Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Messe solennelle de Requiem pour le Xème anniversaire du trépas du R.P. Jean-Bernard de Langalerie, ancien vicaire de Saint-Eugène

Armes du R.P. Jean-Bernard de Gérault de Langalerie - dessin de https://lajussienne.comSaint-Eugène, le mercredi 12 juillet 2023, Requiem solennel de 19h.

Le Révérend Père Jean-Barnard de Langalerie fut six ans vicaire de Saint-Eugène – Sainte-Cécile, de septembre 2001 à septembre 2007, après l’avoir été à la paroisse voisine de Saint-Louis-d’Antin. Il avait été ordonné prêtre, en des temps difficiles pour l’Eglise, le 21 décembre 1969 par le Son Eminence Giuseppe, cardinal Siri en la chapelle du séminaire diocésain de Gênes. Il était membre de la Fraternité de la très Sainte Vierge Marie, fondée à Gênes par le Révérend Père Theodossios Marie de la Croix.

A la sainte messe :

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

R. P. Jean-Bernard de Langalerie

Catéchisme sur le Purgatoire & sur la prière pour les morts

Programme du VIème dimanche après la Pentecôte

Victor Matorin, La Multiplication des painsSaint-Eugène, le dimanche 9 juillet 2023, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La Multiplication des pains

Outre la très belle épître baptismale de saint Paul aux Romains, la liturgie de ce jour nous fait lire le récit de la multiplication des pains dans Marc au chapitre VIII.

C’est après que cette femme qui figurait l’Église, eut été guérie d’un flux de sang ; c’est après que les Apôtres eurent été choisis pour prêcher l’Évangile du royaume de Dieu, que Jésus-Christ distribua l’aliment de la grâce céleste. Et remarquez à qui il le dispense : ce n’est point à ceux qui demeurent oisifs, à ceux qui restent dans la ville, c’est-à-dire à ceux qui s’attardent dans la synagogue ou se complaisent dans les honneurs du siècle ; mais c’est à ceux qui, pour chercher le Christ, pénètrent jusqu’au désert. Ceux qui surmontent toute répugnance, ceux-là sont accueillis par le Christ, c’est avec eux que le Verbe de Dieu s’entretient, non des affaires de ce monde, mais du royaume de Dieu. Et si parmi eux il en est qui soient affligés de quelque infirmité corporelle, il leur accorde d’abord le bienfait de la guérison.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du VIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Christum Regem adoremus – Invitatoire des matines de la Fête-Dieu avec des versets du Psaume 33 sur une ancienne psalmodie
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Psaume 150 – Laudate Dominum in sanctis ejus – plain-chant patriarchin

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres du dimanche.
Télécharger le livret des IIndes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement propre à ce dimanche au format PDF.

Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine

Icone de la Mère de Dieu de Tikhvine
Icone miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine.
Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 9 juillet 2023 du calendrier grégorien – 26 juin 2023 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’apparition de l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvine (1383).

Le 26 juin 1383, une icône de la Mère de Dieu apparut à quatre reprises dans la région qui va du Lac Ladoga à Novgorod (l’icône flottait dans les airs), la dernière apparition ayant eut lieu à proximité de la ville de Tikhvine (Тихвин, parfois transcrit Tichvine), sur la rive gauche de la rivière Tikhvinskaïa, où l’on bâtit un sanctuaire pour l’abriter.

On l’identifia peu après à une icône qui avait disparu de Constantinople, ville qui l’aurait elle-même reçu de Jérusalem au Vème siècle.

L’église en bois qui avait été édifiée sur le lieu de la dernière apparition brûla à trois reprises mais l’icône demeura à chaque fois intacte. Cette église fut rebâtie en pierre sur ordre de Basile III le Grand, grand prince de Vladimir et de Moscou, de 1507 à 1515. Puis en 1560 fut fondé autour de cette église le monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine (Тихвинский Богородичный Успенский монастыр) sur ordre du Tsar Ivan III le Terrible.

En 1613, les armées suédoises pénétrèrent sur le sol russe et s’emparèrent de Novgorod. Les habitants de la région coururent se réfugier au monastère de Tikhvine. Les champs furent dévastés, le bétail dispersé, et le monastère encerclé par l’ennemi protestant. Les moines et les habitants réfugiés se préparaient à affronter un long siège. La Toute-Sainte Vierge apparut une nuit à une femme du nom de Marie, qui avait peu de temps auparavant recouvré la vue devant l’icône : « Dis aux défenseurs que l’ennemi n’entrera pas dans le monastère. Prends mon icône, et faites une procession sur les remparts du monastère ! » Les moines agirent selon les paroles de la Reine des cieux, et les Suédois levèrent le camp en effet.

Pendant la guerre contre Napoléon de 1812, et de même lors de la guerre de Crimée de 1855-1856, l’icône fut empruntée au monastère pour soutenir le moral des troupes russes.

Procession avec l'icône de Tikhvine en 1812.
Procession avec l’icône de Tikhvine en 1812.

De nombreux miracles sont signalés autour de cette icône, ou bien de ses nombreuses copies diffusées un peu partout en Russie. Parmi les plus connus, la guérison miraculeuse au XIXème d’une jeune protestantes de Saint-Pétersbourg nommée Catherine Levestam, qui ne pouvait plus marcher. La Mère de Dieu lui était apparue dans son sommeil en lui disant : « Va à la cathédrale Saint-Isaac. Là se trouve une copie de mon icône de Tikhvine. Si tu la vénères, tu seras guérie ». Les paroles étaient si convaincantes que Catherine, toute protestante qu’elle était, fit le trajet transportée en calèche, fut portée dans l’église, et, dès qu’elle aperçut l’icône de la Mère de Dieu, s’écria : « C’est elle ! » On la déposa sur le sol et, quand elle put tenir debout sans aide, elle s’approcha de l’icône et l’embrassa. La guérison fut instantanée.

Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).
Icône de la Mère de Dieu de Tikhvine avec son riza (revêtement précieux).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Tikhvine fut prise le 8 novembre 1941 par le 39ème Corps blindé allemand, afin de couper le ravitaillement de Léningrad. La ville fut rapidement libérée par l’Armée rouge le 9 décembre 1941, mais durant leur courte occupation, les Nazis avaient pillé le monastère de Tikhvine, emportant entre autres l’icône miraculeuse, qui avait pourtant échappée aux spoliations des objets d’art religieux par les Soviétiques dans les années 1920.

Les Nazis firent passer l’icône à Pskov puis à Riga en Lettonie. Lorsqu’ils évacuèrent la ville en 1944, l’icône put être récupérée et miraculeusement sauvée par Mgr Jean Garklavs, évêque orthodoxe de Riga. Avec sa mère, son fils adoptif Serge et un petit groupes de prêtres orthodoxe lettons, Mgr Jean choisit de prendre la fuite devant l’avancée des troupes communistes, en emportant avec lui la précieuse icône. Ils parvinrent en Bavière où l’évêque contribua à l’organisation de paroisses orthodoxe, avant d’émigrer en 1949 aux Etats-Unis et d’intégrer la Métropole orthodoxe américaine (actuelle Eglise orthodoxe d’Amérique), étant nommé évêque de Détroit et Cleveland en 1949, puis archevêque de Chicago-Minneapolis en 1957. L’icône miraculeuse de Tikhvine fut alors vénérée dans la cathédrale de la Sainte-Trinité de Chicago, y demeurant sous la protection de l’archevêque Jean jusqu’à sa mort en 1982, puis de son fils adoptif le prêtre Serge Garklavs, à condition qu’il la restitue au monastère de Tikhvine si celui-ci devait un jour reprendre vie.

Avec la fin du Communisme en Russie, ce monastère fut bien heureusement rendu à l’Eglise russe en 1995, la vie monastique y refleurissant peu après. Accomplissant le vœu de son père adoptif, le prêtre Serge Garklavs proposa en 2003 le retour de l’image sainte, qui fut accompli triomphalement en 2004, déplaçant des foules gigantesques sur son trajet, tant à Moscou qu’à Saint-Pétersbourg. L’icône retrouva la place que la Mère de Dieu lui avait assignée en 1383 le 8 juillet 2004, veille de la fête liturgique de Notre-Dame de Tikhvine.

Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine
Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Tikhvine

L’icône de la Mère de Dieu de Tikhvine appartient au type Hodighitria (οδηγεώ : je conduis, je guide). Dans ce type iconographique, la Mère de Dieu montre son Fils avec sa main droite, guidant par là même les hommes vers Dieu et vers le salut éternel ; l’Enfant-Jésus, lui, bénit le geste de sa Mère avec sa main droite. La particularité du type iconographique de Tikhvine réside dans un petit détail : les jambes de l’Enfant-Christ sont croisées, avec la plante de l’un de ses pieds tournée vers celui qui contemple l’icône.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du dimanche, ton 4, et quatre tropaires de la IIIème ode du canon de la Mère de Dieu :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : En ce jour comme un soleil resplendissant a brillé pour nous dans les airs, * Notre Dame, ton icône toute-digne de vénération, * illuminant de ta rayonnante miséricorde le monde entier ; * et, la grande Russie, * comme un don de Dieu, l’ayant reçue d’en haut avec piété, * te glorifie, Mère de Dieu, Souveraine de l’Univers, * & magnifie avec joie notre Dieu, le Christ, né de toi ; ô Dame & Reine Mère de Dieu, prie-le * de garder toute ville et contrée chrétienne * à l’abri de toutes les incursions ennemies* et de sauver les fidèles se prosternant devant Lui et devant ton image sacrée, ** ô Vierge inépousée.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Tous ensemble accourons vers la Vierge Mère de Dieu et Reine * rendant grâces au Christ Dieu * et de tout cœur devant l’icône miraculeuse * prosternons-nous et crions vers elle : O Marie notre Dame ! * toi qui as visité miraculeusement ce pays par l’apparition de ta vénérable icône, * garde en paix l’ensemble des Chrétiens, * fais qu’ils héritent l’éternelle vie. ** Nous te chantons avec foi : réjouis-toi, ô Vierge, salut du monde !

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.
Mais il s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme de la solennité des saints Pierre & Paul – première messe de M. l’Abbé Saphy, ibp

Saint-Eugène, le dimanche 2 juillet 2023, grand’messe de 11h, célébrée par M. l’Abbé Saphy, ibp, nouvellement ordonné, suivi du Te Deum d’actions de grâces et de la bénédiction du nouveau prêtre. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Mémoires du Vème dimanche après la Pentecôte et de la fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie.

Sans doute, frères bien-aimés, le reste du monde prend part à toutes nos solennités saintes ; et la piété d’une même foi demande qu’on célèbre en tous lieux, avec une joie commune, ce qui s’est accompli pour le salut de tous. Néanmoins la fête d’aujourd’hui, en plus de ce respect qui lui est acquis par toute la terre, doit être en notre Ville le sujet d’une vénération spéciale, accompagnée d’une particulière allégresse : de sorte que là où les deux principaux Apôtres sont morts si glorieusement, il y ait, au jour de leur martyre, une plus grande explosion de joie. Car ce sont là, ô Rome, les deux héros qui ont fait resplendir à tes yeux l’Évangile du Christ ; et c’est par eux que toi, qui étais maîtresse d’erreur, tu es devenue disciple de la vérité.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres de la solennité des saints Apôtres Pierre & Paul & mémoires du Vème dimanche après la Pentecôte et de la fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.
Télécharger le livret de la mémoire du Vème dimanche après la Pentecôte au format PDF.
Télécharger le livret de la mémoire de la fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie au format PDF.

Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – saint Jude – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 juillet 2023 du calendrier grégorien – 19 juin 2023 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint Apôtre Jude, frère du Seigneur.

Saint Jérôme avait surnommé cet Apôtre le Trinome, car en effet il est connu dans les Ecritures sous trois noms différents, ou plutôt sous son nom et deux surnoms qui lui ont été d’autant plus volontiers donnés qu’il fallait absolument le distinguer de l’autre apôtre de ce nom, Judas l’Iscariote.

  1. Judas (Ἰούδας), francisé plus volontiers en Jude, est le prénom de notre Apôtre. Il est désigné souvent dans l’Ecriture comme « Jude de Jacques », sans que l’on sache si cela signifie qu’il est fils ou bien frère d’un Jacques. Néanmoins, en raison du premier verset de l’Epître de Jude, où l’auteur s’identifie par son frère, on interprète cette expression plus volontiers comme « Jude, frère de Jacques » :
    • Luc VI, [15]-16 : « Jacques d’Alphée ; Simon le Cananéen ; Judas de Jacques ; et Judas Iscariote, qui fut celui qui le trahit. »
    • Actes I, 13 : « Et étant entrés, ils montèrent à une chambre haute, où demeuraient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu ; Jacques d’Alphée ; Simon le Zélote ; et Jude de Jacques. »
    • Jude 1 : « Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques : à ceux que Dieu le Père a aimés, et que Jésus-Christ a conservés en les appelant. »
  2. Thaddée (Θαδδαιος), est l’un de ses surnoms et constitue vraisemblablement une hellénisation du surnom araméen Addaï.
    • Marc III, 18 : « André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas ; Jacques, fils d’Alphée ; Thaddée ; Simon le Cananéen ».
  3. Lebbée (Λεββαιος), qui est peut-être une variante de Lévy, apparait parfois dans certains manuscrits.
    • Matthieu X, 3 : « Jacques de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu le publicain ; Jacques d’Alphée, et Lebbée surnommé Thaddée » (certains manuscrits n’indiquent ici que Thaddée seul).

De plus certains manuscrits latins ajoutent dans les listes des Douze Apôtres le qualificatif de Zélote également à Jude, comme à Simon. Ce qualificatif se retrouve aussi chez saint Jérôme, dans le décret du Pape Gélase sur le canon biblique, ainsi que dans certains manuscrits grecs des Constitutions Apostoliques (IVème s.). Les Zélotes étaient alors un courant du Judaïsme palestinien refusant la moindre compromission avec le pouvoir impérial romain.

Cette abondance de noms et surnoms provient de l’impérieuse nécessité de distinguer les deux Judas qui sont dans la liste des Douze Apôtres du Christ. C’est ainsi que saint Jean se sent obligé de préciser : « Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur ! d’où vient que vous vous découvrirez vous-même à nous, et non pas au monde ? » (Jean XIV, 22)

Il est significatif que Jude soit toujours nommé dans les listes apostoliques en même temps que Simon et Jacques d’Alphée, car ils étaient manifestement frères, avec Joseph (ou Joset), ayant des sœurs dont les noms ne nous sont pas parvenus. Ils étaient en effet les cousins de Jésus, désignés, à la manière sémite, sous le nom de frères et sœurs de Jésus : « N’est-ce pas là ce charpentier, ce fils de Marie, frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et ils se scandalisaient à son sujet. » (Marc VI, 3). On sait que leur mère s’appelait Marie, que cette Marie mère de Jacques le Mineur & de Joseph (dénommée Marie Jacobé par la tradition provençale) était l’une des femmes ayant assisté à la Crucifixion (et aussi parmi les premières témoins de la Résurrection) dans les Evangiles de Matthieu, de Marc & de Luc (« entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. » Matthieu XXV, 56 – « Il y avait aussi là des femmes qui regardaient de loin, entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joseph, et Salomé. » Marc XV, 40 – « Cependant Marie-Magdeleine, et Marie de Joseph, regardaient où on le mettait. » Marc XV, 47 – « Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Magdeleine, et Marie de Jacques, et Salomé, achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus. » Marc XVI, 1 – « Celles qui firent ce rapport aux apôtres, étaient Marie-Magdeleine, Jeanne, et Marie de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. » Luc XXIV, 10), tandis que l’Evangile de Jean la désigne dans les mêmes scènes comme Marie de Cléophas (« Cependant la mère de Jésus, et la sœur de sa mère, Marie de Cléophas, et Marie-Magdeleine, se tenaient auprès de sa croix. » Jean XIX, 25). Avec la tradition la plus ancienne, il faut donc admettre que Alphée et Clopas (ou Cléophas) ne forment qu’un individu. C’est en effet ce que rapporte un des Pères Apostoliques, de la génération qui suivit immédiatement les Apôtres, saint Papias d’Hiérapolis (c. 60-130) : « Marie la femme de Cléophas ou Alphée, qui était la mère de Jacques l’évêque et apôtre, et de Simon et Thaddée, et de Joseph ». Outre cette parenté avec le Christ rapportée par saint Jean l’Evangéliste (Marie de Cléophas est sœur de la Vierge Marie), la tradition ancienne rapporte une seconde parenté de Jacques, Jude, Simon et Joseph avec le Christ, puisque Cléophas serait frère de saint Joseph au témoignage d’Hégésippe (né vers 115 à Jérusalem et mort en 180), cité par Eusèbe de Césarée : « Tous, d’une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l’Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph » (Eusèbe de Césarée Hist. eccl. 3, 11). Du reste, si saint Jean appelle Marie de Clopas sœur de la Mère de Jésus, il semble bien qu’il faille entendre ici qu’elle était sa belle-sœur par alliance (il est peu probable que deux sœurs réelles portassent le même nom). Par ailleurs, aux dires de saint Hippolyte de Rome (IIIème siècle), le vrai prénom de Cléophas serait Jude (comme son fils).

Après la Pentecôte, lorsque les disciples durent remplacer Judas Iscariote parmi les Douze, l’un des deux candidats fut Joseph Barsabas dit le Juste, que la tradition a toujours identifié avec Joseph frère de Jésus (« Alors ils en présentèrent deux : Joseph, appelé Barsabas, surnommé le Juste ; et Matthias. » Actes I, 23). Plus loin, les Actes des Apôtres évoquent l’action d’un Jude Barsabas (« Alors il fut résolu par les apôtres et les prêtres, avec toute l’Église, de choisir quelques-uns d’entre eux pour les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabe : Jude, surnommé Barsabas, et Silas, qui étaient des principaux entre les frères » Actes XV, 22 – « Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous feront entendre les mêmes choses de vive voix. » Actes XV, 27 – « Jude et Silas étant eux-mêmes prophètes, consolèrent et fortifièrent aussi les frères par plusieurs discours. » Actes XV, 32 – « Silas néanmoins jugea à propos de demeurer à Antioche, et Jude retourna seul à Jérusalem. » Actes XV, 34). L’identité des deux noms conduit à penser qu’ils étaient frères. Aussi Jude Barsabas est identifié par la Tradition comme le frère du Seigneur et apôtre Thaddée, compagnon temporaire de saint Paul dans l’évangélisation, comme le rappelle le premier Kondakion de l’office byzantin de saint Jude (notons que saint Jacques le Mineur est aussi appelé « le Juste »).

Saint Jude Apôtre & Frère du SeigneurSaint Jude, frère du Seigneur, nous a laissé une des épitres catholiques du Nouveau Testament. Assez courte (elle ne comporte que 25 versets), elle n’est pas adressée à une Eglise particulière, de même que les autres épîtres que l’on qualifie de « catholiques » (« universelles ») pour cette raison.

Selon la tradition, après la Pentecôte, l’Apôtre Jude commença par évangéliser la Judée, la Galilée, la Samarie et l’Idumée, puis par la suite l’Arabie des Nabatéens et la Syrie.

Nous savons par ailleurs qu’au cours du Ier siècle de notre ère, la foi véritable fut apportée à Edesse, avec le Mandylion, par Thaddée (Addaï), qui parvint à la conversion du roi Agbar V et de son peuple, faisant ainsi de l’Osrhoène le premier royaume chrétien de l’histoire. Le Mandylion désigne le portrait acheiropoïète (αχειροποίητα) du Christ apporté à Agbar par saint Thaddée et qui obtint la guérison du roi. Il est vraisemblable qu’il s’agissait du Saint Suaire de Turin plié de façon à ne laisser apparaître que le visage du Christ. Saint Hippolyte de Rome & saint Dorothée de Gaza (IIIème s.) et surtout Eusèbe de Césarée (IVème s.) qui avait pu accéder aux archives syriaques du royaume d’Edesse, indiquent que ce Thaddée faisait partie des 70 Disciples du Christ, ce qui entraîna beaucoup de commentateurs ultérieurs à le distinguer de l’Apôtre Jude Thaddée. Pour saint Jérôme en revanche, il s’agit bien du même personnage, qui comme les autres frères du Seigneur, sont systématiquement comptés dans les listes anciennes des 70 Disciples (en dépit du fait que Jacques le Mineur, Simon et Jude étaient aussi comptés parmi les Douze). Il semble bien que la conversion de la Mésopotamie ait été conduite par Thaddée et Thomas, assistés par saint Mari (successeur de saint Thomas sur le siège de Séleucie-Ctésiphon) et saint Aggaï (successeur de saint Thaddée sur le siège d’Edesse). L’Eglise née de cette évangélisation de la Mésopotamie (actuelles Eglises Assyriennes de l’Orient et Eglise Chaldéenne catholique) utilise jusqu’aujourd’hui pour la célébration du saint sacrifice l’anaphore (ou canon) des saints Addaï (Thaddée) et Mari. Les formulations très archaïques de ce texte vénérable peuvent bien remonter pour la partie la plus ancienne (facilement identifiable) au moins au IInd siècle de notre ère.

Monastère arménien Saint-Thaddée - Iran
Monastère arménien Saint-Thaddée – Iran.
D’Edesse, saint Thaddée évangélisa l’Adiabène, alors gouvernée à Arbèles (l’actuelle Erbil au Kurdistan irakien) par le roi Izatès II qui était converti au Judaïsme. Puis il passa en Arménie, alors gouvernée par le roi Sanatruk Ier qui était le neveu d’Agbar V d’Edesse. Il convertit Sandukht, la fille du roi, avant d’être martyrisé en même temps que cette princesse et 3500 des premiers chrétiens dans la ville de Maku (Nord de l’Iran actuel) où s’élève un monastère arménien sur le lieu de son martyre.

Le saint Apôtre Jude avait été marié et sa descendance existait encore à la fin du Ier siècle. Ses petits fils furent en effet convoqués à Rome par l’empereur Domitien lui-même, en leur qualité de plus proches parents de Jésus, car l’empereur (qui régna de 81 à 96) était inquiet de l’émergence de la royauté du Christ que proclamaient les premiers chrétiens. Ayant constaté qu’il ne s’agissait que d’humbles Palestiniens sans fortune, rassuré, il les renvoya. Voici le passage d’Eusèbe dans son Histoire Ecclésiastique, Livre III, chapitres 19 & 20, qui relate cet épisode :

Le même Domitien ordonna de détruire tous les Juifs qui étaient de la race de David : une ancienne tradition raconte que des hérétiques dénoncèrent les descendants de Jude, qui était, selon la chair, frère du Sauveur, comme appartenant à la race de David et parents du Christ lui-même. C’est ce que montre Hégésippe quand il s’exprime en ces termes :

« II y avait encore de la race du Sauveur les petits-fils de Jude qui lui-même était appelé son frère selon la chair : on les dénonça comme descendants de David. L’avocatus les amena à Domitien ; celui-ci craignait la venue du Christ, comme Hérode. L’empereur leur demanda s’ils étaient de la race de David ; ils l’avouèrent ; il s’enquit alors de leurs biens et de leur fortune : ils dirent qu’ils ne possédaient ensemble l’un et l’autre que neuf mille deniers, dont chacun avait la moitié; ils ajoutèrent qu’ils n’avaient pas cette somme en numéraire, mais qu’elle était l’évaluation d’une terre de trente-neuf plèthres, pour laquelle ils payaient l’impôt et qu’ils cultivaient pour vivre. Puis ils montrèrent leurs mains et, comme preuve qu’ils travaillaient eux-mêmes, ils alléguèrent la rudesse de leurs membres, et les durillons incrustés dans leurs propres mains, indice certain d’un labeur continu. Interrogés sur le Christ et son royaume, sur la nature de sa royauté, sur le lieu et l’époque de son apparition, ils firent cette réponse, que le règne du Christ n’était ni du monde ni de la terre, mais céleste et angélique, qu’il se réaliserait à la fin des temps, quand le Christ venant dans sa gloire jugerait les vivants et les morts et rendrait à chacun selon ses œuvres. Domitien ne vit rien là qui fût contre eux ; il les dédaigna comme des gens simples, les renvoya libres et un édit fit cesser la persécution contre l’Eglise. Une fois délivrés, ils dirigèrent les églises, à la fois comme martyrs et parents du Seigneur, et vécurent après la paix jusqu’au temps de Trajan. Tel est le récit d’Hégésippe.

On connait le nom de l’un des arrières-petits-fils de saint Jude Thaddée, appelé Jude Kyriakos (« Jude du Seigneur ») ou Jude de Jérusalem, qui fut évêque de Jérusalem. Ce siège semble être resté dans la famille du Christ, puisqu’il avait été d’abord occupé par son arrière-grand oncle l’Apôtre saint Jacques le Mineur, dit Le Juste, frère du Seigneur, puis par son autre arrière-grand-oncle l’Apôtre saint Simon, puis en troisième lieu par le saint Juste, fils de saint Jacques le Mineur. Jude Kyriakos fut le dernier évêque judéo-chrétien de Jérusalem : après la révolte de Bar Kochba en 132-135, la ville fut en effet rasée par Hadrien et interdite aux Juifs, qui toutes tendances confondues furent expulsés ; le métropolite de Césarée nomma Marc comme premier évêque grec d’Ælia Capitolina, nouveau nom de Jérusalem.

Par les prières de ton saint Apôtre Jude, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de l’Apôtre.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la IIIème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Les Disciples du Christ ont vu leur majesté * au-dessus de toute magnificence s’élever, * puisqu’ils en furent les amis, * les compatriotes, les intimes, les compagnons ** et qu’ils révélèrent ses mystères divins.
8. Jude, tes frères te loueront, * comme frère te retenant * du Verbe qui est apparu dans la chair, * du Fils coéternel qui avant les siècles a brillé, ** comme soleil, du Père éternel.
9. Mortifiant tes membres terrestres, tu demeuras, * Bienheureux, avec le Christ, la vie de l’univers, * et, par tout le monde habité, * de la vivifiante Vie tu fus l’annonciateur ** en prononçant les paroles de vie.
10. Plus que toutes, tu fus comblée de grâce, * Vierge pure, et surpassas * tout être en sainteté, * t’élevant au-dessus des puissances célestes, ** toi qui es la Mère de Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 1 : Te sachant de la famille du Christ, ô Jude, * et son Martyr inébranlable, * nous te célébrons saintement, * toi qui as détruit l’erreur et préservé la foi ; * aussi célébrant ce jour ta très sainte mémoire, ** nous recevons par tes prières la rémission des péchés.
3. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Compagnon d’évangélisation de Paul, ô Apôtre, * avec lui, tu nous as annoncé la proclamation de la grâce divine, * ô bienheureux apôtre Jude qui nous enseignes les mystères. * Par conséquent, nous te crions : * Prie sans cesse pour nous tous.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Autre kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Tu as été élu pour être un ferme disciple * et une colonne inébranlable de l’Église du Christ, * tu as enseigné la parole du Christ aux nations * afin qu’elles croient en un Dieu unique ; * glorifié par lui, tu as reçu le don des guérisons ** pour soigner les infirmités de ceux qui accourent vers toi.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; * sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De l’Apôtre, ton 8 :
℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
De l’Apôtre : Jude (§ 77) I, 1-10.
Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques : à ceux que Dieu le Père a aimés, et que Jésus-Christ a conservés en les appelant.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De l’Apôtre, ton 1 :
℣. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
De l’Apôtre : Jean (§ 48) XIV, 21-24.
Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur ! d’où vient que vous vous découvrirez vous-même à nous, et non pas au monde ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alléluia, alléluia, alléluia.

Télécharger le livret des choristes au format PDF.

Programme de la fête du Précieux Sang

Saint-Eugène, le samedi 1er juillet 2023, grand’messe de 9h30.

L’amour et la dévotion au Précieux Sang de Notre Seigneur est présent dès les Epîtres de saint Paul et dans les écrits des Pères de l’Eglise. Ils constituent une méditation sur le sacrifice parfait du Fils de Dieu, qui éteint les vains sacrifices qui, depuis celui d’Abel le Juste, étaient incapables de restaurer pour nous la pleine communion avec le Père Eternel, communion rompue depuis le péché originel. En Occident, la dévotion envers le Très-Précieux Sang s’est développée tant sous l’impulsion de plusieurs mystiques (sainte Catherine de Sienne ou sainte Marie-Madeleine de Pazzi par exemple) que sous celle de nombreux miracles eucharistiques. L’institution en 1849 de la fête du Précieux Sang, qui est comme un complément liturgique de la Fête-Dieu (elle-même complément du Jeudi Saint) revient au Bienheureux Pie IX, lorsque le Pape, chassé de Rome par les révolutionnaires de 1848, revint de son exil de Gaète.

En voici le récit que dom Guéranger fait des circonstances de son institution :

Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que cette fête est le monument de l’une des plus éclatantes victoires de l’Église au dernier siècle. Pie IX avait été chassé de Rome, en 1848, par la Révolution triomphante ; dans ces mêmes jours, l’année suivante, il voyait rétablir son pouvoir. Les 28, 29 et 30 juin, sous l’égide des Apôtres, la fille aînée de l’Église, fidèle à son glorieux passé, balayait les remparts de la Ville éternelle ; le 2 juillet, fête de Marie, s’achevait la conquête. Bientôt un double décret notifiait à la Ville et au monde la reconnaissance du Pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements. Le 10 août, de Gaète même, lieu de son refuge pendant la tourmente, Pie IX, avant d’aller reprendre le gouvernement de ses États, s’adressait au Chef invisible de l’Église et la lui confiait par l’établissement de la fête de ce jour, lui rappelant que, pour cette Église, il avait versé tout son Sang. Peu après, rentré dans sa capitale, il se tournait vers Marie, comme avaient fait en d’autres circonstances saint Pie V et Pie VII ; le Vicaire de l’Homme-Dieu renvoyait à celle qui est le Secours des chrétiens l’honneur de la victoire remportée au jour de sa glorieuse Visitation, et statuait que la fête du 2 juillet serait élevée du rite double-majeur à celui de seconde classe pour toutes les Églises : prélude à la définition du dogme de la Conception immaculée, que l’immortel Pontife projetait dès lors, et qui devait achever l’écrasement de la tête du serpent. »

L’institution de cette fête demeure ainsi un monument des vicissitudes de l’Eglise et de l’assistance qu’elle reçoit de son divin fondateur. La fête du Précieux Sang avait été instituée initialement au premier dimanche de juillet. Saint Pie X, afin d’alléger le calendrier en fêtes mobiles de dévotion, la déplaça au 1er juillet, lui faisant prendre la place de l’octave de saint Jean-Baptiste (qui avait annoncé l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde).

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

Programme du IVème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 25 juin 2023, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La Pêche miraculeuse

Du moment que le Seigneur, par des miracles divers, eut rendu la santé à beaucoup de malades, la foule de ceux qui désiraient ardemment des guérisons ne se laissa plus arrêter par les difficultés de temps et de lieux. La soirée s’avançait et ils le suivaient encore ; près du lac, la foule accourt, le presse ; si bien qu’il se voit obligé de monter dans la barque de Pierre. Cette barque, saint Matthieu nous la représente battue des flots, et saint Luc nous la montre remplie de poissons ; ce qui vous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité dans la suite. Les poissons figurent ceux qui naviguent sur l’océan de cette vie. Dans le premier cas, le Christ sommeille encore pour ses disciples ; dans le second, il commande en maître : Jésus dort en effet dans les âmes tièdes, et il veille dans les âmes parfaites.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du IVème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Panis angelicus, du Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Te laudamus, Domine – Transitus de la liturgie ambrosienne

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres du dimanche.
Télécharger le livret du propre des secondes vêpres de ce dimanche et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.

Programme du IIIème dimanche après la Pentecôte – saints Onuphre le Grand & Pierre l’Athonite – ton 2

Saint Onuphre le GrandParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 25 juin 2023 du calendrier grégorien – 12 juin 2023 du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Onuphre le Grand.

Le prénom Onuphre (en grec Ὀνούφριος, en latin Onuphrius, en copte Unnufer) vient de l’égyptien ancien wnn nfr (« éternellement beau ou bon »). Il a donné en italien Onofrio, en portugais et en espagnol Onofre et en anglais Humphrey.

Saint Onuphre le Grand vécut en Basse Thébaïde au IVème siècle. Sa vie nous nous est connue par le récit que fit le moine Paphnuce, lequel enquêtait sur la vie des solitaires du désert égyptien. Saint Onuphre dut naître sous le règne de Dioclétien et entra tout jeune au monastère d’Abage situé près d’Hermopolis Magna (Khemenou des anciens Egyptiens, près de l’actuelle El-Ashmounein, en Moyenne-Egypte). Ce cénobium comptait alors une centaine de moines et où l’on observait le silence entre les offices. Animé du désir de conformer sa vie à celles du prophète Elie et de saint Jean-Baptiste, et selon le cursus déjà classique à l’époque du passage à la vie érémitique après une expérience de vie en communauté, Onuphre quitta son monastère pour vivre la vie de solitaire au désert. Ne sachant vers où se diriger, il aperçut une lumière qui allait devant pour le conduire, ce qui le rendit perplexe. Il entendit une voix qui le tira de cette incertitude :

Ne crains rien, c’est ton ange gardien qui t’éclaire en ton entreprise, que Dieu a fort agréable.

Saint Onuphre le GrandCette lumière le guida jusqu’à un ermite que le grand âge rendait vénérable, et auprès duquel il apprit les bases de la vie érémitique. Puis ce vieillard le conduisit jusqu’à une caverne à quatre jours de marche dans le désert, où une source et un dattier lui fournirent toute sa pitance pendant les soixante-dix ans qu’il passa là en prière sans voir personne. Lorsque le moine Paphnuce le rencontra à la fin de sa vie, celui-ci douta tout d’abord si c’était un homme ou une bête : ses vêtements étant depuis longtemps tombés en poussière, Onuphre n’était plus couvert que de ses cheveux et de ses poils, fort longs, ayant seulement autour des reins un tortillon de feuillage (comme nous le représentent la plupart des icônes). Paphnuce recueillit les nombreuses expériences et combats spirituels de l’ermite, et le lendemain de leur rencontre, Onuphre lui tint ce discours :

Ne craignez point, mon frère Paphnuce, car Notre Seigneur, qui est miséricordieux, vous a ici envoyé pour enterrer mon corps ; j’achève aujourd’hui le cours de ma vie et m’en vais au lieu de repos. Si vous allez en Egypte, avertissez les moines de ce que je vous ai dit & des grandes miséricordes que j’ai reçues de Dieu, en la bonté duquel je me confie, et qui ne refusera jamais ses faveurs à ceux qui se recommandent à lui, me prenant pour leur intercesseur, comme je l’en ai supplié ».

Ayant donné sa bénédiction à Paphnuce, Onuphre expira. C’était un 12 juin, vraisemblablement sous l’empereur Valens (364 – 378).

Monastère de Saint-Onuphre - Jérusalem
Monastère de Saint-Onuphre – Jérusalem

Saint Onuphre fut très tôt honoré en Orient comme en Occident. Un monastère qui lui est dédié est situé à Jérusalem dans la vallée de la Géhenne, sur le lieu que la tradition rapporte être le champ du Potier (ou Champ du Sang – Akeldama, acheté par le Sanhédrin avec les 30 deniers de Judas Iscariote pour la sépulture des étrangers). Les chapelles des cimetières byzantins sont d’ailleurs souvent dédiées à saint Onuphre. Antoine, archevêque de Novgorod, témoigne que de son temps (1200), la relique du chef de saint Onuphre était conservée dans l’église de Saint-Acindinus. A Rome, le titre cardinalice de Saint-Onuphre (Sant’Onofrio) est une belle église du Trastevere construite en 1439 sur le site d’un ancien hermitage de Hiéronymites. En Occident, saint Onuphre est le patron des tisserands (puisqu’il avait perdu ses vêtements et n’était plus vêtu que de ses cheveux et d’une ceinture de branchages !). Saint Onuphre est devenu co-patron de la ville de Palerme en 1650.

*

Saint Pierre l'AthoniteNous fêtons également en ce jour un second ermite, notre Vénérable Père Pierre l’Athonite.

Pierre l’Athonite vécut en ascète sur la Montagne Sainte au cours du IXème siècle. Sa vie appartient à la « préhistoire » encore mal connue du monachisme athonite, dont l’histoire proprement dite commence par la chrysobulle de l’empereur Basile Ier de 885 donnant la Sainte Montagne aux moines. La sainteté de Pierre, avérée par les nombreux miracles qu’il accomplit par ses reliques une fois mort, fut si évidente qu’un office en son honneur fut très tôt composé : le canon de matines est en effet de la main de saint Joseph l’Hymnographe, qui mourut en 886. Sa Vie, reprenant deux documents plus anciens, fut mise en forme entre 970 et 980 par un moine de l’Athos du nom de Nicolas et fut reprise au XIVème siècle par saint Grégoire Palamas dans son Discours sur la vie admirable et angélique de Pierre, qui est un éloge de la vie hésychaste.

Voici la vie de Pierre, racontée par le moine Nicolas. Notre saint fut d’abord soldat de la cinquième Schole dans l’armée impériale. Au cours d’une campagne contre les Arabes musulmans, il fut fait prisonnier et enfermé dans une prison à Samarra, au Nord de Bagdad, ville que le calife abbasside Al-Mutasim venait de reconstruire pour devenir la capitale du califat en 836. En méditant sur son sort, Pierre parvint à la conclusion qu’il avait été justement puni, car, ayant promis dans sa jeunesse de devenir moine, il n’avait pas tenu ses engagements. Il adresse alors ses prières à saint Nicolas, lui promettant que s’il venait à être libéré, il irait se faire tonsurer à Rome (il est vrai que l’Orient était alors infecté par l’hérésie iconoclaste jusqu’à la mort de l’empereur Théophile en 842). Libéré après avoir reçu trois apparitions de saint Nicolas dans sa prison, il tint parole et reçut à Rome la tonsure monastique des mains du pape lui-même.

Saint Pierre l'AthoniteDurant son voyage de retour vers l’Orient, Pierre accomplit son premier miracle en guérissant par ses prières une famille entière à l’article de la mort. Surtout, il reçut une apparition de la Vierge Marie qui lui prédit le sort merveilleux qui sera réservé au Mont-Athos et l’engagea à aller s’établir en ce lieu. Ce qu’il fit en se retirant dans une grotte, où il vivra cinquante-trois ans, sans voir un seul être humain. Privé de tout, il est constamment attaqué et tenté par le démon, mais sort vainqueur de cette rude lutte avec l’aide de la Mère de Dieu et revêt le manteau de l’impassibilité (hesychia). Au bout de ces cinquante trois ans de prière continuelle, un chasseur découvre Pierre et lui promet de revenir l’année suivante. Or lorsque l’homme revient accompagné de son frère et de deux moines, ils trouvent saint Pierre l’Athonite mort. Ayant transporté son corps tout d’abord au couvent de Klementos (futur Monastère d’Iviron), l’un des tous premiers monastères de l’Athos, les deux moines, devant le grand nombre de miracles qui s’accomplissaient, choisissent de voler les reliques et de s’enfuir avec elles de l’Athos. Mais ils n’exploitèrent pas longtemps leur trésor : arrivé dans une petite ville de Thrace du nom de Photokomi, les miracles y furent si abondants que l’évêque de la contrée obligea les deux voleurs à déposer le corps du saint dans sa cathédrale.

Il est vraisemblable que d’autres moines avaient précédé Pierre sur le Mont-Athos depuis l’Antiquité. Cependant, armé de la promesse de la Mère de Dieu d’en faire son jardin, on peut le regarder à bon droit comme le fondateur du mouvement monastique de la Sainte Montagne, toujours florissant. Son office a disparu des livres liturgiques grecs mais se conserve dans les Ménées russes.

Saint Pierre l'Athonite - fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)
Saint Pierre l’Athonite – fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 2. Gloire au Père. Tropaire des Vénérables Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Pierre, œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon d’Onuphre :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Ayant mis à mort les passions sur la terre, * ô Vénérable, * tu vivifias ton âme par les commandements divins, ** et reçus la vie et l’éclat éternels.
6. Sur la terre tu fus fait concitoyen des choeurs d’en haut, * ô très bienheureux, * demeurant dans la paix spirituelle ** et contemplant la beauté divine.
7. Caché dans les montagnes, * tu te tins à l’écart du commerce des hommes, * et tu fis voler ton esprit tout entier jusqu’à la beauté céleste, ** en exultant de joie.
8. Te reconnaissant comme le palais qui abrita l’essence ineffable, ô Vierge, * nous te glorifions comme cela t’est dû, ** car nous fûmes sauvés par ton enfant, ô toute Immaculée.
9. Encerclé par l’abîme de mes péchés, * j’invoque l’abîme insondable de ta compassion : ** de la fosse, mon Dieu, relève-moi.
10. Poussé par les souffles de l’Esprit, * tu abordas, vénérable Père, au calme port, ** ayant secoué le poids de la chair dans la tempérance.
11. Divinisé par divine inclination, * tu devins un ange sur terre, Onuphre bienheureux, ** ayant imité la vie de Jean et d’Elie.
12. Entravé par mes fautes et déchiré par les passions, * je te prie délivre-moi du mal, ** ô Vierge qui mis au monde notre joie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, ô Vie immortelle, * alors l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité . * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ notre Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire des Vénérables Pères, ton 4 : Dieu de nos Pères, * qui nous traite depuis toujours selon ta mansuétude, * ne retire point de nous ta miséricorde, * mais, par leurs prières, ** gouverne notre vie dans la paix. (MP3)
3. Kondakion du Vénérable Père Onuphre, ton 3 : Illuminé par le rayonnement de l’Esprit Très-Saint, * ô divinement sage, * tu as abandonné tous les tumultes de la vie, * et, en arrivant au désert, ô Vénérable Père, tu as réjoui le Dieu & Créateur de toutes choses, * c’est pourquoi il te glorifie, ô Bienheureux, le Christ ** le grand donateur des biens.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Vénérable Père Pierre, ton 2 : T’étant soustrait de l’humaine société, tu as habité dans des grottes de pierre & des ravins profonds, * suivant ton désir divin, & par amour, Pierre, de ton Seigneur, * duquel tu as reçu la couronne. ** Prie sans relâche pour que nous soyons sauvés.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[Des Vénérables Pères, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 88) V, 1-10.
Or cette espérance n’est point trompeuse, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
[Des Vénérables Pères : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Si nous vivons par l’Esprit, conduisons-nous aussi par l’Esprit.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[Des Vénérables Pères, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 18) VI, 22-33.
Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent point, ils ne filent point : et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.
[Des Vénérables Pères : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Vénérable Pères :Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.]

Télécharger le livret des choristes au format PDF

Programme de la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste

Saint-Eugène, le samedi 24 juin 2023, grand’messe en rit romain traditionnel de 9h30.

La fête de la naissance de saint Jean-Baptiste est célébrée six mois avant celle du Christ, en accord avec l’évangile de Luc, qui rapporte que la conception du Précurseur avait eut lieu six mois avant celle du Sauveur :

Et sachez qu’Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et que c’est ici le sixième mois de celle qui est appelée stérile (Luc I, 36).

Aussi la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste est-elle aussi appelée la « Noël d’été ». On pourrait s’étonner que l’Eglise ait choisi le 24 juin plutôt que le 25 juin pour la célébrer, mais de fait la coïncidence entre les deux Noëls fonctionne si l’on utilise l’ancienne computation des dates romaines : le 24 juin est en effet le VIIIème jour des calendes de juillet et le 25 décembre le VIIIème jour des calendes de janvier.

Alors que la fête de la lumineuse & glorieuse naissance du Christ survient aux alentours du solstice d’hiver, là où la nuit est la plus noire, la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste survient au moment du solstice d’été, lequel marque le moment où les jours recommencent à décroître. Jean-Baptiste ne disait-il pas du Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean III, 30).

Comme l’institution de la fête de Noël fut romaine à l’origine, il paraît bien que celle de la Noël d’été le fut également, avant de se répandre en Orient. On conserve 8 sermons de saint Augustin (354 † 430) pour cette fête. Le Sacramentaire Léonien – dont les formules remontent au pontificat de saint Léon le Grand (440-461), nous conserve pas moins de cinq messes différentes : une messe pour la vigile la veille au soir, une messe probablement de l’aurore, une messe du jour et deux messes célébrées au baptistère de Saint-Jean-de-Latran.

Le parallélisme liturgique entre les 2 Noëls est assez frappant. Comme l’Avent précède Noël, la Nativité de saint Jean-Baptiste était précédée d’un jeûne préparatoire de plusieurs semaines. Dans le sacramentaire grégorien, comme à Noël, la veille – entre none & vêpres – se célèbre la messe de la vigile (celle-ci est toujours marquée dans notre Missel Romain). Puis avait lieu une seconde messe durant la nuit ou à l’aurore (disparue de notre missel) et enfin une troisième messe du jour (l’actuelle messe de la fête), célébrée entre tierce & sexte. Comme à Pâques, les IIndes vêpres de la saint Jean étaient des vêpres stationales au cours desquelles on se rendait en procession aux fonts baptismaux.

Les trois hymnes de la fête ont été composées en action de grâce par Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIème siècle. Celui-ci en effet avait perdu sa voix avant de chanter l’Exultet pascal et avait invoqué le secours de saint Jean Baptiste qui avait guéri par sa naissance le mutisme de son père Zacharie. La poésie distinguée de Paul Diacre, ami de Charlemagne, constitue un beau témoignage de la Renaissance Carolingienne des lettres & des Arts.

L’hymne des vêpres – Ut queant laxis – est tout à fait fameux, car il a servi à donner leurs noms aux notes de la musique. Guy d’Arezzo en effet utilisa la mélodie en usage en Italie – laquelle monte de degré en degré de l’Ut au La au début de chaque hémistiche – pour nommer les notes (le Si n’est pas dans la mélodie et il est formé de la réunion des deux initiales Sancte Iohannes) :

Il convenait que le divin Précurseur, la Voix dont les accents révélèrent au monde l’harmonie du Cantique éternel, eût cet honneur de voir se rattacher à son nom l’organisation des mélodies de la terre. (dom Guéranger).

A noter que les Eglises de France, & à leur suite, le rit dominicain, employaient depuis le haut Moyen-Age pour cette hymne un autre ton (sa mélodie ne progresse pas en degrés successifs, à l’inverse du ton italien).

Organiste invité : Vladimir Saakian

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

Programme de la solennité du Sacré Cœur

Saint-Eugène, le dimanche 18 juin 2023, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Une disposition de Dieu permit à un des soldats d’ouvrir d’un coup de lance le cœur sacré de Jésus. Ainsi, l’Église serait tirée du côté du Christ endormi sur la croix. En même temps, serait réalisée la parole de l’Écriture : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé ». Le sang et l’eau, prix de notre salut, s’écoulèrent de cette blessure du cœur, comme d’une source mystérieuse, pour donner aux sacrements de l’Église la puissance de conférer la vie de la grâce et pour être le breuvage de « cette source d’eau vive jaillissant en vie éternelle » que goûteraient les âmes qui vivent dans le Christ. Lève-toi donc, ô amie du Christ, ne cesse pas de veiller, applique ici tes lèvres pour « puiser l’eau aux sources du salut ».
Homélie de saint Bonaventure, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

A la sainte messe

IIndes vêpres de la solennité du Sacré Cœur. Mémoire du IIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des secondes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.

Le Sacré Cœur adoré par saint Ignace et par saint Louis de Gonzague - peinture de José de Páez