Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – ton 5

Dimanche ton 5 - la résurrection de Notre Seigneur Jésus-ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 9 novembre 2025 du calendrier grégorien – 27 octobre 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton V de l’Octoèque.

A matines

Versets du matin, ton 5
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection. (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Théotokion, ton 5 : Réjouis-toi, porte infranchissable du Seigneur ; * réjouis-toi, rempart et protection de ceux qui accourent vers toi ; * réjouis-toi, havre qui nous abrite des tempêtes, * toi, l’Inépousée qui as enfanté dans la chair ton Créateur et ton Dieu ; ** ne cesse pas d’intercéder pour ceux qui chantent et vénèrent ton enfant.

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 5
L’esprit troublé par la vue de l’ange * et l’âme illuminée par la divine résurrection, * les femmes myrrhophores portèrent la bonne nouvelle aux apôtres : * Annoncez parmi les nations la résurrection du Seigneur ** qui nous assiste par des miracles et nous accorde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Lève-toi, Seigneur mon Dieu, que ta main soit exaltée, * car Tu régneras pour les siècles (Psaume IX, 33 & 37).
℣. Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles (Psaume IX, 1).

XIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 67) XXI, 15-25.
Jésus lui dit : Paissez mes agneaux.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection (3 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique (3 tropaires) et du Martyr (4 tropaires). Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 5

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair)

Conclusion des matines

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Commémoraison de tous les fidèles défunts

Messe de funéraillesSaint-Eugène, le lundi 3 novembre 2025, Requiem solennel de 19h.

Catéchisme sur le Purgatoire & sur la prière pour les morts

La prière pour les morts existe dès les premiers temps du christianisme. A côté de la célébration d’offices pour tel et tel défunt se développèrent par la suite des offices célébrés de façon plus générale (en particulier pour tous les bienfaiteurs défunts d’un monastère). Au VIIIème siècle, le monastère de Fulda célébrait chaque mois une commémoraison générale des fidèles défunts.

La célébration annuelle de l’office pour tous les fidèles défunts au 2 novembre, au lendemain de la Toussaint remonte à saint Odilon, abbé de Cluny. Celui-ci ordonne par un édit de 998 pour la centaine de monastères de sa congrégation que le 1er novembre, après les vêpres solennelles de la Toussaint, les cloches sonnent le glas funèbre et que les moines célèbrent au chœur l’office des défunts. Le lendemain, tous les prêtres doivent offrir à Dieu le divin sacrifice pro requiem omnium defunctorum. Diffusé dans toute l’Europe par les moines de Cluny, cet usage fut accueilli très vite par des diocèses (dès 1008 pour Liège) et finit par devenir général au XIVème siècle.

En raison des ravages causés dans la chrétienté par la Ière guerre mondiale, S.S. le Pape Benoît XV a autorisé tous les prêtres à célébrer le 2 novembre 3 messes pour les défunts, étendant un privilège que le Pape Benoît XIV avait accordé initialement aux états dépendants de la couronne d’Espagne. A cette occasion fut insérée dans le Missel Romain la préface pour les défunts, composition moderne inspirée d’une préface similaire en usage de longue date dans les diocèses français & qui figure au propre de Paris (hélas, de ce vénérable & antique texte, seule la sublime phrase vita mutatur non tollitur a été conservée intacte).

A la sainte messe :

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Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 2 novembre 2025, grand’messe de 11h. Secondes vêpres, salut du Très-Saint Sacrement & vêpres des morts à 17h45

La Parabole du débiteur impitoyable

Pour plus de clarté, prenons un exemple. Si l’un de nous commet un adultère, un homicide, un sacrilège, eh bien, ces crimes plus importants que la dette de 10.000 talents, sont remis à ceux qui implorent, pour autant qu’eux-mêmes remettent à ceux qui leur doivent beaucoup moins. Mais si pour une injure reçue nous sommes implacables, si pour une parole amère nous gardons rancune sans fin, ne reconnaîtrons-nous pas que nous méritons d’être incarcérés et que par l’exemple de notre action nous nous fermons la possibilité du pardon pour nos fautes plus graves ?
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Dialogue à deux chœurs de Michel Corrette (1707 † 1795), organiste de Sainte-Marie-du-Temple et de Saint-Louis des Jésuites à Paris
  • Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe – Henri de Villiers
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Epître : Ephésiens VI, 10-17 : Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, pour pouvoir vous défendre des embûches, des artifices du diable.
  • Evangile : Matthieu XVIII, 23-35 : C’est ainsi que mon Père qui est dans le ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne du fond de son cœur à son frère.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : orgue
  • Après la Consécration : O Salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – Harmonisation d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, commandeur de Saint Grégoire le Grand
  • Pendant la communion :
    • Anima Christi – prière des livres d’Heures du XIVème siècle, dite prière de saint Ignace car celui-ci l’a placée au début de ses « Exercices spirituels » – polyphonie de l’abbé Auguste Chérion (1854 † 1904), maître de chapelle de La Madeleine
    • Fugue de la suite du 3ème ton de Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Pendant le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Je vous salue avec amour – Angelus breton

IIndes vêpres du XXIème dimanche après la Pentecôte. Les vêpres du dimanche sont suivies du chant des vêpres des morts à 17h45. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte – saint Artème – ton 4

Saint Artème d'Antioche, le mégalomartyrParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 2 novembre 2025 du calendrier grégorien – 20 octobre 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint mégalomartyr Artème.

Artème était gouverneur militaire d’Alexandrie et de l’Egypte sous l’empereur Constantin. Lors des persécutions de l’empereur Julien l’Apostat qui était retourné au paganisme et qui restituait aux idoles les temples qui avaient été transformés en églises, il fut arrêté et condamné par l’impie empereur pour avoir détruit des idoles en Egypte.

Théodoret nous rapporte les circonstances de son arrestation : Julien l’Apostat avait fait installer un autel à côté de son trône et commandé à tous ses soldats qu’en recevant d’une main l’argent de leur solde, ils missent de l’autre de l’encens sur les charbons ardents qui étaient disposés sur cet autel. Plusieurs ne s’aperçurent pas de cette malice, mais beaucoup protestèrent contre cette tromperie. « Alors Artème, homme considérable dans l’armée en parla librement à Julien, qui sachant d’ailleurs qu’il avait brisé plusieurs idoles, lui fit couper la tête ».

Artème fut décapité à Antioche. L’empereur joignit à la peine de mort qu’il avait prononcé contre son général celle de la confiscation de tous ses biens.

A matines
Versets du matin, ton 4
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! » (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Mégalomartyr, ton 4 : Ton Martyr, Seigneur, Artème, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, même ton : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Polyeleos. Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 4
Accourues les premières, * les femmes myrrhophores portèrent aux apôtres * l’annonce de ta merveilleuse résurrection, ô Christ, * car Tu es ressuscité en tant que Dieu, ** accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide, * et délivre-nous à cause de ton Nom (Psaume XLII, 27).
℣. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous ont raconté (Psaume XLIII, 2).

Xer évangile de la Résurrection : Jean (§ 66) XX1, 1-14.
Alors le disciple que Jésus aimait, dit à Pierre : C’est le Seigneur. Et Simon-Pierre ayant appris que c’était le Seigneur, mit son habit (car il était nu), et il se jeta dans la mer.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires) et du Mégalomartyr (6 tropaires), œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886), avec l’acrostiche : Donne-moi, Bienheureux, ton abondante grâce. Joseph. Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion du mégalomartyr, ton 2 : Le pieux et couronné martyr, * qui triompha en remportant la victoire sur les ennemis * Artème, célébrons-le dignement par nos chants * lui qui est très grand parmi les martyrs * et très riche dispensateur de miracles, ** car il prie le Seigneur pour nous tous.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

Les Laudes, ton 4

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 4

Conclusion des matines

Télécharger le livret des matines de la résurrection du 4ème ton au format PDF
Télécharger le livret des choristes pour les matines de la fête du mégalomartyr Artème.

Programme de la fête de tous les saints

Page de garde d'un martyrologe romainSaint-Eugène, le samedi 1er novembre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Catéchisme sur la fête de tous les saints

Aujourd’hui, bien-aimés frères, nous célébrons, dans l’allégresse d’une solennité commune, la fête de tous les Saints. Leur société réjouit les cieux, leur protection console la terre, leur triomphe couronne la sainte Église. Plus la profession de leur foi a été ferme dans les tourments, plus ils ont d’éclat dans la gloire. Car la violence du combat s’augmentant, l’honneur des combattants s’est aussi accru. Les diverses tortures du martyre rehaussent le triomphe, et des souffrances plus affreuses ont procuré de plus délicieuses récompenses. Notre mère l’Église catholique, répandue au loin dans tout l’univers, à qui Jésus-Christ, son chef, apprit par son exemple à ne craindre ni les outrages, ni les croix, ni la mort, s’est de plus en plus fortifiée, non par la résistance, mais par la patience. Pour encourager toutes ces légions d’illustres athlètes, jetés en prison comme des criminels, et pour les animer tous à soutenir le combat avec la même ardeur et un courage égal, elle leur a inspiré la sainte ambition d’un glorieux triomphe.
Sermon de saint Bède le Vénérable, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A la messe :

  • Vénération des reliques de l’église : antienne Angeli, archangeli
  • Procession d’entrée : Judex – Charles Gounod, extrait de l’oratorio Mors & Vita – Seconde partie : Judicium – n° 4 : Judex – Apocalypse V, 13
  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Epître : Apocalypse VII, 2-12 : Je vis ensuite une grande multitude que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, et ayant des palmes dans leurs mains.
  • Séquence parisienne : Sponsa Christi, quæ per orbem – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Evangile : Matthieu V, 1-12 : Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice ; parce que le royaume des cieux est à eux.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Offertoire de la suite du 2nd ton de Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Sanctus IV
  • Après la Consécration :
  • Agnus Dei IV
  • Pendant la communion : Basse de trompette du 1er livre d’orgue de Pierre du Mage (1674 † 1751), conseiller du Roi, organiste de la collégiale royale de Saint-Quentin puis de la cathédrale de Laon
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Chantons les combats – texte de l’Abbé Jean-Baptiste Marduel (1763 † 1848), vicaire de Saint-Roch, chanoine des cathédrales de Lyon & de Paris (in Nouveau Recueil de cantiques sur les principales vérités de la foi et de la morale à l’usage du diocèse de Lyon, 1805) – musique : Henri Adam de Villiers

https://www.youtube.com/channel/UCIz1_vK-gfwd26Q3cIvDxPg

IIndes vêpres de la Toussaint suivies du salut du Très-Saint Sacrement. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : ave verum, VIème ton – Prose du Très-Saint Sacrement du XIVème siècle, attribuée au pape Innocent VI († 1362)
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo nancéen – mélodie du Ier ton en usage dans le diocèse de Nancy
  • Chant d’action de grâces : O salutaris hostia sacra – motet au Très-Saint Sacrement, pour les défunts – plain-chant musical de François de La Feillée (Méthode de plain-chant de 1748)

Télécharger le livret de la vénération des reliques au format PDF.
Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.
Télécharger le livret de la mémoire des Ières vêpres du XXIème dimanche après la Pentecôte, Ier de novembre.

Programme de la fête de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi

Christ en gloire, miniature du XIIIème siècleSaint-Eugène, le dimanche 26 octobre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La fête du Christ-Roi a été instituée par le Pape Pie XI le 11 décembre de l’Année Sainte 1925 par l’encyclique Quas Primas, écrite non seulement dans le contexte de l’avènement du communisme athée en Russie mais aussi pour combattre le développement moderne du laïcisme occidental. Ainsi au Mexique, l’élection en 1924 de Plutarco Elías Calles sonnait le début de la persécution contre l’Eglise et les prémices d’une formidable résistance chrétienne, qui se concrétisera par la Guerre des Cristeros. La fête a été placée par le Pape Pie XI au dimanche qui précède la fête de la Toussaint, afin de montrer le lien existant entre la royauté du Christ et son épanouissement par la sainteté de ses fidèles.

Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe « par qui tout fut fait », c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs… Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : « J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur. » Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : « Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre.
Homélie de saint Augustin, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres de la fête du Christ-Roi. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Christum Regem adoremus – Invitatoire des matines de la Fête-Dieu – Psaume 33 sur une ancienne psalmodie – IVème ton
  • Litanies du Sacré Cœur – mélodie de la litanie Kyrie rex sæculorum du XIIème, du Ier ton
  • Acte de consécration du genre humain au Sacré Cœur du Christ-Roi – indulgence plénière aux conditions ordinaires
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria – prose du XIVème siècle, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo nancéen – mélodie du Ier ton en usage dans le diocèse de Nancy
  • Chant d’action de grâces : Christus vincit – plain-chant d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse

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Télécharger le livret des IIndes vêpres de la fête du Christ-Roi et du salut du Très-Saint Sacrement.
Télécharger le livret de la mémoire du XXème dimanche après la Pentecôte au format PDF.

Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – Pères du concile de Nicée II – Icône de Notre Dame des Ibères – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 octobre 2025 du calendrier grégorien, 13 octobre 2025 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour les saints Pères du septième concile œcuménique, second de Nicée, tenu en 787, réuni par l’impératrice Irène en présence des légats du pape Adrien pour régler la crise iconoclaste. Les Pères de Nicée demandent la restauration des images du Christ, de la Vierge et des saints qui aident la prière et permettent de communiquer avec le divin. L’image n’est pas le modèle qui y est figuré, mais la vénération rendue à l’image renvoie au modèle.

Icône originale de Notre Dame des Ibères, conservée à l'entrée du monastère d'Iviron au Mont-AthosNous fêtons aussi en ce jour la translation en Russie d’une copie de l’icône miraculeuse de Notre Dame des Ibères (Marie Porte du Ciel), l’an 1648.

La Providence veut que cette année la fête du concile de Nicée II qui rétablit la vénération des icônes soit concomitante à celle de l’icône de la Mère de Dieu des Ibères, qui subit les attaques des iconoclastes, et qui était vénérée justement dans la ville de Nicée, d’où elle est originaire.

Précisons tout d’abord que les Ibères dont il s’agit ne sont pas Espagnols, mais les Géorgiens établis dans le monastère d’Iviron au Mont-Athos, lequel occupe le troisième rang selon l’ordre de préséance qui prévaut sur la Sainte Montagne.

L’icône de Notre-Dame des Ibères remonte au moins au IXème siècle. Celle-ci, selon la tradition, fut cachée par une pieuse veuve habitant la ville de Nicée, durant la persécution iconoclaste qui eut lieu sous le règne de l’empereur Théophile (829-842). L’un des iconoclastes, ayant découvert la sainte icône, la transperça de sa lance. L’icône se mit à saigner (depuis lors, on représente toujours cette icône avec une petite marque noire sur la joue de la Vierge). La veuve soudoya les soldats et obtint que l’image sainte ne fût pas détruite avant le lendemain. Durant la nuit, elle mit l’icône à la mer et celle-ci navigua, dressée sur les flots, jusqu’au Mont-Athos. Les moines, ayant aperçu, pendant plusieurs jours, une colonne de feu allant de la mer jusqu’au ciel, descendirent sur la plage et trouvèrent l’icône, dressée sur l’eau. Les moines la placèrent immédiatement dans l’église, mais l’icône, chaque matin, se retrouvait à la porte du monastère. La Mère de Dieu révéla au frère Gabriel l’Ibère qui l’avait recueillie qu’elle entendait elle-même assurer la garde du monastère et son icône est, depuis, placée à l’entrée du monastère des Ibères et surnommée « portaitissa », ce qui signifie « portière » ou « tourière ».

Icône russe de Notre-Dame des Ibères sortie du Musée historique pour être vénérée au monastère NovodiévitchiUne copie de cette icône miraculeuse, écrite par le moine Jamblique, fut transportée à Moscou, le 13 octobre 1648, à la demande de celui qui devait devenir le patriarche Nikon et qui était alors l’higoumène du monastère Novodiévitchi de Moscou. Cette copie, elle-même miraculeuse (de nombreux miracles se manifestèrent lors de son arrivée au monastère Novodiévitchi de Moscou), est l’une des icônes les plus vénérées de Russie. La fête liturgique de sa translation est depuis fixée, dans le calendrier de l’Eglise russe, au 13 octobre. L’icône est conservée de nos jours au Musée historique de Moscou, mais est régulièrement proposée à la vénération des fidèles au monastère Novodiévitchi pour les jours de fête.

En pèlerinage à Moscou, les grands clercs de Saint-Eugène passent les portes de la Résurrection qui donnent accès à la Place Rouge - A gauche, la chapelle de Notre-Dame des IbèresUne copie de l’icône fut réalisée à Moscou pour la chapelle qui lui fut dédiée en 1680 à l’entrée de la Place Rouge, devant les Portes de la Résurrection (appelées aussi depuis Portes d’Ibérie). Notre-Dame d’Ibérie gardait ainsi l’entrée de la Place Rouge et du Kremlin et fut considérée comme la protectrice de Moscou. Tout voyageur arrivant dans la ville avait coutume de se recueillir devant elle. Cette chapelle fut détruite par Staline en 1931 avec les Portes de le Résurrection (afin de permettre le passage des chars pour les parades militaires sur la Place Rouge). La chapelle est maintenant heureusement reconstruite, avec les Portes de la Résurrection, et est ornée d’une nouvelle copie écrite au Mont-Athos en 1995 ; des office s’y déroulent en permanence, devant un flot incessant de pèlerins (et de touristes !).

Icône de Notre-Dame des Ibères (Marie Porte du Ciel) de MontréalEn 1981 un des moines du Mont-Athos avait écrit une copie de l’ancienne icône d’Iviron. Cette copie fut donnée à José Munoz, un moine qui habitait à Montréal. Une nuit de novembre 1982, cette icône a commencé à suinter abondamment – de façon miraculeuse – une huile parfumée (icône myrrhoblyte de Montréal). L’icône fut placée dans la petite cathédrale orthodoxe de Montréal, proposée à la vénération des fidèles. Cette icône miraculeuse de « Marie Porte du Ciel » devint extrêmement célèbre et voyagea avec son dépositaire un peu partout dans le monde. L’icône suintait de la myrrhe en permanence, plus ou moins abondamment selon les circonstances, mais le miracle cessait tous les ans durant la Semaine Sainte, à partir du Grand et Saint Lundi pour reprendre au cours des matines de la Résurrection dans la nuit de Pâques. Le moine José fut cependant assassiné à Athènes dans sa chambre d’hôtel le 31 octobre 1997 et l’icône fut volée & disparut.

L'icône myrroblite de Notre-Dame des Ibères d'HawaiiUne copie de l’icône de Montréal commença toutefois à nouveau à exsuder miraculeusement de la myrrhe à Honolulu, Hawaii, de façon régulière depuis 2007. En Juin 2008, cette copie de l’icône des Ibères a été reconnue comme miraculeuse & digne de vénération par l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, et a reçu la bénédiction de voyager dans différentes églises et monastères. Son « propriétaire » d’origine, le lecteur Nectaire, a été chargé par l’Eglise orthodoxe russe d’être son tuteur, et d’assurer la sécurité et l’entretien de cette icône miraculeuse.

Depuis Juin 2008, cette icône a visité plus de 1000 églises de toutes les juridictions canoniques en Amérique du Nord, et a été vénérée par un million de personnes à travers les États-Unis. De nombreux miracles et guérisons ont été rapportés, comme pour l’icône de Montréal.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des saints Pères. Kondakion : des saints Pères.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu & 4 tropaires de la 6ème du canon des saints Pères :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Jean criait en gémissant avec sa mère, * et versait une fontaine de larmes : * « Réjouis-toi, porte spirituelle ! * Maintenant tu enlèves mes portes ; ** sans toi, comment pouvons-nous vivre ici-bas ? »
6. Vomissant du venin contre toi, * l’empereur avec le sénat a déchaîné le châtiment contre les Saints. * Réjouis-toi, porte spirituelle & ouvre celles du Paradis, ** car sans toi nous ne pouvons pas les franchir.
7. Etant allée au bord de la mer, * la veuve mêlait son chant à ses larmes : « Réjouis-toi, porte spirituelle et calme les tempêtes, ** car sans toi nous ne pouvons leur échapper. »
8. La sage veuve inondait ses joues d’un fleuve de larmes * et déchirait sans pitié sa poitrine ; * « Réjouis-toi, porte spirituelle, crie-t-elle, ** souviens-toi de nous, car nous n’avons pas d’autre refuge que toi. »
9. Sauveur, accorde-moi ton pardon, * malgré le nombre de mes péchés ; * de l’abîme du mal retire-moi, je t’en supplie ; * c’est vers toi que je crie ; ** Dieu de mon salut, Seigneur, exauce-moi.
10. Que les montagnes distillent * la douceur et la joie, * car la multitude des hérétiques est rejetée, * elle qui répandait cet âpre venin, ** le rejet des images sacrées.
11. Que le ciel et la terre, d’un même chœur, * célèbrent comme une fête * la magnificence de la fille de Dieu, * car elle s’est grandie en renversant ** ceux qui cherchaient à l’amoindrir.
12. Le Fils que sans mère le Père engendre tout d’abord * sans père est né d’une Mère divinement * et m’a fait naître de nouveau ; * c’est pourquoi je vénère l’image ** de celle qui enfante et du fruit de son sein.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire des saints Pères de Nicée, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu * qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux * et grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi : ** Plein de miséricorde, gloire à toi.
3. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 1 : L’audace de ceux qui haïssaient l’image du Seigneur * et la puissance des ennemis de Dieu parvinrent jusqu’à Nicée ; * leurs envoyés questionnèrent sans pitié * la veuve qui honorait l’icône de la Mère de Dieu ; * mais, de nuit, avec l’aide de son fils * elle confia l’icône à la mer en disant : * « Gloire à toi, Vierge pure, car l’infranchissable flot a renversé son cours * & tu as pris la bonne direction, seule Mère inépousée ».
4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion des saints Pères, ton 6 : Le Fils qui s’est levé du Père comme un soleil * en deux natures est né d’une femme ineffablement ; * l’ayant connu, nous ne pouvons renier l’empreinte de ses traits, * mais la reproduisons pour la vénérer fidèlement; * c’est pourquoi l’Eglise, conservant la vraie foi, ** baise l’icône du Christ incarné.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Même si ta sainte icône a été jeté à la mer par la veuve qui ne pouvait la sauver de l’ennemi, ô Mère de Dieu, * elle est devenue la gardienne du Mont-Athos * et la portière du monastère d’Iveron, mettant en fuite l’ennemi, * et dans la Russie orthodoxe, ** elle garde de tous malheurs et de tous dangers ceux qui t’honorent.

Prokimen
Des saints Pères, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement (Daniel 3, 26).
℣. Car tu es juste en toutes tes œuvres (Daniel 3, 27).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
Des saints Pères : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.
[De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.]

Alleluia
Des saints Pères, ton 1 :
℣. Le Seigneur, le Dieu des dieux, a parlé, et il a appelé la terre depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant. (Psaume 49, 1).
℣. Assemblez devant lui tous ses saints, qui font alliance avec lui pour lui offrir des sacrifices. (Psaume 49, 5).
De la Mère de Dieu :
℣. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 35) VIII, 5-15.
Des saints Pères : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
[De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Jean-Baptiste Le Brun des Marettes et ses Voyages liturgiques : un témoin privilégié de la liturgie française d’Ancien Régime

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon

Par l’Abbé Jean-Pierre Herman
Professeur de liturgie au Séminaire Saint-Vincent de Paul de l’Institut du Bon Pasteur

Introduction

La publication récente de la traduction anglaise des Voyages liturgiques de France (1718) de Jean-Baptiste Le Brun des Marettes constitue un événement majeur pour les études liturgiques[1]. Cette œuvre, traduite par Gerhard Eger et Zachary Thomas chez Os Justi Press, rend accessible à un public international l’un des témoignages les plus précieux sur la liturgie française d’Ancien Régime.

Le récit de Le Brun des Marettes (1651-1731) offre une perspective unique sur l’état de la liturgie française à la veille des grandes transformations du XVIIIᵉ siècle. Fondé sur des voyages méthodiques dans les cathédrales et abbayes du royaume, ce témoignage révèle la diversité des usages locaux, la continuité avec les traditions médiévales et la richesse esthétique des cérémonies. Dans le contexte tendu du début du XVIIIᵉ siècle, marqué par l’autorité croissante de Rome et la résistance des traditions diocésaines, cette documentation revêt une valeur exceptionnelle.

L’édition moderne, préfacée par l’abbé Claude Barthe, resitue le texte dans les controverses liturgiques de l’époque[2]. La reproduction de cinquante-cinq planches anciennes restitue l’univers visuel de l’époque.

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon - début du texte
Début du texte : la ville de Vienne en Dauphiné.

Contexte historique et liturgique

La France du début du XVIIIᵉ siècle présentait une situation liturgique d’une complexité remarquable. Si le concile de Trente avait encouragé l’adoption du Missel romain de saint Pie V (1570), de nombreux diocèses français avaient conservé leurs propres livres liturgiques, hérités du Moyen Âge et défendus par les chapitres cathédraux comme signes d’identité et d’autonomie spirituelle.

Cette diversité témoignait de la vitalité des traditions locales et de l’enracinement séculaire du christianisme français. Chaque diocèse avait développé ses propres particularités rituelles, créant une mosaïque liturgique d’une richesse exceptionnelle. Cette situation reflétait l’esprit gallican caractérisant l’Église de France, soucieuse de préserver ses libertés face aux prétentions centralisatrices romaines.

À partir de la fin du XVIIᵉ siècle, un mouvement de réforme « néo-gallican » entreprit de réviser bréviaires et missels. Le bréviaire de Paris de 1680 et le missel parisien de 1738 devinrent des modèles largement imités[3]. Ces réformes, inspirées par un retour aux sources patristiques et marquées par l’influence janséniste, s’accompagnaient d’innovations controversées : simplification des offices, accent moraliste, affaiblissement de la référence romaine au profit des Pères de l’Église.

C’est dans ce contexte que Le Brun des Marettes entreprit de dresser le tableau de la liturgie française avant que l’uniformisation ne vienne effacer les particularismes locaux. Son entreprise revêt une dimension scientifique et patrimoniale, celle d’un érudit soucieux de préserver la mémoire d’un patrimoine liturgique menacé.

Portrait de l’auteur : formation et convictions

Jean-Baptiste Le Brun des Marettes, sieur de Moléon, naquit à Rouen en 1651 dans une famille d’imprimeurs-relieurs engagée dans les débats religieux de l’époque. Son père, Bonaventure Le Brun, fut condamné aux galères pour avoir publié des ouvrages favorables à Port-Royal, épisode dramatique qui marqua profondément la formation du futur liturgiste.

Recueilli par la communauté de Port-Royal, Jean-Baptiste y reçut une éducation janséniste qui explique l’orientation de son œuvre. Cette formation développa chez lui le goût pour les sources anciennes et la méfiance à l’égard des innovations romaines qui caractériseront ses Voyages liturgiques. Son approche critique des textes et son attention aux témoignages de l’Antiquité chrétienne anticipent sur les développements de la science liturgique moderne.

Malgré ses origines modestes, Le Brun des Marettes noua des relations importantes dans la hiérarchie ecclésiastique française, notamment avec le cardinal Pierre-Armand du Cambout de Coislin, évêque d’Orléans. Il participa activement à la rédaction des nouveaux bréviaires d’Orléans et de Nevers, œuvre de réforme néo-gallicane[4].

Son attachement aux idées jansénistes lui valut la persécution. Embastillé en 1707, il céda aux pressions en 1712 et signa le Formulaire condamnant les propositions jansénistes. Le 19 janvier 1717, il se rétracta publiquement, affirmant avoir signé « forcé par la violence ». Cette rétractation témoigne de la force de ses convictions et éclaire la sincérité de son témoignage liturgique.

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon - chanoine de Lyon
Costumes des chanoines de Lyon.

Les Voyages liturgiques : méthode et contenu d’une enquête pionnière

L’entreprise des Voyages liturgiques trouve sa source dans une passion que Le Brun des Marettes exprime dès les premières lignes de sa préface : « Le goût que j’ai toujours eu pour les Rits & les anciens Usages des Églises de France, m’a engagé à faire plusieurs voyages dans les Provinces de France »[5]. Cette déclaration révèle les multiples dimensions de son projet, qui ne relève pas de la simple curiosité d’antiquaire, mais d’une véritable mission scientifique et pastorale au service de l’Église.

Le choix du terme « voyages » situe l’entreprise dans la tradition du voyage savant, pratique courante chez les érudits de l’époque. Mais il s’agit ici d’un voyage d’un genre particulier : non pas la quête de documents inédits dans des bibliothèques lointaines, mais l’observation directe de pratiques vivantes dans leur cadre naturel. Le Brun des Marettes se fait ethnographe avant la lettre, appliquant aux réalités liturgiques contemporaines les méthodes d’observation et de description que d’autres réservaient aux antiquités.

Méthode d’investigation

La méthode de Le Brun des Marettes repose sur deux approches complémentaires. D’une part, l’observation directe des cérémonies : il assiste aux offices, note les particularités rituelles, décrit les ornements et les gestes liturgiques avec la précision d’un témoin oculaire. D’autre part, la consultation systématique des sources écrites : ordinaires, coutumiers, bréviaires anciens conservés dans les sacristies et les bibliothèques capitulaires. Cette combinaison de l’enquête de terrain et de la recherche documentaire confère à son témoignage une valeur exceptionnelle.

L’auteur précise sa démarche : Je me suis attaché principalement à marquer les différens Rits & les pratiques particulières des Églises que j’ai vûes[6]. Cette approche révèle l’originalité de son travail : il ne s’agit pas seulement de décrire, mais d’expliquer, de donner les « raisons litterales » des pratiques observées. Le Brun des Marettes se fait herméneutique de la liturgie, cherchant à décrypter le sens profond des gestes et des formules selon une approche intellectuelle enracinée dans sa formation janséniste.

Chandelier à sept branches du chœur de la primatiale des Gaules à Lyon
Chandelier à sept branches du chœur de la primatiale des Gaules à Lyon.

Réception scientifique et autorité du témoignage

La valeur scientifique des Voyages liturgiques fut rapidement reconnue par les spécialistes. Joseph Andreas Jungmann cite l’ouvrage plus de cinquante fois dans son œuvre principale Missarum Sollemnia, témoignage éloquent de l’autorité que conserve le récit de Le Brun des Marettes près de trois siècles après sa publication[7]. Cette reconnaissance s’explique par la rareté des sources contemporaines sur la liturgie française d’Ancien Régime et par la précision des observations de l’auteur.

Le caractère de témoignage oculaire confère aux Voyages liturgiques une autorité particulière. Cette double perspective, synchronique et diachronique, permet de saisir à la fois l’état de la liturgie française au début du XVIIIᵉ siècle et sa profondeur historique. Pour les liturgistes contemporains, l’œuvre constitue une source de première importance pour comprendre l’évolution de la liturgie occidentale, documentant une période charnière où les traditions médiévales étaient encore vivantes, mais déjà menacées par les mouvements de réforme.

Richesse esthétique et spirituelle de la liturgie française

Le génie de Le Brun des Marettes ne se limite pas à la documentation des usages liturgiques : il transmet l’émotion esthétique et spirituelle des célébrations de son époque. Sa description de la magnificence des églises françaises demeure saisissante : La magnificence des églises de France, la richesse de leurs ornements, la majesté de leurs cérémonies, la gravité de leur chant, tout cela inspire le respect et la dévotion, et élève l’âme à Dieu[8].

Cette évocation révèle une conception de la liturgie qui fait de la beauté sensible un chemin vers la beauté spirituelle. La liturgie française d’Ancien Régime se caractérisait par une splendeur héritée du Moyen Âge : chœurs sculptés, stalles gothiques, ornements précieux, cérémonial solennel réglé par des siècles de tradition.

Cette recherche de la beauté liturgique procédait d’une théologie incarnée qui voyait dans la création artistique une participation à l’œuvre créatrice de Dieu. Cette esthétique sacrée transformait chaque cathédrale en théâtre de la gloire divine, où tous les arts concouraient à l’élévation spirituelle des fidèles.

Le chant liturgique occupait une place particulière. Le Brun des Marettes souligne la « gravité » du chant français, qui le distinguait des innovations italiennes. Cette gravité subordonnait la beauté mélodique à l’expression du texte sacré et à la solennité liturgique. Les maîtrises de cathédrales perpétuaient un art vocal privilégiant la simplicité noble et l’intelligibilité du texte selon l’esprit gallican.

Le maître-autel de la primatiale de Lyon
Le maître-autel de la primatiale de Lyon.

Héritage et actualité d’un témoignage irremplaçable

L’œuvre de Jean-Baptiste Le Brun des Marettes transcende largement les circonstances de sa composition pour s’imposer comme un témoignage majeur sur l’une des périodes les plus riches de l’histoire liturgique française. Les Voyages liturgiques constituent bien plus qu’un simple document historique : ils offrent une fenêtre unique sur un monde spirituel et culturel dont la disparition représente l’une des ruptures les plus profondes de la civilisation occidentale.

La traduction anglaise récente de cette œuvre revêt une importance particulière dans le contexte actuel de renouveau des études liturgiques. En rendant accessible à un public international une source jusque-là confinée aux bibliothèques spécialisées, cette initiative favorise une approche comparatiste de l’histoire liturgique et replace le cas français dans une perspective européenne plus large.

L’actualité de Le Brun des Marettes tient aussi à la modernité de sa méthode. Son approche combinant observation directe et recherche documentaire, son souci de contextualiser les pratiques observées, sa volonté de dégager le sens profond des gestes liturgiques anticipent sur les méthodes de l’anthropologie religieuse contemporaine. À une époque où la science liturgique redécouvre l’importance de l’approche ethnographique et de l’étude des pratiques vivantes, le témoignage de cet érudit du XVIIIᵉ siècle conserve une valeur méthodologique indéniable.

Face aux débats actuels dans l’Eglise à propos de l’unité liturgique, le témoignage de Le Brun des Marettes rappelle l’importance de la continuité traditionnelle et de l’enracinement local dans la vie spirituelle des communautés chrétiennes. Son plaidoyer implicite pour la diversité liturgique résonne avec les questions soulevées par le Motu proprio Traditionis Custodes de 2021[9].

Par la diversité qu’il décrit, par la fidélité qu’il constate, par la beauté qu’il célèbre, Le Brun des Marettes apparaît comme le témoin privilégié d’un âge d’or de la liturgie occidentale. Son œuvre demeure une référence incontournable pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du christianisme français et, plus largement, à l’histoire des liturgies traditionnelles. En ces temps où beaucoup posent la question de l’unité liturgique, son témoignage sur la richesse de la tradition chrétienne conserve une résonance particulière, rappelant que l’unité de la foi peut s’accommoder de la diversité des expressions culturelles et cultuelles.

Bibliographie

Sources primaires

Sources secondaires

Notes sur les Voyages liturgiques de France du Sieur de Moléon

Notes :    (↵ reviens au texte)

  1. Eger G. et Thomas Z. (trad.), Liturgical Travels Through France, Os Justi Press, 2025.
  2. Barthe C., « Préface », dans Liturgical Travels Through France, op. cit., p. XV-XXV.
  3. JOUNEL E., « Le mouvement liturgique français au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles », dans La Maison-Dieu, n° 95, 1968, p. 96-126.
  4. Gazier A., Histoire générale du mouvement janséniste, Paris, Champion, 1922, t. II, p. 234-256.
  5. Le Brun des Marettes J., Voyages liturgiques de France, Paris, Florentin Delaulne, 1718, Préface, p. iii.
  6. Ibid., p. iv.
  7. Jungmann J.A., Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine, Paris, Aubier, 1951-1954, 3 vol.
  8. Le Brun des Marettes J.B., Voyages liturgiques, op. cit., p. 45.
  9. Pape François, Motu proprio Traditionis Custodes, 16 juillet 2021

Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte

19ème dimanche après la Pentecôte - Facit Rex nuptias Filio - Un roi fit les noces de son Fils (Matthieu 22, 1-14)Saint-Eugène, le dimanche 19 octobre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La parabole du festin des noces

Le Royaume des Cieux est donc l’Église des justes : car déjà le Seigneur règne en eux comme dans les cieux : du fait qu’ils soupirent après les choses d’en haut, leur cœur ne recherche rien sur la terre. On peut donc dire : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » Votre charité comprend déjà qui est ce Roi, père du Fils Roi. N’est-il pas celui à qui le psalmiste dit : « Dieu, donne au Roi ton jugement, et ta justice au fils du Roi ». « Il célébra les noces de son fils. » Dieu le Père célébra les noces de Dieu son Fils, quand il l’unit à la nature humaine dans le sein de la Vierge ; quand celui qui est Dieu dès avant les siècles, il a voulu le faire devenir homme à la fin des temps. Mais, bien que, normalement, cette union nuptiale se fasse entre deux personnes, qu’il soit banni de nos esprits de croire que la personne du Dieu-homme notre Rédempteur Jésus Christ, soit l’union de deux personnes.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Dimanche des Missions (3ème dimanche d’octobre) : les oraisons pour la propagation de la foi sont ajoutées aux oraisons du XXIIème dimanche après la Pentecôte, sous la même conclusion.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du VIIIème ton – faux-bourdon parisien (d’après l’édition de 1739)
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Domine salvam fac Galliam – Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Vème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : En ce jour, ô Marie, daigne écouter nos chants

IIndes vêpres du XIXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – Saint Thomas – ton 2

Saint Thomas apôtre - école russe du XIVème siècle - Musée russe de Saint-PétersbourgParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 octobre 2025 du calendrier grégorien, 6 octobre 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’illustre & saint apôtre Thomas.

Les quatre évangiles citent Thomas parmi la liste des Douze Apôtres, mais seul celui de Jean nous fournis quelques renseignements qui peuvent aider à dessiner sa personnalité. Saint Thomas (ce nom araméen signifie « Jumeau ») était sans doute courageux (ne déclare-t-il pas : « Allons nous aussi & mourrons avec lui », lorsque le Christ annonce son passage en Judée alors que les Juifs de cette province ont résolu de le mettre à mort – Jean 11, 16) & surtout il fait preuve d’un pragmatisme certain (à la dernière Cène, lorsque Jésus annonce : « Quant au lieu où je vais, vous en connaissez le chemin », Thomas l’interrompt : « Seigneur, nous ne savons où tu vas, comment en connaitrions-nous le chemin ? » – Jean 14, 5).

La foi de Thomas - reconnaissance du Christ ressuscité par saint ThomasC’est sans doute en raison de ce pragmatisme que Thomas refuse de croire en la réalité physique de la résurrection s’il ne peut toucher les plaies de Jésus. Le Christ ressuscité lui apparait en lui montrant ses plaies glorifiées et lui disant : « Cesse d’être incrédule mais croyant ». Même si la foi de Thomas fut tardive, sa réponse est une profession de foi d’une vigueur théologique impressionnante : « Mon Seigneur & mon Dieu ». Thomas confesse ainsi solidement la réalité du mystère de l’Incarnation du Verbe, la réalité de l’union hypostatique des deux natures, humaine & divine, dans le Christ.

Après la Pentecôte, rempli de l’Esprit Saint et avec le courage qui le caractérisait déjà, Thomas partit prêcher l’Evangile aux extrémités de la terre.

En compagnie des saints Apôtres Jude Thaddée et Barthélémy, il établit l’Eglise dans la Mésopotamie (où l’on parlait alors l’araméen comme en Palestine). Thaddée & Thomas concentrent leur prédication sur l’Assyrie, assistés par Addaï, l’un des 72 disciples, lequel continue leur travail une fois qu’ils partiront pour l’Arménie & l’Inde, tandis que Thaddée évangélise la Chaldée plus au Sud, assisté par un autre des 72 disciples, Aggaï puis par leur disciple Mari. L’Eglise ainsi fondée dans la Mésopotamie sous domination perse s’intitula l’Eglise de l’Orient (toutes les chrétientés de l’Empire romain étaient en effet pour eux l’Eglise d’Occident, y compris les Byzantins, les Syriaques, les Coptes). Les héritiers de cette Eglise de l’Orient sont les chrétiens appelés de nos jours Assyriens & Chaldéens (sans que ces appellations actuelles ne recoupent des identités ethniques réelles mais une simple distinction entre chrétiens séparés (nestoriens) & catholiques).

Une fois l’Evangile prêché en Mésopotamie & les premières Eglises affermies, Thomas, suivant la route de la soie s’arrête au royaume indo-grec du Ghandara (Pakistan actuel) à la cour du roi Gondopharès Ier, qu’il quitte en 51 pour revenir à Jérusalem. En 52 Thomas s’embarque pour l’Inde du Sud en suivant cette fois la route maritime de la soie. Il séjourne dans l’île de Socotora (Golfe d’Aden), où il établit l’Eglise. Cette antique chrétienté, dépendant du catholicos de l’Eglise de l’Orient dura jusqu’au XIVème siècle avant d’être éradiquée par l’Islam.

Thomas débarque aux Indes à Muziris (l’actuelle Cangranore) sur la côte de Malabar, où vivait une importante communauté juive araménophone, mais sa prédication obtient plus de succès auprès des indiens, et Thomas baptise de nombreux membres de la haute caste et de la famille royale, qui forment alors le noyau de la première communauté chrétienne en Inde. De 52 à 63, Thomas fonde des Églises sur les côtes du Malabar & de Coromandel, ainsi qu’à Ceylan. Ces communautés ont été dénommées depuis « Chrétiens de saint Thomas », leurs Eglises – de tradition araméenne – sont toujours florissantes aujourd’hui dans l’actuel état du Kérala, où la population est devenue de nos jours majoritairement chrétienne. La chrétienté indienne fondée par Thomas (comme les premières chrétienté de Socotora et de Chine) resta longtemps la fille de celle de Mésopotamie, partageant avec elle la même liturgie (l’anaphore d’Addaï et Mari).

Croix du tombeau de saint Thomas à Méliapour (Madras), datée du VIème ou VIIème siècleEn 64, Thomas s’embarque pour la Chine qu’il évangélise jusqu’en 68 avant de revenir aux Indes. Il reçoit la palme du martyre l’an 72 (probablement un 21 décembre selon la tradition malabare locale) dans le petit royaume tamoul de Méliapour (Mylapore, cité actuellement intégrée dans la ville de Madras) sur la côte de Coromandel. Pour avoir converti la femme et le fils du roi, Thomas fut percé de plusieurs lances. Les restes de l’une d’elles furent retrouvés par les Portugais lors de l’ouverture de son tombeau et de la reconnaissance de ses reliques (des os et une fiole de sang) qu’ils firent en 1523. Une croix datée du VIème ou VIIème siècle retrouvée sur son tombeau et comportant une inscription en langue parthe est devenue le symbole des Chrétiens de saint Thomas (des croix de forme similaire et de même époque ont été aussi retrouvées au Kérala).

Frise de Kong Wang Shan - l'Apôtre Thomas portant la croix et un acolyteLa prédication de Thomas au Ghandara et en Chine avait été abondamment contestée par les critiques rationalistes occidentaux à partir de l’époque moderne, celle des Indes paraissait plus certaine en raison de la manifeste ancienneté des chrétientés qui y sont toujours établies. Pourtant, les études archéologiques récentes tendant à confirmer les éléments reçus de la tradition. Le roi Gondopharès Ier du Ghandara avait été prétendu légendaire jusqu’à ce qu’on retrouve des pièces à son effigie en 1834 à Calcutta, puis de nombreuses inscriptions qui ont pu confirmer les dates de règne de ce souverain, compatibles avec le séjour de Thomas. De même, les études récentes d’un groupe sculpté en Chine (la frise de Kong Wang Shan, dans le port de Lianyungang où Thomas aurait pu débarquer) tendent à montrer qu’elles pourraient décrire l’arrivée de Thomas en Chine. D’autres sculptures funéraires de style mésopotamien et manifestement d’inspiration bibliques datées de l’an 86 ont été retrouvées en Chine.

Le corps de saint Thomas repose toujours aux Indes dans son tombeau à Méliapour (Madras, Etat du Tamil Nadu, Inde). En 232 cependant, une translation d’une partie importante de ses reliques avait été faite depuis Méliapour jusqu’à Edesse en Osroène (Mésapotamie), ville qu’il avait évangélisée. Ces reliques furent apportées des Indes par les soins d’un marchant syriaque du nom de Khabin. La pèlerine Egérie qui visita Edesse du 19 au 21 avril 384 note dans son journal de voyage :

Dès notre arrivée, nous nous sommes rendus aussitôt à l’église et au martyrium de saint Thomas. Selon notre habitude, nous avons fait des prières et tout ce que nous avions coutume de faire dans les lieux saints ; nous avons lu aussi quelques textes de saint Thomas. L’église qui est là est immense et très belle, agencée de neuf, de sorte qu’elle est vraiment digne d’être la maison de Dieu.
Itinéraire 19, 2-3.

En 394 (vraisemblablement un 3 juillet), les reliques d’Edesse furent tirée du martyrium primitif décrit par Egérie (manifestement un petit édicule distinct de la cathédrale de la ville dont parle surtout notre pèlerine) pour être solennellement déposées dans une nouvelle et grande église spécialement édifiée pour les recevoir (Chronique d’Edesse 38).

Pierre tombale de saint Thomas, de facture mésopotamienne, conservée à Ortona avec les reliques du crâne de saint ThomasCes reliques d’Edesse quittèrent la ville au cours du Moyen-Age en raison des vicissitudes dues aux invasions perses puis arabes, et furent elles-mêmes divisées : une partie serait conservée dans une église de Mossoul, une autre part (des os du crâne) avait été mise à l’abri des invasions musulmanes dans l’île grecque de Chios, d’où le 6 septembre 1258 des Italiens la transférèrent à Ortona dans les Abruzzes ; la cathédrale Saint-Thomas de cette ville les conserve ainsi qu’une pierre tombale de facture mésopotamienne. Une reconnaissance scientifique de ces reliques a déterminé qu’elles appartenaient à un homme d’environ 1m60, âgé entre 50 et 70 ans, qui avait reçut des coups correspondant à ceux d’une lance.

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Tu as été un disciple du Christ * et membre du divin collège des Apôtres. * Faible dans la foi, t’as douté de la Résurrection du Christ, * mais après avoir touché Ses blessures tu as cru à sa très-pure Passion : ** prie-Le à présent, glorieux Thomas, pour qu’Il nous donne sa paix et sa grande miséricorde.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion du même ton : Ton mystère très glorieux dépasse tout entendement, ô Mère de Dieu : * ta pureté demeurant scellée et ta virginité intacte, * tu t’es fait connaître véritablement Mère, en enfantant le vrai Dieu ; ** prie-le de sauver nos âmes.

Polyeleos.
Mégalinaire : Nous te magnifions, * apôtre du Christ Thomas, * et nous honorons tes souffrances et tes labeurs, * par lesquels tu as peiné **pour l’annonce de l’Évangile du Christ.

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

VIIIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 64) XX, 11-18.
Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires) et de l’Apôtre (6 tropaires), œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845), avec l’acrostiche : J’admire, saint Thomas, tes miracles nombreux. Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion de l’Apôtre, ton 4 : Celui que la grâce divine a comblé, * l’Apôtre du Christ et son fidèle serviteur, * plein de repentir, s’est écrié: * Tu es en vérité ** mon Seigneur et mon Dieu.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 2

Conclusion des matines

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