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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

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Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

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Une tradition liturgique d’Avent : la « Messe d’Or »

La Messe d’Or est le nom autrefois donné à la Messe du Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent. Liturgia remercie vivement M. l’Abbé Jean-Pierre Herman de nous partager cette étude liturgique et historique sur ce point oublié de notre tradition occidentale

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Messe d'Or du Mercredi des Quatre-Temps de l'Avent - L'Annonciation par Philippe de ChampaigneDans un article de 2009, Gregory di Pippo montre le caractère « à rebours », des évangiles des dimanches du temps de l’Avent dans le missel tridentin. Le premier dimanche commence avec la fin des temps (Lc 21, 25-33), puis nous découvrons Jean-Baptiste et sa question sur l’identité de Jésus, « Es-tu celui qui doit venir ? » (Mt 11, 2-10) pour le retrouver, le troisième dimanche, au tout début de sa mission, « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » (Jn 1, 19-28). Ce n’est que dans la troisième semaine que les textes se tournent vers le mystère de l’Incarnation.

La préparation immédiate à Noël, en effet, commence le mercredi des Quatre-Temps, avec la lecture de l’évangile de l’Annonciation. (Lc 1, 26-38).

Les Quatre-Temps

Les Quatre-Temps, nous le savons, sont des périodes de jeûne, de pénitence et de prière au cours de l’année liturgique.

Leur but originel était de rendre grâce à Dieu pour les fruits de la terre, d’apprendre aux hommes à en faire un bon usage et à secourir ceux qui sont dans le besoin.[1]

Les Quatre-Temps comptent parmi les usages les plus anciens de l’année liturgique et remontent aux tout premiers temps de l’Église romaine. Ils sont plus anciens que l’Avent et le pape saint Léon (vers 450) nous a laissé toute une série de beaux sermons des Quatre-Temps. C’était originairement une fête d’action de grâces pour les récoltes. Il n’y en avait que trois, après chacune des trois récoltes principales : le blé, le vin et l’huile — les plus importants symboles naturels de la liturgie. Les fidèles apportaient à l’Offrande la dîme de leurs récoltes, pour les besoins du Sacrifice, de l’Église et des pauvres — et ceci est un exemple pour nous. Néanmoins ces époques sont aussi des jours de renouvellement spirituel. L’homme, au milieu de ses occupations matérielles, oublie trop facilement ses intérêts éternels ; c’est pourquoi il est bon qu’à chaque saison il se rappelle la pensée de Dieu et fasse réflexion sur l’état de son âme.[2]

Observés à Rome dès l’Antiquité, ils se sont ensuite répandus dans toute l’Eglise latine à des périodes diverses[3].

Il semble que le jeûne solennel des Trois-Temps ait été, à l’origine, spécial à l’Église romaine, à laquelle les autres diocèses latins l’empruntèrent plus tard. Saint Léon Ier en explique bien la signification, spécialement à l’occasion des jeûnes de décembre, observant que, au terme des saisons, et avant de toucher aux provisions d’hiver, il convient vraiment d’en offrir les prémices à la divine Providence, par une libation volontaire d’abstinence et d’aumône.[4]

La première source à faire mention de cette pratique est le Liber pontificalis attribué au pape Calliste Ier (217-222), mais d’après saint Léon le Grand et d’autres auteurs, la pratique remonte à l’époque apostolique.

L’introduction de cette pratique dans l’Église chrétienne semble remonter aux temps apostoliques ; c’est du moins le sentiment de saint Léon, de saint Isidore de Séville, de Rhaban Maur et de plusieurs autres écrivains de l’antiquité chrétienne : néanmoins, il est remarquable que les Orientaux n’observent pas ce jeûne.[5]

On les trouve pour la première fois au nombre de quatre dans les écrits de Philastère de Brescia (+ vers 387). Saint Léon les associe à chacune des saisons de l’année. On parle de jejunium vernale, aestivum, autumnale et hiemale puis, avec le temps, placés à proximité d’une des grandes fêtes de l’année (Noël, Pâques, Pentecôte et saint Michel).

Le jeûne était assigné au mercredi, vendredi et samedi de la semaine.

Ordination sacerdotales au samedi des Quatre-Temps : la communion des nouveaux prêtresC’est sous le pontificat du pape Gélase Ier (492-496) que l’on commença à assimiler ces jours avec les ordinations. Le jeûne et les prières revêtirent dès lors un caractère particulier : l’Eglise tout entière intercédant pour ceux qui vont prochainement recevoir les ordres sacrés.

Dans la circonstance il y avait en outre un motif spécial. Une antique tradition réservait au mois de décembre les ordinations des prêtres et des diacres, et, selon l’usage introduit par les apôtres eux-mêmes, le peuple chrétien devait, au moyen du jeûne et de la prière, s’associer à l’évêque pour obtenir que le Seigneur fît descendre en abondance les dons sacerdotaux sur la tête des nouveaux ministres de l’autel.

En effet, les intérêts suprêmes du peuple chrétien dépendent en grande partie de la sainteté du clergé ; et puisque l’Écriture nous enseigne que le châtiment le plus terrible infligé par Dieu aux nations prévaricatrices consiste à leur donner des pasteurs et des chefs semblables à elles-mêmes, il est évident que l’ordination des ministres sacrés n’est pas une affaire intéressant exclusivement l’évêque et son séminaire, mais d’une importance décisive et suprême pour toute la famille catholique.

C’est pourquoi les Actes des Apôtres mentionnent les jeûnes solennels et les prières publiques qui précédèrent l’ordination des sept premiers Diacres et, ensuite, la mission de Paul et de Barnabé à l’apostolat parmi les Gentils. Aujourd’hui, après tant de siècles, cette discipline n’a subi aucun relâchement essentiel.[6]

A Rome

Basilique de Sainte-Marie-Majeure, RomeLa messe stationale du pape, comme on peut le lire encore aujourd’hui dans les missels, suivait les quatre fois le même ordre. Le mercredi, le pontife célébrait à Sainte-Marie-Majeure, le vendredi aux Saints Apôtres et le samedi à Saint-Pierre, où il conférait les ordinations aux candidats. Ecoutons, à ce propos, Dom Guéranger, dans son introduction :

Aujourd’hui, la station – comme il est de règle au mercredi des Quatre-Temps, est dans la basilique libérienne[7], pour mettre les nouveaux lévites sous le céleste patronage de celle que les Pères appelèrent la Vierge-Prêtre, temple où le Verbe incarné lui-même reçut l’onction sacerdotale du divin Paraclet.

Autrefois, la procession du clergé et du peuple se rendait au temple de Libère en partant de Saint-Pierre-aux-Liens et traversait, au chant suppliant des litanies, la Suburra, le Viminal et l’Esquilin. Après la collecte d’entrée à Sainte-Marie-Majeure, un secrétaire papal (scriniarius) annonçait au peuple, du haut de l’ambon, les noms des futurs ordinands :
Auxiliante Domino et Salvatore nostro Iesu Christo, eligimus hos N.N. diaconos in presbyteratum. Si igitur est aliquis a qui contra hos viros aliquid scit de causa criminis, absque dubitatione exeat et dicat : tantum memento Communionis suae.[8] [9]

Les textes de la messe étaient sensiblement ceux que nous trouvons encore aujourd’hui dans le missel tridentin et ses éditions postérieures, nous en traiterons dans un prochaine article sur les messes Rorate.

Comme le dit très justement Dom Ursmer Berlière :

La liturgie du mercredi des Quatre-Temps de l’Avent, qui est jour de station à Sainte-Marie-Majeure, rappelle dans ses différentes parties le mystère de l’Annonciation. De là à faire de cette férie une fête de la Vierge, il n’y avait pas loin.[10]

Ruper de Deutz nous a laissé, à ce propos, un très beau commentaire :

Le premier jour de ce jeûne (des Quatre-Temps), on célèbre de manière tout à fait appropriée à Sainte-Marie-Majeure, car il est clair que tout l’office de ce jour est tourné vers ce temple du Seigneur dans lequel le Seigneur, dans la totalité de son être, en y faisant sa demeure pendant neuf mois, a daigné se faire homme. En effet, on y lit dans l’évangile le mystère de l’Annonciation ou Incarnation du Seigneur, proclamé autrefois par les trompettes des prophètes, rendu présent par les anges, reçu dans la foi par la Vierge sainte et accompli dans son sein virginal.

Une coutume monastique

Moines chantant l'office.La tradition liturgique des Quatre-Temps a été adoptée en Gaule aux environs du VIIIème s. et c’est là qu’à partir du XIIème s., on commença à donner au mercredi de la troisième semaine d’Avent un caractère de fête mariale.

Dom Berlière parle d’une coutume monastique des XIème et XIIème s., mais qui restait peut-être fidèle à une tradition plus ancienne[11]. On accordait, dans les monastères, une importance toute particulière à l’évangile de l’Annonciation à l’office des vigiles. Contrairement à l’habitude, qui veut qu’on en lise seulement les premiers versets avant l’homélie, la lecture de celui-ci se faisait en entier « par respect pour l’Incarnation de Notre Seigneur »[12]. S’ensuivait un sermon de l’abbé sur le mystère de l’Incarnation. Le corpus monastique a gardé un grand nombre de ces textes, dont les plus célèbres sont à coup sûr les quatre homélies de Saint Bernard Super missus est. Une partie de la quatrième est toujours lue aujourd’hui dans l’office d’après la réforme de Vatican II, à la date du 18 décembre.

A partir du XIIème s., on accompagna cette lecture du même cérémonial qu’à la messe. Il était lu par un clerc paré des ornements, avec l’encens et les cierges. Les différents coutumiers monastiques détaillent les usages locaux. Ceux-ci ont en commun que toute la communauté était tenue d’assister à l’office, « y compris les infirmes en état de quitter le lit ».

On trouve la même habitude du chant solennel de l’évangile du Missus dans les cathédrales et les collégiales à peu près à la même époque. De nombreux textes en détaillent les usages particuliers. Dom Berlière cite les manières différentes de procéder selon l’endroit :

A Bayeux, le chant est exécuté par un prêtre revêtu des ornements sacrés, accompagné d’un diacre et d’un sous-diacre, et tenant en main un rameau de palme, et ces rites se retrouvent à Rouen, Paris, Saintes, Noyon, Meaux et ailleurs. A Exeter, en Angleterre, au XIVème siècle, c’est le diacre revêtu de l’étole et du manipule, qui va solennellement chanter l’évangile au pupitre. Au XVIIIème s., à la cathédrale de Bourges, l’évangile est chanté solennellement par un diacre revêtu d’ornements blancs, tandis que c’est un prêtre qui chante l’homélie. N.-D. de Chartres avait la lecture de l’évangile Missus est en entier, comme à Sens, suivi du Salve Regina, puis de l’homélie.[13]

Di Pippo, quant à lui, décrit le cérémonial élaboré du rite de Sarum :

Le diacre s’avance avec le sous-diacre, (tous deux) vêtus de blanc… avec une palme de terre sainte dans la main et accompagné des thuriféraires et des céroféraires… Il encense l’autel. Il s’avance alors vers l’ambon par le milieu du chœur et proclame l’annonce de l’évangile… avec les céroféraires à ses côtés…et il tient la palme dans la main pendant qu’il lit l’évangile.

Il mentionne également qu’aux laudes, on omet tous les éléments qui rappellent la pénitence, comme les prières fériales et les prostrations.[14]

Laquelle des deux traditions – séculière ou monastique – a précédé l’autre demeure une question ouverte.

La solennité s’accentua graduellement. A partir du XIVème s., les textes témoignent de la popularité grandissante du Missus, qui devint l’objet de nombreuses fondations pieuses. Au cours du XVème, on fit passer la lecture solennelle de l’évangile de l’office des matines à la messe du jour. Celle-ci, cependant, commençait très tôt, à l’issue de l’office. Elle était célébrée dans la pénombre à la lueur des cierges et se terminait alors que le jour pénétrait dans l’édifice. Plus tardivement, on y vit une illustration symbolique du mystère de l’Incarnation, le Christ, soleil levant, lumière d’en-haut qui vient nous visiter.[15] [16]

La fin du siècle vit naître – preuve de la popularité de la célébration – une pratique que Dom Berlière décrit ainsi :

Vers la fin du XVème siècle, l’évangile apparaît déjà dramatisé avec une mise en scène qui sent déjà la Renaissance, et qui devait plaire à un peuple simple et naïf, mais qui, en faisant parfois disparaître l’intelligence du mystère liturgique, ne servit plus qu’à satisfaire une curiosité émerveillée par la machinerie qui envahissait le sanctuaire.[17]

L’évangile était donc non seulement dialogué, comme on le fait pour la lecture de la Passion, mais aussi dramatisé. Le schéma, avec des variantes locales, était le même partout : le diacre lisait la partie narrative du texte, et deux autres lecteurs, qui avaient pris place à des endroits bien visibles du chœur, tenaient le rôle de la Vierge Marie et de l’Ange. Aux paroles Spiritus sanctus superveniet in te, une colombe se détachait de la voûte et, par un mécanisme adéquat, venait se placer auprès de la sainte Vierge. A certains endroits, on sonnait la cloche de l’Angelus pendant la lecture. Certains historiens de l’art pensent que beaucoup de toiles clair-obscur qui mettent en scène l’Annonciation reflètent la mémoire qu’avaient les artistes de cette célébration et des vêtements portés par l’ange.

De nombreuses sources sont truffées de détails sur les usages locaux. Berlière a reproduit in extenso le texte d’un coutumier de la cathédrale de Tournai du XVIème s., que nous pouvons considérer comme un exemple de la pratique générale. Nous le reprenons à notre tour en appendice. Il commence ainsi : S’ensuivent les cérémonies de ce qu’il y a à faire pour la célébration de la messe « Missus est Angelus », vulgairement appelée « Messe d’Or ». On remarquera qu’on y mentionne le chant du Gloria à la messe, alors qu’il est normalement supprimé en Avent et, de surcroît, les jours de pénitence.

Missa aurea – messe d’Or

Initiale de l'introït de la Messe d'Or : Rorate

C’est pourquoi, depuis l’antiquité, cette messe a été très appréciée et appelée la messe d’or (missa aurea). Au moyen âge, on la célébrait avec une grande solennité. (Pius Parsch)[18].

La question qui demeure est l’origine de l’appellation « Messe d’Or ».

De nombreuses hypothèses ont été émises à ce sujet. La plus banale se réfère aux ors qui ornent la première lettre de l’introït dans certains missels. D’autres pensent qu’il s’agit d’une allusion à la lumière des cierges qui éclairent l’église et à l’avènement progressif de la lumière durant la messe, voire à la splendeur des rites qui accompagnaient la célébration.

Or, cette messe n’est pas la seule à avoir reçu le titre de « messe d’Or » au cours de l’histoire. Dans d’autres circonstances, on parle de la « messe d’Or de saint Grégoire », de la « messe d’Or Humiliavit » en l’honneur des cinq plaies de Notre Seigneur. Le terme « d’or » fait ici référence à l’expression populaire qui veut qu’une chose exceptionnelle soit « en or » (on parle d’un métier en or, d’enfants en or.) Ce vocable est lié à l’efficacité particulière que le peuple accordait à cette messe. Il est très ancien et trouve son origine en Allemagne, où on le rencontre déjà en 1367. Il est passé en Hollande septentrionale, puis dans les territoires de l’actuelle Belgique. Berlière[19] cite une chronique monastique allemande où un moine écrit au Saint-Siège à propos d’une messe fondée par l’un des abbés de son monastère : quam ob suam magnificentiam auream vocamus[20].

La « messe d’Or » était donc une messe de supplication à laquelle on attacha une puissance toute particulière[21], très appréciée d’un peuple qui lui attribuait des grâces spéciales, avec parfois un brin de superstition.

Est-ce la Révolution et la suppression des collégiales, cathédrales et monastères qui a conduit à l’extinction de cette popularité ? Toujours est-il qu’au XIXème s., la « splendeur » de la messe d’Or semble avoir vécu. Dom Guéranger, dans son Année liturgique, n’y accorde que peu d’attention et n’en cite même pas les textes :

Comme il est rare que la messe des Quatre-Temps soit chantée hors des Églises où l’on célèbre l’office canonial, et aussi, pour ne pas grossir ce volume outre mesure, nous n’avons pas jugé à propos de donner ici le texte des messes des mercredi, vendredi et samedi des Quatre-Temps de l’Avent. Nous nous contenterons d’indiquer la station. Le mercredi, elle a lieu à Sainte-Marie-Majeure, à cause de l’évangile de l’Annonciation qui, comme on vient de le voir, a fait pour ainsi dire attribuer à ce jour les hon¬neurs d’une véritable fête de la Sainte Vierge.[22]

Dom Berlière, cependant, nous dit qu’à l’époque où il écrit (1920), la popularité de cette messe est encore grande en Belgique, dans les Pays Bas et dans le nord de la France.

Mais la messe d’Or reste bien vivante dans nos pays et le peuple y attache une vertu spéciale. En certains endroits, les fidèles ont coutume d’y tenir un cierge qu’ils tiennent allumé pendant toute la messe et que l’on conserve avec dévotion. Parfois même, on laisse dégoutter le cierge dans l’eau bénite dont on asperge les champs, les jardins et les fruits, le même usage se retrouve en Allemagne.[23]

Elle était surtout fréquentée pour l’heureuse issue des voyages, en souvenir de Marie et Joseph qui se sont mis en chemin pour Bethléem. En fonction de la géographie de ces pays, on l’appelait « messe des marins » en Hollande et en Flandre et « messe des voyageurs » en Wallonie.[24]

Le calendrier issu de la réforme de Vatican II a aboli les Quatre-Temps et donc la possibilité de célébrer la messe d’Or. Elle est peut-être encore célébrée dans certaines communautés ou paroisses qui célèbrent avec le missel de 1962, mais son lustre et sa popularité d’antan semblent avoir totalement disparu.

Abbé Jean-Pierre Herman

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Appendice : La messe d’Or à la cathédrale de Tournai au XVIème siècle

 

La Messe d'Or - Jean Fouquet, Annonciation, Heures d'Etienne ChevalierS’ensuivent les cérémonies et ce qu’il y a à faire pour la célébration de la messe Missus est Gabriel Angelus etc., vulgairement appelée la Messe d’Or :

Premièrement, le mardi après vêpres, le charpentier de ladite église disposera dans le sanctuaire du chœur, aux endroits qu’on lui indiquera, deux échafauds opposés l’un à l’autre et appropriés pour la cérémonie de la fête. Ils seront garnis de rideaux et revêtus d’étoffe de soie, par les soins du chasublier de l’église ; l’échafaud du côté de l’évêque servira à recevoir la bienheureuse Vierge Marie et celui du côté du doyen servira à recevoir et à renfermer l’Ange.

Item le même jour, celui qui est chargé de faire descendre le lendemain la colombe, visitera la cellule construite dans la haute galerie du chœur, préparera les cordes et disposera l’appareil muni de chandelles, au moyen duquel il figurera la descente du Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, pendant qu’on chantera l’évangile, comme il sera dit ci-après. Il aura soin de faire descendre la petite corde de la clochette vers l’échafaud de l’Ange, afin qu’on puisse de là sonner le lendemain cette clochette au moment convenable.

Item, le lendemain, pendant les matines, les maîtres du chant auront soin de faire choix de deux enfants, ayant la voix douce et fort haute pour leur faire revêtir à la trésorerie, à huis-clos, à l’un un costume de reine, pour représenter la Sainte Vierge, et à l’autre des vêtements pour représenter l’Ange – vêtements donnés par le fondateur[25].

Après le chant de la septième leçon des matines, les deux jeunes gens, ainsi vêtus, partiront de la trésorerie, entreront dans le chœur par la porte principale, précédés de deux torches ardentes, Marie se tenant du côté de l’évêque, ayant en main un livre d’heures, et l’Ange du côté du doyen, portant de la main droite un sceptre d’argent doré. Ils s’avanceront ainsi lentement, dirigés respectivement par leurs maîtres jusqu’au maître-autel où ils s’agenouilleront et feront leur prière ; après quoi ils iront chacun à la place qui leur est destinée… puis on fermera les courtines.

Les deux porte-torches se placeront devant chaque tribune jusqu’à la fin de la messe.

Pendant qu’on chantera la huitième et la neuvième leçon, les clercs de la trésorerie prépareront le maître-autel comme on fait aux solennités des triples majeurs. On allumera toutes les chandelles du chœur.

Lorsque le célébrant s’approchera du maître-autel pour commencer la messe, on ouvrira avant le </em<Confiteor toutes les courtines de la tribune de la Vierge, laquelle paraîtra à genoux, priant dévotement et ayant son livre ouvert, sur un coussin placé devant elle ; mais la tribune de l’Ange demeurera fermée.

Lorsqu’on chantera le Gloria in excelsis Deo, les courtines de la tribune de l’Ange s’ouvriront. L’ange sera debout, tiendra en main son sceptre d’argent et gardera cette position jusqu’au moment de chanter l’évangile. La Vierge ne fera rien pour voir l’Ange, mais elle aura les yeux baissés et paraîtra attentive à son oraison.

Lorsque le moment sera venu de chanter l’évangile, le diacre et le sous-diacre, précédés des acolytes et de la croix, se rendront au lieu préparé à cette fin dans le sanctuaire. Le diacre chantera l’évangile Missus est Gabriel, et Marie et l’Ange chanteront leur partie comme elle est arrangée et notée dans le livre de cette cérémonie.

Lorsque l’Ange chantera les paroles de l’évangile, Ave gratia plena Dominus tecum, il fera trois inclinations à la Vierge : premièrement, au mot Ave, il inclinera la tête et le corps et se relèvera lentement ; puis à ces paroles, gratia plena, il fera une seconde inclination, fléchissant légèrement les genoux ; s’étant relevé, aux paroles Dominus tecum, qu’il chantera avec beaucoup de gravité, il fera une troisième inclination en posant les genoux en terre et ne relèvera qu’après avoir achevé le verset. Pendant ce temps, la Vierge ne bougera pas, mais lorsqu’elle devra chanter quomodo fiet istud, elle se lèvera, se tournera un peu vers l’Ange avec gravité et modestie, sans faire aucun autre mouvement. Lorsque l’Ange chantera Spiritus sanctus superveniet in te, il se tournera du côté de la colombe et la montrera. Aussitôt la colombe descendra de la haute galerie, entourée de cierges ardents, et viendra se placer devant le prie-Dieu de la Vierge pour y demeurer jusqu’au dernier Agnus Dei, et remonter lorsqu’il aura été chanté.[26]

Lesdits diacres, Marie et l’Ange chanteront ensemble l’évangile sur le ton qui est noté pour leur partie. Après l’évangile Marie se remettra à prier à genoux et l’Ange se tiendra debout jusqu’à la fin de la messe, en s’agenouillant cependant à l’élévation du corps du Seigneur.

Après l’Ite missa est, Marie et l’Ange descendront de leur estrade et retourneront à la sacristie avec les officiers et les enfants revêtus, précédés de flambeaux. Arrivés au vestiaire, ils prieront pour le repos de l’âme du fondateur.[27]

Dans son article, Mgr Voisin mentionne que ce cérémonial se pratiqua sans discontinuer pendant près de deux siècles, mais « quand la curiosité profane fit place à l’intérêt religieux, il fallut rendre au lieu saint une dignité que le public ne comprenait plus ». En 1620, on supprima le drame et en 1640, on plaça la messe à 9 h. du matin. Il ajoute que Bruges garda la dramatisation de l’évangile jusqu’en 1686, Bruges jusqu’à la fin du XVIIIè s. et Tielt jusqu’en 1839. Il ajoute qu’à l’époque où il écrit, la messe d’Or se célèbre toujours à la cathédrale, « avec les ornements, ornés de grosses broderies d’or, donnés par le fondateur. »[28]

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Notes :    (↵ reviens au texte)

  1. MESHMER F., « Ember Days » in : The Catholic Encyclopaedia, vol. 5, New York, 1909.↵
  2. PARSCH P., Le guide de l’année liturgique, tome I, Mulhouse, 1939, p. 119.↵
  3. La tradition fut introduite dans les Iles britanniques dès la fin du VIème s. avec la venue des bénédictins, en Gaule au VIIIème s., dans les pays hispaniques au XIème s. et saint Charles Boromée l’introduisit à Milan seulement au XVIème s.↵
  4. SCHUSTER, I., Liber Sacramentorum, vol; II, Bruxelles, 1929, p. 141.↵
  5. GUERANGER P., L’année liturgique, tome I, Paris-Poitiers, 1900, p. 229.↵
  6. SCHUSTER, Liber Sacramentorum, op.cit., p. 141.↵
  7. La tradition veut que la nuit du 4 au 5 août , la Vierge soit apparue en songe au pape Libère ainsi qu’à un riche patricien romain appelé Jean et à son épouse. Elle demandait qu’un sanctuaire soit érigé sur le lieu qu’elle avait choisi. Le lendemain, constatant qu’il avait neigé en plein mois d’août à l’endroit déterminé, le pape ordonna la construction d’une basilique, à laquelle on donna le nom de Sancta Maria ad nives (Notre-Dame aux neiges). Plus sûrement, nous savons que la basilique fut érigée par le pape Sixte III, afin de célébrer la fin du concile d’Ephèse, qui a reconnu à la Vierge Marie le titre de « Mère de Dieu ». Le nom postérieur de « Sainte-Marie-Majeure » vient du fait que ce édifice fut le tout premier lieu de culte de la chrétienté à être consacré en l’honneur de la Sainte Vierge.↵
  8. Tr. : Avec l’aide de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, nous choisissons ces diacres N. et N. pour l’ordre du presbytérat. Si donc une personne présente sait que ces hommes sont coupables de quelque méfait, qu’il s’avance sans hésitation et le dise, sous peine d’excommunication.↵
  9. SCHUSTER, Liber Sacramentorum, op.cit., p. 142.↵
  10. BERLIERE U., La messe d’Or, in : Questions liturgiques et paroissiale, année 2020, pp. 211-216, Louvain, 1920, p. 211.↵
  11. Ibid., p. 212.↵
  12. Coutumier de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, au XIVème s. (D. BOUILLART, Histoire de l’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés. Paris, 1724, p. CXL ; MARTENE, De antiquis monachorum ritibus ; Lib. II, cII, n.25).↵
  13. BERLIERE, art.cit., p. 211.↵
  14. DI PIPPO, art.cit.↵
  15. Lc 1, 78.↵
  16. BERLIERE, art.cit., p. 213.↵
  17. Ibid., pp. 212-213.↵
  18. PARSCH P., Le guide de l’année liturgique, tome I, op.cit., p.121.↵
  19. BERLIERE, art.cit., p. 210, note 2.↵
  20. BERLIERE, art.cit., p. 210, note 2. Tr. : Que nous appelons « d’or » en raison de son caractère magnifique. Il s’agit d’une citation du chroniqueur de l’abbaye de Hildesheim, qui parle de la fondation par l’abbé Hildebrand, reprise de Leibnitz, Script. Ver.Brnsw, tome II, p. 408.↵
  21. Ibid., p. 216.↵
  22. GUÉRANGER P., L’année liturgique, tome I, p. 231.↵
  23. BERLIERE, art.cit., p. 216.↵
  24. Ibidem., p. 211.↵
  25. La messe fut fondée par le Chanoine Pierre Cottrel (+1545) vers l’année 1545. Celui-ci fit une fondation similaire dans la collégiale Saint-Jacques de Bruges, dont il fut le curé.↵
  26. Le cérémonial explique ici la manœuvre de la clochette que doit tirer le maître de chant placé sur l’estrade de l’Ange, pour diriger les mouvements de celui qui doit faire descendre la colombe.↵
  27. Mgr Voisin, « Drames liturgiques à Tournai », Bull. de la société hist. Et litt. De Tournai, t.VI, 1856, pp. 265-275 ; Le Beffroi, t.I, 1863, pp. 172-175. Cité par Berlière, art.cit., pp.214-215.↵
  28. Cf. Ibidem, p.↵

Programme du troisième dimanche de l’Avent – dimanche de Gaudete

Saint-Eugène, le dimanche 15 décembre 2019, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Ce dimanche est appelé dimanche de Gaudete en raison des premiers mots de l’introït, qui est aussi le premier verset de l’épître lue aujourd’hui (Philippiens IV, 4). Comme pour le dimanche de Lætare pendant le Carême, ce dimanche marque une pause pendant la pénitence de l’Avent, dont l’austérité est tempérée en ce jour par la liturgie : on orne de fleurs les autels, l’orgue peut se faire entendre seul, on peut user d’ornements roses au lieu des violets, le diacre et le sous-diacre déposent les chasubles pliées des temps de pénitence pour revêtir la dalmatique et la tunique qui sont des ornements de joie, de même les évêques usent de la mitre précieuse. Néanmoins, tant le Te Deum aux vigiles nocturnes que le Gloria à la messe restent supprimés jusqu’à Noël. Autrefois, au dimanche de Gaudete, on bénissait les fiançailles de ceux qui se devaient marier après Noël ainsi que les oriflammes et les bannières. A matines, on annonce par la leçon suivante tirée d’une homélie de saint Léon le Grand le jeûne solennel des Quatre-Temps du dixième mois (=décembre).

Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

  • Procession d’entrée : improvisation à l’orgue sur le thème de Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres
  • Kyrie : de la Missa Gaudete in Domino semper, du Sacre de Louis XVI, par François Giroust (1737 † 1799), maître de la Chapelle royale
  • Epître : Philippiens IV, 4-7 : Soyez toujours dans la joie dans le Seigneur ; je le dis encore une fois, soyez dans la joie.
  • Evangile : Jean I, 19-28 : Je suis, leur dit-il, la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droite la voie du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tu quis es ? motet dramatique à deux chœurs, de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus : de la Missa Gaudete in Domino semper, du Sacre de Louis XVI, par François Giroust
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Conditor alme siderum – d’après Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei : de la Missa Gaudete in Domino semper, du Sacre de Louis XVI, par François Giroust
  • Pendant la communion : Suite du Ier ton de Jean Adam Guilain (c. 1680 † c. 1739) : Plein Jeu, Trio, Duo, Basse de trompette, Récit, Dialogue, Petit Plein Jeu
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : improvisation à l’orgue sur le thème d’Alma Redemptoris Mater

IIndes vêpres du IIIème dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ton « moderne »
  • Chant final, de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – saint prophète Habacuc – ton 1

Le saint prophète HabacucParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 décembre 2019 du calendrier grégorien – 2 décembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Prophète Habacuc.

Durant la période de jeûne avant Noël (laquelle commence le 15 novembre en la fête de saint Philippe – aussi est-il appelé populairement le « jeûne de Philippe »), le rit byzantin commémore à de nombreuses reprises les prophètes de l’Ancien Testament qui ont annoncé la venue du Sauveur.

Habacuc (en hébreux : חֲבַקּוּק) est le 8ème des douze petits prophètes. Il prophétisa probablement aux jours de Joachim, roi de Juda (608 † 598 avant Jésus-Christ). Le livre des prophéties d’Habacuc rapporte en 2 courts chapitres cinq oracles sur l’invasion des Chaldéens et la déportation des Juifs à Babylone, et se conclut au 3ème chapitre par un cantique (ou prière d’Habacuc).

Ce cantique d’Habacuc (« Seigneur ! j’ai entendu ta parole, et j’ai été saisi de crainte »), qui forme le 3ème et dernier chapitre de son livre, a été utilisé – très tôt et universellement – par les liturgies chrétiennes à l’office de matines (office du matin). Dans le rit byzantin, ce cantique constitue le 4ème du canon de l’orthros (il n’est plus figuré en général de nos jours que par les tropaires de la 4ème ode du canon). Dans le rit romain traditionnel (et dans l’office bénédiction qui en dépend sur ce point), il est employé à l’office des laudes de chaque vendredi. Dans le rit ambrosien, c’est le cantique du troisième nocturne de l’office nocturne du dimanche. Dans le rit mozarabe, il est chanté à l’office du matin des dimanches.

En dehors de ce livre de prophétie, Habacuc est également cité dans la Bible au livre de Daniel (14, 32-38) :

32 Or le prophète Habacuc était en Judée ; après avoir fait cuire une bouillie et émietté du pain dans un vase, il allait aux champs le porter à ses moissonneurs.
33 L’ange du Seigneur dit à Habacuc : « Porte le repas que tu tiens à Babylone, à Daniel, qui est dans la fosse aux lions. »
34 Habacuc dit : « Seigneur, je n’ai jamais vu Babylone, et je ne connais pas la fosse. »
35 Alors l’ange le prit par le haut de la tête, le porta, par les cheveux de sa tête, et le déposa à Babylone, au-dessus de la fosse, avec toute l’agilité de sa nature spirituelle.
36 Et Habacuc cria : « Daniel, serviteur de Dieu, prends le repas que Dieu t’envoie. »
37 Daniel répondit : « Vous vous êtes, en effet, souvenu de moi, ô Dieu, et vous n’avez pas abandonné ceux qui vous aiment. »
38 Et Daniel se leva et mangea. Et l’ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc en son lieu.

L’historien ecclésiastique Sozomène (Historia Ecclesiastica VII, 29) rapporte au Vème siècle que les reliques d’Habacuc (et celles du prophète Michée) ont été découvertes à Qeïla au IVème siècle sous le règne de Théodose le Grand, suite à une révélation faite à Zebennus, évêque d’Eleuthéropolis.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du prophète. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical occurent :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Devant le Père prosternons-nous, * glorifions le Fils & l’Esprit Saint ; * ensemble chantons d’une même voix : ** Trinité sainte, sauve-nous.
8. Ton peuple te présente, ô Christ, * ta Mère pour intercéder devant toi ; * par ses prières, Dieu de bonté, * montre-nous ta compassion ; * ainsi nous pourrons glorifier, ** Seigneur, ta sainte résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire du prophète, ton 2 : Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Habacuc, * par ses prières, ** nous t’en supplions, sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du prophète, ton 8 : O Habacuc divinement éloquent qui a annoncé au monde que Dieu viendrait du midi, c’est-à-dire de la Vierge, * et qui, se tenant sous l’assistance divine, a reçu cette nouvelle de l’ange radieux: * tu as proclamé la résurrection du Christ au monde, * c’est pourquoi, dans la joie, nous crions vers toi : * Réjouis-toi, splendide parure des prophètes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).

Epître
Du dimanche : Ephésiens (§ 229) V, 8-19.
Mais remplissez-vous du Saint-Esprit ; vous entretenant de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond de vos cœurs au Seigneur.

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).

Evangile
En raison du dimanche des Ancêtres avant Noël, c’est l’évangile du 30ème dimanche après la Pentecôte qui est lu en ce jour.
Du dimanche : Luc (§ 91) XVIII, 18-27.
Et ceux qui l’écoutaient, lui dirent : Qui peut donc être sauvé ? Il leur répondit : Ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.

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Programme de la fête de l’Immaculée Conception

L'Immaculée Conception par Francesco de RosaSaint-Eugène, le dimanche 8 décembre 2019, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. A 20h, départ depuis Saint-Eugène de la procession en l’honneur de la Très-Sainte Vierge Marie jusqu’à Notre-Dame-des-Victoires où sera chanté l’office des complies.

Catéchisme sur l’Immaculée Conception

Les qualités et les grandeurs de la bienheureuse et glorieuse Marie, toujours vierge, l’ange nous les déclare de la part de Dieu, quand il dit : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Il convenait que de tels dons fussent assurés à la Vierge. Celle-là devait être pleine de grâce, qui a donné de la gloire au ciel et le Seigneur à la terre, qui a fait luire la paix, qui a apporté la foi aux nations, une fin aux vices, une règle de vie, une discipline pour les mœurs. Pleine de grâce, en effet, Marie en a reçu la plénitude, tandis que la grâce n’est donnée aux autres que partiellement. Vraiment pleine de grâce, parce que si la grâce s’est trouvée dans les saints Pères et dans les Prophètes, elle ne leur fut pas octroyée dans sa plénitude ; mais en Marie fut mise, quoique d’une manière différente, toute la somme des grâces qui se trouvent dans le Christ. Et c’est pourquoi l’Ange lui dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; » c’est-à-dire bénie au-dessus de toutes les femmes. Et par cela même, tout ce qu’il y avait de malédiction attirée par Ève, a été effacé par la bénédiction de Marie. C’est d’elle que Salomon chante comme à sa louange dans ses Cantiques : « Viens, ma colombe, mon immaculée ; déjà l’hiver est passé, la pluie a cessé ; » et il ajoute : « Viens du Liban, viens, tu seras couronnée. »
Sermon de saint Jérôme, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

On fait mémoire du second dimanche de l’Avent à la messe & aux vêpres.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de l’Immaculée Conception avec mémoire du IInd dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo « moderne » du Vème ton
  • Chant d’action de grâces : Antienne Corde & animo de l’ancien office parisien (Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème siècle) et Laudate Dominum – Psaume CXVI du VIIIème ton

Procession jusqu’à Notre-Dame des Victoires :

  • Litanies de la Sainte Vierge
  • Ave maris stella – Hymne des fêtes de la Sainte Vierge, à Vêpres, ton dit « des Pèlerinages », en alternance avec le ton de Notre-Dame des Victoires
  • Magnificat – VIème ton « royal »
  • Cantique de l’abbé Chevojon, curé de Notre-Dame des Victoires au XIXème siècle
  • Cantique et mélodie du chanoine Huet – Harmonisation du chanoine Gaston Roussel (1913 † 1985), curé de Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles
  • O vous qui sur terre, n’aspirez qu’au ciel – Laudate Mariam
  • Arrivée à Notre-Dame des Victoires : chant de l’office des complies de l’Immaculée Conception

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Programme du XXVème dimanche après la Pentecôte – Clôture de la fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – Saint Clément – ton 8

PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 décembre 2019 du calendrier grégorien – 25 novembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la clôture de la fête l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux Protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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Saint hiéromartyr Clément, Pape de Rome - icône du Vieux-LadogaNous fêtons aussi en ce jour le hiéromartyr saint Clément, pape de Rome.

La plus ancienne liste des évêques de Rome – que nous tenons de saint Irénée de Lyon au IInd siècle dans son Adversus haereses – donne saint Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre :

Ayant donc fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément obtint l’épiscopat.

Le canon romain garde le même ordre au memento des vivants : Lin, Clet, Clément.

Saint Irénée de Lyon rapporte aussi que saint Clément avait connu les bienheureux Apôtres et avait conversé avec eux ; il avait encore dans l’oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.

Dans la première moitié du troisième siècle, Origène, décrit Clément comme disciple des apôtres et l’identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux Philippiens (IV, 2-3) : Clément et mes autres collaborateurs dont les noms se trouvent au Livre de vie.

Telle était aussi l’opinion de l’historien Eusèbe de Césarée, qui date le pontificat de saint Clément de 92 à 101. Eusèbe note :

La douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l’Apôtre, dans sa lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots : « avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre de vie. » Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l’église de Rome à celle de Corinthe à propos d’une dissension qui s’était alors élevée à Corinthe. En beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément fut déporté avec 2000 chrétiens au delà du Pont-Euxin, dans les mines proches de Chersonèse de Tauride (dans l’actuelle Crimée, non loin de l’actuelle ville de Sébastopol) et, pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui attacha une ancre au cou avant de le précipiter dans la Mer Noire. La tradition du martyre de saint Clément est rapportée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime (+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), de plus, il n’a jamais été fait mention de son tombeau à Rome. Saint Cyrille et saint Méthode, en mission à Chersonèse, ramenèrent ensuite le corps de saint Clément à Rome.

On possède donc de saint Clément de Rome une admirable lettre qu’il adresse aux Corinthiens divisés. Comme l’indique à bon droit le pape Benoît XVI dans la catéchèse qu’il consacra à ce saint, Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre.

Cette intervention du Pape de Rome dans les affaires de l’église de Corinthe est d’autant plus notable qu’était encore en vie le dernier Apôtre (et Evangéliste), Jean, celui que Jésus aimait, qui gouvernait alors les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. On notera ici que l’Eglise de Corinthe, si proche de l’Apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément d’Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s’adresse au successeur de Pierre, l’évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son propre chef, intervient dans ses affaires, c’est qu’il représente bien plus que l’évêque d’une église locale. Il suffit d’ailleurs de considérer le texte de la lettre clémentine pour voir que le pape est d’autant plus sûr de son autorité que le ton y est tranquille et serein et que, loin d’expliquer pourquoi il intervient, il se contente de s’excuser de n’avoir pu faire plus tôt son devoir… On notera aussi que les Corinthiens reçurent si bien cette épître romaine que bien des communautés antiques la mettront presque au rang des Ecritures comme le souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Le pape Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon romain, il admire la bonne administration romaine et l’ordre des légions qui la fonde. Clément de Rome est en admiration devant l’harmonie et la beauté de la création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu’à l’acceptation de la correction dont personne ne doit s’irriter.

Invention des reliques de saint Clément un an après son martyre - les fidèles récupèrent son corps dans la Mer NoireAlors que saint Clément est fêté le 24 novembre par le rit byzantin (et le 23 novembre par le rit romain), les Russes (ainsi que l’Eglise copte d’Egypte) le fêtent le 25 novembre. La dévotion envers saint Clément est importante en Ukraine et en Russie, en raison même du lieu de son martyre en Crimée. Le tropaire et le kondakion employés par les Russes diffèrent aussi de ceux employés dans les livres grecs actuels. Le tropaire russe fait référence aux circonstances de la découverte du corps de saint Clément par ses disciples au fond de la Mer Noire, à 300 mètres du rivage, selon une passion écrite au Vème siècle.

Ordinairement, saint Pierre d’Alexandrie est également fêté par l’Eglise russe au 25 novembre, mais lorsque ce jour tombe un dimanche, la combinaison de l’office du dimanche avec celui de l’après-fête de l’Entrée au Temple et de celui de saint Clément de Rome fait que la mémoire de saint Pierre d’Alexandrie est omise.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical et 4 tropaires de la 9ème ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Ô pure Mère de Dieu, toi qui possèdes * la lumineuse beauté d’une âme pure, * emplie de la céleste grâce de Dieu, * tu ne cesses d’illuminer d’une lumière éternelle * ceux qui te clament : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
8. Tes merveilles, pure Mère de Dieu, * ne peuvent s’exprimer en paroles, * car je reconnais que ton corps est inaccessible à l’emprise du péché ; * aussi plein de reconnaissance je te clame : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
9. L’ancienne Loi te figurait merveilleusement comme le tabernacle, * le vase de la manne divine, * l’arche admirable, * le voile, le bâton d’Aaron, * le temple indestructible et la porte de Dieu ; * aussi nous enseigne-t-elle à te clamer : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
10. David dans ses chants proclamait * et t’appelait fille du Roi, * voyant la beauté des tes vertus, * lorsque tu te tenais à la droite de Dieu * parée de vêtements aux riches couleurs. * Aussi annonça-t-il en clamant : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
3. Tropaire du hiéromartyr Clément, ton 4 : Avec les miracles de Dieu tu as glorieusement étonné les extrémités de la terre. * ô saint athlète ; * au-delà des lois de la nature, * tu as fait se retirer les eaux de la mer * au jour honoré de ta mémoire, * pour ceux qui étaient venus avec ferveur à l’église divinement construite, * portant tes précieuses reliques. * Après leur départ, tu as merveilleusement fait reprendre sa place à la mer. * très admirable Clément, ** prie le Christ Dieu afin qu’il sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts * et ressuscité Adam ; * Eve exulte en ta résurrection ** et les confins du monde célèbrent ** ta résurrection d’entre les morts, ô Très-miséricordieux.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du hiéromartyr Clément, ton 2 : Comme un cep de la vigne divine vêtue de sainteté, tu as été manifesté, * exsudant la douceur de la sagesse * par tes supplications, ô très Honorable ; * afin que nous puissions t’offrir telle une robe tissée de pourpre * une hymne noétique ; saint Clément, sauve tes serviteurs !
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
De la fête, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 224) IV, 1-6.
Un Seigneur, une foi, un baptême.
De la fête : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
De la fête :
℣. Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 1).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
℣. Voyant l’entrée de la Très-pure, / les anges furent émerveillés : * comment la Vierge est-elle entrée dans le Saint des Saints.
Hirmos : Celle qui est l’Arche vivante de Dieu * que jamais n’y touche une main profane, * mais que les lèvres des fidèles * ne cessent de clamer à la Mère de Dieu la parole de l’ange, * et que dans leur joie ils lui crient : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la fête : J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme de la fête de saint Ambroise – rit dominicain

Saint Ambroise de Milan - gravure d'un missel du XVIIIème siècleSaint-Eugène, le samedi 7 décembre 2019, messe de 11h célébrée en rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Ambroise, Évêque de Milan, fils d’Ambroise citoyen romain, vint au monde tandis que son père était préfet des Gaules. On dit qu’en son enfance un essaim d’abeilles se posa sur ses lèvres : présage de la divine éloquence qu’il devait montrer un jour. On l’instruisit dans les arts libéraux, et bientôt le préfet Probus le préposa au gouvernement de la Ligurie et de l’Émilie. Il se rendit à Milan par l’ordre du même Probus, au moment où le peuple, après la mort de l’évêque arien Auxence, était en dissension touchant le choix de son successeur. Ambroise se rendit donc à l’église selon le devoir de sa charge, pour calmer la sédition. Quand il eut, à cette fin, parlé avec éloquence de la paix et de la tranquillité publique, un enfant s’écria tout à coup : « Ambroise Évêque ! » Tout le peuple répéta cette acclamation, demandant Ambroise pour son Évêque.
IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Comme Ambroise refusait d’accepter et résistait aux prières de la multitude, le vœu ardent du peuple fut déféré à l’empereur Valentinien, auquel il fut très agréable de voir qu’on demandait pour le sacerdoce ceux qu’il avait choisis pour magistrats. Cette élection ne satisfit pas moins le préfet Probus qui, au départ d’Ambroise pour Milan, lui avait dit comme par inspiration divine : « Allez et agissez, non pas en juge mais en Évêque. » La volonté impériale s’accordant avec le désir du peuple, Ambroise fut baptisé (car il était encore catéchumène), initié aux mystères sacrés, et, ayant passé par tous les degrés des Ordres de l’Église, il reçut la charge épiscopale huit jours après son élection, le sept des ides de décembre. Devenu Évêque, il défendit résolument la foi catholique et la discipline ecclésiastique, convertit à la vraie foi beaucoup d’Ariens et d’autres hérétiques, et parmi ceux-ci il enfanta à Jésus-Christ saint Augustin, cette lumière éclatante de l’Église.
Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Quand l’empereur Gratien eut été tué, Ambroise se rendit deux fois en députation auprès de Maxime, son meurtrier ; mais celui-ci refusant de faire pénitence, il cessa toute relation avec lui. Il interdit à l’empereur Théodose l’entrée de l’église, à cause du massacre des Thessaloniciens ; comme le prince représentait que David, roi comme lui, avait été adultère et homicide : « Vous l’avez imité dans sa faute, répondit Ambroise, imitez-le dans sa pénitence. » C’est pourquoi Théodose accomplit humblement la pénitence publique que lui avait imposée Ambroise. Le saint Évêque s’étant donc acquitté de sa charge en multipliant pour l’Église de Dieu ses travaux et ses soins, et ayant écrit beaucoup de livres remarquables, prédit le jour de sa mort, avant de tomber malade. Honorat, Évêque de Verceil, trois fois averti par la voix de Dieu, accourut auprès de lui, et lui donna le corps sacré du Seigneur. Ambroise, l’ayant reçu, pria, les mains étendues en forme de croix, puis il rendit son âme à Dieu. C’était la veille des nones d’avril, l’an de Jésus-Christ trois cent quatre-vingt-dix-sept.
VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

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Cérémonial Parisien 1662 – Du temps de l’Avent, et des fêtes occurrentes

Pour une meilleure connaissance à titre documentaire de l’ancien rit parisien, et en commençant par le temps de l’Avent, nous publierons les différents chapitres du Cæremoniale Parisiense publié en 1662 par le chanoine Martin Sonnet, avec une traduction française et quelques notes explicatives.

Martin Sonnet - Le temps de l'Avent

PARS TERTIA.
De Tempore Adventus, & Festis
in eo occurrentibus.
CAPVT PRIMVM.
TROISIEME PARTIE.
Du Temps de l’Avent, & des fêtes
qui y surviennent.
CHAPITRE PREMIER.
Rorate cœli desuper, & nubes pluant iustum : aperiatur terra, & germinet salvatorem.
Esaiæ cap. 45. v. 8.
Répandez, ô cieux, votre rosée, et vous nuées, faites pleuvoir le Juste.
Isaïe chap. 45. v. 8.
ADVENTUS Domini semper inchoatur Dominica proximiore festo sancti Andreæ, vel ipso die S. Andreæ si occurrat in Dominica. Huius temporis Officium partim lætitiæ est, & ideo dicitur Alleluya, in Dominicis, & in Antiphonis : partim mœroris, & ideo omittitur Hymnus Te Deum, & Hymnus Angelicus Gloria in excelsis. L’Avent du Seigneur est toujours commencé le dimanche le plus proche de la fête de saint André, ou le jour même de saint André, s’il tombe le dimanche. L’office de ce temps est en partie [un temps] de joie, et pour cette raison on dit l’Alléluia, les dimanches et dans les antiennes, en partie [un temps] d’affliction, et pour cette raison on omet l’hymne Te Deum, et l’hymne angélique Gloria in excelsis.
Jusque là, tout est commun avec le rit romain. Comme le note incidemment Sonnet et comme le pratique le rit romain, l’Alleluia n’est chanté à la messe que le dimanche, il est de ce fait omis lorsque la messe dominicale est reprise en semaine.
2. Dominica prima Adventus, Initium est anni Ecclesiastici & omnium Festorum vel Officiorum, quare est duplex maius & Dominica primæ Classis, ideoque quodlibet Festum in ea occurentes transfertur semper, & habet primas & secundas Vesperas super Festum S. Andreæ Sabbato vel Feria secunda occurens. 2. Le premier dimanche de l’Avent est le commencement de l’année ecclésiastique & de toutes les fêtes et offices, c’est pourquoi il est double majeur et dimanche de première classe, et c’est pour cette raison qu’on transfère toute fête qui y surviendrait, et qu’il possède des premières et secondes fêtes, qui surpassent [celles] de la fête de saint André qui surviendrait un samedi ou un lundi.
Dans le Missel romain de saint Pie V, le premier dimanche de l’Avent est un dimanche semi-double de première classe. Tant au romain qu’au parisien, ce dimanche ne possédait pas réellement de premières vêpres complètes : depuis le haut Moyen-Age, on chantaient en effet d’abord les antiennes fériales du samedi soir puis l’Avent ne commençait véritablement qu’à partir du capitule. La réforme de saint Pie X de 1911 a modifié cet usage antique et universel en reprenant les antiennes des laudes pour les cinq psaumes de ces nouvelles premières vêpres (lesdits psaumes étant aussi modifiés). Contrairement au parisien, dans les rubriques romaines tridentines, les vêpres du premier dimanche de l’Avent cédaient face à celles de saint André tombant un samedi ou un lundi, on faisait alors mémoire du dimanche, et ce jusqu’aux réformes de 1955 (le rit romain suit depuis lors ce que faisait autrefois Paris).
3. Per totum Adventum Color albus, in omnibus Dominicis & Feriis, in Festis vero Color conveniens : prout notatur in Missali Parisiensi cap. 18. de coloribus paramentorum. 3. Pour tout l’Avent [on use de] la couleur blanche pour tous les dimanches et féries, mais pour les fêtes [on use] de la couleur convenable, selon ce qui est noté dans le Missel parisien au chapitre 18 : de la couleur des parements.
Cet usage parisien du blanc pendant l’Avent – à la place du violet que notent les livres romains – pourra vivement surprendre. Un élément de réponse se déduit de l’observation suivante : le Processionnal parisien utilise la grande antienne Missus est Angelus Gabriel pour la procession qui précède la grand-messe dominicale, dès le premier dimanche de l’Avent et pour les trois suivants. L’Avent parait dès lors conçu dans son ensemble comme une vaste célébration des mystères de l’Annonciation et de l’Incarnation, d’où Paris a probablement déduit la couleur blanche pour tout ce temps liturgique.
4. Vesperæ in Sabbato cantantur graviter eodem plane modo, quo & in Festis Solemnibus : cæteri Ritus observantur tam ad Vesperas, Matutinum cum Laudibus, quam ad Missam, ut in Festis Duplicibus maioribus. Hymni Vesperarum, Matutini, & Laudum cantantur graviter, similiter & Responsoria brevia horarum per totum Adventum. 4. Les vêpres du samedi sont chantées gravement, de la même façon intelligible qu’aux fêtes solennelles. Les autres rites sont observés, tant aux vêpres, aux matines avec les laudes, qu’à la messe, comme aux fêtes doubles majeures. Les hymnes des vêpres, matines et laudes sont chantés gravement, et de même les répons brefs des heures pendant tout l’Avent.
C’est une tradition constante dans l’Eglise latine de chanter plus lentement et plus gravement les offices les plus solennels.
Les premières vêpres du dimanche, chantées le samedi soir, sont ici indiquées comme les offices les plus solennels de l’Avent parisien. Cette dignité leur vient de la plus haute antiquité, lorsqu’il n’y avait encore pas encore de secondes vêpres, et que tous les jours liturgiques s’ouvraient la veille par l’office des vêpres. Les autres offices de l’Avent parisien sont chantés selon une dignité moindre. Ces deux degrés d’offices sont marqués par de menus détails : des sonneries de cloches différentes (5 sonneries solennelles / 3 sonneries), le nombre de cierges sur l’autel (douze cierges / six cierges), l’ornement du célébrant (il porte une étole / il n’en porte pas), l’usage de la polyphonie, du contrepoint et des faux-bourdons (les premier, troisième et cinquième psaumes, l’hymne et le Magnificat peuvent se chanter en musique ou en faux-bourdon, et le répons en contrepoint / le Magnificat seul est chanté en faux-bourdon), la façon d’entonner les antiennes (par les chanoines, les prêtres, les bénéficiers, les chapelains ou les chantres / par les chantres et les bénéficiers), le chant des répons (par quatre chantres en chape/par deux choristes), les encensements (par le célébrant et un prêtre assistant puis par deux thuriféraires, le peuple et la nef sont encensés / par le célébrant puis par un seul thuriféraire, le peuple et la nef ne sont pas encensés), le collectaire (on le présente au célébrant / on ne le présente pas), les stations (on en fait une en l’honneur de la Sainte Vierge / on n’en fait pas).
5. Ad Completorium, post Orationem Antiphonæ Alma, quæ dicitur etiam ad Laudes usque ad Purificationem inclusive, cantatur sexdecies NOEL, sub cantu Conditor, Celebrante antera inchoante, ut in Directio Chori Parisiensis habetur. Quod observatur quotidie usque ad diem vigesimum tertium Decembris inclusive, tam in officio de tempore quam de Sanctis. Hodie sero clauduntur Nuptiæ. A complies, après l’oraison de l’antienne Alma, qu’on dit de même à laudes jusqu’à la Purification incluse, on chante seize NOEL, sous le chant de Conditor, le célébrant l’ayant précédemment entonné, comme on le trouve dans le Directoire de chœur parisien. Ce qui s’observe chaque jour jusqu’au 23 décembre inclus, tant à l’office du temps qu’à celui des saints.
Le chant de seize Noël sur le ton de l’hymne de l’Avent, Conditor alme siderum, représente un vieux témoignage de la simplicité des sentiments des chanoines et probablement un souvenir des danses sacrées qu’ils accomplissaient dans les chœurs des cathédrales françaises au Moyen-Age. Voici comment ce chant pour le moins curieux est noté et rythmé dans le Directorium Chori Parisiensis édité en 1656 par les soins du même chanoine Martin Sonnet et qui précise que Noël est une contraction d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous :
Noel Noel : aux complies parisiennes du Temps de l'Avent
Le Cæremoniale Parisiense ne le précise pas, mais le Directorium Chori Parisiensis indique que tout le clergé chante aussi à la fin des laudes, après l’oraison de l’antienne de la Sainte Vierge, trois NOEL (et non seize) en « fleurtis » (ou chant sur le livre, c’est à dire une polyphonie improvisée), en contrepoint ou en polyphonie à quatre voix. Il indique que quelques églises chantent à complies de la même façon trois NOEL au lieu des seize NOEL chantés sur le chant ci-dessus.
6. Ad Matutinum, prima Lectio (quæ est Præfatio S. Hieronimi Presbyteri ad Paulam & Eustichium in Translationem Esaiæ ex Hebraica veritate, quæ etiam sic incipit. Nemo cum Prophetas versibus viderit esse descriptos, &c, cantatur ad aliqua dignitate, vel ab antiquo Canonico, vel antiquo Sacerdote ad aquilam Chori ; Hæc prima Lectio habetur in sacris ante Prophetiam Esaiæ : pro secunda autem Lectione cantabuntur duæ priores Lectiones Breviarii de initio Esaiæ Prophetæ ad modum unius, more solito, ut fit un Ecclesia Metropolitana Parisiensi. 6. A matines, la première leçon (qui est la Préface de saint Jérôme, prêtre, à Paule et Eustochium, de la traduction d’Isaïe faite depuis la vérité hébraique, et qui commence ainsi : Il ne faut pas s’imaginer que les livres des Prophètes sont écrits, etc… Elle est chantée par quelque dignité, ou par un ancien chanoine, ou un ancien prêtre, à l’aigle du chœur ; cette première leçon est mise dans les Livres Sacrés avant le Prophète Isaïe. Mais pour la seconde leçon, on chante les deux premières leçons du bréviaire, le début du Prophète Isaïe, comme une seule, selon l’habitude, ainsi qu’il est fait dans l’Eglise Métropolitaine des Parisiens.
Traditionnellement, le Prophète Isaïe est lu aux matines du temps de l’Avent, dans le rit romain et ses dérivés, en commençant la lecture du début du livre au trois premières leçons du premier nocturne du premier dimanche de l’Avent. Si le Bréviaire parisien découpe ces trois premières leçons exactement comme le romain (première leçon : Isaïe I, 1-3, seconde leçon : Isaïe I, 4-6, troisième leçon : Isaïe I, 7-9), le Cérémonial témoigne de l’usage qui s’était introduit (à Notre-Dame du moins, et manifestement dans les autres églises du diocèse) de chanter d’abord la Préface au Livre d’Isaïe, souvent présente dans les éditions imprimées de la Vulgate en tête du livre de ce prophète, et qui est une lettre de saint Jérôme à sainte Paule et à sa fille sainte Eustochium. Conséquemment à l’introduction de cette nouvelle lecture, la seconde leçon réunit les six versets des deux anciennes premières leçons d’Isaïe en une seule (Isaïe I, 1-6).
7. Primum Responsorium, Aspiciens a longe cantatur à D. Cantore vel ab antiquo Canonico, vel antiquiore Sacerdote in stallo dignitatis, & sub finem primæ Lectionis illud annuntiat chorista eiusdem lateris Sacerdoti cantaturo. Hoc responsorium cantatur solemniter lentè & mensura gravi, ac etiam tres eius versus, Qui regnaturus. Qui regis, & Tollite portas, cum Gloria Patri. Deinde repetitur idem responsorium ab eodem Sacerdote. Reliqua de more. Nonum Responsorium tamen, Lætentur Cœli, reintonatur à celebrante post Gloria Patri, annuntiatumprius eidem Celebranti à Chorista eiusdem lateris, quod in reiteratione cantatur solemniter, lentè & mensura gravi loco Te Deum. Hoc semper observatur quotiescumque omisso Te Deum, eius loco reincipitur nonum Responsorium post Gloria Patri : in omnibus Dominicis, nempe Adventus, & à Dominica Septuagesimæ usque ad Pascha in Officio de tempore, & in Festo Ss. Innocentium, nisi in Dominica acciderit. 7. Le premier des répons, Aspiciens a longe, est chanté par Monsieur le Chantre, ou par un ancien chanoine, ou par un prêtre plus ancien dans une stalle de dignité, et vers la fin de la première leçon, le choriste [placé] du même côté que le prêtre qui doit chanter le lui annonce. Ce répons est chanté solennellement, lentement et d’une mesure grave, et de même ses trois versets Qui regnaturus, Qui regis, & Tollite portas, avec le Gloria Patri. Ensuite ce même répons est répété par le même prêtre. Le reste selon l’habitude. Le neuvième répons cependant, Lætentur Cœli, est ré-entonné par le célébrant après le Gloria Patri, cela lui ayant été d’abord annoncé par le choriste qui est de son côté, cette répétition est chantée solennellement, lentement et d’une mesure grave, à la place du Te Deum. Cela s’observe toujours toutes les fois que le Te Deum est omis, et qu’à sa place on ré-entonne le neuvième répons après le Gloria Patri : à savoir tous les dimanches de l’Avent, et du dimanche de la Septuagésime jusqu’à Pâques à l’office du temps, et en la fête des Saints Innocents, sauf si elle tombe un dimanche.
Pièce célèbre de tout le répertoire grégorien, le célébrissime répons Aspiciens a longe, premier des neuf répons des matines du premier dimanche de l’Avent, est tout particulièrement remarquable avec ses quatre versets et ses différentes réclames, son chant est de ce fait entouré de la plus grande solennité.
Contrairement au rit romain, l’usage parisien a conservé le neuvième répons pour toutes les matines des dimanches et fêtes (les livres romains ont fait disparaître les neuvièmes répons et ont mis à sa place le Te Deum. L’usage parisien a gardé la disposition primitive : le neuvième répons est suivi du Te Deum). En raison de la suppression du Te Deum les jours de pénitence, le Cérémonial parisien demande que la dernière reprise du répons soit lente, afin de tenir lieu du Te Deum.
Notons que le neuvième répons du rit parisien pour le premier dimanche de l’Avent (Lætentur Cœli) n’existe plus au premier dimanche de l’Avent dans les livres romains tridentins.
8. Hora Nona Matutina in Choro sanctæ ac Metropolitanæ Parisiensis Ecclesiæ, D. Canonicus Theologus sermocinaturus est. 8. A neuf heures du matin dans le chœur de l’Eglise sainte et métropolitaine des Parisiens, M. le Chanoine Théologal prêchera.
Le IIIème Concile de Latran, Xème concile œcuménique tenu en 1179, avait institué dans chaque chapitre de cathédrale la fonction de chanoine théologal, qui avait pour mission d’instruire le clergé & les enfants pauvres, en particulier en prêchant et en enseignant publiquement la théologie et l’Ecriture Sainte dans l’église cathédrale.
9. In Missa maiori, Diaconus & Subdiaconus utuntur Dalmatica & Tunica, more solito, quia est duplex, quod observatur in omnibus aliis Dominicis Adventus, quæ sunt duplices. 9. A la grand’messe, le diacre et le sous-diacre usent de la dalmatique et de la tunique, comme d’habitude, parce que [ce dimanche] est double, ce qu’on observe pour tous les autres dimanches de l’Avent, qui sont doubles.
Contrairement au rit romain qui utilise les chasubles pliées comme vêtement du diacre et du sous-diacre pendant l’Avent, le rit parisien conserve les dalmatique et tunique habituelles. La raison évoquée est la grande dignité dans le rang des fêtes des quatre dimanches du temps de l’Avent. Comme on le verra ci-après, les chasubles pliées sont en usage lors des féries de semaine du temps de l’Avent.
10. In Dominicis & Feriis Adventus dicuntur tres Orationes, secunda de Beata, Deus qui de Beata Maria. Tertia pro Ecclesia Ecclesiæ tuæ. In Festis autem secunda Oratio de Adventu. Tertia de Beata, & omittitur, Ecclesiæ tuæ. Non dicitur Gloria in excelsis, per totum Adventum : In Dominicis dicitur Credo, in Feriis non dicitur. In Missa de tempore Adventus, dicitur semper Benedicamus Domino 10. Les dimanches et féries de l’Avent, on dit trois oraisons, le seconde de la Bienheureuse [Vierge Marie], Deus qui de Beata Maria, la troisième pour l’Eglise Ecclesiæ tuæ. Mais les [jours de] fêtes, la seconde est de l’Avent, la troisième de la Bienheureuse [Vierge Marie], et l’on omet Ecclesiæ tuæ. On ne dit pas le Gloria in excelsis pour tout l’Avent ; mais les dimanches, on dit le Credo, que l’on ne dit pas les féries. A la messe du temps de l’Avent, on dit toujours Benedicamus Domino.
Les règles ici énoncées sont rigoureusement les mêmes que celles qui étaient dans les éditions tridentines des livres romains.
Selon l’ancien usage remontant au moins au Moyen-Age, on ajoutait très souvent d’autres oraisons aux trois oraisons de la messe du jour, savoir la collecte, la secrète et la postcommunion. Tout cela fut aboli par les nouvelles rubriques de 1960 et par le Missel romain de 1962, vraisemblablement pour rechercher des gains de temps sur la durée totale de la messe. On regrettera la suppression de ces anciennes oraisons car elles orientaient la prière des fidèles sur des intentions de prières souvent concrètes et précises. La disparition de ces intentions de prières particulières créa un appel d’air que l’on tenta maladroitement de combler bien plus tard par la création des prières dites universelles.
A la fin de la messe, l’Ite missa est remplacé par Benedicamus Domino comme à chaque fois que le Gloria in excelsis Deo n’est pas chanté à la messe.
11. Feria secunda post Dominicam primam Adventus, & aliis Feriis usque ad Nativitatem Domini, Per totum Adventum dicuntur preces feriales ad omnes horas flexis gentibus. Ad Benedictus & ad Magnificat cantantur Antiphonæ propriæ capitula & Responsoria Brevia horarum dicuntur ut in Psalterio, tempore Adventus. Ad minores horas tantum dicuntur Antiphonæ Dominicæ præcedentis per Hebdomadam quarta prætermissa, quando fit de Feria, nisi assignentur propriæ. Non cantatur Officium parvum usque post Purificationem, nec fiunt Commemorationes communes de Cruce, de Ss. & de pace ab hac die usque post octavam Epiphaniæ, & in majori Missa, non cantatur Alleluya, nec versus ejusdem : Diaconus & Subdiaconus in minoribus Ecclesiis non utuntur Dalmatica nec Tunica, sed Albis, manipulis & stola induti ministrant : In magnis autem Ecclesiis Collegiatis & Parochialibus, in quibus magnus & notabilis est Canonicorum, Beneficiatorum, & Sacerdotum Officiariorum numerus, Diaconus & Subdiaconus utuntur Planetis transversus super humeros & stola latiori, more Ecclesiæ Metropolitanæ : quam planetam Subdiaconus antequam de altari accipiat librum Epistolarum ad cantandum Epistolam decenter deponit in cornu Altaris a parte Epistolæ, & cantata Epistola, depositoque libro super Altare eam resumit, ut prius. 11. Le lundi après le premier dimanche de l’Avent, & aux autres féries jusqu’à la Nativité du Seigneur, pendant tout l’Avent on dit les prières fériales à toutes les heures en fléchissant les genoux. Au Benedictus & au Magnificat on chante les antiennes propres, le capitule et le répons bref des heures comme au Psautier, au temps de l’Avent. Aux petites heures seulement on dit les antiennes du dimanche précédent, en négligeant de le faire pour la quatrième semaine, lorsqu’on fait [l’office de] la férie, si il n’en est pas assigné de propres. On ne chante pas le Petit Office [de la Sainte Vierge] jusqu’après la Purification, ni ne fait les commémoraisons communes de la Croix, des Saints et de la paix, depuis ce jour jusqu’après l’octave de l’Epiphanie, et à la grand’messe, on ne chante ni l’Alléluia ni son verset ; le diacre et le sous-diacre, dans les plus petites églises, n’usent point de la dalmatique ni de la tunique, mais ils servent revêtus en aubes, manipules et étole ; mais dans les grandes églises collégiales ou paroissiales, dans lesquelles grand et notable est le nombre des chanoines, bénéficiers et prêtres officiants, le diacre et le sous-diacre utilisent les chasubles transverses sur les épaules & l’étole large, à la façon de l’Eglise métropolitaine : le sous-diacre – avant de recevoir le livre des épîtres pour chanter l’épître – dépose convenablement ladite chasuble au coin de l’autel du côté de l’épître, et, l’épître chantée et le livre déposé sur l’autel, il la remet comme auparavant.
On notera la suppression du petit office de la Sainte Vierge jusqu’au 2 février dans l’usage de Paris.
Les chasubles pliées sont donc en usage pendant les féries de l’Avent à Paris (mais pas les dimanches, qui ont rang de fêtes doubles, cf. supra n°9). Le Cérémonial rappelle un usage très ancien, savoir que le diacre et le sous-diacre peuvent toujours servir en aubes et étoles, notablement pour les petites églises. Ce même rappel se trouve également dans les rubriques du Missel romain de saint Pie V (De qualitate paramentorum tit. XIX, n. 6, 7. « Dans les petites églises, en ces jours de jeûne, ils accomplissent leurs fonctions revêtus simplement de l’aube : le sous-diacre avec le manipule, le diacre portant aussi l’étole sur l’épaule gauche pendant sous le bras droit. »
L’usage de la chasuble pliée par le sous-diacre parisien est tout à fait similaire au romain : il la dépose – comme le diacre – lorsqu’il fait une fonction particulière, à savoir le chant de l’épître. Pour le rit romain, cf. Pio Martinucci, Manuale sacrarum Cæromoniarum, chap. VI, n°14 : « Si les ministres portent la chasuble pliée, le premier acolyte se lèvera durant la dernière collecte avant l’épître et retirera la chasuble pliée du sous-diacre, puis celui-ci recevra le livre, chantera l’épître, et baisera la main du célébrant ; après qu’il a rendu le livre, il revêtira de nouveau la chasuble pliée – soit près de l’autel, soit à la crédence – et transférera du côté de l’évangile le missel avec son coussin ou pupitre. »
12. Similiter & Diaconus suam planetam deponit antequam accipiat de Altari sacrum Evangeliorum codicem, in cornu Altaris, a parte Evangelii, quam non resumit nisi post Communionem celebrantis, immediate antequam deferat Missale celebrantis ad cornu Epistolæ : stola latiori autem idem Diaconus se induit cum aliis ornamentis super aliam stolam communem & ordinariam, qua stola latiori se etiam cingit & nodat super axillam sinistram. 12. Et de même le diacre dépose sa chasuble avant de recevoir à l’autel le livre sacré des Evangiles, au coin de l’autel du côté Evangile, laquelle il ne reprendra qu’après la communion du célébrant, immédiatement avant de rapporter le Missel du célébrant au coin de l’Epître : mais le diacre se revêt alors de l’étole large, avec les autres ornements, au dessus de l’autre étole commune & ordinaire, laquelle étole large il se ceindra et nouera sous l’aisselle gauche.
Rappelons qu’en liturgie, le côté Evangile désigne la partie gauche d’un autel, le côté Epître sa partie droite (quand on le regarde depuis la nef).
Comme pour le sous-diacre, l’usage parisien de la chasuble pliée du diacre est totalement similaire à l’usage romain. Comme étudié dans l’article de ce site sur les chasubles pliées, le diacre roulait initialement sa chasuble, en y faisant parfois un nœud, comme le représente cette gravure tirée de l’Explication simple, littérale et historique des cérémonies de l’église, Volume 2, planche VII p. 315 de Dom Claude de Vert, osb (Paris, 1708)

Diacre portant la chasuble roulée pour chanter l'évangile.
Diacre portant la chasuble roulée pour chanter l’évangile.

Par la suite, pour simplifier cette action de rouler la chasuble transversalement, on remplaça l’ornement par un nouvel destiné à l’évoquer : l’étole large (stola latiori).
13. Feriæ Adventus sunt majores, de quibus fit Officium aut saltem commemoratio, quocumque Festo in iis occurrente, similiter & de dominicis, de quibus fit semper Officium, nisi occurrat Festum Patroni, Titularis & Dedicationis Ecclesiæ in secunda, tertia, & quarta Dominicis, tunc enim fieret Officium de hujusmodi Festo cum commemoratione Dominicæ semper. Sabbati diebus licet Officium fiat de Feria, Missa tamen cantatur de Beata Maria Rorate cœli, cum Gloria in excelsis, in qua secunda oratio erit de feria, & tertia de Sancto Spiritu. 13. Les Féries de l’Avent sont majeures, desquelles on fait l’office ou du moins la commémoraison, quelque soit la fête qui leur est occurente, et de même pour les dimanches, dont on fait toujours l’office, sauf si survient la fête du patron, du titulaire et la dédicace de l’église le second, troisième et quatrième dimanche, alors en effet serait fait l’office de ladite fête toujours avec commémoraison du dimanche. Les samedis, il est permis que l’office soit de la férie, cependant on chante la messe de la Bienheureuse Marie, Rorate cœli, avec Gloria in excelsis, en laquelle la seconde oraison sera de la férie, & la troisième du Saint-Esprit.
Les règles parisiennes sont ici parfaitement similaires au règles romaines, sauf sur un point : seule la fête du patron, du titulaire ou de la dédicace de l’église passe devant les second, troisième et quatrième dimanche de l’Avent à Paris (alors que ces trois dimanches cèdent devant une fête double de première classe au Missel romain de saint Pie V).
14. De vigiliis sancti Andreæ & sancti Thomæ nihil fit in Officio, nisi Missa quæ cantatur de vigilia cum commemoratione Adventus, nisi in vigilia S. Thomæ in quatuor temporibus occurrente, tunc enim de eadem fit tantum commemoratio in Missa. 14. Aux vigiles de saint André et de saint Thomas, rien n’en est fait à l’office, si ce n’est la messe qui est chantée de la vigile avec commémoraison de l’Avent, si ce n’est lorsque la vigile de saint Thomas tombe aux Quatre-Temps, alors en effet il n’est fait seulement commémoraison d’elle à la messe.
Les vigiles des fêtes des apôtres saint André (vigile le 29 novembre, fête le 30 novembre) et saint Thomas (vigile le 20 décembre, fête le 21 décembre) sont des jours de jeûnes et de pénitence préparatoire à ces fêtes majeures. Seule la messe en est chantée à Paris, avec mémoire de l’Avent, sans célébration ni mémoire de la vigile à l’office divin. A Paris, les Quatre-Temps priment sur la vigile de saint Thomas. Les rubriques du Missel de saint Pie V prévoient comme à Paris la mémoire de la férie aux vigiles tombant durant le temps de l’Avent et permettent de ne pas dire l’office de la vigile.
15. Nona cantatur post Missam ante prandium in omnibus feriis Adventus quando fit de Feria, Ideo Missa maior cantatur post sextam. Quando autem fit de aliquo Festo Duplici aut semiduplici, nona cantatur hora solita post prandium. 15. None est chantée après la messe avant le repas à toutes les féries de l’Avent, quand on fait de la férie, donc la grand’messe est chantée après sexte. Mais quand on fait d’une quelconque fête double ou semi-double, none est chantée à l’heure habituelle après le repas.
Le temps de l’Avent est un temps de jeûne. Cet article 15 rend compte de la survie de la discipline antique des premiers chrétiens jusqu’au XVIIème siècle : cette discipline antique du jeûne implique qu’on ne prenne rien avant la communion à la messe du jour. Les jours où on ne jeûne pas, la messe était célébrée après l’office de tierce (9h du matin) et donc avant celui de sexte (12h) (et donc on rompt le jeûne après sexte, vers midi) : les jours de jeûne, l’horaire de la messe était différé dans l’après-midi, entre sexte et none (donc entre midi et 15h selon nos horaires actuels) et on rompait le jeûne ensuite (durant le Carême, le jeûne était plus rigoureux que durant l’Avent, donc la messe était encore reculée, entre none et vêpres). Cette discipline ascétique était observée les jours de semaine (féries), mais pas le dimanche (car on ne jeûne jamais le jour où l’on célèbre chaque semaine la résurrection du Christ) ni les jours de fêtes doubles ou semidoubles. Insensiblement au cours des temps, on garda cette discipline, mais « l’astuce » consista à changer les horaires : on gardait la règle (la messe chantée entre sexte et none puis le déjeuner, mais il suffisait d’avancer l’office de sexte, la messe et l’office de none au matin pour continuer de déjeuner à l’heure habituelle…
16. In festis occurrentibus per Adventum dicitur Gloria in excelsis, adhibetur Color conveniens Albus vel rubeus pro qualitate festi, & in Missa maiori Diaconus & Subdiaconusn utuntur Dalmatica & Tunica. Item semper fit commemoratio de feria Adventus quæ procedit commemorationem festi commemorationis & Missæ, si tale occurrat : sed non legitur Evangelium Feriæ in Missa præterquam Evangelium feriæ quatuor temporum & vigiliæ S. Thomæ occurrentis extra quatuor tempora. 16. Aux fêtes occurrentes pendant l’Avent, on dit le Gloria in excelsis, on utilise la couleur convenable, blanche ou rouge selon la qualité de la fête, & à la grand messe le diacre & le sous-diacre usent de la dalmatique et de la tunique. De même on fait toujours la mémoire de la férie de l’Avent qui suit la mémoire de la fête commémorée & de la messe, si une telle [rencontre] survient ; mais on ne lit pas l’évangile de la férie à la messe, sauf l’évangile de la férie des Quatre-Temps et de la vigile de saint Thomas survenant hors des Quatre-Temps.
Rien de notablement différent avec l’usage romain ici. Pour mieux comprendre ce passage quelque peu elliptique, rappelons que la mémoire d’un jour liturgique se faisait non seulement en ajoutant ses oraisons à celle de la fête qui le supplantait, mais aussi en utilisant son évangile en guise de dernier évangile à la messe – à la place du Prologue de saint Jean -, pratique ancienne que le code des rubriques de 1960 a supprimée pour le rit romain.
Notons enfin que le Missel parisien contient une très ancienne série d’épîtres et d’évangiles propre pour les Mercredis et Vendredis de l’Avent (en dehors de la Semaine des Quatre-Temps) – ces évangiles ne sont donc pas repris à la fin de la messe comme dernier évangile si jamais ce jour-là tombe une fête de saint.
17. Si vigilia sanctæ Andreæ occurrerit in Adventu, nihil fit de ea nec commemoratio in Officio. Missa tamen maior Chori erit de vigilia, cum commemoratione feriæ Adventus, & sancti Saturnini. Si eadem vigilia sancti Andreæ occurrerit ante Adventum, Officium & Missa erunt de Vigilia : in ea secunda Oratio de s. Saturnino, tertia de Beata. 17. Si la vigile de saint André survient durant l’Avent, on ne fait rien d’elle ni on ne la commémore à l’office. La grand messe du chœur cependant sera de la vigile, avec mémoire de l’Avent, & de saint Saturnin. Si la même vigile de saint André survient avant l’Avent, l’office et la messe seront de la vigile ; à la messe la seconde oraison [sera] de saint Saturnin, la troisième de la Bienheureuse [Vierge Marie].
Ce paragraphe explicite les règles posées un peu plus haut (§ 14 & 16). La vigile de saint André est le 29 novembre. L’Avent commençant au plus tôt le 27 novembre, au plus tard le 3 décembre, selon les années la vigile de saint André tombera donc soit dans l’Avent soit encore dans le Temps après la Pentecôte qui précède.
18. Si occurrat festum Duplex aut semiduplex in aliqua vigilia intra Adventum ; in Missa de Festo, secunda Oratio erit de feria Adventus ; tertia de vigilia, (nisi sit Festum primæ classis) quamvis alias Missa vigiliæ præferatur Missæ de Adventu : quia in alia Missa, dignior est Oratio feriæ Adventus, quæ dicitur in Officio, quam oratio vigiliæ : & in fine Missæ legitur Evangelium vigiliæ. 18. Si survient une fête double ou semi-double au jour d’une des vigiles durant l’Avent, à la messe de la fête, la seconde oraison sera de la férie de l’Avent, la troisième de la vigile (excepté à une Fête de première classe), quoique par ailleurs on préfèrera la messe de la vigile à la messe de l’Avent : plus digne est l’oraison de la férie de l’Avent, que l’on dit à l’office, que l’oraison de la vigile ; & à la fin de la messe on lit l’évangile de la vigile.
Ce paragraphe précise qu’en dépit du fait que la messe de la vigile d’un saint a préséance sur celle de l’Avent, si une fête venait à survenir le jour de cette vigile, l’oraison de l’Avent précèderait toutefois celle de la vigile dans l’ordre des oraisons à la messe de la fête. Les fêtes de première classe toutefois suppriment la commémoraison d’autres messes par des oraisons multiples.
Les fêtes doubles et semi-doubles qui peuvent survenir durant le temps de l’Avent à l’époque où Martin Sonnet rédigea le Cérémonial Parisien sont assez nombreuses, les voici :

  • 30 novembre – saint André, apôtre (double)
  • 1er décembre – saint Eloi, évêque & confesseur (semi-double),
  • 2 décembre – sainte Valérie, vierge & martyre (semi-double),
  • 4 décembre – Susception des Saintes Reliques (double),
  • 6 décembre – saint Nicolas, évêque & confesseur (double),
  • 8 décembre – Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (double solennel),
  • 9 décembre – saint Nicaise, évêque & martyr, & ses compagnons martyrs (semi-double),
  • 10 décembre – saints Fuscien, Victoric et Gentien, martyrs (semi-double)
  • 13 décembre – sainte Lucie, vierge & martyre (semi-double)
  • 21 décembre – saint Thomas, apôtre (double)

Il n’y a pas de première classe au calendrier diocésain durant cette période, toutefois, une église dont le saint patron serait fêté durant l’Avent célèbrerait sa fête sous le rite de première classe.
Le cas d’une occurence entre une fête double et semi-double avec les deux vigiles de saint André (29 novembre) et de saint Thomas (20 décembre) évoqué par ce § 18 est assez théorique, car cela suppose que cette fête – empêchée à son jour normal – a été translatée à l’une de ces deux dates. Tout ce passage théorique n’a probablement pour but que de renforcer encore la démonstration du principe que Sonnet énonce au paragraphe 13, à savoir que les féries de l’Avent sont majeures.

19. De vigilia sancti Thomæ nihil fit in Officio, sed maior Missa Chori erit de ea cum commemoratione feriæ & de Beata : nisi acciderit in quatuor temporibus, quo casu fit tantum de eam commemoratio in Missa quatuor temporum, nec eius Evangelium legitur in fine Missæ. 19. Au sujet de la vigile de saint Thomas, rien n’en est fait à l’office, mais la grand messe du chœur sera de celle-ci, avec mémoire de la férie et de la Bienheureuse [Vierge Marie] : sauf si elle tombe aux Quatre-Temps, dans quel cas on en fait seulement mémoire à la messe des Quatre-Temps, et son évangile ne sera pas lu à la fin de la messe.
Ce paragraphe précise à nouveau des points déjà évoqués à partir du § 16. Rappelons encore une fois que la vigile de saint Thomas est le 20 décembre – que les Quatre-Temps se célèbrent les mercredi, vendredi et samedi qui suivent le IIIème dimanche de l’Avent. Ils ont préséance sur la messe de la vigile de saint Thomas (qui est alors commémorée par ses oraisons, mais pas par son évangile.
20. In Missa vigiliarum Ss. Andræ in Adventu, & Thomæ, utitur Colore de tempore id est albo, & Diaconus & Subdiaconus utuntur planetis transversis super humeros, & Diaconus præterea stola latiore, more solito. In vigilia vero sancti Andræ extra Adventum, utitur Colore rubeo de tempore. 20. A la messe de vigiles des saints André durant l’Avent & de Thomas, on use de la couleur du temps, c’est-à-dire du blanc, et le diacre & le sous-diacre usent de chasubles transverses sur les épaules, et le diacre en outre de l’étole large, de la façon habituelle. Mais en la vigile de saint André en dehors de l’Avent, on use de la couleur rouge du temps.
Nouvelles précisions sur les deux messes des deux vigiles de saints pouvant tomber durant l’Avent, qui confirment le caractère férial – et non festival – de ces deux messes un peu particulières : on utilise la couleur du temps liturgique (blanc pour l’Avent parisien, cf. § 3 supra, et rouge pour le temps après la Pentecôte parisien) et non celle de la fête du saint. Si cette messe se célèbre durant l’Avent, on utilise les chasubles pliées à la parisienne, c’est-à-dire roulées sur les épaules, comme on l’a vu ci-dessus, § 11.
21. Die quarta Decembris ad Missam exponuntur solemniter sanctorum Reliquiæ, in Ecclesiis in quibus habentur ad expositionem propriæ. Festa S. Andræ, S. Nicolai & Conceptionis B. Mariæ, sancti Thomæ & aliorum, Celebrantur pro qualitate eorum, prout notantur in Calendario Breviarii, juxta Ritus in prima parte hujus Cæremonialis præsciptos. 21. Le 4 décembre à la messe, on expose solennellement les reliques des saints, dans les églises qui en ont de propre à être exposées. Les fêtes de saint André, saint Nicolas & de la Conception de la Bienheureuse Marie, de saint Thomas et autres sont célébrées selon leur qualité, selon ce qui est noté au calendrier du Bréviaire, selon le rit prescrit dans la première partie de ce cérémonial.
Comme nous l’avons vu à la note du § 18, dans la liste des fêtes pouvant tomber durant l’Avent, Paris célébrait le 4 décembre la fête des reliques des saints. Cette fête ancienne était en effet célébrée un peu partout à cette date, puis fut déplacée de façon plus rationnelle dans l’octave de la Toussaint en 1194. Le fait que Paris, comme un petit nombre de diocèses, continua à célébrer cette fête des reliques au 4 décembre cinq siècles après le changement de date est un indice de plus de la volonté ferme du rit parisien de conserver jalousement les formes les plus antiques et primitives de la liturgie occidentale.
22. In secunda, tertia, & quarta Dominicis Adventus, nihil occurrit particulare & extraordinarium : sunt Duplices majories, & Dominicæ secundæ classis : Ideo cantatur Responsorium ad Vesperas. Non dicuntur preces ad Completorium & primam, Invitatorium repetitur more duplici, in prima & secunda Dominica Psalmus Venite, cantatur de tertio tono, in tertia vero & quarta cantatur de quarto tono. Additurque Alleluia, in fine Responsorium Brevium horarum, in omnibus Dominicis Adventus. Hæc omnia ritu Duplici. Die decimo septimo Decembris incipiuntur Antiphonæ propriæ ad laudes & per horas. Et Feria secunda post Dominicam tertiam cantantur Responsoria Clama, & cætera. 22. Au second, troisième et quatrième dimanche de l’Avent, il ne se présente rien de particulier et ni d’extraordinaire : ce sont des Doubles majeurs, et des dimanches de seconde classe, aussi chante-t-on un répons aux vêpres. On ne dit pas les prières à complies et à prime ; l’invitatoire est répété de façon double ; au premier et second dimanche, le psaume Venite est chanté du troisième ton, mais au troisième & quatrième dimanche, il est chanté du quatrième ton. On ajoute Alleluia à la fin des répons des petites heures tous les dimanches de l’Avent. Tout cela est du rite double. Le 17 décembre on commence les antiennes propres à laudes et à vêpres. Et à la seconde férie après le troisième dimanche, on chante le répons Clama, etc.
Remarquons que contrairement au rit romain, rien ne distingue le dimanche de Gaudete, IIIème dimanche de l’Avent, des autres dimanche de ce temps : tout l’Avent parisien étant célébré en blanc, rien n’est précisé pour une éventuelle couleur rose le IIIème dimanche marquant le dimanche de Gaudete – Au livre II, chapitre VI qu’il consacrera aux devoirs de l’organiste, le Cérémonial parisien indiquera que l’orgue n’est pas touché pendant les quatre dimanches de l’Avent.
Conformément à un usage remontant à l’époque carolingienne, un répons (prolixe, et non bref – le plus souvent tiré de l’office nocturne) est chanté après le capitule de vêpres.
Les preces sont des versets ajoutés vers la fin des offices les jours de jeûne et de pénitence, et que l’on chante à genoux : elles sont donc bien logiquement chantées pendant les féries de l’Avent, mais pas le dimanche, car ce ne sont jamais des jours de jeûne.
Le chant de l’invitatoire de matines pour les fêtes solennelles connait – dans le rit de Paris – de savantes alternances entre quatre chantres en chapes, l’orgue et le chœur. Ces alternances sont plus simples pour les fêtes doubles, rang auxquels sont placés les dimanches de l’Avent : deux chantres en chapes alternent avec le chœur, sans intervention de l’orgue.

A suivre…

Programme du premier dimanche de l’Avent

Avent01Saint-Eugène, le dimanche 1er décembre 2019 : premières vêpres le samedi à 20h, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Catéchisme de l’Avent
Le temps de l’Avent – du latin adventus qui signifie venue – est le temps liturgique préparatoire de Noël. Cette période a été instituée en Occident au cours du Vème siècle, sans doute en écho des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine qui orientèrent les prédicateurs sur le mystère de l’Incarnation. A Rome, la messe stationale de ce premier jour de l’année liturgique se fait en la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, reconstruite en 432 après le Concile d’Ephèse en l’honneur de la Mère de Dieu. Du reste, l’homélie de saint Grégoire le Grand qui se lit cette nuit à l’office nocturne a été prononcée dans cette basilique.

Dans l’Eglise romaine, l’Avent commence quatre dimanches avant Noël. Suivant le 9ème canon du concile de Macon de 581, l’Avent de l’ancien rit des Gaules comportait lui six dimanches (et commençait par la saint Martin le 11 novembre), comme du reste le font toujours les Milanais qui suivent le rit ambrosien et les Mozarabes (qui l’adoptèrent en 650). Les syriaques orientaux (assyriens & chaldéens) observent un Avent de quatre semaines comme les romains, et ce sont les seuls orientaux à avoir un temps liturgique spécial avant Noël. Chez les byzantins, seul un jeûne préparatoire commençant le 15 novembre est observé, sans incidence vraiment marquée dans les textes liturgiques, et les deux dimanches avant Noël font mémoire des ancêtres du Christ selon la chair.

L’Avent dans le rit romain est un temps de pénitence, que les usages liturgiques marquent de plusieurs façons : le violet devient la couleur de la liturgie, on n’orne plus les autels de fleurs, l’orgue cesse de se faire entendre seul, le diacre & le sous-diacre déposent leur dalmatique & leur tunique pour prendre les chasubles pliées. Le chant du Te Deum est supprimé de l’office nocturne et celui du Gloria de la messe (ce dernier, qui commence par les paroles même du chant des Anges lors de la naissance du Sauveur, se fera de nouveau entendre à Noël à la messe de minuit). Toutefois, ce temps de pénitence est aussi un temps de joyeuse espérance, avec l’emploi de textes magnifiques qui la chantent, l’alleluia n’y est du reste pas supprimé, contrairement au Carême, il est au contraire plus fréquemment utilisé à l’office divin. A l’office nocturne, on commence en ce jour la lecture du livre du prophète Isaïe, laquelle s’achèvera à Noël. On cantile les leçons d’Isaïe sur un ton spécial, particulièrement joyeux.

Il convient que tout homme se prépare à l’avènement du Sauveur ; de crainte qu’il ne le trouve livré à la gourmandise, ou embarrassé dans les soucis du siècle. Il est prouvé, par une expérience de tous les jours, que la vivacité de l’esprit s’altère par l’excès du boire, et que l’énergie du cœur est affaiblie par une trop grande quantité d’aliments. Le plaisir de manger peut devenir nuisible, même à la santé du corps, si la raison et la tempérance ne le modèrent, ne résistent à l’attrait, et ne retranchent au plaisir ce qui serait superflu.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Ières vêpres du Ier dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • Motet de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • Prière pour Mgr l’Archevêque de Paris : Oremus pro antistite nostro Michaeli – VIIème ton
  • Prière pour la paix : Da pacem Domine – IInd ton
  • Prière pour la France : Domine salvam fac Galliam – VIème ton royal
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI – VIème ton royal

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Ier dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ton « moderne »
  • Chant final, de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton

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Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – Saints Platon & Romain – ton 7

Le martyre de saint Platon d'Ancyre - Fresque du monastère de Dyonisiou (Mont Athos), 1547Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 1er décembre 2019 du calendrier grégorien – 18 novembre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint martyr Platon d’Ancyre.

Saint Platon vivait à Ancyre (actuelle Ankara), en Galatie, sous le règne de l’empereur Maximien (285-305) et était le frère selon la chair du saint martyr Antiochus (fêté le 18 juillet). Comme il confessait publiquement sa foi au Christ et encourageait les Chrétiens à rester fermes dans la persécution, il fut arrêté par les soldats de l’empereur et conduit devant le gouverneur Agripinus. Inébranlable dans sa conviction malgré son jeune âge, il fut d’abord frappé par douze soldats, puis étendu sur un lit de bronze brûlant, et il eut la chair déchirée et brûlée par toutes sortes de tortures. Devant le spectacle de ses souffrances, un grand nombre de païens embrassa la Foi. Le saint Martyr éleva vers Dieu sa prière au milieu des tourments et les Puissances angéliques répondirent : « Amen ! » de manière à ce que tous les spectateurs entendissent ce témoignage de l’assistance de l’Eglise du ciel dans les combats du Saint athlète du Christ. Après d’autres supplices, saint Platon fut décapité et partit rejoindre l’assemblée des Saints. Saint Platon est commémoré au 22 juillet au Martyrologe romain :

A Ancyre, en Galatie, l’anniversaire de saint Platon, martyr. Sous le lieutenant Agrippin, il fut battu de verges, déchiré avec des ongles de fer, et souffrit d’autres genres de tourments très cruels ; il eut enfin la tête tranchée et remit à Dieu son âme invincible. Ses miracles accomplis pour venir en aide aux captifs, sont attestés par les Actes du second concile de Nicée.

*

Saint Romain d'AntiocheNous fêtons également en ce jour le saint martyr Romain, diacre et exorciste de l’Eglise de Césarée de Palestine, qui souffrit généreusement le martyre à Antioche lors de la persécution de Dioclétien (303), ainsi que le saint garçon Barulas qui l’accompagna dans sa passion.

Saint Romain exerçait les offices de diacre & d’exorciste dans l’Eglise de Césarée quand furent publiés en 303 les édits de la grande persécution de Dioclétien et de Maximien. Il se trouvait alors à Antioche lorsqu’on commença à y démolir les églises. Comme il exhortait les chrétiens à défendre leurs sanctuaires & qu’il relevait le courage d’un grand nombre, il fut arrêté et traduit devant le juge Asclépiade. Au cours du procès, un enfant, Barulas (Barallaha en syriaque, et par contraction Barlaha), avait été pris par hasard dans la foule pour apporter son témoignage. Or l’enfant loua le Dieu de Jésus-Christ et, pour cela, il fut battu de verges et Asclépiade eut l’inhumanité de le faire décapiter. Avant sa mort, le saint garçon pria sa mère, présente à l’exécution de son fils, de lui donner à boire, et sa mère ne cessa de l’encourager, le priant de supporter toutes ses souffrances pour le Seigneur Jésus-Christ. S’élevant au dessus des sentiments de la nature, elle tint la tête de son fils sur le billot et eut l’autorisation ensuite d’enterrer son corps.

Asclépiade condamna saint Romain à être brûlé vif après avoir été flagellé et déchiré par des crocs de fer. L’exécution devait se faire en présence de Dioclétien qui était alors à Antioche. Une averse empêcha le feu de prendre et saint Romain louait Dieu tout en se moquant de ses bourreaux et des idoles impies des païens. L’empereur le fit amener et commua la sentence, ordonnant qu’on coupa la langue de saint Romain jusqu’à la racine. On le jeta ensuite en prison pour plusieurs mois, et le saint continua cependant à parler malgré son supplice. Enfin, on l’étrangla dans la prison le 17 novembre 303. Cependant, sa fête liturgique est célébrée le 18 novembre, tant en Orient qu’en Occident. Voici du reste sa notice au Martyrologe romain du 18 novembre :

A Antioche, l’anniversaire de saint Romain, martyr. Au temps de l’empereur Galère, comme il voyait le préfet Asclépiade faire irruption dans une église et s’efforcer de la renverser de fond en comble, il exhorta les autres chrétiens à entraver ce dessein. Pour ce motif, après avoir souffert d’affreux tourments et avoir eu la langue coupée (ce qui cependant ne l’empêchait pas de célébrer les louanges de Dieu), il fut étranglé en prison et honoré de la couronne du martyre. Avant lui souffrit aussi un petit enfant, nommé Barulas, qui, interrogé par le préfet sur ce qui était le plus raisonnable, ou d’adorer un seul Dieu, ou d’en reconnaître plusieurs, avait répondu qu’il fallait croire au seul Dieu qu’adorent les chrétiens ; pour ce motif il fut battu de verges et décapité.

Le culte de saint Romain & de saint Barulas s’est répandu très tôt en Orient comme en Occident. Le martyre de saint Romain est bien connu car il a été rapporté par Eusèbe de Césarée (Traité de la Résurrection, livre 2 & Livre des Martyrs de Palestine, chap. 2). Saint Jean Chrysostome prononça un Panégyrique en son honneur à Antioche, le jour de sa fête (43ème discours). On trouve un second panégyrique de saint Romain dans les œuvres attribuées à saint Jean Chrysostome, mais qui doit être d’un autre prêtre d’Antioche contemporain. Enfin, nous possédons un troisième panégyrique de ce saint parmi les homélies publiées sous le nom d’Eusèbe d’Emèse (Sermon 50).

Surtout, le poète espagnol Prudence (348 † c. 405/410) consacre à saint Romain un long poème très bien documenté, qui a été rangé à l’époque moderne comme 10ème hymne de son Peristephanon. Cette pièce de 1140 vers en trimètres iambiques, intitulée Romanus, Contre les païens est un des rares exemples de quasi « tragédie » écrite par un auteur chrétien dans l’Antiquité. La fête de saint Romain a été célébrée de bonne heure au 18 novembre dans le rit hispano-mozarabe. Voici la première strophe de l’hymne, qui doit remonter à l’époque wisigothique :

Romane, Christi fortis adsertor Dei,
Elinguis oris organum fautor move :
Largire comptum carmen, et faustissimum,
Fac ut tuarum mira laudum concinam.

Romain, fort défenseur du Christ Dieu, accorde ta faveur et remue ma langue dans ma bouche sans voix, accorde abondamment le chant gracieux et permets-moi de réussir à chanter les merveilles de ta gloire.

En araméen, Barallaha signifie Enfant (ou serviteur) de Dieu. Dans le rit hispano-mozarabe, le saint martyr Barulas est nommé Théodule, mot grec qui a la même signification.

Autre témoignage de la dévotion précoce des Espagnols à saint Romain, de nombreuses églises ibériques lui sont dédiées, dont l’une des plus anciennes églises de Tolède (Eglise Saint-Román, actuel Musée des Conciles de Tolède et de la Culture wisigothique). Si le bâtiment actuel remonte au XIIIème siècle, il succède à une basilique wisigothique transformée en mosquée avant le XIème siècle, elle même établie sur une première basilique antique. C’est pour une autre église Saint-Romain à Séville que Francisco de Zurbarán a peint un célèbre tableau du saint tenant sa langue, accompagné du saint garçon Barulas.

La Gaule antique ne fut pas en reste dans l’hommage et la dévotion à saint Romain. Saint Eucher, évêque de Lyon (370 † 449) lui consacre un de ses sermons prononcé au jour de sa fête. La ville de Lyon possédait depuis au moins le VIème siècle (peut-être depuis le Vème siècle) une église dédiée à saint Romain, qui fut détruite à la révolution. La ville de Vienne en possédait une également. Du reste, de nombreuses églises et communes de notre pays sont nommées d’après saint Romain d’Antioche.

*

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des martyrs. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Lumière est le Père, lumière le Fils, * lumière aussi le Saint-Esprit, * mais une seule lumière est en eux trois, * car en trois personnes il n’y a qu’un seul Dieu * consubstantiel & coéternel ** sans division ni confusion depuis toujours & à jamais.
8. Tu mis au monde dans la chair * le Fils & Verbe du Père éternel * d’une manière que lui seul connaît ; * aussi, Vierge Mère de Dieu, * nous qui par toi fûmes divinisés, ** nous te crions : Réjouis-toi, espérance des chrétiens.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire des Martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Martyr Platon, ton 3 : Ta mémoire, saint Platon, réjouit le monde entier, * appelant les fidèles vers ton temple sacré ; * tous ensemble nous y chantons * avec allégresse tes hauts faits * et dans la foi nous nous écrions : ** Délivre des barbares ce qui fut ta cité.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).

Epître
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Fêtes patronales de saint Eugène et sainte Cécile 2019 : photos et vidéos

Les deux fêtes patronales des deux saints patrons de notre paroisse sont à huit jours de distance : saint Eugène est en fêté le 15 novembre et sainte Cécile le 22 novembre, jour octave de saint Eugène. Comme chaque année, notre paroisse déploie les fastes de la liturgie pour louer Dieu et honorer nos saints patrons, les solennités de ces deux fêtes étant reportées au dimanche qui suit.

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre : sainte messe de la solennité de saint Eugène, évêque et martyr

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'offertoire.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’offertoire.
Véritas mea et misericórdia mea cum ipso : et in nómine meo exaltábitur cornu ejus.
Offertoire de la messe de saint Eugène (Psaume LXXXVIII, 25)
Ma vérité et ma miséricorde lui sont acquises, et en mon nom croîtra sa vigueur.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - aux encensements de l'offertoire.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – aux encensements de l’offertoire.
Súscipe, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus, hanc immaculátam hóstiam. Reçois, Père saint. Dieu éternel et tout-puissant, cette offrande sans tache.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'élévation du Corps du Seigneur.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’élévation du Corps du Seigneur.
Benedíctus qui venit in nómine Dómini.
Hósanna in excélsis.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna dans les hauteurs !
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  communion du célébrant.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – communion du célébrant.
Percéptio Córporis tui, Dómine Iesu Christe, quod ego indígnus súmere præsúmo, non mihi provéniat in iudícium et condemnatiónem : sed pro tua pietáte prosit mihi ad tutaméntum mentis et córporis, et ad medélam percipiéndam. Si j’ose recevoir ton Corps malgré mon indignité, Seigneur Jésus-Christ, que cela n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais par ta miséricorde me serve de sauvegarde et de remède pour l’âme et pour le corps.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  bénédiction finale.
Sainte messe de la solennité de saint Eugène – bénédiction finale.
Pláceat tibi, sancta Trinitas, obséquium servitútis meæ : et præsta ; ut sacrifícium, quod óculis tuæ maiestátis indígnus óbtuli, tibi sit acceptábile, mihíque et ómnibus, pro quibus illud óbtuli, sit, te miseránte, propitiábile. Agrée, Trinité sainte, l’hommage de ton serviteur : ce sacrifice que malgré mon indignité j’ai présenté aux regards de ta Majesté, rende-le digne de te plaire et capable, par l’effet de ta miséricorde, d’attirer ta faveur sur moi-même et tous ceux pour qui je l’ai offert.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, au cours de laquelle la Schola Sainte Cécile chantait la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à la Chapelle royale :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre 2019 : secondes vêpres de saint Eugène, évêque et martyr et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.
Qui vult veníre post me, abneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, & me suive.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au début du salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au début du salut du Très-Saint Sacrement.
O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Fêtes patronales 2019
Vendredi 22 novembre 2019 : sainte messe de la fête de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe ordinaire des Paroisses pour les festes solennelles de François Couperin

Comme nous y invite la première antienne de l’office de sainte Cécile – Cantantibus organis, pour le jour même de la fête de sainte Cécile, notre organiste nous avait proposé une expérience unique pour ces fêtes patronales 2019 : chanter la sainte messe en plain-chant avec les alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin, la plus célèbre des messes d’orgue du répertoire. Imprimée à Paris en 1690 alors que Couperin n’a que 22 ans, cette œuvre témoigne à la fois de son talent précoce et de la synthèse qu’il a su faire de l’art liturgique des maîtres parisiens de l’orgue qui l’ont précédé.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Depuis le Moyen-Age (certains prétendent depuis la Grande Peste qui avait dépeuplé les chœurs des églises), l’usage s’était introduit que l’orgue – les dimanches et jours de fêtes – alternât avec les chantres du chœur les différents versets de certaines parties de l’office et de la messe. Le jeu de l’orgue figurait alors le chant liturgique.

Cet usage a été parfaitement codifié au Concile de Trente (1542-1563) et par les livres liturgiques qui en sont issus, en particulier par le Cérémonial des Evêques publié en 1600 par Clément VIII. Pour Paris, le Cérémonial parisien de 1662 sera encore plus précis sur les moments et temps où l’alternance d’orgue doit se pratiquer.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Voici quelques unes des dispositions prévues par les cérémoniaux :

  • l’orgue figure toujours les versets impairs, les chantres chantent les versets pairs,
  • à la messe, l’alternance se fait pour le Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei. L’orgue figure en outre l’Offertoire et la réponse Deo gratias à l’Ite missa est, le Credo en revanche ne doit pas être alterné,
  • le premier verset est régulièrement construit par l’organiste sur le plain-chant, cité en valeurs longue à la basse (cette technique reprend l’usage des polyphonies vocales improvisées appelées « Chant sur le livre ») – l’organiste est plus libre de composer/improviser les autres versets à sa guise (en s’inspirant plus ou moins librement du plain-chant) – le dernier verset est le plus souvent un plein jeu de l’orgue,
  • un chantre dans le chœur doit proclamer à haute voix le texte du verset que l’orgue figure,
  • toute alternance d’orgue est supprimée les jours de pénitence (Avent, Carême, Quatre-Temps, vigiles des fêtes) et aux offices et messes des morts : l’orgue est considéré comme l’instrument par excellence de la joie.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.
Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

La Messe des Paroisses de François Couperin est conçue pour alterner avec le plain-chant de la Messe IV Cunctipotens, gardée par toutes les traditions diocésaines comme la messe par excellence des fêtes les plus solennelles, ce que nous avons bien sûr suivi pour ces fêtes patronales 2019. Il s’agit d’une magnifique et lente contemplation de la messe et d’une offrande musicale à Dieu qui s’unit au Saint Sacrifice.

Si on voit parfois en concert le plain-chant donné en alternance avec la Messe des Paroisses, jouer l’intégralité de la partition de Couperin dans une messe véritable est une expérience unique à l’époque contemporaine.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, chantée en plain-chant avec l’intégrale des alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : sainte messe de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe du Sacre de Louis XVI par François Giroust

Chaque année, nous célébrons nos fêtes patronales en offrant à Dieu la plus belle louange possible : votre schola travaille ce répertoire plusieurs mois à l’avance et convoque des amis musiciens pour l’occasion.

Pour fêter notre patronne sainte Cécile, patronne des musiciens, la Schola Sainte Cécile a interprété cette année, avec orchestre, la messe à 5 voix Gaudete in Domino semper. Cette messe fut composée en urgence en quelques jours par François Giroust, maître de la chapelle royale, pour être jouée au sacre de Louis XVI en la cathédrale de Reims le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775. Elle est transfigurée de part en part de l’allégresse rayonnante du sacre.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.
Loquébar de testimóniis tuis in cons-péctu regum, et non confundébar : et meditábar in mandátis tuis, quæ diléxi nimis Je te rendrai témoignage en face des rois, et je ne serai pas confondue ; et je méditerai tes commandements, que j’aime par-dessus tout.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.
Hæc commíxtio et consecrátio Córporis et Sánguinis Dómini nostri Iesu Christi, fiat accipiéntibus nobis in vitam ætérnam. Amen. Que ce mélange et consécration du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous allons recevoir, nous serve pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.
Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.

La sainte messe fut suivie de la bénédiction des instruments de musique par M. le Chanoine Guelfucci, curé.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, avec la Messe du Sacre de Louis XVI composée par François Giroust :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.
Cantántibus órganis, Cæcília Dómino decantábat dicens : Fiat cor meum immaculátum, ut non confúndar. Tandis que résonnent les chants des instruments, Cécile chantait au Seigneur, disant : « Que mon cœur soit pur, afin que je ne sois pas confondue ».
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.
Virgo gloriósa semper Evangélium Christi gerébat in péctore suo, et non diébus neque nóctibus, a collóquiis divínis et oratióne cessábat. La vierge glorieuse portait toujours l’évangile du Christ sur son cœur, et ne cessait de passer jour et nuit en colloques divins & en prière.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.
Quia fecit mihhi magna qui potens est : et sanctum nomen ejus. Car il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant, & de qui le nom est saint.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.
Ave verum Corpus natum de María Vírgine. Je te salue, ô vrai Corps, né de la Vierge Marie.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.
Tantum ergo Sacraméntum
Venerémur cérnui :
Et antíquum documéntum
Novo cedat rítui :
Præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.
Un si auguste sacrement
Adorons-le front contre terre
Et que l’ancienne alliance
Fasse place au rite nouveau.
Que la foi supplée
A la faiblesse de nos sens.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - bénédiction du Très-Saint Sacrement.
Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – bénédiction du Très-Saint Sacrement.
Genitóri, Genitóque
Laus et jubilátio :
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedíctio :
Procedénti ab utróque
Compar sit laudátio. Amen.
Au Père et au Fils
Soit Louange et jubilation,
Salut, honneur, puissance
Et bénédiction;
A Celui qui procède de l’un et de l’autre
Soit égale louange. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Nous terminons cet article, faible écho de la beauté des liturgies que nous avons eu la grâce de vivre au cours de ces fêtes patronales 2019, en remerciant vivement nos chers pasteurs Monsieur le Chanoine Guelfucci, curé, et Monsieur l’Abbé Grodziski, vicaire, les grands clercs, les choristes, Fanny pour les photos, les techniciens de la régie d’Ite missa est pour les enregistrements, et tout particulièrement Monsieur le Curé de la paroisse Saint-Paul – Saint-Louis qui a prêté à notre paroisse ces magnifiques ornements conçus au XIXème siècles pour l’ancien rit parisien.