Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

Saint-Eugène, le dimanche 16 janvier 2011, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Orgue
  • Kyriale XI – Orbis factor
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël (H . 9) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres, texte du poëte Sedulius ( Vème siècle) – musique du Sieur de Courbes (1622).
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Stichères de l’ancien office grec de l’Epiphanie, traduits en latin avec leur mélodie grecque d’origine à la cour de Charlemagne pour servir à l’octave de l’Epiphanie
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Adressons nos hommages – cantique pour le temps de l’Epiphanie, sur le vieux noël « Or nous dites Marie«  – Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la messe du jour octave de Noël – Fête de la Circoncision du Seigneur

    Saint-Eugène, le samedi 1er janvier 2011, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Orgue – improvisation sur le Veni Creator
  • Pour implorer l’assistance du Saint Esprit pour l’année qui s’ouvre : Chant du Veni Creator Spiritus – alternances polyphoniques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres – Aujourd’hui, on peut gagner une indulgence plénière aux conditions ordinaires par le chant public du Veni Creator
  • Kyrie de la Messe de Noël de Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédra-les de Strasbourg, puis de Meaux (sous Bossuet)
  • Gloria VIII – De Angelis
  • Séquence de Noël : Votis Pater annuis – prose du propre de Paris – selon la tradition, l’orgue chante les versets impairs – traduction du XVIIIème siècle
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois (1837 † 1924), maître de chapelle et organiste de La Madeleine
  • Sanctus de la Messe de Noël de Sébastien de Brossard
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Noël de Sébastien de Brossard
  • Pendant la communion : In Circumcisione Domini (H. 316) – motet de Marc-Antoine Charpentier
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Silence, ciel ! silence, terre ! – Noël de Normandie du XVIIIème siècle – harmonisation : Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la fête de l’Assomption de la B. V. Marie

    Assomption - Poussin

    Catéchisme sur l’Assomption


    Saint-Eugène, le dimanche 15 août 2010, procession du vœu de Louis XIII de 10h45 & grand’messe de 11h.
    Répétition pour les choristes samedi à 18h & dimanche à 10h30.

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Commentaires liturgiques sur la fête de l’Assomption sur le site Introibo.

    Programme de la solennité du Sacré Cœur

    Sacré Cœur

    Saint-Eugène, le dimanche 13 juin 2010, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe VIII – De Angelis
  • Procession d’entrée : orgue
  • Prose – Fas sit, Christe, mysteria (ton v.)
  • Credo de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O Cor amoris victima – hymne au Sacré Cœur du R.P. Croiset, s.j. (1690), sur une polyphonie de 1669
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : O quam amabilis – motet jésuite anonyme du XVIIème siècle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Cor arca legem continens – hymne des laudes de la fête écrite par le piariste Filippo Bruni († 1771) pour être intégrées dans l’office du Sacré Cœur décrété par le pape Clément XIII en 1765 – chant français
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la solennité de la Fête-Dieu

    Turpin de Crissé, la procession de la Fête-Dieu

    > Catéchisme sur la Fête-Dieu

    Saint-Eugène, le dimanche 6 juin 2010, grand’messe de 11h.
    Vêpres, procession & salut solennels du Très-Saint Sacrement : 15h30.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa Exultate Deo (1669) de François Cosset (c. 1610 † c. 1673), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims et Paris
  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – extraits de la Prose du T. S. Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin, mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle) – Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
  • Introït – Cibavit eos (ton ii.)
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Alleluia – Caro mea (ton vii.)
  • Sequence – Lauda Sion (ton vii.)
  • Credo III – Et incarnatus est de la Missa Exultate Deo de François Cosset
  • Offertoire – Sacerdotes Domini (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O salutaris hostia – François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Après la Consécration : Benedictus de la Missa Secunda de Hassler
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum – texte de Saint Thomas d’Aquin – musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV – traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Communion – Quotiescumque (ton vii.)
  • Prière pour la France, ajoutée à la Missa Exultate Deo de François Cosset par Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux (sous Bossuet)
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    *

    Plain-chant de la Solennité du Corps du Christ dans le graduel de Nivers (1679)

    Programme du dimanche de la Pentecôte

    Pentecôte

    Catéchisme sur la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 31 mai 2010, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe IV – Cunctipotens
  • Procession d’entrée: improvisation au grand orgue sur Veni Creator
  • Veni Creator Spiritus – plain-chant & alternances polyphoniques de Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou, maître de la musique de la Reine (on peut gagner une indulgence plénière aux conditions ordinaires pour le chant solennel du Veni Creator en ce jour)
  • Vidi aquam – reprise de l’antienne sur un faux-bourdon de Mgr Louis-Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Introït – Spiritus Domini (ton viii.)
  • Alleluia – Emitte Spiritum tuum (ton iv.)
  • Alleluia – Veni Sancte Spiritus (ton ii.)
  • Séquence Veni Sancte Spiritus – conformément à la tradition, l’orgue figure les versets impairs – harmonisation du chanoine Revert, maître de chapelle de la cathédrale Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du premier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Offertoire – Confirma hoc Deus (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Veni Creator tiré du recueil des jésuites de 1623 (Airs sur les Hymnes sacrez, Odes et Noëls pour chanter au catéchisme – musique attribuée au R.P. Charles d’Ambleville, s.j. (1588 † 1637)
  • Après la Consécration : O salutaris hostia – mélodie de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de St-Germain-L’Auxerrois (1768 † 1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 † 1790), harmonisation d’Amédée Gastoué
  • Pendant la communion : Sonate pour flûte & basse continue de Jean-Marie Leclair (1697 † 1764) – Marie-Estelle Baraston, flûte
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Communion – Factus est repente (ton vii.)
  • Après le dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Beata nobis gaudia, hymne de la Pentecôte, à laudes – texte de saint Hilaire de Poitiers († 367), père & docteur de l’Eglise – musique de Charles de Courbes (1622) sur le plain-chant français traditionnel
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    L’octave de la Pentecôte sera chantée du mardi au vendredi à 19h par les chantres de la Schola.

    Programme du dimanche dans l’octave de l’Ascension

    Ascension

    Saint-Eugène, le dimanche 16 mai 2010, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe I – Lux & Origo
  • Procession d’entrée : orgue
  • Vidi aquam – reprise de l’antienne sur un faux-bourdon de Mgr Louis-Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Introitus Exaudi (ton i.)
  • Alleluia Regnavit Dominus (ton i.)
  • Alleluia Non vos relinquam (ton i.)
  • Prose de l’Ascension au propre de Paris – conformément à la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo de la messe royale du premier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Offertorium Ascendit (ton i.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Psallite Deo nostro – harmonisation : Henri de Villiers, d’après un psalmellus de la liturgie ambrosienne pour l’Ascension. Psaume XLVI
  • Après la Consécration : O salutaris hostia – mélodie de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de St-Germain-L’Auxerrois (1768 † 1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 † 1790), harmonisation d’Amédée Gastoué
  • Pendant la communion : O Rex gloriæ – antienne du Magnificat des IIndes vêpres de l’Ascension – polyphonie de Jean-François Baptiste de Lallouette (1651 † 1728), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Communio Pater (ton iv.)
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Omnes gentes – antienne d’après Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand – versets du psaume 46 – IInd ton
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    *

    Catéchisme sur l’Ascension.

    Programme de l’Ascension

    Catéchisme sur l’Ascension.

    Saint-Eugène, le jeudi 13 mai 2010, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe IV – Cunctipotens
  • Introït: Viri Galilaei – précédé de son trope médiéval et repris sur une polyphonie d’après Maxime Kovalevsky (1903 † 1988)
  • Prose de l’Ascension au propre de Paris – conformément à la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo de la messe royale du premier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Psallite Deo nostro – harmonisation : Henri de Villiers, d’après un psalmellus de la liturgie ambrosienne pour l’Ascension. Psaume XLVI
  • Après la Consécration : O salutaris de François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Agnus Dei de la Messe Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Pendant la communion : Omnes gentes – petit motet de Jean-Batiste de Lully (1633 † 1687), sur le texte du psaume 46, psaume de la fête – Ier ton
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Omnes gentes – Chœur de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV. Psaume XLVI, premier ton
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Dom Guéranger sur les Rogations

    Dom Guéranger (1805 † 1875)Aujourd’hui commence une série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au premier abord une sorte d’anomalie dans le Temps pascal ; et néanmoins, quand on y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n’est pas sans une relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. Il est vrai que le Sauveur disait avant sa Passion que « durant le séjour de l’Époux au milieu de nous, il ne serait pas temps de jeûner » ; mais ces dernières heures qui précèdent son départ pour le ciel n’ont-elles pas quelque chose de mélancolique ? et n’étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour eux l’avant-goût des joies célestes ?

    Il nous faut maintenant raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s’est complété, dans cette saison, par l’introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte Église, toute radieuse qu’elle était des splendeurs de la Résurrection, semble vouloir tout à coup rétrograder jusqu’au deuil quadragésimal. L’Esprit-Saint, qui la dirige en toutes choses, a voulu qu’une simple Église des Gaules, un peu après le milieu du Ve siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui s’étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément de la liturgie pascale.

    L’Église de Vienne, l’une des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait alors saint Mamert pour évêque. Des calamités de tout genre étaient venues désoler cette province récemment conquise par les Burgondes. Des tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque, désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s’adresser à Dieu dont la justice avait besoin d’être apaisée, prescrivit trois jours d’expiation durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui précèdent l’Ascension furent choisis pour l’accomplissement de cette pieuse résolution. Sans s’en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les fondements d’une institution que l’Église entière allait adopter.

    Les Gaules commencèrent, comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations était déjà consolidée dans cette Église. Saint Césaire d’Arles, au commencement du VIe siècle, en parle comme d’une coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des Visigoths. On voit clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d’adopter ce pieux usage, en lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d’Orléans tenu en 511, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l’autorité de Clovis. Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de l’importance que l’on attachait déjà à cette institution. Non seulement l’abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de service, afin qu’ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis. En 567, le concile de Tours sanctionnait pareillement l’obligation du jeûne dans les Rogations ; et quant à l’obligation de férier durant ces trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne et de Charles le Chauve.

    Le principal rite des Églises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l’origine, dans ces marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que l’on a appelées Processions, parce que l’on se rend d’un lieu dans un autre. Saint Césaire d’Arles nous apprend que celles qui avaient lieu dans les Rogations duraient six heures entières ; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de laisser aux ministres de l’Église le temps de respirer. Ce détail emprunté aux mœurs des Églises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à apprécier l’indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à l’abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la journée, et cela dans l’idée que cette longueur devait être en elle-même considérée comme un abus.

    Le départ de la Procession des Rogations était précédé de l’imposition des cendres sur la tête de ceux qui allaient y prendre part, et c’était le peuple tout entier. L’aspersion de l’eau bénite avait lieu ensuite ; après quoi le pieux cortège se mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de plusieurs églises d’un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d’une église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs et laïques, marchait nu-pieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des Antiennes, et l’on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où l’on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se rencontraient, et l’on y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.

    Tels étaient à l’origine, et tels ont été longtemps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous apprend que le grand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les plus simples fidèles, et marchait nu-pieds à la suite de la croix, depuis son palais jusqu’à l’église de la Station. Au XIIIe siècle, sainte Élisabeth de Hongrie donnait encore le même exemple ; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d’un grossier vêtement de laine. Saint Charles Borromée, qui renouvela dans son Église de Milan tant d’usages précieux de l’antiquité, n’eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses exemples, il ranima dans son peuple l’ancien zèle pour une pratique si sainte. Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il l’accomplissait lui-même au pain et à l’eau. La Procession, à laquelle tout le clergé de la ville était tenu d’assister, et qui commençait par l’imposition des cendres, partait du Dôme au point du jour, et ne rentrait qu’à trois ou quatre heures après midi, ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi, et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une de ces églises, et adressait la parole à son peuple.

    Si l’on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l’insouciance qui accompagne aujourd’hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l’affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d’édification !

    Les Rogations s’étendirent rapidement des Gaules dans toute l’Église d’Occident. Elles étaient déjà établies en Espagne au VIIe siècle, et elles ne tardèrent pas à s’introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Églises de la Germanie, à mesure qu’elles étaient fondées. Rome elle-même les adopta à la fin du VIIIe siècle, sous le pontificat de saint Léon III. C’était peu de temps après que les Églises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc. Mais il y eut cette différence qu’à Rome on conserva à la Procession du 25 avril le nom de Litanie majeure, et l’on appela Litanies mineures celles des Rogations, tandis qu’en France on désigna ces dernières par l’appellation de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la Litanie de saint Marc. Mais l’Église romaine, sans blâmer la dévotion des Églises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois journées d’observance quadragésimale, n’adopta pas cette rigueur. Il lui répugnait d’attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité accorde encore à ses disciples ; elle s’est donc bornée à prescrire l’abstinence de la viande durant ces trois jours. L’Église de Milan qui garde si sévèrement, ainsi que nous l’avons vu, l’institution des Rogations, l’a placée au lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l’Octave de l’Ascension, c’est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la Résurrection.

    Il faut donc, pour être dans cette véritable mesure dont l’Église romaine ne se départ jamais, envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la Procession et à la Messe de la Station n’a pas pour but de nous indiquer encore la fuite de l’Époux ; mais elle nous avertit que son départ est proche ; et l’abstinence qui nous est imposée, bien qu’elle ne soit pas accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.

    En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d’une institution que l’Église a sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l’abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Évêques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l’abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C’est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure que l’assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune que jamais, et qu’il est urgent de compenser, en s’unissant à la prière liturgique, l’abolition d’une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse !

    Selon la discipline actuelle de l’Église, les Processions des Rogations, dont l’intention est d’implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d’obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l’église de la Station, soit dans l’église même d’où la Procession est partie, si elle ne doit pas s’arrêter dans quelque sanctuaire

    On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l’on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l’on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours ; enfin on aura fait acte de catholique.

    Programme de la solennité de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France

    sainte Jehanne d


    Saint-Eugène, le dimanche 9 mai 2010, grand’messe de 11h.

    Confirmations par Mgr de Dinechin

  • Réception de l’évêque : Ecce sacerdos magnus – de l’ »offertoire pour le sacre d’un évêque à quatre parties de voix & d’instruments » (H. 432) de Marc Antoine Charpentier (c. 1643 † 1704), maître de chapelle de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites puis de la Sainte Chapelle de Paris
  • Chant solennel du Veni Creator : Veni creator spiritus – polyphonie de Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant la confirmation : prose Veni Sancte Spiritus
  • Après la confirmation : antienne Confirma hoc Deus
  • Solennité de sainte Jeanne d’Arc

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : messe VIII – De Angelis
  • Vidi aquam – reprise de l’antienne sur un faux-bourdon de Mgr Louis-Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Concordent nostris cælica, cantique à Sainte Jeanne d’Arc de Mgr Foucault, évêque de Saint-Dié († 1930)
  • Sanctus VIII & Benedictus polyphonique – alternance du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Après la Consécration : O salutaris hostia – mélodie de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de St-Germain-L’Auxerrois (1768 † 1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 † 1790), harmonisation d’Amédée Gastoué
  • Pendant la communion : Nisi Dominus (H. 150) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Après le dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Encensement de la statue de Jeanne d’Arc & Procession de sortie : A l’étendard ! Paroles de Mgr Vié, évêque de Monaco, musique de Marcel Laurent, chanoine et maître de chapelle de la cathédrale d’Orléans – cantique composé pour accompagner la cérémonie annuelle chaque 7 mai à Orléans de la remise de l’étendard de Jeanne d’Arc à Mgr l’évêque par le maire de la ville
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.