Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du VIème dimanche après la Pentecôte – saint Sisoès le Grand – ton 5

Saint Sisoès le GrandParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 juillet 2020 du calendrier grégorien, 6 juillet 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Sisoès le Grand.

Saint Sisoès (ou Sisoy) fut l’un des nombreux Pères du désert d’Egypte. Il quitta le monde dès sa jeunesse et se retira vers le milieu du IVème siècle dans le désert de Scété (l’actuel Ouadi Natroun, à 75 km au Nord-Ouest du Caire) où florissait alors saint Macaire le Grand. Après y avoir fait ses premières armes dans la vie anachorétique sous la direction spirituelle d’Abba Hor, il passa le Nil en 366 pour aller demeurer dans la montagne sur laquelle saint Antoine le Grand était mort onze ans auparavant. Sa réputation de sainteté y fut telle qu’on venait le consulter de loin et qu’on le regardait comme le nouveau saint Antoine. Il mit en déroute des Ariens venus lui rendre visite en leur faisant lire par son disciple un traité de saint Athanase. Voici, pour mieux juger de la perfection de son ascèse, quelques uns des Apophtègmes des Pères du Désert relatifs à saint Sisoès :

1. Abba Sisoès disait : « L’humilité s’acquiert premièrement par l’abstinence, deuxièmement par la prière et troisièmement en s’efforçant de se considérer en toute circonstance comme inférieur à tous les hommes. »

2. Abba Ammon, de Rhaïtou, dit à Abba Sisoès : « Quand je lis la Bible, mon esprit a envie de préparer un beau discours. Alors je pourrai répondre si on m’interroge ». L’ancien lui dit : « Ce n’est pas nécessaire. Essaie plutôt de garder ton esprit pur. Alors tu obtiendras, pour toi-même, d’être sans souci et d’avoir le don de la parole pour enseigner les autres ».

3. Un jour, Abba Sisoès parla en toute liberté. Il dit : « Courage ! Après trente ans, je ne prie plus Dieu pour mes fautes, mais je fais cette prière : ‘Seigneur Jésus, défends-moi contre ma langue !’ Et pourtant, jusqu’à maintenant, chaque jour, je tombe à cause de cette langue et je fais le péché ».

4. Les Sarrasins, dans une de leurs expéditions, pillèrent la demeure de Sisoès et du frère qui était avec lui. Comme tous deux marchaient dans le désert à la recherche de quelque nourriture, Sisoès rencontra du crottin de chameau, et l’ayant mis en pièces il y trouva deux grains d’orge. Il mangea un grain et mit l’autre dans sa main. Son frère l’ayant rejoint s’aperçut qu’il mâchait quelque chose. « Est-ce là ta charité, dit-il, tu trouves un aliment, tu le manges seul, sans m’appeler. » L’abbé Sisoès répondit : « Je ne t’ai pas fait de tort, mon frère, voici ta portion que j’ai gardée dans ma main. »

5. Un frère demanda à l’abbé Sisoès : « Que dois-je faire, abba, car je suis tombé ? » Le vieillard lui dit : « Relève-toi. » Le frère dit : « Je me suis relevé et je suis tombé de nouveau. » Le vieillard dit : « Relève-toi encore et encore. » Alors le frère demanda : « Jusqu’à quand ? » Le vieillard répondit : « Jusqu’à ce que tu sois emporté ou dans le bien ou dans la chute ; car dans l’état où se trouve l’homme, ainsi s’en va-t-il au jugement. »

6. Un frère interrogea abba Sisoès en disant : « Je m’aperçois que le souvenir de Dieu demeure en moi. » Le vieillard lui dit : « Ce n’est pas grande chose que d’être avec Dieu dans la pensée ; mais c’en est une grande que de te voir toi-même inférieur à toute créature. Cela, en effet, joint à la peine corporelle, conduit à l’humilité. »

7. L’un des frères alla trouver Abba Sisoès sur la montagne d’Abba Antoine. Tandis qu’il parlait, il dit à Abba Sisoès : « Es-tu déjà parvenu à la mesure d’Abba Antoine, Père ? » Et le vieillard de lui dire : « Si j’avais l’une des pensées d’Abba Antoine, je deviendrais tout entier comme du feu : pourtant je connais un homme qui, avec peine, peut porter la pensée d’Antoine. »

8. On disait d’Abba Sisoès que lorsqu’il fut près de mourir, les Pères étant assis près de lui, son visage brilla comme le soleil. Et il leur dit : « Voici que vient Abba Antoine ». Et après un petit moment, il dit : « Voici que vient le choeur des prophètes ». Et de nouveau son visage brilla avec plus d’éclat et il dit : « Voici que vient le choeur des apôtres ». Et son visage redoubla encore d’éclat et voici qu’il paraissait parler avec quelques interlocuteurs. Et les vieillards lui demandèrent : « Avec qui parles-tu, Père ? » Il dit : « Voici que des anges viennent me prendre, et je les supplie qu’on me laisse faire un peu pénitence ». Les vieillards lui dirent : « Tu n’as pas besoin de faire pénitence, Père ! » Mais le vieillard leur dit : « En vérité, je n’ai pas conscience d’avoir commencé ». Et tous reconnurent qu’il était parfait. Et à nouveau son visage redevint subitement comme le soleil et tous furent saisis de crainte. Il leur dit : « Regardez, le Seigneur vient ! » Et aussitôt, il rendit l’esprit. Il y eut alors comme un éclair, et toute la maison fut remplie d’une bonne odeur.

Ainsi mourut glorieusement Abba Sisoès, après avoir passé plus de 60 ans sur la montagne de saint Antoine. C’était l’an 429. Saint Sisoès est fêté au 6 juillet par l’Eglise copte & l’Eglise byzantine et quelquefois au 4 juillet dans certains diocèses latins d’Occident. Il est parfois difficile de le distinguer dans les collections d’Apophtegmes d’un autre saint Sisoès, dit le Thébain, qui florissait vers le milieu du Vème siècle à Calamon près d’Arsinoé et d’un troisième saint Sisoès, de Pétra.

Saint Sisoès le Grand est fréquemment représenté dans l’iconographie byzantine se tenant devant les ossements d’Alexandre le Grand et versant des larmes face à la vanité de la gloire terrestre et sur le sort commun qui attend tout homme.

Saint Sisoès le Grand se lamente devant les os d'Alexandre le Grand

Cet épisode de la vie de saint Sisoès est très intéressant car il n’a été transmis que par la tradition iconographique et ne se retrouve dans aucun texte des Pères du Désert qui soit parvenu jusqu’à nous, ni dans les textes liturgiques de ce saint. Est-il plausible ? oui, car le corps d’Alexandre était en effet exposé à Alexandrie dans un cercueil de verre dans lequel l’avait placé Ptolémée IX en 89 avant Jésus-Christ. De nombreux personnages rendirent visite à cette dépouille, entre autres les empereurs César, Auguste & Caracalla. Alexandre le Grand était mort à Babylone en 323 avant Jésus-Christ, la procession funéraire qui ramenait sa dépouille en Macédoine fut attaquée par Ptolémée Ier qui l’amena alors sur ses terres égyptiennes. On pense en général que le tombeau d’Alexandre fut détruit lors du terrible raz-de-marée à la suite d’un tremblement de terre qui balaya Alexandrie le 21 juillet 365 et fit plus de 50 000 morts. Saint Jean Chrysostome déclare que de son temps, à la fin du IVème siècle, le tombeau d’Alexandre avait disparu, ce que confirme Théodoret. Saint Sisoès a néanmoins très bien pu le connaître dans sa jeunesse. Il est probable que cet épisode figurait dans un texte aujourd’hui perdu et qu’il ne s’est transmis que par la tradition iconographique.

L’icône de saint Sisoès se lamentant sur le tombeau d’Alexandre connut, on le comprendra aisément, un regain de faveur dans les monastères grecs après la chute de Constantinople en 1453. Cette représentation iconographique est en général placée dans les monastères byzantins sur le mur du fond lorsqu’on sort de l’église afin que l’on puisse garder le souvenir de la mort en quittant l’office. On la trouve parfois au milieu du cimetière, comme dans celui de l’église Saint-Georges-des-Grecs à Venise.

Il est possible que la contemplation de restes d’Alexandre le Grand, qui ne fut grand que par ses fugitives gloires terrestres, entraîna la conversion et inspira la vie de pénitence de saint Sisoès, qui lui devint véritablement « Grand » par l’acquisition de la véritable couronne immortelle. La gloire des armes s’évanouira, mais le Royaume des Cieux est à jamais.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 5. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 5 :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Unique & indivisible Trinité, Dieu créateur & tout-puissant, * Père, Fils & Saint-Esprit, ** nous te chantons comme Sauveur & vrai Dieu.
8. Réjouis-toi, porte infranchissable & temple vivant du Seigneur, * réjouis-toi, trône de feu non consumé, * réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, ** le Christ notre Dieu est avec nous.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 1 : Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles signalèrent, notre Père Sisoès théophore ; * par le jeûne, les veilles et l’oraison tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades * et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, ** gloire à celui qui opère en tous le salut, par tes prières.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 4 : Sur terre tu as paru, comme un ange de l’ascèse, * illuminant de tes miracles divins l’âme des fidèles chaque jour ; ** c’est pourquoi Sisoès nous te glorifions avec foi.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 110) XII, 6-14.
Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez-les, et ne faites point d’imprécation

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 29) IX, 1-8.
Car lequel est le plus aisé, ou de dire, Vos péchés vous sont remis ; ou de dire, Levez-vous, et marchez ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du VIème dimanche après la Pentecôte

Victor Matorin, La Multiplication des painsSaint-Eugène, le dimanche 12 juillet 2020, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La Multiplication des pains

Outre la très belle épître baptismale de saint Paul aux Romains, la liturgie de ce jour nous fait lire le récit de la multiplication des pains dans Marc au chapitre VIII.

C’est après que cette femme qui figurait l’Église, eut été guérie d’un flux de sang ; c’est après que les Apôtres eurent été choisis pour prêcher l’Évangile du royaume de Dieu, que Jésus-Christ distribua l’aliment de la grâce céleste. Et remarquez à qui il le dispense : ce n’est point à ceux qui demeurent oisifs, à ceux qui restent dans la ville, c’est-à-dire à ceux qui s’attardent dans la synagogue ou se complaisent dans les honneurs du siècle ; mais c’est à ceux qui, pour chercher le Christ, pénètrent jusqu’au désert. Ceux qui surmontent toute répugnance, ceux-là sont accueillis par le Christ, c’est avec eux que le Verbe de Dieu s’entretient, non des affaires de ce monde, mais du royaume de Dieu. Et si parmi eux il en est qui soient affligés de quelque infirmité corporelle, il leur accorde d’abord le bienfait de la guérison.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du VIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Christum Regem adoremus – Invitatoire des matines de la Fête-Dieu avec des versets du Psaume 33 sur une ancienne psalmodie
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Psaume 150 – Laudate Dominum in sanctis ejus – plain-chant patriarchin

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – saints Pierre & Paul – ton 4

Saints, glorieux & illustres apôtres Pierre & Paul, les #ProtocoryphéesParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 juillet 2020 du calendrier grégorien, 29 juin 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour les saints, glorieux & illustres Apôtres Pierre & Paul, les Protocoryphées.

Saint Pierre était un Galiléen, pécheur, des bords du Lac de Tibériade. Paul était un juif lettré, citoyen romain de la ville de Tarse, il fabriquait des tentes. Ils verront tous les deux leur vie bouleversée par le Christ et seront les premiers propagateurs de la foi naissante. Tous deux partagent la particularité de s’être vu changer de nom (Simon voit son nom changé en Pierre par le Christ, Saül devient Paul après son baptême à Damas). Ils furent martyrisés à Rome pendant la persécution de Néron, Pierre étant crucifié et Paul décapité. Ce sont les deux colonnes de l’Eglise. La tradition ne les a jamais fêtés l’un sans l’autre, toujours le 29 juin.

Cette date du 29 juin est d’origine romaine. En effet, le 29 juin 258, pendant la persécution de Valérien, le pape Sixte II fit retirer, pour des raisons de sécurité, les corps de saint Pierre & de saint Paul de leurs tombeaux respectifs – au Vatican et sur la voie d’Ostie – pour les cacher dans les catacombes. Sur le lieu de cette cachette s’élève à Rome l’actuelle basilique de Saint-Sébastien sur la voie Appienne. Les reliques glorieuses de saint Pierre & de saint Paul regagnèrent leurs tombeaux primitifs une fois la persécution de Valérien passée, mais la date du 29 juin fut conservée pour célébrer leur fête annuelle. Il est possible que la fête romaine du 29 juin soit passée dans le rit byzantin en 519, lorsque le futur empereur Justinien, neveu de l’empereur Justin Ier, fit bâtir une église dédiée à saint Pierre & saint Paul dans la ville de Constantinople. Le 2 mars 1370, le pape Urbain V fit porter les chefs de Pierre et Paul, placées dans des reliquaires, dans le ciborium au dessus de l’autel papal de la cathédrale de Rome, la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Même si la fête des saints Apôtres Pierre & Paul ne fait pas partie des 12 grandes fêtes de l’année byzantine, elle est toutefois précédée d’une période de jeûne de durée variable – le jeûne des Apôtres – qui débute au lundi après la Pentecôte. Elle est suivie le lendemain, 30 juin, de la mémoire des 12 Apôtres. La tradition byzantine compare poétiquement les 12 Apôtres à des coryphées (maîtres de chœur) de l’Eglise, les saints Apôtres Pierre & Paul étant les Protocoryphées, les premiers chefs de chœur.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire des Apôtres. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire des Apôtres. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : des Apôtres.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de saint Pierre & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de saint Paul (ces deux canons sont l’œuvre de saint Jean Damascène) :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Les douces lèvres du Christ notre Dieu, * apôtre Pierre, t’ont déclaré bienheureux * et du royaume t’ont désigné comme gardien ; ** c’est pourquoi nous te chantons.
6. Sur la pierre de ta divine confession * le Seigneur Jésus a posé * son Eglise inébranlablement : ** en elle nous te glorifions.
7. Pierre, malgré le corps, a surpassé * le rang des Anges, puisque le Christ * a dit qu’au jour de sa glorieuse venue ** il siégera pour juger avec lui.
8. Vierge pure ayant porté le Dieu fait chair, * rends-moi ferme, car je ploie * sous l’assaut de mes passions : ** il n’est d’autre auxiliatrice que toi.
9. Toi qui méprisas tous les charmes d’ici-bas, * épris que tu étais de ton Maître le Christ, * et qui, dans ton désir du salut commun, * aurais même accepté * d’être anathème, séparé de lui, ** bienheureux Paul, intercède pour nous tous.
10. Bienheureux apôtre Paul, le Christ t’a donné * à juste titre droit de cité dans les cieux, * car tu n’avais pas désiré * la cité qui demeure ici-bas, * toi le fidèle servant du Seigneur, ** l’intendant de ses mystères divins.
11. En excellent imitateur de son Maître, * saint Paul, ayant revêtu le Christ, * se fit tout pour tous en vérité * afin de gagner au salut tous les peuples, * qu’il a sauvés de fait en prenant pour le Christ ** les confins de la terre en ses filets.
12. Sur toi s’est penché le Seigneur, * renouvelant ma nature et faisant * des merveilles, lui le Tout-puissant, * comme tu l’as dit, pure Mère de Dieu, * et, dans son amour des hommes, divinement ** de la fosse il m’a sauvé grâce à toi.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire des Apôtres, ton 4 : Princes des Apôtres divins * et docteurs de l’univers, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix ** et à nos âmes la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Apôtres, ton 2 : Les infaillibles prédicateurs de la parole de Dieu, * les Coryphées de tes Apôtres, Seigneur, * auprès de toi ont trouvé le lieu de leur repos, dans la jouissance de tes biens, * car tu as accueilli leurs souffrances et leur mort * mieux que toute offrande des prémices de la terre, ** toi qui seul peux lire dans les cœurs.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
Des Apôtres, ton 8 :
℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Parce que si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.
Des Apôtres : 2 Corinthiens XI.
Ma grâce vous suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
Des Apôtres, ton 1 :
℣. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?
Des Apôtres : Matthieu (§ 67) XVI, 13–19..
Et moi aussi, je vous dis que vous êtes Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Apôtres : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Requiem pour l’impératrice Eugénie à l’occasion du centenaire de son décès

L'impératrice EugénieSaint-Eugène, le samedi 11 juillet 2020, Requiem solennel de 9h30.

Nous aurons à cœur de prier Dieu pour le repos de l’âme de Sa Majesté l’Impératrice Eugénie, qui fit tant pour notre paroisse de Saint-Eugène au moment de sa fondation en 1855.

María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox y Kirkpatrick, 19ème comtesse de Teba — plus connue sous le nom d’Eugénie de Montijo, du nom d’un titre comtal espagnol dont hérita son père après sa naissance —, naquit le 5 mai 1826 à Grenade et mourut le 11 juillet 1920 au palais de Liria à Madrid, il y a dont tout juste 100 ans. Celle qui fut l’épouse de Napoléon III, empereur des Français, s’illustra par son soutien constant aux œuvres de l’Eglise catholique. Exilée en Angleterre après la chute du Second Empire, elle établit l’abbaye bénédictine de Farnborough sur sa propriété personnelle, afin d’y ensevelir son époux ainsi que son fils, le Prince Impérial, avant d’y être elle-même inhumée en 1920, les funérailles étant célébrées par le célèbre liturgiste dom Cabrol, abbé de Farnborough. La Schola Sainte Cécile y était allé en pèlerinage l’an passé, pour y chanter un Requiem par lequel s’ouvrait à Farnborough les commémoraisons du centenaire du décès de l’Impératrice.


La tombe de l’Impératrice Eugénie dans la crypte de l’Abbaye de Farnborough

A la sainte messe :

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Programme de la solennité des saints Pierre & Paul

Saint-Eugène, le dimanche 5 juillet 2020, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Mémoire du Vème dimanche après la Pentecôte.

Sans doute, frères bien-aimés, le reste du monde prend part à toutes nos solennités saintes ; et la piété d’une même foi demande qu’on célèbre en tous lieux, avec une joie commune, ce qui s’est accompli pour le salut de tous. Néanmoins la fête d’aujourd’hui, en plus de ce respect qui lui est acquis par toute la terre, doit être en notre Ville le sujet d’une vénération spéciale, accompagnée d’une particulière allégresse : de sorte que là où les deux principaux Apôtres sont morts si glorieusement, il y ait, au jour de leur martyre, une plus grande explosion de joie. Car ce sont là, ô Rome, les deux héros qui ont fait resplendir à tes yeux l’Évangile du Christ ; et c’est par eux que toi, qui étais maîtresse d’erreur, tu es devenue disciple de la vérité.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres de la solennité des saints Apôtres Pierre & Paul & mémoire du VIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – saint Eusèbe de Samosate – ton 3

Saint Eusèbe de SamosateParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 juillet 2020 du calendrier grégorien – 22 juin 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Eusèbe de Samosate.

Saint Eusèbe était natif de Samosate (Σαμόσατα), appelée aussi Antioche de Commagène, ville du Nord de la Syrie sur l’Euphrate (la Samsat des Turcs, engloutie sous les eaux du barrage Atatürk créé en 1989) et ancienne capitale du petit royaume de Commagène, absorbé en 72 dans la province romaine de Syrie.

Saint Eusèbe était devenu évêque de sa ville natale de Samosate. On ne sait rien de sa vie avant l’an 361 où il participa au concile d’Antioche réuni pour élire le patriarche de cette ville. Les évêques étaient divisés entre les deux tendances nicéennes & ariennes, et on se résolut à élire saint Mélèce, personnage que les Ariens estimaient faible et indécis et qu’ils pensaient être dans leurs rangs. Le décret canonique de cette élection fut remis à saint Eusèbe de Samosate. Une fois élu, saint Mélèce proclama un courageux discours en faveur de la foi catholique devant l’empereur arien Constance II, qui ulcéré, l’exila aussitôt et chercha à annuler canoniquement son élection. L’empereur envoya un messager à Samosate demander à Eusèbe de remettre le décret canonique de l’élection de Mélèce. Eusèbe refusa, répondant qu’ayant reçu ce dépôt de la main des évêques, il ne pouvait le rendre qu’à eux-mêmes & qu’il fallait les réunir pour ce sujet. L’empereur Constance, irrité, envoya une seconde délégation lui ordonnant de rendre le décret canonique, sous peine de se voir couper la main droite. Le saint évêque, ayant lu la lettre sans s’effrayer, présenta ses deux mains, disant qu’on pouvait les couper, mais qu’il ne rendrait jamais cet acte, qui était une conviction manifeste de l’impiété des Ariens. Cette réponse courageuse fut admirée de l’empereur lui-même.

Julien l’Apostat (361-363), ayant succédé à Constance II, s’emploie à restaurer le culte des idoles. Saint Eusèbe, déguisé en soldat et portant une tiare, parcourt alors la Syrie, la Phénicie & la Palestine ravagées par la persécution, exhortant les chrétiens à la fidélité et ordonnant clandestinement des clercs, des diacres, des prêtres et des évêques.

En 363, Eusèbe participe à un concile de 27 évêques syriens réuni à Antioche autour de saint Mélèce et y signe le Symbole de Nicée, à la suite d’une lettre synodale que le concile adresse au nouvel empereur Jovien, un chrétien qui a succédé à Julien l’Apostat. Cette lettre met l’accent sur le terme « consubstantiel », mais l’explique en disant qu’il est un équivalent de « semblable en substance », dans une volonté manifeste de réconciliation avec les franges les moins hérétiques du parti arien.

Ayant montré son courage lors de la persécution arienne de Constance et celle païenne de Julien l’Apostat, Eusèbe est tenu en haute estime par les chrétiens de son temps. C’est ainsi que saint Basile le Grand, encore jeune prêtre, lui écrit en 368 (Lettre 27) et le considère comme un père spirituel, estimant que la Sagesse personnifiée du livre des Proverbes au chapitre IX figure l’image de l’Esprit Saint qui habite ce confesseur de la foi.

Justement, en 370, le siège de Césarée de Cappadoce devient vacant, et saint Grégoire de Naziance l’Ancien, le père du Théologien, appelle saint Eusèbe pour présider à l’élection du nouvel évêque de Césarée, quoique cette ville ne soit pas de sa province ecclésiastique. L’assemblée des évêques choisit d’élire saint Basile et l’amitié des deux saints continua de grandir. Basile écrivit de très nombreuses lettres à Eusèbe, allant lui rendre visite à Samosate pour y goûter « le miel si doux et si agréable de cette Eglise » (cf. Lettres 145 & 157). Ces nombreuses lettres de saint Basile témoignent du zèle apostolique de saint Eusèbe. Malheureusement, aucune des lettres d’Eusèbe n’a été conservée. Saint Basile l’appelle « le généreux défenseur de la foi et le protecteur infatigable des Eglises ». Grégoire le Théologien – qui entretint également une correspondance importante avec saint Eusèbe – salue en lui « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la foi et l’ambassadeur de la vérité. »

Saint Eusèbe était resté sur son siège au milieu de la persécution du nouvel empereur Valens (364-378), qui cherchait à imposer l’arianisme. Cependant ce prince fit exiler Mélèce en Arménie et, en 374, choisit de déposer Eusèbe de son siège de Samosate et de l’exiler en Thrace. Aux messagers de l’empereur qui lui apportaient cet ordre, Eusèbe dit de cacher le motif de leur venue, « car si le peuple, dit-il, en avait connaissance, comme il a été élevé dans le zèle de la religion, il vous noierait dans le fleuve, & on me rendrait responsable de votre mort ». Eusèbe célébra les vêpres dans sa cathédrale comme à l’ordinaire puis partit de nuit avec les envoyés de l’empereur et descendit le fleuve jusqu’à Zeugma. Dès le lendemain, tous les habitants de Samosate se jetèrent dans des barques à la poursuite de saint Eusèbe pour le retenir et refusèrent de le laisser partir plus loin. Le saint évêque leur lut alors le passage de l’Apôtre qui commande d’obéir aux princes. On le laissa partir, non sans avoir tenté de le combler de cadeaux, qu’il refusa. Exilé en Thrace, saint Eusèbe continua une correspondance active avec ses amis saint Basile le Grand et saint Grégoire de Naziance le Théologien. Il échappa en particulier aux massacres perpétrés par les Goths qui envahirent plusieurs fois cette province. Successivement, deux évêques ariens furent nommé par l’empereur pour occuper le siège de Samosate mais le peuple manifesta sa parfaite fidélité à l’orthodoxie. Le premier évêque arien s’appelait Eunome, personnage plutôt doux, mais aucun habitant de la ville ne voulut se tenir dans une assemblée liturgique en sa présence, ni même lui adresser la parole ou le fréquenter, de sorte que, découragé, il démissionna. Le second s’appelait Lucius et tenta d’employer des manières plus contraignantes, exilant les prêtres & clercs fidèles à la foi catholique orthodoxe exprimée au concile de Nicée, mais ne parvint pas davantage à rallier les habitants, qui évitaient soigneusement tout contact avec lui, le considérant comme impur.

Fin 377 – début 378, le pape Damase réunit un concile à Rome en présence de saint Pierre d’Alexandrie qui avait été chassé de son siège patriarcal par les Ariens. Au cours des débats, saint Pierre d’Alexandrie compta au rang des hérétiques ariens saint Mélèce d’Antioche et saint Eusèbe de Samosate, ce qui provoqua la stupeur puis la colère du prêtre Dorothée, légat de saint Basile de Césarée auprès du Pape. Saint Pierre d’Alexandrie retenait que saint Mélèce avait été élu par une partie des évêques ariens, et citait la profession de foi du concile d’Antioche de 363. Saint Basile lui-même dut intervenir auprès de saint Pierre d’Alexandrie, assurant de l’orthodoxie de Mélèce et d’Eusèbe et rappelant que les souffrances & l’exil que ces deux saints souffraient des Ariens étaient la meilleure preuve de leur catholicité (Lettre 263).

En 378 enfin, le nouvel empereur Gratien rétablit la liberté de l’Église et rappela tous les nombreux évêques qui avaient été exilés par Valens pour leur foi. Eusèbe revint à Samosate et assista au concile d’Antioche de 379 où il est marqué le premier après saint Mélèce d’Antioche dans la liste des pères conciliaires.

Dès son retour d’exil, le soucis constant d’Eusèbe fut de placer de nouveaux pasteurs sur les sièges resté vacants par suite de la persécution de Valens, soit en les sacrant lui-même, soit en assistant à leur élection.

Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolique (Dolikha, petite cité de Commagène à 41 miles de Samosate, alors infectée fortement par l’arianisme) pour y introniser Maris, le nouvel évêque qu’il avait déjà ordonné, il reçut une tuile sur la tête lancée par une adepte de l’arianisme du haut d’un toit. Avant de mourir, priant pour ses ennemis, il exhorta le peuple à ne pas poursuivre la coupable, leur rappelant les paroles de Notre Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font », ainsi que celles de saint Etienne le Protomartyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ».

Les officiers de la justice impériale tentèrent de poursuivre la coupable, mais c’est le peuple catholique qui obtint en effet qu’elle ne soit point punie, conformément à la demande du saint pasteur.

« Telle fut, dit Théodoret (Histoire ecclésiastique, livre V, chapitre 4), la fin de la vie sainte et de tant de combats et de si glorieux travaux du grand Eusèbe, qu’il avait endurés. Après avoir échappé à la fureur des barbares dans la Thrace, il ne put éviter la cruauté des hérétiques : mais leur inhumanité ne servit qu’à lui acquérir la couronne du martyre ».

Saint Eusèbe de Samosate est fêté au 21 juin dans le rit romain :

Le même jour, saint Eusèbe, évêque de Samosate ; qui du temps de l’Empereur Constance, Arien, visitait secrètement les Eglises des Orthodoxes, déguisé sous l’habit de soldat, pour les affermir en la foi catholique ; ensuite sous Valens, il fut exilé en Thrace ; mais la paix ayant été rendue à l’Eglise du temps de Théodose, il fut rappelé de son exil ; & s’étant remis à visiter les Eglises, une femme arienne lui jeta une tuile du haut d’une maison, dont il eut la tête fracassée, & ainsi mourut martyr.
Martyrologe romain

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 3 :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Fidèles chantons le Père, le Fils, le Saint-Esprit, * un seul Dieu, un seul Seigneur, * car la Trinité, soleil unique au trine éclat, * illumine tous ceux qui lui crient : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
8. Réjouis-toi, divine Porte que franchit, * sans en briser les scellés, * le Créateur lorsqu’il prit chair de toi, * Nuée légère portant le Christ, divine ondée ; * réjouis-toi, Echelle et Trône des cieux ; ** réjouis-toi, Montagne sainte, fertile et n’ayant pas subi d’entaille.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Comme tu as pris part aux travaux des Apôtres et que tu as siégé sur leur trône, * tu as ainsi expérimenté que leur activité était une voie vers la vision divine, O divinement inspiré ! * C’est pourquoi, témoignant de la parole de vérité, * tu as souffert pour la Foi jusqu’à l’effusion de ton sang, * O hiéromartyr Eusèbe ! * prie le Christ-Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de du Christ Dieu ** prie le afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête du Précieux Sang

Saint-Eugène, le mercredi 1er juillet 2020, grand’messe de 19h.

L’amour et la dévotion au Précieux Sang de Notre Seigneur est présent dès les Epîtres de saint Paul et dans les écrits des Pères de l’Eglise. Ils constituent une méditation sur le sacrifice parfait du Fils de Dieu, qui éteint les vains sacrifices qui, depuis celui d’Abel le Juste, étaient incapables de restaurer pour nous la pleine communion avec le Père Eternel, communion rompue depuis le péché originel. En Occident, la dévotion envers le Très-Précieux Sang s’est développée tant sous l’impulsion de plusieurs mystiques (sainte Catherine de Sienne ou sainte Marie-Madeleine de Pazzi par exemple) que sous celle de nombreux miracles eucharistiques. L’institution en 1849 de la fête du Précieux Sang, qui est comme un complément liturgique de la Fête-Dieu (elle-même complément du Jeudi Saint) revient au Bienheureux Pie IX, lorsque le Pape, chassé de Rome par les révolutionnaires de 1848, revint de son exil de Gaète.

En voici le récit que dom Guéranger fait des circonstances de son institution :

Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que cette fête est le monument de l’une des plus éclatantes victoires de l’Église au dernier siècle. Pie IX avait été chassé de Rome, en 1848, par la Révolution triomphante ; dans ces mêmes jours, l’année suivante, il voyait rétablir son pouvoir. Les 28, 29 et 30 juin, sous l’égide des Apôtres, la fille aînée de l’Église, fidèle à son glorieux passé, balayait les remparts de la Ville éternelle ; le 2 juillet, fête de Marie, s’achevait la conquête. Bientôt un double décret notifiait à la Ville et au monde la reconnaissance du Pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements. Le 10 août, de Gaète même, lieu de son refuge pendant la tourmente, Pie IX, avant d’aller reprendre le gouvernement de ses États, s’adressait au Chef invisible de l’Église et la lui confiait par l’établissement de la fête de ce jour, lui rappelant que, pour cette Église, il avait versé tout son Sang. Peu après, rentré dans sa capitale, il se tournait vers Marie, comme avaient fait en d’autres circonstances saint Pie V et Pie VII ; le Vicaire de l’Homme-Dieu renvoyait à celle qui est le Secours des chrétiens l’honneur de la victoire remportée au jour de sa glorieuse Visitation, et statuait que la fête du 2 juillet serait élevée du rite double-majeur à celui de seconde classe pour toutes les Églises : prélude à la définition du dogme de la Conception immaculée, que l’immortel Pontife projetait dès lors, et qui devait achever l’écrasement de la tête du serpent. »

L’institution de cette fête demeure ainsi un monument des vicissitudes de l’Eglise et de l’assistance qu’elle reçoit de son divin fondateur. La fête du Précieux Sang avait été instituée initialement au premier dimanche de juillet. Saint Pie X, afin d’alléger le calendrier en fêtes mobiles de dévotion, la déplaça au 1er juillet, lui faisant prendre la place de l’octave de saint Jean-Baptiste (qui avait annoncé l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde).

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Programme de la fête des saints Pierre & Paul – 20ème anniversaire d’ordination de M. le chanoine Guelfucci

La séparation de Saint Pierre et de Saint Paul - Giovanni Lanfranco, 1671Saint-Eugène, le lundi 29 juin 2020, grand’messe de 19h suivie d’un Te Deum d’action de grâces. Cette messe fête aussi le 20ème anniversaire d’ordination sacerdotale de notre curé, Monsieur le Chanoine Guelfucci. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Ce sont là tes pères et tes vrais pasteurs qui, pour t’introduire dans le royaume céleste, ont su te fonder, beaucoup mieux et bien plus heureusement pour toi, que ceux qui se donnèrent la peine de poser les premiers fondements de tes murailles, et dont l’un, celui de qui vient le nom que tu portes, t’a souillée du meurtre de son frère. Ce sont ces deux Apôtres qui t’ont élevée à un tel degré de gloire, que tu es devenue la nation sainte, le peuple choisi, la cité sacerdotale et royale, et, par le siège sacré du bienheureux Pierre, la capitale du monde ; en sorte que la suprématie qui te vient de la religion divine, s’étend plus loin que jamais ne s’est portée ta domination terrestre. Sans doute, d’innombrables victoires ont fortifié ta puissance et étendu les droits de ton autorité sur terre comme sur mer ; et cependant tu dois moins de conquêtes aux travaux de la guerre, que la paix chrétienne ne t’a procuré de sujets.
Sermon de saint Léon, pape, Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A la messe :

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Monsieur le chanoine Marc Guelfucci, curé de saint Eugène

Programme du IVème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 28 juin 2020, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h : première messe de M. l’Abbé Gauthier Guillaume, fssp, ancien cérémoniaire de Saint-Eugène, ordonné le 27 juin en la cathédrale de Laon. Premières vêpres de la fête de saint Pierre & saint Paul, & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La Pêche miraculeuse

Du moment que le Seigneur, par des miracles divers, eut rendu la santé à beaucoup de malades, la foule de ceux qui désiraient ardemment des guérisons ne se laissa plus arrêter par les difficultés de temps et de lieux. La soirée s’avançait et ils le suivaient encore ; près du lac, la foule accourt, le presse ; si bien qu’il se voit obligé de monter dans la barque de Pierre. Cette barque, saint Matthieu nous la représente battue des flots, et saint Luc nous la montre remplie de poissons ; ce qui vous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité dans la suite. Les poissons figurent ceux qui naviguent sur l’océan de cette vie. Dans le premier cas, le Christ sommeille encore pour ses disciples ; dans le second, il commande en maître : Jésus dort en effet dans les âmes tièdes, et il veille dans les âmes parfaites.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

Vêpres de la fête de saint Pierre et saint Paul. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du IIIème dimanche après la Pentecôte – saint Jonas de Moscou – ton 2

Saint Jonas de MoscouParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 28 juin 2020 du calendrier grégorien, 15 juin 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Père parmi les saints Jonas, métropolite de Moscou et de toutes les Russies, le Thaumaturge.

Saint Jonas naquit dans la ville de Galitch (oblast de Kostroma), dans une pieuse famille chrétienne. Il reçut la tonsure monastique dans un des monastères de Galich alors qu’il n’avait que 12 ans. De là, il partit pour le monastère Saint-Simon (Симонов – Simonov) de Moscou.
Un jour que saint Photius, métropolite de Moscou (de droit métropolite de Kiev, le siège de Kiev a été transféré à Moscou en 1408) visitait le monastère Simonov, il trouva après le Moleben d’action de grâces saint Jonas dormant dans la boulangerie du monastère, épuisé de travail. Saint Jonas dormait avec les doigts de sa main formant le signe de la bénédiction. Saint Photius ne dit rien, bénit le moine endormi et prédit à ceux présents que ce moine serait un grand hiérarque de l’Église russe, et qu’il guiderait nombre de gens sur le chemin du salut.

Plusieurs années après, saint Jonas fut sacré évêque de Ryazan et Mourom. Après la mort du métropolite saint Photius en 1431, Basile II, grand prince de Moscou (1415 † 1462) choisit saint Jonas pour lui succéder à la tête de l’Eglise russe, mais ce choix fut refusé par le patriarche Joseph II de Constantinople (1360 † 1439) qui imposa Isidore sur le siège métropolitain de Kiev. Isidore fut déposé par Basile II en 1441 à son retour du Concile de Florence, et le siège métropolitain de Kiev (de fait transféré à Moscou) resta vacant pendant 7 ans, ce que Jonas appela le « veuvage » de l’Eglise russe : « Voyez mes enfants, – écrit-il dans une lettre pastorale – combien de temps a duré le veuvage de notre Eglise, qui a vécu sans primat, sans métropolite ! Vous n’ignorez pas les maux et les malheurs innombrables qui en sont résultés pour les chrétiens de notre pays ! ».

Jonas fut élu par l’assemblée des évêques de la principauté de Moscou comme métropolitain le 15 décembre 1448, sans avoir reçu le consentement du patriarcat de Constantinople. Cette élection marque de fait le début de l’autocéphalie de l’Eglise russe, qui se constitue indépendamment de Rome comme de Constantinople, selon la théorie de la IIIème Rome. En 1458, le patriarche légitime de Constantinople (de l’Union de Florence) Grégoire III Mammas institua un autre métropolite, Grégoire, sur le siège de Kiev, marquant la séparation en deux de la Russie historique, entre la Moscovie indépendante et la Kiévie, sous domination lituano-polonaise. En 1469, le patriarche orthodoxe Denys de Constantinople (nommé par le Sultan) déclare schismatique l’Eglise russe de Moscou, et invalides les élections indépendantes de ses métropolites depuis celle de Jonas. Dans une lettre aux habitants de Novgorod de 1470, le Grand Duc de Moscou Ivan III écrit au sujet de Denys de Constantinople : « Nous tenons ce patriarche pour dégradé et privé de tout droit sur nous ». Le patriarche orthodoxe de Constantinople Syméon Ier nomma en 1475 un métropolite pour la Russie, Spyridon de Tver, qui fut surnommé Satan par les Russes, ce qui fit que trois hiérarques réclamaient simultanément le titre de métropolite de Kiev et de toutes les Russies.

Dans ce contexte fort complexe d’incertitudes canoniques, Jonas montra toutefois un zèle pastoral envers son troupeau qu’il guida vers la vertu et la piété par son propre exemple. En 1451, les Tatars firent une progression inattendue vers Moscou ; ils brûlèrent la région avoisinante et préparèrent la prise de la ville. Le métropolite Jonas mena le 2 juillet 1451 une procession le long des murs de la ville, suppliant Dieu dans les larmes, afin qu’Il sauve la ville et le peuple. Au cours de cette procession fut portée le précieux vêtement de la Mère de Dieu que la Russie avait reçu de Constantinople à la fin du siècle précédent. La sainte Robe de la Mère de Dieu, qui avait tant de fois sauvé Constantinople, accomplit le même miracle à Moscou : le siège fut miraculeusement levé, et, pour rendre grâces, saint Jonas fit construire au Kremlin de Moscou l’église de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu.

Saint Jonas rendit son âme à Dieu le 31 mars 1461 et fut enseveli dans la cathédrale de l’Assomption, au Kremlin de Moscou. Des guérisons miraculeuses commencèrent bientôt à s’accomplir sur sa tombe. En 1472, son corps fut exhumé et trouvé incorrompu, il fut placé dans un reliquaire dans la cathédrale. Saint Jonas fut proclamé saint par le métropolite Macaire de Moscou, lors du concile de l’Eglise russe de 1547.

Reliquaire contenant le corps de saint Jonas de Moscou dans la cathédrale de l'Assomption au Kremlin
Reliquaire contenant le corps de saint Jonas de Moscou dans la cathédrale de l’Assomption au Kremlin

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de Sa Sainteté.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Sainteté.
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Tu es monté au sommet des vertus, ô saint hiérarque, * et recevant l’onction sacrée de la vie supérieure, * sur une cathèdre élevée ** tu as servi Dieu comme grand prêtre.
8. T’ayant acquis comme phare, ô très sage et saint hiérarque, * l’Eglise du Christ est illuminé par tes instructions vertueuses, * disant : Toi, Seigneur, tu es ma force et ma confirmation !
9. Après avoir retranché tout désir charnel grâce au désir divin, * tu as brillé ensuite dans une vie parfaite ; ** c’est pourquoi, tu es donc passé dans éclat sans déclin.
10. O pincette étincelante du charbon divin, * O buisson qui n’a pas été consommé par le Divinité ; ** brûle jusqu’à l’amadou de mes passions, ** et sauve-moi du feu éternel.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, ô Vie immortelle, * alors l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité . * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ notre Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Depuis ta jeunesse, t’ayant entièrement consacré au Seigneur, * tu fus un modèle de vertu par la prière, le jeûne et les travaux ; * c’est pourquoi, Dieu voyant ton intention sincère, * t’a nommé le hiérarque et pasteur de son Eglise ; * et pour cela, ton corps précieux * a été conservé entier et intact après ton repos. * Ô Sainteté Jonas, * prie le Christ Dieu, ** afin qu’Il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 8 : Dès l’enfance, tu t’es toi-même mis au service du Seigneur, ô sage, * domptant ton corps par le jeûne et la tenue de veilles ; * c’est pourquoi, tu as été désigné pour être le vase pur et la demeure du Très-Saint Esprit. * C’est pourquoi tu as été ordonné hiérarque et pasteur de son Eglise ; * et l’ayant conduite vers le bien, tu est retourné vers le Seigneur que tu aimais. * Nous te prions donc : Souviens-toi de nous qui honorons ta sainte mémoire avec foi, ** que nous puissions tous crier vers toi : Réjouis-toi, père Jonas, très honorée Sainteté !
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De Sa Sainteté, ton 1 :
℟. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 88) V, 1-10.
Or cette espérance n’est point trompeuse, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
De Sa Sainteté : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.
Obéissez à vos conducteurs, et soyez soumis à leur autorité : car ce sont eux qui veillent sur vos âmes, comme devant en rendre compte.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De Sa Sainteté, ton 2 :
℣. La bouche du juste méditera la sagesse ; et sa langue parlera selon l’équité et la justice (Psaume 36, 30).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 18) VI, 22-33.
Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent point, ils ne filent point : et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.
De Sa Sainteté : Jean (§ 36) X, 9-16.
Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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