853.

Son dies natalis est déjà marqué au 5 février dans le calendrier de l’Eglise de Carthage daté des environs de 483. Le nom de sainte Agathe figure au canon romain, après Félicité et Perpétue, et avant Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie parmi les sept saintes citées dans le Memento des défunts ; saint Aldhelm (c. 640 † 709), premier évêque de Sherborne, rapporte que c’est saint Grégoire le Grand qui l’y inséra.

Reliquaire de sainte Agathe de CataneVers l’an 550, une première église fut dédiée à sainte Agathe à Rome par le pape Symmaque, mais elle fut ruinée depuis (son souvenir n’est conservé que par le cimetière de ce nom qui y était annexé). Une seconde église, qui fut construite initialement par les Ariens, fut re-consacrée par saint Grégoire le Grand et dédiée par lui à sainte Agathe, c’est l’actuelle église de Sainte-Agathe-des-Goths ; le pape Grégoire y déposa des reliques de saint Sébastien et de sainte Agathe. Une église déciée à sainte Agathe existait aussi à Constantinople, où l’on célébrait sa fête du 5 février avec faste. Les reliques de sainte Agathe furent apportées de Catane à Constantinople vers l’an 1040 par le général byzantin Georges Maniakès, qui avait reconquis la Sicile sur les Arabes. Le corps de la sainte fut toutefois ramené à Catane en 1126-1127, par la volonté énergique de son évêque Maurice et déposée dans une chapelle de la nouvelle cathédrale de la ville.

Sainte Agathe est la patronne de la ville de Catane, qui l’honore chaque année par des fêtes fastueuses, du 3 au 5 février : le reliquaire en forme de buste de la sainte, qui renferme ses reliques, est installé sur un monumental char reliquaire, le “fercolo”, qui est porté en procession dans la ville. C’est un buste en argent doré datant du XVIème siècle dont les mains et le visage sont émaillés, posé sur un socle octogonal orné de deux anges. Sur le socle se trouvent des écussons d’Aragon et de Catane en émaux ; de nombreux bijoux offerts par les fidèles s’accumulent sur le buste au fil des siècles.

Les processions du reliquaire de sainte Agathe à Catane

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Fête de la Rencontre du SeigneurCe dimanche se combine cette année avec l’après-fête de la Rencontre du Seigneur (Hypapante), appelée en Occident Purification de la Sainte Vierge ou “Chandeleur” (les livres liturgiques occidentaux appelaient aussi autrefois cette fête Occursum Domini. Du reste, deux pièces de la liturgie byzantine – le tropaire et le premier des apostiches idiomèles – ont été transcrites en latin au VIIIème siècle pour servir à la procession latine de la Chandeleur.

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Ce dimanche est aussi le dimanche où se lit l’évangile de Zachée, puisque c’est le dernier dimanche après la Pentecôte, avant que ne débute la période du Triode (et de l’Avant-Carême en particulier, qui démarre dans une semaine).

A matines

Versets du matin, ton 4
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * “Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde !” (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de la Martyre, ton 4 : Ta brebis, ô Jésus, Agathe, * crie d’une voix forte : * “Mon époux, c’est toi que j’aime, * c’est pour te chercher que je combats, * c’est avec toi que je suis crucifiée * et ensevelie par ton baptême. * Pour toi je souffre, afin de régner avec toi. * Pour toi je meurs, afin de vivre en toi. * Accueille, comme victime sans tache, * celle qui par amour est immolée pour Toi”. ** Par son intercession, parce que tu es miséricordieux, sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 1 : Je te salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : * de toi, en effet, s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, * illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; * et toi, juste vieillard, * sois dans la joie, * car tu as reçu dans tes bras le libérateur de nos âmes, ** celui qui nous donne la résurrection.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 4
Accourues les premières, * les femmes myrrhophores portèrent aux apôtres * l’annonce de ta merveilleuse résurrection, ô Christ, * car Tu es ressuscité en tant que Dieu, ** accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide, * et délivre-nous à cause de ton Nom (Psaume XLII, 27).
℣. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous ont raconté (Psaume XLIII, 2).

IVème évangile de la Résurrection.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 4 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires), de la fête (4 tropaires) œuvre du saint moine Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † c. 787) avec l’acrostiche : Le Vieillard avec joie porte Christ en ses bras, & de la Martyre (4 tropaires) œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) avec l’acrostiche : Chantons la bonne Agathe par de bonnes hymnes. Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 1 : Tu as sanctifié le sein virginal par ta nativité * et Tu as béni les bras de Syméon, comme il convenait ; * Tu es venu et Tu nous as sauvés en ce jour, Christ-Dieu, * dans ses guerres, donne la paix à Ta cité * et affermis les chrétiens orthodoxes ** que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.
Kondakion de la Martyre, ton 4 : Que l’Eglise se pare en ce jour de la glorieuse pourpre * teinte dans le sang pur de la martyre Agathe : ** “Réjouis-toi, s’écrie-t-elle, Gloire de Catane !”

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 4

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 4

Conclusion des matines

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du Mercredi des Cendres

Saint-Eugène, le mercredi 14 février 2024, grand-messe de 19h (répétition pour les choristes à partir de 18h).

> Catéchisme sur le Mercredi des Cendres

Avant l’époque de saint Grégoire le Grand (fin du VIème siècle), le jeûne du Carême ne commençait qu’au lendemain du Ier dimanche de Carême, comme cela est toujours le cas dans la liturgie ambrosienne, ou similaire encore à ce qui se pratique dans la liturgie byzantine (même si celle-ci commence le Carême plus tôt car on ne jeûne pas les samedis en Orient).

Afin d’obtenir un compte plein de 40 jours de jeûne, saint Grégoire décida d’ajouter quatre jours de jeûne avant le Ier dimanche. Le Mercredi des Cendres est devenu depuis le premier jour de Carême dans le rit romain (les livres liturgiques antiques le désignent souvent sous le titre d’“in capite jejunii”). Toutefois l’ancienne disposition antérieure à saint Grégoire a malgré tout laissé quelques traces : ainsi, à l’office, on reste toujours dans l’ordonnance de la Septuagésime, et les hymnes du Carême ne commenceront-elles que samedi prochain aux premières vêpres du Ier dimanche de Carême.

Dans les premiers temps du christianisme, l’évêque en ce jour expulsait de l’église les pénitents qui devaient expier pour des fautes graves (principalement le meurtre, l’adultère et l’apostasie). Les pénitents publics assistaient aux offices de l’extérieur de l’église, depuis le narthex (comme cela se voit toujours fréquemment dans les églises d’Ethiopie) et ne pouvaient rentrer dans l’église qu’une fois leur pénitence accomplie.

Voici quatre gravure tirées d’un Pontifical romain imprimé à Venise en 1561 représentant l’imposition des Cendres aux fidèles puis l’expulsion des pénitents publics :

01 - Imposition des Cendres par le pontife - Pontifical de 1561

Imposition des Cendres aux fidèles par le pontife.

02 - Les pénitents publics se présentent devant l'évêque - Pontifical de 1561

Les pénitents publics se présentent devant l’évêque.

03 - L'évêque revêt de cilices les pénitents publics - Pontifical de 1561

L’évêque revêt de cilices les pénitents publics.

04 - L'évêque expulse les pénitents publics hors de l'église - Pontifical de 1561

L’évêque expulse les pénitents publics hors de l’église.

La pénitence publique durait régulièrement plusieurs années. Une fois la pénitence accomplie, la réconciliation des pénitents publics était effectuée par l’évêque le Jeudi Saint, au cours d’une cérémonie particulière.

Lorsque la discipline de la pénitence publique disparut pratiquement (avant le XIème siècle), on en retint cependant certains éléments, dont l’imposition des cendres qui leur était faite au début du Carême. Ce geste liturgique marque parfaitement le désir de tout chrétien de revêtir les armes de la pénitence & du jeûne au début du Carême, tout en se souvenant de sa condition :

Meménto, homo, quia pulvis es, et in púlverem revertéris.
Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière.

La cérémonie de l’imposition des cendres, qui avait lieu autrefois de façon autonome entre sexte et none, finit par être jointe à la messe de ce jour, messe qui se célèbre après none (la messe est suivie des vêpres, après lesquelles dans le rit romain, le jeûne est rompu).

Traditionnellement, la cendre dont on se sert est réalisée par la combustion des rameaux bénis l’année précédente. Le prêtre impose les cendres en forme de croix sur le front des fidèles – mais sur la tonsure ou sur le sommet de la tête pour les clercs – tandis que le chœur chante deux antiennes Immutemur in habitu et Inter vestibulum, ainsi qu’un répons, Emendemus in melius.

La messe de ce jour comporte deux particularités que l’on retrouve tout au long du Carême : avant l’évangile se chante le trait du IInd ton, comme tous les lundis, mercredis et vendredis de Carême, anciens jours de station ; après la post-communion, comme à toutes les féries de Carême, le prêtre récite une oraison supplémentaire sur les fidèles inclinés : cette oraison est en réalité une prière de bénédiction très ancienne, elle se faisait également à l’office divin et le restant de l’année, à chaque fois que l’on renvoyait le peuple. Encore présente dans la plupart des rits orientaux ou occidentaux, l’oraison super populum ne s’est maintenue dans le rit romain que pour les féries de Carême.

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Programme des messes d’exposition & de reposition des Quarante-Heures

Les Quarante-Heures à Saint-Eugène - Sancta missa coram Sanctissimum Sacramentum. Saint-Eugène, février 2020Saint-Eugène, le dimanche 11 février 2024, messe solennelle de 19h.

> Les Quarante-Heures : histoire & liturgie.

  • Messe votive du Très-Saint Sacrement – Propre grégorien – Ordinaire : Messe Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris & de Louis XV à Versailles
  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – extraits de la Prose du T. S. Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin, musique de l’Abbé Francisco Correa de Arauxo de Acebedo (1584 † 1654), organiste de la cathédrale de Ségovie
  • Epître : I Corinthiens XI, 23-29 : Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Evangile : Jean VI, 6, 56-59 : Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour : car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : suite du Lauda Sion de l’entrée par Francisco Correa de Arauxo
  • Pendant la communion : Panis angelicus, motet d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint Paul
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Après le dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession du Saint Sacrement des Quarante-Heures : Pange lingua – texte de Saint Thomas d’Aquin – plain-chant & musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV
  • Litanie des saints – Psaume 69 – prières et oraisons des Quarante-Heures

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Après la messe d’exposition, adoration silencieuse du Très-Saint Sacrement sans interruption, de jour comme de nuit, jusqu’à la messe de reposition mardi.

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Saint-Eugène, le mardi 13 février 2024, messe de 19h.

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Programme du dimanche de la Quinquagésime

Saint-Eugène, le dimanche 11 février 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres (sans salut du Très-Saint Sacrement, en raison des Quarante-Heures) à 17h45.

> Catéchisme sur la Septuagésime

> Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité

Le dimanche de la Quinquagésime est le IIIème des dimanches de l’Avant-Carême du rit romain. Il était déjà connu depuis longtemps à Rome du temps du pape saint Hormisdas (514-523). Il marquait alors le dernier jour – jusqu’à Pâques – où l’on pouvait user de viandes, d’où son nom de dimanche de Carnaval (étymologiquement, “Carnes levandas” : le jour où l’on enlève les viandes). A Rome, la station de ce dimanche se célèbre à Saint-Pierre. A l’office nocturne, l’Eglise poursuit la lecture du livre de la Genèse, commencée au dimanche de la Septuagésime, avec l’histoire d’Abraham.

A la messe se chante l’évangile dans lequel notre Seigneur annonce à ses disciples la montée à Jérusalem, sa passion, sa mort & sa résurrection, avant de guérir l’aveugle de Jéricho. Cet évangile de la Quinquagésime est attesté dans tous les plus anciens évangéliaires de l’Eglise romaine.

Notre Rédempteur, prévoyant que les esprits de ses disciples seraient troublés par sa passion, leur prédit longtemps d’avance, et les souffrances de cette passion, et la gloire de sa résurrection : afin qu’en le voyant mourir de la manière qu’il avait annoncée, ils ne doutassent point qu’il ne dût aussi ressusciter. Mais parce que ses disciples, encore charnels, n’étaient nullement capables de comprendre les paroles qui concernaient ce mystère, Jésus-Christ eut recours au miracle. Un aveugle recouvra la vue sous leurs yeux, pour que le spectacle des œuvres divines affermit la foi de ceux qui ne pouvaient saisir l’annonce d’un céleste mystère.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

La Sainte Messe des Quarante Heures à Saint-Eugène
La Sainte Messe des Quarante Heures à Saint-Eugène

Depuis ce dimanche jusqu’au mardi suivant, on fait traditionnellement une adoration solennelle du Très-Saint Sacrement, connue sous le nom de Prières des Quarante-Heures : l’exposition du Corps du Christ se fait sans interruption pendant 3 jours, soit 40 heures. Cette pratique fut instituée à Milan au début du XVIème siècle, en mémoire des 40 heures passées par le Christ au sépulcre, et aussi en souvenir des 40 jours de jeûne qu’il fit au désert, des 40 jours du déluge et des 40 ans d’errance du peuple élu au Sinaï. A l’origine, la prière des Quarante heures n’était pas affectée à une période particulière de l’année, mais était souvent prescrite pour une cause pressante et particulière. Par la constitution Graves et diuturnae du 25 novembre 1592, le pape Clément VIII étendit cette pratique à la ville de Rome, afin que l’on prie pour l’unité de la Chrétienté. Le 1er septembre 1731, le pape Clément XII fit paraître une instruction liturgique détaillée, l’Instructio Clementina, afin de régler les prières des Quarante-Heures. Cette instruction prévoit entre autres que le Très-Saint Sacrement soit exposé environné d’un grand nombre de cierges. L’Instruction Clémentine, dont les normes doivent inspirer toute exposition – même brève – du Très-Saint Sacrement, est comptée comme le 9ème livre liturgique officiel de la Réforme tridentine. Enfin le pape Clément XIII fixa en 1765 la prière des Quarante-Heures entre le dimanche et le mardi de la Quinquagésime, juste avant le début du Carême, en expiation des excès, des impiétés & des péchés qui se commettent pendant ces 3 jours de carnaval, et il enrichit cette pratique de nombreuses indulgences. A Saint-Eugène, les Quarante-Heures commencent le dimanche de la Quinquagésime à la messe d’exposition de 19h et s’achèvent le mardi de la Quinquagésime à la messe de la reposition à 19h

Etienne Poncher, évêque de Paris.

A Paris autrefois, en ce dimanche de Quinquagésime, chaque paroisse du diocèse partait en procession jusqu’à la cathédrale Notre-Dame de Paris en chantant les sept psaumes de pénitence, puis revenait au chant des litanies des saints.

Cette procession pénitentielle était la compensation due pour l’indult permettant aux Parisiens d’user des laitages pendant le Carême, indult que leur avait accordé Etienne Poncher, évêque de Paris de 1503 à 1519.

IIndes vêpres du dimanche de la Quinquagésime (sans salut, en raison des Quarante-Heures qui suivent à 19h).

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Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche de la Quinquagésime.

Programme du XXXVIème dimanche après la Pentecôte – saint Ignace d’Antioche – ton 3

Saint hiéromartyr Ignace d'Antioche, le ThéophoreParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 février 2024 du calendrier grégorien – 29 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour le hiéromartyr Ignace d’Antioche, le Théophore.

Saint Ignace parait être né en Syrie aux alentours de l’an 35. Son prénom d’origine latine (ignis : le feu) est doublé du prénom grec de Théophore (le Porteur de Dieu). Il fut disciple direct des Apôtres à Antioche, et selon saint Jean Chrysostome, plus particulièrement de saint Pierre et de saint Jean (saint Jean Chrysostome lui donne le titre d’apôtre, que les Grecs attribuent ordinairement à tous les disciples du Christ de la première génération apostolique, mais ce titre ne fut pas conservé par la suite par les livres liturgiques byzantins).

Saint Ignace devient le troisième évêque d’Antioche, après saint Pierre et saint Evode (il est probable qu’il était déjà évêque adjoint d’Evode du vivant de celui-ci, plusieurs auteurs indiquant qu’il avait reçu la grâce de l’épiscopat par l’imposition des Apôtres eux-mêmes, en particulier de saint Pierre et de saint Paul, il deviendrait alors seul évêque d’Antioche à la mort de saint Evode survenue vers 68). Antioche était alors la Métropole de l’Orient, l’une des villes les plus importantes de l’Empire romain, la troisième après Rome et Alexandrie (on peut estimer sa population à 400 000 habitants). C’est là que les disciples de Jésus reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens (Actes des Apôtres XI, 26). Saint Ignace s’appelle lui-même “l’évêque de Syrie” (Epître aux Romains), ce qui marque qu’il avait déjà une forme de gouvernance des différentes églises de Syrie, prémice du futur siège patriarcal d’Antioche.

Ignace gouverna son Eglise au travers de la persécution de Domitien (95-96), regrettant de n’avoir pu y donner alors le témoignage de son propre martyre. La persécution de Trajan lui en donnera l’occasion.

Le jeudi 13 décembre 115, alors que l’empereur Trajan était à Antioche pour ses quartiers d’hiver et préparait sa seconde campagne contre l’Empire Parthe, un tremblement de terre survint à la première heure du jour qui ravagea profondément la ville et passe pour être l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’Humanité (un habitant sur deux aurait péri à Antioche, soit 200 000 morts). Cela fut interprété comme un présage néfaste par les païens, qui dès lors trouvèrent dans les Chrétiens un bouc émissaire idéal. C’est dans ce contexte que saint Ignace fut arrêté et fut ensuite envoyé à Rome en juillet 116 pour être supplicié par les lions, cet odieux spectacle devant faire partie des cérémonies célébrant la victoire de Trajan sur les Parthes et la prise au printemps de la même année de Séleucie-Ctésiphon leur capitale. Selon les Actes de saint Ignace, qui en raison de leur brièveté possèdent selon Le Nain de Tillemont de bonnes marques d’authenticité, Ignace fut traduit devant Trajan lui-même à Antioche, qui ordonna qu’il fut livré aux bêtes à Rome.

Saint Ignace fut embarqué à Séleucie de Piérie, le port sur la Méditerranée non loin d’Antioche, il était accompagné des diacres Philon et Agathopode, qui furent volontaires dans ce périple. Ignace était gardé par dix soldats qu’il appelle ses léopards, en raison de leur cruauté. Pendant son voyage, il rencontre les diverses communautés chrétiennes à chaque étape de son périple et leur adresse une série de lettres. Ces épîtres au nombre de sept sont fondamentales pour la connaissance du christianisme primitif. On relèvera dans ces écrits son insistance à rappeler aux chrétiens de s’attacher à la tradition des Apôtres et à se garder des premières hérésies naissantes. Il leur rappelle l’union qui doit être entre les membres de l’Eglise, l’importance de la prière commune et publique, la soumission qu’on doit avoir à l’évêque, aux prêtres et aux diacres. Arrivé à Smyrne alors que saint Polycarpe en est l’évêque, il écrit une première série de quatre lettres à l’Eglise d’Ephèse gouvernée par l’évêque Onésime, à celle de Magnésie, gouvernée par l’évêque Damas et à celle de Tralles gouvernée par l’évêque Polybe.

L’essentiel, c’est d’être trouvé par notre union avec le Christ Jésus dignes de la véritable vie. N’aimez rien en dehors de Lui. C’est pour Lui que je promène mes chaînes qui sont mes perles spirituelles. Puissé-je ressusciter avec elles grâce à vos prières. (Epître aux Ephésiens XI)

Saint hiéromartyr Ignace d'Antioche, le Théophore dévoré par les lionsSurtout, il écrit de Smyrne le 24 août 116 une poignante et toute extraordinaire lettre aux Romains, Eglise qu’il décrit comme “présidant à la Charité” entre les Eglises, pour les dissuader d’essayer d’intervenir pour sa libération :

Contentez-vous de demander pour moi la force intérieure et extérieure, pour que je sois chrétien, non seulement de bouche mais de cœur ; non seulement de nom mais de fait, car si je me montre chrétien de fait, je mériterai aussi ce nom, et c’est quand j’aurai disparu de ce monde que ma foi apparaîtra avec le plus d’éclat. (Epître aux Romains III, 1)

Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu et je suis moulu par, la dent des bêtes pour devenir le pain immaculé du Christ. Caressez-les plutôt, afin elles soient mon tombeau et qu’elles ne laissent rien subsister de mon corps, mes funérailles ne seront ainsi à charge à personne. (Epître aux Romains IV, 1-2)

Il m’est bien plus glorieux de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ! C’est lui que je veux, qui est ressuscité pour nous ! Voici le moment où je vais être enfanté. De grâce, frères, épargnez-moi : ne m’empêchez pas de naître à la vie, ne cherchez pas ma mort… Laissez-moi arriver à la pure lumière : c’est alors que je serai vraiment homme. Permettez-moi d’imiter la passion de mon Dieu. (Epître aux Romains IV, 6)

Mes passions terrestres ont été crucifiées, il n’existe plus en moi de feu pour la matière il n’y a plus qu’une eau vive qui murmure au-dedans de moi : “Viens vers le Père”. (Epître aux Romains VI)

Parti de Smyrne, Ignace arriva à Troade, et de là, envoya trois nouvelles lettres : aux Églises de Philadelphie et de Smyrne, et une plus personnelle à l’évêque saint Polycarpe de Smyrne.

Ne regardez comme valide que l’Eucharistie célébrée sous la présidence de l’évêque ou de son délégué. Partout où paraît l’évêque, que là aussi soit la communauté, de même que partout où est le Christ-Jésus, là est l’Église catholique. (Epître aux Smyrniotes VIII, 1-2)

Ce passage est le plus ancien texte où l’on qualifie de catholique (=”universelle) l’Eglise.

J’offre pour toi ma vie et ces fers pour lesquels tu as montré tant de charité. (Epître à Polycarpe II, 3)

Tiens ferme comme l’enclume sous le marteau. Un grand athlète triomphe malgré les coups qui le déchirent. (Epître à Polycarpe III, 1)

Saint Polycarpe de Smyrne, qui collecta et transmis à la postérité les épîtres d’Ignace, subira par la suite la gloire d’un éclatant martyre.

D’après le contenu des épîtres envoyées à Philadelphie et à Smyrne, Ignace a appris que la persécution avait entre temps cessé à Antioche ; il leur demande d’y envoyer un diacre pour leur témoigner combien il se réjouissait de ce que la paix y avait été rendue.

De Troade, saint Ignace fut conduit à Néapolis (port de Macédoine) puis à Philippes. Selon la tradition, il traversa la Macédoine et l’Epire par la terre, embarqua de nouveau à Epidamne (l’actuelle Durrës) jusqu’à Rome. Saint Jean Chrysostome donne le 20 décembre pour la date de son martyre dans l’amphithéâtre romain, dévoré par les lions. Les Actes de son Martyre précisent que le saint apparut aux chrétiens de Rome après son martyre pour les consoler.

Translation des reliques de saint Ignace à Antioche sous le règne de Théodose IIUne première translation de ses reliques à Antioche en 360 sous l’épiscopat de saint Mélèce d’Antioche est évoquée par saint Jean Chrysostome. Une seconde translation à Antioche, plus éclatante, survint sous le règne de Théodose II (408 † 450) et il semble que ce soit celle-ci qui soit commémorée le 29 janvier dans le rit byzantin.

Le nom de saint Ignace est cité dans le Canon de la messe romaine, au second Memento (des défunts).

Aucun Père de l’Église n’a exprimé avec autant d’intensité qu’Ignace l’ardent désir d’union avec le Christ et de vie en Lui. (…) L’irrésistible aspiration d’Ignace vers l’union au Christ donne naissance à une véritable “mystique de l’unité”. Lui-même se définit comme “un homme auquel est confié le devoir de l’unité” (Epître aux Philadelphiens VIII, 1). Pour Ignace, l’unité est avant tout une prérogative de Dieu qui, existant dans trois personnes, est Un dans l’unité absolue. Il répète souvent que Dieu est unité, et que ce n’est qu’en Dieu que celle-ci se trouve à l’état pur et originel. L’unité à réaliser sur cette terre de la part des chrétiens n’est qu’une imitation, la plus conforme possible à l’archétype divin. De cette façon, Ignace arrive à élaborer une vision de l’Église qui rappelle de près certaines des expressions de la Lettre aux Corinthiens de Clément l’Évêque de Rome. “Il est bon pour vous”, écrit-il par exemple aux chrétiens d’Éphèse, “de procéder ensemble en accord avec la pensée de l’Évêque, chose que vous faites déjà. En effet, votre collège des prêtres, à juste titre célèbre, digne de Dieu, est si harmonieusement uni à l’Évêque comme les cordes à la cithare. C’est pourquoi Jésus Christ est chanté dans votre concorde et dans votre amour symphonique. Et ainsi, un par un, vous devenez un chœur, afin que dans la symphonie de la concorde, après avoir pris le ton de Dieu dans l’unité, vous chantiez d’une seule voix” (Epître aux Ephésiens IV, 1-2). Et après avoir recommandé aux Smyrniotes de ne “rien entreprendre qui concerne l’Église sans l’évêque” (Epître aux Smyrniotes VIII, 1), confie à Polycarpe : “J’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’Évêque, aux prêtres et aux diacres. Puissé-je avec eux être uni à Dieu. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme administrateurs de Dieu, ses assesseurs et ses serviteurs. Cherchez à plaire à Celui pour lequel vous militez et dont vous recevez la récompense. Qu’aucun de nous ne soit jamais surpris déserteur. Que votre baptême demeure comme un bouclier, la foi comme un casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure” (Epître à Polycarpe VI, 1-2). (Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI du 14 mars 2007).

A matines

Versets du matin, ton 3
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde. (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, * tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. * Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, * hiéromartyr Ignace, * prie le Christ Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 4 : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 3
L’ange resplendissant remplit d’effroi les femmes myrrhophores par son apparition * et répandit la rosée de ses paroles en disant : * Pourquoi cherchez-vous dans le tombeau le Vivant ? * Il est ressuscité après avoir vidé les tombeaux ; * sachez que l’Immuable a aboli la corruption ; * et dites à Dieu : Que tes œuvres sont redoutables, ** car Tu as sauvé le genre humain.

Anavathmi, ton 3

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Dites parmi les nations que le Seigneur est entré dans son règne ; * car Il a affermi l’univers qui ne sera pas ébranlé (Psaume XCV, 10).
℣. Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, toute la terre (Psaume XCV, 1).

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 3 (4 tropaires), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires) & du Hiéromartyr, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) (6 tropaires). Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode : Ayant suivi le Dieu * dignement chanté dans la Trinité, * tu as brisé les autels consacrés aux idoles, * tu as virilement supporté d’être plongée dans de douloureuses souffrances, ô sainte martyre Barbara, * sans craindre les menaces des tyrans, * en chantant sans cesse d’une voix forte : ** je vénère la Trinité, le Dieu unique.

Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : S’étant levé de l’Orient * et ayant répandu la lumière de ses enseignements sur toute la création, ** le divin théophore Ignace fut orné du martyre.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 3 : RTu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 3

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 3

Conclusion des matines

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Programme de la solennité de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le dimanche 4 février 2024, procession & messe solennelle de 11h. Secondes vêpres à 17h45.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de la Purification. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum Corpus – Prose du Très-Saint Sacrement du XIVème siècle, attribuée au pape Innocent VI († 1362) – VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave plena gratia – au propre de Paris
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Vème ton “moderne”
  • Cantique final d’action de grâces : Lumen ad revelationem gentium & Cantique de Siméon – Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – VIIIème

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Programme du XXXVème dimanche après la Pentecôte – tous les saints néomartyrs & néoconfesseurs de Russie – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 février 2024 du calendrier grégorien – 22 janvier 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. En ce jour également, l’Eglise russe fête tous ses néomartyrs du XXème siècle victimes du communisme.

La persécution athée sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie après la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi dans ce pays, mais de nombreux martyrs ont témoigné de la victoire du Christ sur la mort, sur la peur et sur le mal. Une base de données de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou a recensé 500 000 néomartyrs & néoconfesseurs de la foi victimes du communisme. Parmi ceux-ci, les responsables de cette base de données ont réunis des dossiers personnels plus complets sur 35 000 individus. Si chaque année l’Eglise russe ajoute nommément à son calendrier de nombreux nouveaux saints néomartyrs, il a paru nécessaire de regrouper tous les néomartyrs en une fête. Un nouvel office fut composé en 2002. Celle-ci a été fixée au dimanche le plus proche du 25 janvier, pour la raison que c’est à cette date que fut martyrisé saint Vladimir, métropolite de Kiev, lequel fut la première victime de la persécution après la révolution d’Octobre. Le 25 janvier 1918 en effet, arrêté en pleine nuit, saint Vladimir de Kiev fut conduit hors de la Laure des Grottes de Kiev. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution, bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, leur disant : “Que Dieu vous pardonne !”.

Il n’est certes pas possible d’énumérer tous les néomartyrs, mais rappelons ici la figure de la grande-duchesse sainte Elisabeth. Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle était l’épouse du grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Pendant la guerre russo-japonaise, elle se dévoua beaucoup, s’occupant des blessés et décida de se consacrer à Dieu.

Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants à traverser ces moments terribles avec foi. Elle-même se montra une infirmière admirable, ne se ménageant jamais. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont sainte Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans un puits des mines d’Alapaevsky profond de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite et on l’entendit chanter du fond du gouffre le tropaire de la Résurrection & l’hymne Acathiste. Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie où son icône est partout présente.

Par la prière des saints néomartyrs & néoconfesseurs, Seigneur notre Dieu, aie pitié de nous.

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire des Néomartyrs, ton 4 : Aujourd’hui, l’Eglise russe chante avec joie en chœur, * louant ses néomartyrs et confesseurs : * hiérarques et prêtres, * souverains ayant souffert la passion fermes dans la foi, * princes et princesses, * hommes vénérables et femmes, * et tous les chrétiens orthodoxes. * Après avoir donné leur vie pour la foi dans le Christ * pendant les jours de la persécution athée, * ils ont conservé la vérité par l’effusion de leur sang. * Par leur protection, O Seigneur, lent à la colère, * préserve notre pays dans l’orthodoxie ** jusqu’à la fin des temps.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, ton 4 : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au mon-de la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

IInd évangile de la Résurrection

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6

Canon

Canon du dimanche, ton 2 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires) & des Néomartyrs (8 tropaires). Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode :
Kondakion des Néomartyrs, ton 3 : Aujourd’hui, les Néomartyrs de Russie, * parviennent drapés de blanc devant l’Agneau de Dieu : * et chantent à Dieu le cantique victorieux des Anges : * bénédiction, gloire, sagesse, * louange, honneur, * puissance et force * à notre Dieu ** pour les siècles des siècles. Amen.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair)

Conclusion des matines

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Le Christ Apothicaire – Chants royaux sur la Conception, couronnés au puy de Rouen de 1519 à 1528

Le Christ Apothicaire - Chants royaux sur la Conception couronnés au puy de Rouen
Le Christ Apothicaire – Chants royaux sur la Conception couronnés au puy de Rouen.

Cette miniature pleine page est peinte au verso du folio 82 des Chants royaux sur la Conception couronnés au puy de Rouen de 1519 à 1528, conservés à la Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits (Français 1537). On appelait “puy” sous l’Ancien Régime des concours artistiques de poésie ou de musique qui avaient alors une grande popularité et permettaient aux meilleurs écrivains et artistes du royaume de France de rivaliser en faveur des Arts. Ce manuscrit recueille les poésies lauréates des années 1519 à 1528. Parmi les gagnants du Puy de Rouen, notons le nom de Clément Marot. L’ouvrage est illustré de nombreuses miniatures pleine page, dues à la main de trois artistes différents.

Cette miniature du Christ Apothicaire développe un thème très original : le Christ y est représenté comme un apothicaire dans sa pharmacie, prescrivant à Adam et Eve le remède du salut !

Le Christ Apothicaire - Chants royaux sur la Conception couronnés au puy de Rouen

Ce thème développe l’analogie du Christ comme médecin, reprise du Nouveau Testament notablement par saint Augustin et le pape Grégoire VII : la grâce de la rédemption par la Croix et la résurrection est le meilleur médicament dont l’homme et la femme ont réellement besoin.

Comme il l’a montré au cours de sa vie publique au travers des nombreuses guérisons miraculeuses qu’il a accomplies, Jésus-Christ n’a pas seulement pouvoir de guérir des maladies, mais aussi de pardonner les péchés : il est le Bon Pasteur venu guérir l’homme tout entier, âme et corps ; il est le médecin dont les malades ont besoin. Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu’il s’identifie avec eux : ” J’ai été malade et vous m’avez visité ” (Matthieu XXV, 36).

Cette miniature du Christ dans une officine d’apothicaire semble avoir connu un succès très large par la suite. Le Christ Apothicaire est repris en peinture par le Strasbourgeois Wilhelm Baur vers 1625-1630. Et par la suite, on a recensé plus d’une centaine de reprise de ce thème iconographique original. Le plus souvent, ces représentations sont une source de premier choix pour connaître l’histoire des officines pharmaceutiques, car elles décrivent en général les pharmacies telles qu’elles existaient à l’époque où l’artiste a exploité ce thème. Souvent, les noms des médicaments furent portés sur les bocaux des étagères, les artistes y inscrivant les noms des trois vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) et des quatre vertus cardinales (la prudence, la tempérance, la force d’âme et la justice).