Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme de la solennité de saint Eugène, premier évêque de Tolède & martyr, patron

Saint-Eugène, le dimanche 18 novembre 2012, procession des reliques de saint Eugène à 10h45, suivie de la grand’messe de 11h.

Saint Eugène est mis au nombre des disciples ou des compagnons de saint Denys Ier, évêque de Paris, dans plusieurs actes des martyrs. Ce saint évêque l’envoya dans plusieurs lieux pour visiter les Eglises confiées à ses soins. Revenu de ses visites après le martyr de saint Denys, lorsque la persécution était encore des plus vives, il fut pris dans un village qu’on appelle Deuil, qui est à trois lieues de Paris ; et là, après avoir donné des marques éclatantes de sa foi, il fut condamné à avoir la tête tranchée, par la sentence du gouverneur Sisinnius Fescenninus. Son corps fut jeté par les gentils dans un certain lac, dit le lac Marchais. Hercold, homme d’une grande considération, qui avait déjà fait bâtir une église sur le tombeau de saint Denys, le chercha dans ce lac, et l’ayant trouvé, l’ensevelit honorablement, à l’endroit même où il avait souffert le martyre, et il y fit élever un magnifique oratoire. Son corps ayant été transporté, avant le Xe siècle, dans le monastère de saint Denys en France, plusieurs portions de ses reliques furent envoyées dans différentes églises de France et d’Espagne, où elles sont en grande vénération.
Du Propre de Paris, au 15 novembre, IVe leçon du IInd nocturne de l’office de la nuit, en la fête de saint Eugène.

Pour fêter notre saint patron, la Schola interprétera cette année la Messe AD MAJOREM DEI GLORIAM (1699) écrite par André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles.

  • A 10h45 : Procession des reliques de saint Eugène : Christus vincit – Laudes regiæ (acclamations carolingiennes – IXème siècle)
  • Mémoire du XXVème dimanche après la Pentecôte par les oraisons reprises du VIème dimanche après l’Epiphanie – Propre du jour en vieux plain-chant parisien
  • Retour au chœur : Dixit Dominus (H. 197) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de chapelle de Mademoiselle de Guise, du Dauphin, des Jésuites et de la Sainte Chapelle
  • Introït
  • Kyrie & Gloria de la Messe Ad majorem Dei gloriam d’André Campra
  • Graduel
  • Alleluia
  • Séquence : Verbi semen qui plantavit – prose de saint Eugène – selon la tradition, l’orgue chante les strophes impaires.
  • Credo de la Messe Royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Offertoire
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Sancti Eugenii digna memoria – hymne de l’ancien office parisien de saint Eugène – plain-chant du premier ton (H. 55) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant la communion : Nisi Dominus (H. 150) de Marc-Antoine Charpentier
  • Communion
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est de la Messe de du Mont
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Virgines, & vos pueri vicissim – hymne des Ires et IIes vêpres de l’ancien office parisien de saint Eugène – plain-chant du sixième ton tiré des livres de Coutances
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Histoire de saint Eugène et de ses reliques

    Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – saints Galaction & Epistème – ton 7

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 novembre 2012 du calendrier grégorien – 5 novembre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour saint Galaction et son épouse Epistème.

    Tous deux sont nés dans la ville d’Emèse, en Phénicie. La mère de Galaction était stérile jusqu’à ce qu’elle fut baptisée. Après son baptême, elle a amené son mari à la vraie foi et baptisé son fils Galaction, l’élevant en chrétien.

    Lorsque le temps fut venu pour Galaction de se marier, son père, devenu veuf, le maria à une jeune fille païenne appelée Epistème. Galaction convertit rapidement son épouse Episteme à la foi au Christ et la baptisa lui-même. Comme d’autres chrétiens qui fuyaient les persécutions, les deux époux se réfugièrent au Sinaï, sur le mont Publion (Djebel El Deir). C’est là qu’ils furent arrêtés pour être conduits au martyre lors de la persécution de Dèce. Traduits en justice, flagellés, on leur coupa les mains et les pieds, et enfin la tête. C’était le 5 novembre 253 qu’ils reçurent la couronne du martyre.

    Sur les lieux de leur résidence au Sinaï existe toujours un hermitage qui est dédié aux deux époux.

    Le Martyrologe romain les fête aussi à la date du 5 novembre. En voici la notice :

    A Emèse en Phénicie, saint Galaction et sainte Epistème son épouse, qui, dans la persécution de Dèce, furent déchirés à coups de fouets, eurent ensuite les mains, les pieds & la langue coupés ; enfin, ayant eut la tête coupée, ils achevèrent leur martyre.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Kondakion : du dimanche.
    A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Kondakion : des Martyrs.

    Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical et 4 tropaires de la 3ème ode du canon des saints :
    1. En ton aspiration vers la plus haute vie * et les délices qui ne peuvent s’exprimer, * tu méprisas, Galaction, tous les agréments * de ce qui passe et se corrompt, * pour suivre le Christ docilement ** avec Epistème.
    2. Sauvés des mailles enchevêtrées * de la chair et des passions, * dans l’ascèse vous vous êtes liés * au Christ par amour * et lui fûtes offerts en sacrifice très pur, ** dans votre lutte de martyrs.
    3. Pour l’amour du Christ notre Dieu * ayant renoncé au monde, * vous vous êtes attachés * de préférence à l’Esprit * et pour vos peines multiples, saints Martyrs, ** vous avez mérité le royaume divin.
    4. Nul ne s’est réfugié * sous ta sainte protection, * ô Vierge, qu’il n’ait trouvé ton abondante compassion; * c’est pourquoi je te prie de m’accorder ton secours, ** Mère de Dieu.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
    2. Tropaire des saints, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des saints, ton 2 : Vous avez été comptés parmi les légions des martyrs du Christ, ayant lutté magnifiquement, * toi qui combattit vaillamment, ô glorieux Galacteon, * avec Episteme, ton épouse honorée, qui souffrit avec toi. ** Priez sans cesse le Dieu unique pour nous tous.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 7 : Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, * car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort ; * l’Enfer est enchaîné, * les Prophètes tous ensemble se réjouissent. * Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi ; ** venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 7 :
    ℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
    ℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
    [Des saints, ton 1 :
    ℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).]

    Epîtres
    Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
    [Des saints : Hébreux (§ 318) VII, 26 – VIII, 2.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 7 :
    ℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
    ℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
    [Des saints, ton 2 :
    ℣. La bouche du juste annonce la sagesse, et sa langue proclame la justice. (Psaume 36, 30).]

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 39) VIII, 41-56.
    [Des saints : Jean (§ 36) X, 9-16.]

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 4 novembre 2012, grand’messe de 11h.

    La guérison de l’hémoroïsse & la résurrection de la fille de Jaïre

    « Et voilà qu’une femme affligée d’une perte de sang depuis douze ans, s’approcha de lui par derrière, et toucha la frange de son vêtement. » Nous lisons dans l’Évangile selon saint Luc que la fille du prince de la synagogue avait douze ans. Cette femme, je veux dire le peuple gentil, commence donc à être malade au temps même où le peuple juif naissait à la foi. Ceci est à remarquer ; car un vice ne ressort que par le contraste des vertus.
    Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Jam lucis orto sidere – Hymne de l’office de Prime – texte du VIIIème siècle – mélodie du VIIIème ton en usage à Nancy.
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IInd ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : orgue
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Vers la mort qui vient – cantique du R. P. Jacques Bridaine ( 1701 † 1767) – texte de le Chanoine Eugène Blineau (1886 † 1959), du chapitre de la cathédrale de Nantes
  • Organiste : Touve R. Ratovondrahety

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    Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – Notre-Dame de Kazan – ton 5

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 novembre 2012 du calendrier grégorien, 22 octobre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi le miracle de l’icône de Notre-Dame de Kazan obtenu en 1612.

    L’icône miraculeuse de la Vierge de Kazan est sans doute l’icône mariale la plus vénérée de Russie et est devenue au fil des siècles comme le porte-étendard spirituel de la nation russe. Sur cette icône, la Très-Sainte Mère de Dieu est représentée avec son divin enfant sur son côté gauche. C’est la seule icône, parmi les icônes miraculeuses, sur laquelle il n’y a qu’une seule main : La main du Christ qui bénit ; les autres mains ne sont pas visibles, elles sont sous les vêtements. L’Enfant Jésus est représenté debout face à celui qui regarde l’icône, à l’opposé des diverses autres positions qu’il a sur les autres types d’icône où il est représenté dans les bras de sa Mère.

    Cette icône passe pour être arrivée de Constantinople à Kazan au XIIIème siècle mais avait disparu au XVIème siècle. La ville de Kazan, tombée sous le joug tatare musulman, en fut libérée le 1er octobre 1552 en la fête de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) par le tsar Ivan le Terrible. En remerciement de cette victoire, le tsar fit construire de 1555 à 1560 la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu sur la Place Rouge de Moscou (plus connue aujourd’hui sous le nom de Saint-Basile-le-Bienheureux, du nom du saint enterré dans l’une de ses chapelles). A Kazan libérée, le tsar fit édifier également une cathédrale et de nombreuses églises. La ville eut un archevêque en 1555, mais les musulmans de la ville menèrent une lutte acharnée contre l’Orthodoxie qui y refleurissait. En 1579, Kazan fut dévastée par un incendie. Les musulmans en profitèrent pour répandre l’idée qu’il s’agissait là d’un jugement de Dieu contre les chrétiens. Une petite fille de neuf ans, Matrona, eut alors une apparition de la Mère de Dieu lui indiquant un endroit dans la ville où il fallait creuser pour trouver son icône sous les décombres de l’incendie. Les parents de Matrona puis les autorités religieuses & civiles de la ville crurent à une fable et il fallut deux apparitions de Notre-Dame pour que des fouilles furent enfin décidées par la mère de la fillette, aidée de voisins & amis. Creusant avec une pioche à l’emplacement indiqué par Notre Dame, Matrona elle-même retrouva le 8 juillet 1579 son icône enveloppée dans un paquet recouvert d’un linge mauve foncé. La nouvelle s’en propagea dans toute la ville et des foules entières se précipitèrent sur le lieu de la découverte. L’icône était là, par terre et tous se prosternaient devant elle. Le futur patriarche de Moscou saint Hermogène, alors simple prêtre à Kazan, témoigne de l’émotion alors ressentie : « Malgré mon coeur dur comme une pierre, j’ai éclaté en larmes et je me suis jeté au pied de l’icône ». Enfin arrivèrent les autorités de la ville et l’archevêque de Kazan Jérémie avec le clergé. « L’archevêque et le voyvode priaient en pleurant, demandant à la très sainte Mère de Dieu de leur pardonner leur manque de foi ». On fit la translation de l’icône dans la cathédrale de Kazan. Au cours de celle-ci, un aveugle, du nom de Joseph, s’arrêtant devant l’icône, stoppa la procession. En pleurant, il pria la Mère de Dieu et recouvra instantanément la vue. Lorsque l’icône fut rentrée dans la cathédrale de l’Annonciation, « les uns poussaient les autres, certains marchaient sur la tête des autres afin de toucher l’icône miraculeuse ». A nouveau un autre aveugle, Nikita, recouvra la vue instantanément. Le tsar Ivan le Terrible ordonna alors la construction d’une église et d’un monastère sur l’emplacement de la découverte. Matrona et sa mère furent parmi les premières moniales de ce monastère et du reste Matrona en devint plus tard l’higoumène.

    La découverte miraculeuse de l’icône fut un signe fort qui raffermit la foi russe, et elle entraîna la construction de nombreuses églises dans tout le pays. L’icône fut par la suite invoquée à de multiples reprises dans les moments de périls au cours de l’histoire russe, et l’une de ces occasions constitue du reste l’objet de la fête de ce jour : en effet, le 22 octobre 1612, l’armée russe, commandée par Dimitri Pojarski et composée de boyards et de milices populaires, précédée par une copie de l’icône de la Vierge de Kazan, rentre dans Moscou et en chasse les Polonais. Le départ des étrangers met fin au « temps des Troubles », consécutif à la mort du tsar Boris Godounov. Il ne reste plus aux Russes qu’à rétablir un pouvoir digne de ce nom. Les états généraux se réunissent et, prenant la précaution d’exclure du trône tout étranger, ils élisent le prince Michel Romanov (sa descendance règnera sur le pays jusqu’à la révolution de février 1917). Le 25 octobre 1612, une divine liturgie est célébrée sur la Place Rouge et, en ce jour historique, se rencontrent deux des plus grandes icônes russes : celle de la Vierge-de-Vladimir symbolisant les siècles passés de la dynastie des Riourik et celle de la Vierge-de-Kazan symbolisant le renouveau avec l’avènement de la dynastie des Romanov. La copie de l’icône de Kazan, qui avait galvanisé les miliciens conduit par Pojarski, sera déposée dans une nouvelle cathédrale spécialement construite à Moscou en 1636, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan donnant sur la Place Rouge. Cette cathédrale – rasée par les communistes – est désormais reconstruite à l’identique.

    Avant la révolution ce jour du 22 octobre (calendrier julien) était férié. Supprimée à la révolution, la fête a été réinstaurée en 2007 sur proposition de l’Eglise, pour remplacer la commémoration de la révolution bolchevique, le 7 novembre. Cette fête est donc, avec Noël, la deuxième fête religieuse chômée réinstaurée en Russie.

    L’icône originale de Notre-Dame de Kazan est hélas pour l’instant perdue : elle fut en effet volée dans le monastère de Kazan le 29 juin 1904, et depuis jamais retrouvée. Cette perte en pleine guerre russo-japonaise fut interprétée par beaucoup comme le signe annonciateur des malheurs qu’allait vivre la Russie pendant le XXème siècle. Une association de fidèles de Notre-Dame de Fátima pensait avoir retrouvé l’original qu’elle acheta à un antiquaire en 1970, afin de l’installer dans la chapelle byzantine Domus Pacis des sanctuaires de Fátima, mais une expertise montra qu’il s’agissait d’une copie des environs de l’an 1730. Rappelons le cœur du message de la Vierge lorsqu’elle apparut à Fátima au Portugal le 13 Juillet 1917: « Dieu est sur le point de punir le monde à cause de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions de l’Eglise et du Saint Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander les communions réparatrices et la Consécration de la Russie à Mon Coeur Immaculé. A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera. Le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira, et une période de paix sera accordée au monde. »

    Le Pape Jean Paul II, en pèlerinage à Fátima en 1991, décida de transférer cette icône de Notre-Dame de Kazan dans ses appartements au Vatican et lui a voua une vénération toute particulière. Il l’a présentée au président Vladimir Poutine en visite officielle au Vatican le 5 novembre 2003. Embrassant l’icône, le Pape avait affirmé en russe qu’il « priait tous les jours pour la Russie » ; son interlocuteur avait alors également vénéré la sainte icône.

    En signe de réconciliation, le Pape a offert cette icône au patriarcat de Moscou et l’icône fut reçue le 28 août 2004 lors d’une cérémonie solennelle organisée en la cathédrale de l’Assomption du Kremlin de Moscou pour la fête de la Dormition de la Vierge. Le 21 juillet 2005, alors que la ville de Kazan célébrait son millénaire et que c’était le jour de célébration liturgique de l’invention de l’icône, devant une foule de 10 000 pèlerins, l’icône offerte par le Pape fut placée par le patriarche Alexis II dans la cathédrale de l’Annonciation au Kremlin de Kazan.

    Outre les copies de Moscou et de Kazan, la copie de Saint-Pétersbourg est elle aussi fameuse : deux fois plus grande en taille par rapport à l’icône originale et réalisée vraisemblablement à la fin du XVIIème siècle, elle était en tête de l’armée russe au champ de bataille de Poltava le 27 juin 1709. En 1710, Pierre le Grand l’emmène sur les berges de la Neva, pour sa nouvelle capitale impériale. Elle sera le joyau de la grande cathédrale de Kazan de Saint-Pétersbourg bâtie sous Paul Ier le long de la perspective Nevski en 1811 par l’architecte Voronikhine. Cette cathédrale réalisée pour abriter l’icône est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : du dimanche.
    A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
    2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 4 : Toi qui nous protèges de tout cœur, * Mère du Seigneur tout-puissant, * intercède auprès de ton Fils, * le Christ notre Dieu, en faveur de nous tous * et fais que nous trouvions le salut, * nous qui accourons sous ta puissante protection. * Dame souveraine, protège-nous tous, * nous qui, dans le malheur, l’affliction, la maladie, * et sous le poids de tant de péchés, * avec tendresse te prions devant ton icône immaculée, * avec larmes, le cœur contrit, * faisant reposer notre irréversible espérance sur toi : * accorde-nous la délivrance de tout mal, * tout ce qui nous est utile, et sauve-nous, Vierge Mère de Dieu, ** car tu es pour tes serviteurs la divine protection.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, * tu as brisé les portes, Tout-Puissant, * pour ressusciter les morts, ô Créateur ; * et tu brisas l’aiguillon de la mort, * Adam fut délivré de la malédiction ; * et nous, Seigneur, nous te crions : ** sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Accourons, fidèles, vers ce havre de sérénité, * la protection de la Vierge, son aide empressée, * le prompts salut qu’elle nous offre avec ardeur. * Hâtons-nous vers la prière, empressons-nous vers le repentir, * car la très-sainte Mère de Dieu * fait jaillir sur nous sa miséricorde qui ne tarit pas, * avec prévenance elle vient à notre secours, * elle délivre de grands malheurs et d’immenses calamités ** ses serviteurs qui bien lui plaisent et cultivent la crainte de Dieu.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    ℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : Galates (§ 215) VI, 11-18.
    De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
    ℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
    De la Mère de Dieu :
    ℣. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 83) XVI, 19-31.
    Abraham lui répondit : S’ils n’écoutent ni Moïse, ni les prophètes, ils ne croiront pas non plus, quand même quelqu’un des morts ressusciterait.
    De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Commémoraison de tous les fidèles défunts

    Messe de funéraillesSaint-Eugène, le vendredi 2 novembre 2012, messe solennelle de 19h.
    Répétition pour les choristes à partir de 18h30.

    Catéchisme sur le Purgatoire & sur la prière pour les morts

    La prière pour les morts existe depuis les premiers temps du christianisme. A côté de la célébration d’offices pour tel et tel défunt se développèrent par la suite des offices célébrés de façon plus générale (en particulier pour tous les bienfaiteurs défunts d’un monastère). Au VIIIème siècle, le monastère de Fulda célébrait chaque mois une commémoraison générale des fidèles défunts. La célébration annuelle de l’office pour tous les fidèles défunts au 2 novembre, au lendemain de la Toussaint remonte à saint Odilon, abbé de Cluny. Celui-ci ordonne par un édit de 998 pour la centaine de monastère de sa congrégation que le 1er novembre, après les vêpres solennelles de la Toussaint, les cloches sonnent le glas funèbre et que les moines célèbrent au chœur l’office des défunts. Le lendemain, tous les prêtres doivent offrir à Dieu le divin sacrifice pro requiem omnium defunctorum. Diffusé dans toute l’Europe par les moines de Cluny, cet usage fut accueilli très vite par des diocèses (dès 1008 pour Liège) et finit par devenir général au XIVème siècle. En raison des ravages causés dans la chrétienté par la Ière guerre mondiale, S.S. le Pape Benoît XV a autorisé tous les prêtres à célébrer le 2 novembre 3 messes pour les défunts, étendant un privilège que le Pape Benoît XIV avait accordé initialement aux états dépendants de la couronne d’Espagne. A cette occasion fut insérée dans le Missel Romain la préface pour les défunts, composition moderne inspirée d’une préface similaire en usage de longue date dans les diocèses français (seule la sublime phrase vita mutatur non tollitur a été conservée de l’ancienne préface).

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    Programme de la fête de tous les saints

    Page de garde d'un martyrologe romainSaint-Eugène, le jeudi 1er novembre 2012, messe solennelle en rit romain traditionnel de 11h.

    Catéchisme sur la fête de tous les saints

    Aujourd’hui, bien-aimés frères, nous célébrons, dans l’allégresse d’une solennité commune, la fête de tous les Saints. Leur société réjouit les cieux, leur protection console la terre, leur triomphe couronne la sainte Église. Plus la profession de leur foi a été ferme dans les tourments, plus ils ont d’éclat dans la gloire. Car la violence du combat s’augmentant, l’honneur des combattants s’est aussi accru. Les diverses tortures du martyre rehaussent le triomphe, et des souffrances plus affreuses ont procuré de plus délicieuses récompenses. Notre mère l’Église catholique, répandue au loin dans tout l’univers, à qui Jésus-Christ, son chef, apprit par son exemple à ne craindre ni les outrages, ni les croix, ni la mort, s’est de plus en plus fortifiée, non par la résistance, mais par la patience. Pour encourager toutes ces légions d’illustres athlètes, jetés en prison comme des criminels, et pour les animer tous à soutenir le combat avec la même ardeur et un courage égal, elle leur a inspiré la sainte ambition d’un glorieux triomphe.
    Sermon de saint Bède le Vénérable, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

  • Propre grégorien du jour
  • Procession d’entrée: orgue
  • Messe Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra, (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Séquence parisienne : Sponsa Christi, quæ per orbem – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou – Et incarnatus est de la Messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Angeli, Archangeli – grand motet sur le texte de l’antienne de Magnificat des Ières vêpres de la Toussaint – Jean Veillot († 1662), chanoine et maître de chapelle de Notre-Dame de Paris, du roi Louis XIV et des Bénédictines de Montmartre
  • Ite missa est de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Psaume CL de César Franck (1822 † 1890), organiste de la Basilique Sainte Clotilde à Paris
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    Programme de la fête de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi

    Christ en gloire, miniature du XIIIème siècleSaint-Eugène, le dimanche 28 octobre 2012, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    La fête du Christ-Roi a été instituée par le Pape Pie XI le 11 décembre de l’Année Sainte 1925 par l’encyclique Quas Primas, écrite non seulement dans le contexte de l’avènement du communisme athée en Russie mais aussi pour combattre le développement moderne du laïcisme occidental. La fête a été placée par le Pape Pie XI au dimanche qui précède la fête de la Toussaint, afin de montrer le lien existant entre la royauté du Christ et sa diffusion par la sainteté.

    Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe « par qui tout fut fait », c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs… Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : « J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur. » Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : « Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre. »
    Homélie de saint Augustin, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale & Credo : de la Messe royale du 1er ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Procession d’entrée : Dominus regnavit de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 † 1772), maître de la Chapelle royale de Versailles
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Laudes carolingiennes (VIIIème siècle)
  • Après la Consécration : O salutaris hostia – François Giroust (1737 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Pendant la communion : Dixit Dominus (H. 197) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de chapelle de Mademoiselle de Guise, du Dauphin, des Jésuites et de la Sainte Chapelle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est de la Messe de du Mont
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Christus vincit – Mélodie d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse, harmonisation du chanoine Gaston Roussel (1913 † 1985), curé de Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles
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    Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte – saint Lucien d’Antioche – ton 4

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 28 octobre 2012 du calendrier grégorien – 15 octobre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Lucien, prêtre d’Antioche. Saint Lucien naquit à Samosate en 235. Orphelin à 12 ans, il quitta sa patrie à la mort de ses parents en abandonnant tous ses biens aux pauvres. Il se rendit alors à Edesse pour recevoir l’enseignement spirituel d’un maître réputé nommé Macaire. Après avoir reçu le saint baptême, il passa là plusieurs années dans une ascèse très stricte, avant de devenir prêtre à Antioche. Dans cette ville, il s’adonna à l’étude des Saintes Ecritures & entreprit de corriger les fautes qui s’étaient glissées dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, soit par l’inexactitude des copistes, soit par la malice des hérétiques. Ne se contentant pas de collationner le grec des Septante sur les meilleurs exemplaires, il le revit sur le texte hébreu, qu’il entendait parfaitement. Saint Jérôme nous apprend que l’édition de saint Lucien était plus exacte et plus correcte que celles d’Hésychius et de saint Pamphile, qu’elle était exempte des falsifications reprochées à Aquila et à Théodotion, et qu’il en avait fait lui-même le plus grand usage. Les Eglises d’Antioche et de Constantinople l’adoptèrent et la conservèrent jusqu’au Vème siècle. Aujourd’hui encore, les savants estiment un manuscrit des Septante en raison de sa conformité avec l’édition de saint Lucien. Saint Lucien fit des disciples et fonda à Antioche une école de théologie et d’exégèse, appelée l’Ecole des Exégètes, laquelle compta hélas parmi ses élèves l’infâme Arius. Il joua un rôle dans l’invention des reliques de saint Etienne en indiquant à l’évêque de Jérusalem l’emplacement du corps du protomartyr dont il avait reçu la révélation dans un songe. Emmené à Nicomédie où se trouvaient alors l’empereur Maximin, saint Lucien fit devant son juge une apologie de la foi pour laquelle il avait été traduit en justice. En voici un extrait :

    « Si vous refusez de vous en rapporter à mon témoignage sur la divinité de Jésus-Christ, vous n’avez qu’à consulter vos annales et vos archives : vous y trouverez que du temps de Pilate, pendant que le Christ était mis à mort, le soleil disparut et l’univers fut enseveli dans les ténèbres en plein midi. »

    Pendant qu’on l’interrogeait, saint Lucien faisait toujours la même réponse :

    « Quelle est ta patrie ? — Je suis chrétien ! — Quelle est ta profession ? – Je suis chrétien ! — Qui t’a donné le jour ? — Je suis chrétien ! »

    Saint Jean Chrysostome a écrit des merveilles sur cette admirable réponse de saint Lucien :

    « Parce que le disciple de Notre Seigneur Jésus-Christ, en disant qu’il est chrétien, explique parfaitement bien, en un seul mot, quelle est sa patrie, sa famille et sa profession. Sa patrie parce que, n’en ayant point sur la terre, il n’en reconnaît pas d’autre que la Jérusalem céleste ; sa famille, parce qu’il ne croit pas avoir d’autres parents que les Saints ; enfin sa profession, puisque toute sa vie est dans le ciel ».

    Il fut jeté en prison où il resta 9 ans avant d’y mourir le 7 janvier 312, un an avant l’édit de Constantin. La veille de sa mort, des disciples lui ayant fait passer du pain et du vin, il célébra les saints mystères de la fête de la Théophanie en utilisant sa propre poitrine comme autel. « Ma poitrine, dit le saint à ses disciples inquiets, servira d’autel, et vous qui m’entourez, vous formerez le temple qui nous dérobera aux regards des profanes. »

    Après la mort de saint Julien, Maximin commanda qu’on lui attacha une grosse pierre à la main droite et que son corps fut jeté dans la mer afin d’en ôter à jamais le souvenir. Il resta dans les eaux pendant quatorze jours et au quinzième le saint apparu à un de ses parents, Glycérius, pour lui indiquer un endroit du rivage où il trouverait son corps. Arrivés sur place, les chrétiens aperçurent un grand dauphin qui le déchargea sur le bord de mer et expira à côté de lui. Son corps ne comportait aucune corruption ni mauvaise odeur si ce n’est que sa main droite alourdie de la pierre était coupée. Peu de temps après, la mer la rapporta au même endroit. Sainte-Hélène, mère de l’empereur Constantin, fit bâtir un beau temple à Hélénopolis qui portait le nom du saint. Plus tard l’empereur Charlemagne fit rapporter ses reliques dans la ville d’Arles en Provence après y avoir fait bâtir une église en son honneur. Bien que les révolutionnaires aient profané cette église en 1793, l’archevêque d’Aix, Mgr Bernet, reconnut néanmoins en 1839 les reliques qui avaient échapé aux outrages comme étant bien celles de saint Lucien.

    Le rit romain le célèbre au 7 janvier et voici sa notice au Martyrologe romain :

    A Nicomédie, l’anniversaire du bienheureux Lucien, prêtre de l’Eglise d’Antioche et martyr. Justement célèbre pour sa science et son éloquence, il souffrit pour la foi du Christ durant la persécution de Galère Maximien et fut inhumé à Hélénopolis, en Bithynie. Saint Jean Chrysostome a célébré ses louanges.

    Et voici le témoignage d’Eusèbe de Césarée :

    « Parmi les martyrs d’Antioche, il y eut Lucien, qui pendant toute sa vie fut un prêtre excellent de l’église de ce pays ; à Nicomédie, en présence de l’empereur, il prêcha hautement le royaume céleste du Christ, d’abord dans un discours sous forme d’apologie, et ensuite par ses œuvres. » (Eusebe, Histoire Ecclésiastique, livre 8, 13,1).

    Aux heures
    Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du hiéromartyr. Kondakion : du dimanche.

    Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
    2. Tropaire du hiéromartyr, ton 4 : Ton Martyr Lucien, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; ** par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du hiéromartyr, ton 2 : Dans l’ascèse tu brillas tout d’abord * et par le martyre ensuite resplendis : * aussi, tel un astre resplendissant, * nous te glorifions par nos cantiques, Lucien. ** Intercède sans cesse auprès de Dieu pour nous tous.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
    Prokimen
    Du dimanche, ton 4 :
    ℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
    ℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
    Epître
    Du dimanche : Galates (§ 203) II, 16-20.
    Alleluia
    Du dimanche, ton 4 :
    ℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
    ℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 35) VIII, 5-15.
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte

    Saint-Eugène, le dimanche 21 octobre 2012, grand’messe de 11h.

    La Parabole du débiteur impitoyable

    Pour plus de clarté, prenons un exemple. Si l’un de nous commet un adultère, un homicide, un sacrilège, eh bien, ces crimes plus importants que la dette de 10.000 talents, sont remis à ceux qui implorent, pour autant qu’eux-mêmes remettent à ceux qui leur doivent beaucoup moins. Mais si pour une injure reçue nous sommes implacables, si pour une parole amère nous gardons rancune sans fin, ne reconnaîtrons-nous pas que nous méritons d’être incarcérés et que par l’exemple de notre action nous nous fermons la possibilité du pardon pour nos fautes plus graves ?
    Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : orgue
  • Après la Consécration : O vere digna Hostia de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • Pendant la communion : Nisi Dominus (H. 150) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum
  • Procession de sortie : orgue
  • Organiste : Bruno Rattini

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