Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Saint-Eugène, le lundi 14 avril 2025, grand’messe de 19h.
Le temps où le Sauveur avait résolu de souffrir approchait ; il se rapprocha donc aussi du lieu où il devait accomplir la mystérieuse économie de sa passion : « Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie. » Il se rend d’abord à Béthanie, puis à Jérusalem ; à Jérusalem pour y souffrir, à Béthanie pour que la résurrection de Lazare s’imprimât plus profondément dans la mémoire de tous ; et c’est pour cela que l’Evangéliste ajoute : « Où était mort Lazare, qu’il avait ressuscite. » Bienheureux Alcuin d’York
En nous disant que Marthe servait à table, l’Evangéliste nous fait entendre que ce repas avait lieu dans sa maison. Mais considérez la foi de cette femme ; elle ne charge pas les femmes de service de servir à table, elle veut elle-même remplir cet office. L’Evangéliste nous donne encore une preuve évident la résurrection de Lazare, en ajoutant : « Lazare était un de ceux qui étaient assis à table avec lui. » Saint Théophilacte, évêque
Quant à Marie, elle ne s’occupe point du service ordinaire, elle est tout entière à l’honneur qu’elle veut rendre à son divin Maître, et elle s’approche de lui non comme d’un homme, mais comme d’un Dieu: « Or, Marie prit une livre de parfum de nard pur, d’un grand prix, le répandit sur les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux ». Saint Jean Chrysostome, évêque
A la sainte messe :
Kyrie parisien des féries de pénitence
Epître : Isaïe L, 5-10 : J’ai abandonné mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient le poil de la barbe : je n’ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d’injures et de crachats.
Evangile : Jean XII, 1-9 : Mais Marie ayant pris une livre d’huile de parfum de vrai nard, qui était de grand prix, elle le répandit sur les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux ; et toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum.
Pendant les encensements de l’offertoire : Ecce vidimus eum (Cf. Matthieu, XXVI, 58) – troisième répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne
Pendant la communion : Eram quasi agnus innocens (Matthieu, 26, 24 & 23) – premier répons du troisième nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Martini
« Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques. » (Dom Pius Parsch).
Le diable fut donc trompé par sa propre malignité ; il fit souffrir au Fils de Dieu un supplice qui est devenu le remède de tous les enfants des hommes. Il répandit le sang innocent qui devait être le prix de la réconciliation du monde, et notre breuvage. Le Seigneur souffrit le genre de mort qu’il avait librement choisi, conformément à ses desseins. Il permit à des hommes furieux de porter sur lui leurs mains impies, et, en accomplissant un crime énorme, elles ont servi à l’exécution des desseins du Rédempteur. La tendresse de son amour était si grande, même envers ses meurtriers, que, suppliant son Père du haut de la croix, il lui demanda non pas de le venger, mais de leur pardonner.
Homélie de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
A la sainte messe :
Asperges me
Antienne d’entrée : Hosanna Filio David
Répons graduel : In monte Oliveti – Polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne
Sanctus XVIII
Pendant la distribution des rameaux :
antiennes Pueri Hebræorum en plain-chant grégorien puis en polyphonie par José Maurício Nunes Garcia (1767 † 1830), prêtre et maître de chapelle de la cathédrale de Rio de Janeiro
Jérusalem acclame – chant de triomphe – Joseph Noyon (1888 † 1962), maître de chapelle de Saint-Honoré-d’Eylau – orchestration Nicolas Vardon
Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire – orchestration Nicolas Vardon
Procession des Rameaux : Antiennes processionnelles du Missel romain en faux-bourdon de la Chapelle Impériale de Russie : Cum appropinquáret – Cum audísset pópulus – Ante sex dies – Occurrunt turbæ – Cum Angelis – Turba multa
Station devant les portes : Hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle) : Gloria laus
Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composée par saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France sainte Radegonde, le 19 novembre 569 – cette hymne est celle de l’office des vêpres pendant le temps de la Passion – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581) et, pour la strophe O Crux ave spes unica, d’Antoine Brumel (c. 1460 † c. 1513), chantre de Chartres, maître de la psallette des cathédrales de Genève & de Paris & du duc de Ferrare
Saint-Eugène, le samedi 5 avril 2025, conférence de S.E. le cardinal Müller à 20h à l’occasion du 1700ème anniversaire du Concile de Nicée ; le dimanche 6 avril 2025, messe pontificale de S.E. le cardinal Müller de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Avec les premières vêpres de ce dimanche, nous entrons dans le temps de la Passion. La première partie du Carême avait jusqu’alors été surtout consacrée à notre ascèse personnelle, à la contrition de nos péchés. Désormais, le rit romain nous fait méditer sur la Passion & sur la Croix de notre Seigneur. Ce deuil où nous pleurons l’Epoux divin est marqué par un symbole très fort : dès avant les premières vêpres de ce dimanche, les saintes images et les croix sont désormais voilées de violet, en signe de deuil. Les derniers chants joyeux de la messe cessent de se faire entendre : le Gloria Patri disparaît à l’Introït, au Lavabo et dans les répons de l’Office divin. De même, le psaume 42 des prières au bas de l’autel n’est plus récité jusqu’à Pâques. Dans les leçons des vigiles nocturnes, on quitte la lecture des livres de Moïse pour prendre celle du prophète Jérémie, l’une des plus importantes figures du Messie souffrant. L’admirable texte du chapitre IX de l’épître aux Hébreux qui est lu à la messe de ce dimanche est commun au rits romain & byzantin : il s’agit d’une parfaite préface au temps de la Passion.
A Rome, la station se fait en la basilique Saint-Pierre : l’importance de ce dimanche, qui ne cède la place à aucune fête, quelque solennelle qu’elle soit, demandait que la réunion des fidèles eût lieu dans l’un des plus augustes sanctuaires de la ville sainte.
Nous n’ignorons pas, mes bien-aimés, que le mystère pascal occupe le premier rang parmi toutes les solennités chrétiennes. Notre manière de vivre durant l’année tout entière doit, il est vrai, par la réforme de nos mœurs, nous disposer à le célébrer d’une manière digne et convenable ; mais les jours présents exigent au plus haut degré notre dévotion, car nous savons qu’ils sont proches de celui où nous célébrons le mystère très sublime de la divine miséricorde. C’est avec raison et par l’inspiration de l’Esprit-Saint, que les saints Apôtres ont ordonné pour ces jours des jeûnes plus austères, afin que par une participation commune à la croix du Christ, nous fassions, nous aussi, quelque chose qui nous unisse à ce qu’il a fait pour nous. Comme le dit l’Apôtre : « Si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui. » Là où il y a participation à la passion du Seigneur, on peut regarder comme certaine et assurée l’attente du bonheur qu’il a promis. » Homélie de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Conférence de Carême de Son Eminence le cardinal Müller – samedi 5 avril à 20h dans Saint-Eugène
Pendant l’habillement du pontife : Pange lingua – hymne composée par saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France sainte Radegonde, le 19 novembre 569 – cette hymne est celle de l’office des matines pendant le temps de la Passion, elle est aussi chantée le Vendredi Saint pendant l’adoration de la Croix – plain-chant grégorien et polyphonie d’Henri de Villiers
Introït Judica me – plain-chant grégorien puis reprise en polyphonie de Leonardo Ortensio Salvatore de Leo (1694 † 1744), maître de chapelle de la cour des Deux-Siciles à Naples, composé pour la Chapelle Royale de Naples pour le Carême 1744
Kyrie de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
Epître : Hébreux IX, 11-14 : Il y est entré, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle.
Trait : Faux-bourdon du VIIIème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Evangile : Jean VIII, 46-59 : En vérité, en vérité je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne mourra jamais.
Après l’évangile : Dicebat Jesus turbis Judæorum – motet sur le texte de l’évangile du jour (Jean VIII, 5) – Diego de Las Muelas (1698 † 1743), maître de chapelle de la cathédrale d’Astorga, puis de celle de saint Jacques de Compostelle puis du Monastère royal de l’Incarnation de Madrid
Pendant les encensements de l’offertoire : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composée par saint Venance Fortu-nat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde, le 19 novembre 569 – cette hymne est celle de l’office des vêpres pendant le temps de la Passion – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581) et, pour la strophe O Crux ave spes unica, d’Antoine Brumel (c. 1460 † c. 1513), chantre de Chartres, maître de la psallette des cathédrales de Genève & de Paris & du duc de Ferrare
Sanctus de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
A l’élévation : Benedictus de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
Agnus Dei de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
Pendant la communion : Stabat Mater – polyphonie de Claudio Casciolini (1697 † 1760), chantre de Saint-Laurent in Damaso à Rome
Après la messe : Judica me – grand motet de l’Abbé Claude Gaveau (avant 1724 † avant 1752), maître de chapelle de la collégiale Saint-Etienne de Dijon puis de la collégiale Notre-Dame de Beaune
A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en une véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où elle est conservée près de la statue monumentale de sainte Hélène).
La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :
Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cujus participátio ejus in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)
Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême[1], le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.
Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.
Il est possible que le fleurissement des croix à Byzance en ce dimanche ait influé sur l’usage des fleurs dans la liturgie occidentale en ce même dimanche. A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :
O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & des deux poissons. Cet évangile fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême qu’ils recevront lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.
Car c’est un plus grand miracle de gouverner le monde entier que de rassasier de cinq pains cinq mille personnes. Et pourtant, nul ne s’étonne du premier prodige, tandis que l’on est rempli d’admiration pour le second, non parce qu’il est plus grand, mais parce qu’il est rare. Qui, en effet, maintenant encore, nourrit le monde entier, sinon celui qui, de quelques grains, fait sortir les moissons ? Jésus a donc agi à la manière de Dieu. En effet, par cette même puissance qui d’un petit nombre de grains multiplie les moissons, il a multiplié entre ses mains les cinq pains. Car la puissance était entre les mains du Christ. Ces cinq pains étaient comme des semences non plus confiées à la terre, mais multipliées par celui qui a fait la terre. Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
En un clin d’œil, le Seigneur a multiplié un peu de pain. Ce que les hommes font en dix mois de travail, ses dix doigts l’ont fait en un instant… Pourtant, ce n’est pas à sa puissance qu’il a mesuré ce miracle, mais à la faim de ceux qui étaient là. Si le miracle avait été mesuré à sa puissance, il serait impossible de l’évaluer ; mesuré à la faim de ces milliers de gens, le miracle a dépassé les douze corbeilles. Chez les artisans, la puissance est inférieure au désir des clients, ils ne peuvent pas faire tout ce qu’on leur demande ; les réalisations de Dieu, au contraire, dépassent tout désir. Saint Éphrem, diacre – Commentaire sur le Diatesseron XII, 4-5, 11.
Regardons la façon dont les disciples se comportaient à l’égard des nécessités de la vie, leur mépris pour une existence luxueuse. Ils étaient douze et n’avaient que cinq pains et deux poissons. Tel était leur dédain pour les choses du corps, ils ne s’intéressaient qu’aux choses de l’âme. Encore ne gardèrent-ils pas pour eux ces provisions : ils les donnèrent au Sauveur quand il les leur demanda. Il nous faut apprendre par cet exemple à partager ce que nous avons avec ceux qui sont dans la gêne, même si nous avons peu. Lorsque Jésus leur demande d’apporter les cinq pains, ils ne disent pas : que nous restera-t-il pour notre nourriture ? Comment apaiserons-nous notre faim ? Ils obéissent sur-le-champ. Saint Jean Chrysostome, évêque – Homélie sur saint Matthieu XL, 1-3
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Choral et Menuet de la suite gothique de Léon Boëllmann (1862 † 1897), organiste de Saint-Vincent-de-Paul
Kyrie : de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de cha-pelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
Epître : Galates IV, 22-31 : Au lieu que la Jérusalem d’en haut est vraiment libre ; et c’est elle qui est notre mère.
Evangile : Jean VI, 1-15 : Ils les ramassèrent donc, et emplirent douze paniers des morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge, après que tous en eurent mangé.
Après l’homélie : adaptation de la 14ème variation sur un thème de Schumann op. 9 de Brahms
Pendant l’offertoire : Offertoire de la Ière suite de Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
Sanctus XV
A l’élévation : Récit de la Ière suite de Pierre du Mage (1674 † 1751), conseiller du Roi, organiste de la collégiale royale de Saint-Quentin puis de la cathédrale de Laon
Agnus Dei : de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra
Pendant la communion :
Nimrod des Variations Enigma (1898-1899) de Sir Edward Elgar (1857 † 1934), organiste de Saint-Georges de Worchester – transcription : Vianney Meignié
Duo de la messe du VIIIème ton de Michel Corrette (1707 † 1795), organiste de Sainte-Marie-du-Temple et de Saint-Louis des Jésuites à Paris
Le IIIème dimanche de Carême byzantin correspond de fait exactement au IVème dimanche de Carême romain, la façon de compter étant différente : en Orient on compte pour premier dimanche de Carême celui qui arrive au bout de la première semaine complète de jeûne, alors qu’à Rome celui-ci est compté pour IInd dimanche de Carême.↵
Lors donc, bien-aimés frères, qu’arrivent les temps, marqués d’avance pour la rédemption des hommes, notre Seigneur Jésus-Christ descend du ciel et vient ici-bas, sans quitter la gloire de son Père : c’est un prodige nouveau que sa génération, un prodige nouveau que sa nativité. Prodige nouveau : lui qui est invisible de sa nature, il s’est rendu visible dans la nôtre ; lui qui est immense et insaisissable, il a voulu être saisi et limité ; lui qui subsiste ayant les siècles, il a commencé d’être au cours des siècles ; lui, souverain maître de l’univers, il a voilé l’éclat de sa majesté et revêtu la forme d’un esclave ; lui, Dieu impassible et immortel, il n’a point dédaigné de se faire homme passible, de s’assujettir aux lois de la mortalité ! »
Homélie de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Ave maris stella – hymne des fêtes de la Sainte-Vierge, à Vêpres, ton dit « des Pèlerinages », en alternance avec le ton de Notre-Dame des Victoires
Ce troisième dimanche de Carême est aussi appelé Oculi, du premier mot de l’Introït de la Messe.
A Rome, la station de ce troisième dimanche de Carême se fait en la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le saint diacre Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême, combat spirituel auquel fait allusion l’évangile de la messe de ce jour. En ce dimanche également, les catéchumènes font un pas de plus vers l’Église : on l’appelle en effet le dimanche des scrutins. C’est à partir d’aujourd’hui qu’on commençait l’examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d’ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême. Aux diptyques du canon de la messe de ce troisième dimanche de Carême, on priait autrefois pour les parrains & marraines des futurs baptisés.
Dans Matthieu on raconte que ce démoniaque est non seulement muet mais aveugle aussi. Il fut guéri par le Seigneur, nous dit-on, si bien qu’il pouvait parler et voir. Trois miracles sont accomplis simultanément dans un seul homme : l’aveugle voit ; le muet parle ; le possédé est délivré du démon. Mais ce qui fut fait alors dans la chair, s’accomplit chaque jour dans la conversion des croyants. Une fois le démon expulsé, ils perçoivent la lumière de la foi, ensuite la bouche, jadis muette, s’ouvre pour louer Dieu. « Mais il s’en trouva pour dire : C’est par Béelzéboub, le chef des démons, qu’il chasse les démons. » Ceux qui dénigraient ainsi, n’étaient pas des personnes dans la foule, mais des scribes et des pharisiens comme l’attestent d’autres évangélistes. » Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Epître : Ephésiens V, 1-9 : Car vous étiez autrefois ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière en le Seigneur : marchez comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
Evangile : Luc XI, 14-28 : Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, assurément le royaume de Dieu est venu jusqu’à vous.
Après l’homélie : O bone Jesu – motet de Marc Antoine Ingegneri (1545 † 1592), maître de chapelle de la cathédrale de Crémone
Pendant les encensements de l’offertoire : Inter vestibulum, en plain-chant musical (tradition bretonne) et Parce Domine (rythmé selon la tradition parisienne – harmonisation Henri de Villiers)
Sanctus XV
Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
Agnus Dei XV
Pendant la communion : Miserere pour Saint-Cyr de Guillaume Gabriel Nivers (1632 † 1714), organiste de Saint Sulpice et de la Maison royale d’éducation de Saint-Cyr
Saint-Eugène, le mercredi 19 mars 2025, grand’messe de 19h.
La fête de saint Joseph, connue en Egypte depuis au moins le Vème siècle, fut établie en Occident au 19 mars vers l’an 800. Il n’est pas impossible que le choix de cette date en plein Carême ait découlé du fait que l’Eglise latine lise à partir du IIIème dimanche de Carême l’histoire du patriarche Joseph dans le livre de la Genèse. Or les Pères de l’Eglise ont souvent reconnu dans le patriarche Joseph une figure typologique du père nourricier de notre Sauveur, le glorieux époux de la Vierge Marie, comme l’atteste par exemple l’admirable sermon de saint Bernard lu aux matines de la fête de ce jour :
Quel homme fut le bienheureux Joseph, vous pouvez vous en faire idée d’après le titre dont il a mérité d’être honoré, le Seigneur ayant voulu qu’on l’appelât et qu’on le crût père du Fils de Dieu, titre qui n’est vrai cependant, qu’au sens de nourricier. Jugez-en aussi d’après son propre nom qu’on interprète, vous le savez, par accroissement. Rappelez-vous, en même temps, le grand Patriarche qui fut autrefois vendu en Égypte ; et sachez que non seulement celui-ci a été l’héritier de son nom, mais qu’il eut encore sa chasteté, son innocence et sa grâce. Sermon de saint Bernard, abbé, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu, lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de consentir à la passion de la maîtresse ; le second, reconnaissant une Maîtresse dans la vierge devenue mère de son Maître vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident des mystères célestes, et d’y coopérer pour sa part. Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi, pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très digne coopérateur, ici-bas, de l’accomplissement de son grand dessein. Sermon de saint Bernard, abbé, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Salve Pater Salvatóris – hymne à saint Joseph sur le rythme du Stabat Mater par Paul de Barry, s.j., recteur des collèges jésuites d’Aix, Nîmes et Avignon, et Provincial de Lyon (1587 † 1661) – musique : Henri Adam de Villiers
Kyriale VIII – De Angelis
Epître : Ecclésiastique XLV, 1-6 : Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et l’a choisi d’entre tous les hommes.
Evangile : Matthieu I, 18-21 : Mais lorsqu’il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie, votre femme : car ce qui est né dans elle, a été formé par le Saint-Esprit.
Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.
La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas de messe pour ce dimanche à Rome dans le sacramentaire du pape Grégoire, car il y avait la veille la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême laquelle commençait après none et durait une partie de la nuit (on y faisait les ordinations à tous les nombreux ordres ecclésiastiques, sacre des évêques compris) et le pape ne célébrait pas le lendemain (mais les curés de Rome dans leurs titres oui). Quand la cour de Charlemagne décida d’imposer dans son Empire le Sacramentaire grégorien, les liturgistes carolingiens durent compléter ce livre propre au pape en composant les messes que celui ne célébrait pas. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.
Longtemps, le rit romain et ses variantes n’ont pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisément ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en la vigile du Samedi des Quatre-Temps à Saint-Pierre sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.
Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août, date choisie pour son parallélisme avec l’Epiphanie le 6 janvier (la Transfiguration constituant également une épiphanie de fait, la voix du Père se faisant entendre dans les deux cas pour confirmer la filiation divine de Jésus). Rome ne s’y décida qu’en 1456, en célébration de l’éclatante victoire de la levée du siège de Belgrade, remportée sur les Ottomans. La composition de l’office de la Transfiguration (au 6 août) est attribuée au pape Callixte III qui avait convoqué à cette occasion une croisade de prières contre les ennemis de la Foi.
La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domenica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.
Epître : I Thessaloniciens IV, 1-7 : Car Dieu ne nous a pas appelés pour être impurs, mais pour être saints.
Evangile : Matthieu XVII, 1-9 : Et il fut transfiguré devant eux : son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la neige.
Avant l’homélie : Hic est Filius meus – motet sur le texte de l’évangile du jour (Matthieu XVII, 5) – Diego de Las Muelas (1698 † 1743), maître de chapelle de la cathédrale d’Astorga, puis de celle de saint Jacques de Compostelle puis du Monastère royal de l’Incarnation de Madrid
Après l’homélie : Miserere mei – canon de Jan Piererszoon Sweelinck (1562 † 1621) Organiste de Saint-Nicolas d’Amsterdam
Pendant les encensements de l’offertoire : Christe qui lux es et dies, antique hymne du Carême, à complies, en usage en France depuis le Vème siècle jusqu’au XVIIIème siècle (citée par Saint Césaire d’Arles et Saint Aurélien d’Arles dans leurs règles monastiques) – mise en musique par Charles de Courbes (1622)
Sanctus XV
Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
Agnus Dei XV
Pendant la communion : Inter vestibulum / Parce Domine – plain-chant breton avec en alternance le Parce Domine en polyphonie par Henri Adam de Villiers
IIndes vêpres du IInd dimanche de Carême. Magnificat du Ier ton – Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, chanoine de la Sainte Chapelle.
Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
Jean-Christian Petitfils en conférence à Saint-Eugène : une enquête historique et spirituelle sur la Sainte Tunique d’Argenteuil.
Ce samedi 15 mars à 20h, l’église Saint-Eugène – Sainte-Cécile aura l’honneur d’accueillir l’historien et auteur Jean-Christian Petitfils pour une conférence exceptionnelle consacrée à la Sainte Tunique d’Argenteuil. Après avoir mené une enquête approfondie sur le Saint Suaire de Turin, il a publié en novembre 2024 une étude passionnante sur cette relique insigne de la Passion du Christ.
Jean-Christian Petitfils, docteur en sciences politiques et historien renommé, est bien connu pour ses biographies magistrales sur les grandes figures de l’Ancien Régime. De Henri IV à Louis XVI, en passant par d’Artagnan, Nicolas Fouquet ou encore le Masque de Fer, il a su redonner vie aux figures marquantes de notre histoire. Mais il est également l’auteur d’ouvrages spirituels et historiques sur le christianisme, parmi lesquels « Jésus », « Le Saint Suaire de Turin – l’enquête définitive », « Le dictionnaire amoureux de Jésus », et tout récemment « La Sainte tunique d’Argenteuil – authentique relique de la Passion du Christ.
Son dernier livre, au cœur de cette conférence, s’intéresse à l’histoire, aux études scientifiques et à la signification religieuse de la Sainte Tunique, cette précieuse relique vénérée depuis des siècles à Argenteuil. Entre rigueur historique et lumière de la foi, Jean-Christian Petitfils nous proposera une exploration fascinante de ce vêtement qui a été porté par le Christ lors de sa Passion.
La Sainte Tunique d’Argenteuil est mentionnée dès le VIIIème siècle, lorsqu’elle a été confiée à l’abbaye d’Argenteuil par l’empereur Charlemagne. Selon la tradition, cette tunique sans couture a été portée par le Christ au moment de sa Passion, comme le rapporte l’Évangile de saint Jean (Jean XIX, 23-24) :
Les soldats ayant crucifié Jésus, prirent ses vêtements et les divisèrent en quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; et comme elle était sans couture, et d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas, ils dirent entre eux. Ne la coupons point, mais jetons au sort à qui l’aura : afin que cette parole de l’Écriture fût accomplie : Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Voilà ce que firent les soldats.
Elle fut cachée à plusieurs reprises au cours de l’histoire pour échapper aux profanations, notamment pendant la révolution dite française. Conservée aujourd’hui dans la basilique Saint-Denys d’Argenteuil, elle a fait récemment l’objet de nombreuses analyses scientifiques qui ont révélé des éléments intrigants, corroborant son origine antique et la tradition ancienne qui la rapportait.
Au-delà de l’intérêt intellectuel et historique, cette conférence nous offrira une belle occasion de méditer sur la Passion de Notre-Seigneur, alors que nous entrons dans deux semaines dans le temps de la Passion, et de préparer notre pèlerinage à Argenteuil le 3 mai prochain.
Nous vous attendons nombreux pour cette rencontre exceptionnelle ! N’hésitez pas à inviter vos proches et à partager cette annonce.
Samedi 15 mars – 20h00 – Église Saint-Eugène – Sainte-Cécile
Saint-Eugène, le samedi 15 mars 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 9h30. Mémoire de sainte Louise de Marillac, veuve, fondatrice des Filles de la Charité.
Or il fallait, mes bien-aimés, que Pierre en qui le Fils de Dieu venait de louer cette haute connaissance, reçût une instruction du mystère qui se devait accomplir dans la substance inférieure unie au Verbe. Il le fallait pour que l’Apôtre, dont la foi avait été élevée jusqu’à ce degré de gloire de confesser la divinité du Christ, ne regardât pas comme indigne d’un Dieu impassible de prendre sur lui notre infirmité, et ne s’imaginât point que la nature humaine était déjà tellement glorifiée en la personne de Jésus-Christ, qu’elle ne pouvait plus ni souffrir, ni mourir. C’est pourquoi le Seigneur ayant dit qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des Scribes et des princes des prêtres, qu’il fût mis à mort, et que le troisième jour il ressuscitât ; comme le bienheureux Pierre, tout embrasé du feu allumé en lui par le témoignage Qu’une lumière d’en haut lui avait fait rendre à la divinité du Fils de Dieu, rejetait avec liberté, et avec une répugnance qu’il croyait religieuse, l’idée que son Maître pût endurer tous ces outrages et l’opprobre d’une mort très cruelle, il fut repris par Jésus avec une douce sévérité, et excité au désir de participer à ses souffrances. Homélie de saint Léon, pape, IIIème leçon des vigiles nocturnes de ce samedi.
A la sainte messe :
Propre grégorien du jour
Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
Offertoire Dómine, Deus salútis meæ, chanté avec ses antiques versets
Sanctus XVIII
Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor
Agnus Dei XVIII
Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume LXXX