Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.
Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.
Saint-Eugène, les lundi 23 mai, mardi 24 mai & mercredi 25 mai 2022, procession puis messe des Rogations de 19h.
Les Rogations, processions de supplications et de pénitence qui précèdent l’Ascension et demandent à Dieu de répandre son Esprit Saint et de répondre à nos demandes multiples, furent instituées la première fois en Gaule par saint Mamert, évêque de Vienne vers 470, tandis que cette ville était frappée de calamités extraordinaires. Le succès de ces processions de supplication fut immédiat dans la toute jeune France, puisque dès 511, le Concile d’Orléans réuni par le roi Clovis en parle dans ses 27ème & 28ème canons comme d’une institution bien établie. L’empereur Charlemagne quittait ses chausses comme les plus simples fidèles, et marchait aux Rogations nu-pieds à la suite de la croix, depuis son palais jusqu’à l’église de la Station. En 816, le pape Léon III les adopta à Rome et elles fut bientôt étendues à toute l’Église d’Occident.
A la procession :
Antienne Exsurge Domine
Litanies des saints
A la messe :
Kyrie des féries de Carême et d’Avent au propre de Paris
Epître : Jacques V, 16-20 : Et la prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le soulagera ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront remis.
Evangile : Luc XI, 5-13 : Si donc vous, étant méchants comme vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes choses à vos enfants ; à combien plus forte raison votre Père qui est dans le ciel, donnera-t-il le bon Esprit à ceux qui le lui demandent ?
Saint-Eugène, le dimanche 22 mai 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Une partie de la paroisse est en pèlerinage à Pontmain.
Par son évangile, ce dimanche nous prépare déjà à la supplication des Rogations (qui a lieu les trois jours suivants : lundi, mardi & mercredi précédant l’Ascension), par laquelle nous demandons au Père de nous donner l’Esprit Saint.
Jusqu’à présent, dit notre Seigneur, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète. » Cette joie qu’il appelle une joie pleine, n’est pas une joie des sens, mais une joie spirituelle, et quand elle sera si grande qu’on ne pourra plus rien y ajouter, alors, sans le moindre doute, elle sera pleine. Nous devons donc demander au nom du Christ ce qui tend à nous procurer cette joie si nous comprenons bien la nature de la grâce divine, si l’objet de nos prières est la vie véritablement heureuse. Demander toute autre chose, c’est ne rien demander : non pas qu’il n’existe absolument autre chose, mais parce qu’en comparaison d’un si grand bien, tout ce que l’on désire en dehors de lui n’est rien. Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Salve festa dies – chant processionnel pascal des Églises des Gaules – Texte et mélodie de Saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers (VIème siècle) – adaptation & harmonisation : Henri de Villiers & Touve Ratovondrahety
Procession de sortie : C’est le mois de Marie – paroles du R.P. Lefebvre, s.j, musique du R.P. Louis Lambillotte, s.j. (1796 † 1855), maître de chapelle et directeur de musique de la Compagnie de Jésus (in Chants à Marie pour le mois de mai avec accompagnement de piano, Paris, 1840)
IIndes vêpres du cinquième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Saint-Eugène, le dimanche 15 mai 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche nous prépare au départ prochain du Christ à l’Ascension & à la venue du Paraclet de vérité à la Pentecôte. L’évangile est tiré de l’évangile de Jean, comme régulièrement durant le Temps Pascal ; l’usage de lire l’évangile de Jean pendant le Temps Pascal doit du reste remonter à une haute antiquité, car c’est une constante que l’on retrouve dans les différents rits tant Orientaux qu’Occidentaux. Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche est extrait du dernier discours du Christ pendant la Cène (Jean XVI, 5-14).
Que veulent donc dire ces paroles : « Mais je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, parce que j’étais avec vous », si ce n’est que les prédictions qu’il leur fait ici du Saint-Esprit, à savoir qu’il viendrait à eux et rendrait témoignage au moment où ils auraient à souffrir les maux qu’il leur annonçait, il ne les leur avait pas faites dès le commencement, parce qu’il était avec eux ? Ce consolateur ou cet avocat (car le mot grec Paraclet veut dire l’un et l’autre) n’était donc nécessaire qu’après le départ du Christ ; il ne leur en avait point parlé dès le commencement lorsqu’il était avec eux, parce qu’il les consolait lui-même par sa présence. Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Cantate Domino (psaume XCV) – cantique sur un thème de la renaissance – Henri de Villiers
Epître : Jacques I, 17-21 : Toute grâce excellente et tout don parfait vient d’en haut, et descend du Père des lumières, qui ne peut recevoir ni de changement, ni d’ombre, par aucune révolution.
Evangile : Jean XVI, 5-14 : Cependant je vous dis la vérité : Il vous est utile que je m’en aille : car si je ne m’en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai.
Après la Consécration : O salutaris Hostia sur le ton de Salve festa dies – adaptation & harmonisation : Touve Ratovondrahety
Pendant la communion : Déxtera Dómini – motet pour le jour de Pâques, sur le texte du premier Alleluia de la messe de ce jour – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume CXVII, 16-17
Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
IIndes vêpres du quatrième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Saint-Eugène, le dimanche 8 mai 2022, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Jeanne d’Arc est née à Domrémy, autrefois du diocèse de Toul, maintenant de Saint-Dié, de parents remarquables par leur foi et l’intégrité de leurs mœurs, en 1412. Elle avait à peine treize ans et ne connaissait que les occupations du foyer, le travail des champs et les premiers éléments de la religion, quand elle fut avertie qu’elle était choisie par Dieu pour délivrer la France et la rendre à l’ancienne autorité royale. Après que, pendant cinq ans, l’Archange saint Michel et les saintes vierges Catherine et Marguerite, dont elle recevait de fréquentes visites, lui eurent appris comment elle exécuterait ce qui lui était ordonné, elle reconnut qu’elle devait obéir à Dieu. Elle demanda au gouverneur de Vaucouleurs et, après quelques refus, en obtint des hommes qui devaient la conduire au roi Charles. IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Obéissant aux avertissements divins, après avoir surmonté les difficultés d’un long voyage, elle arriva au château de Chinon, en Touraine, et, ayant convaincu le roi Charles de la vérité de sa mission divine, elle partit pour Orléans. En peu de jours, par un terrible assaut, elle infligea trois défaites aux ennemis, prit leurs places fortes et fit triompher son étendard. De là, après quelques faits de guerre où le secours de Dieu se manifesta de façon merveilleuse, elle conduisit Charles à Reims pour y recevoir l’onction du sacre royal. Elle ne pensa pas pour autant qu’elle devait se reposer ; mais comme elle avait reçu du ciel l’annonce que, par la permission de Dieu, elle devait tomber au pouvoir de l’ennemi, elle accepta de bon cœur ce qui devait nécessairement arriver. Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
Jeanne, faite prisonnière à Compiègne, vendue aux ennemis, bientôt conduite à Rouen, y fut traduite en jugement et accusée de toutes sortes de crimes, sauf de fautes contre la chasteté. Pour Jésus, elle supporta tout avec patience. Le procès ayant été conduit par des juges très corrompus, la vierge innocente et douce fut condamnée à la peine du feu. Ayant donc reçu le réconfort de la sainte Eucharistie qu’elle avait désirée si longtemps, les yeux tournés vers la croix et répétant très souvent le nom de Jésus, elle s’envola au ciel, le 30 mai, n’ayant pas encore accompli sa vingtième année. L’Église Romaine, qu’elle avait toujours aimée et à qui elle en avait souvent appelé, prit soin de la justifier de tout crime, sous le pontificat de Calixte III. Vers la fin du dix-neuvième siècle, Léon XIII permit d’introduire la cause de la Pucelle d’Orléans. Puis le Souverain Pontife Pie X la mit au rang des Bienheureuses, et Benoît XV au nombre des saintes Vierges. Enfin Pie XI, accédant aux vœux des évêques français, la déclara et institua patronne secondaire de la France, après la Très Sainte Vierge en son Assomption. VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
A la sainte messe :
Propre grégorien du jour – mémoire du IIIème dimanche après Pâques
IIndes vêpres de la solennité de sainte Jeanne d’Arc, avec mémoire du IVème dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
A la Bienheureuse Vierge Marie : Regina cœli, du VIème ton
Saint-Eugène, le dimanche 1er mai 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
Fête instituée en 1955 à la place de la fête des Apôtres Philippe & Jacques, remplaçant la fête du Patronage de St Joseph.
(« Cette fête fut un échec pastoral. En dehors du commentaire de St Albert le Grand aux Matines (3ème nocturne), on peut constater ce que devient la liturgie lorsqu’elle est considérée non plus comme le but de la pastorale mais comme un simple outil de celle-ci. » Introibo)
Mémoire du IInd dimanche après Pâques, dimanche du Bon Pasteur.
Procession d’entrée : Salve Pater Salvatóris – hymne à saint Joseph sur le rythme du Stabat Mater par Paul de Barry, s.j., recteur des collèges jésuites d’Aix , Nîmes et Avignon, et Provincial de Lyon (1587 † 1661) – musique : Henri Adam de Villiers
Epître : Colossiens III, 14-15, 17, 23-24 : Quoi que vous fassiez, ou en parlant, ou en agissant, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père.
Evangile : Matthieu XIII, 54-58 : N’est-ce pas là le fils de ce charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? et ses frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
Procession de sortie : Chantons Joseph, louons ses vertus – cantique de Dom Deprez († 1928)
IIndes vêpres de la fête de saint Joseph, artisan. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Motet d’exposition : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
A la Bienheureuse Vierge Marie : Regina cœli, du VIème ton
Saint-Eugène, le dimanche 24 avril 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.
La solennité pascale se termine par la fête de ce jour ; c’est pourquoi les néophytes changent aujourd’hui de vêtements, de telle sorte cependant que leur cœur garde toujours la blancheur de la robe qu’ils quittent. Puisque c’est le temps pascal, c’est-à-dire un temps d’indulgence et de pardon, notre premier devoir est, en cette sainte journée, comme il l’a été pendant toutes les autres de la même solennité, de ne pas permettre que la relâche accordée au corps ternisse la pureté de l’âme. Abstenons-nous de toute mollesse, de toute intempérance, de toute licence. Veillons à nous délasser avec modération, et à garder une sainte pureté, afin d’obtenir par cette pureté d’âme ce que nous n’acquérons pas en ce moment par l’abstinence corporelle. Sermon de saint Augustin, évêque, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.
A la sainte messe :
Procession d’entrée : Salve festa dies – chant processionnel pascal des Églises des Gaules – Texte et mélodie de Saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers (VIème siècle) – adaptation & harmonisation : Henri de Villiers & Touve Ratovondrahety
Procession de sortie : Pendant les encensements de l’offertoire : cantilène pascale O fílii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation : Henri de Villiers
IIndes vêpres du dimanche in Albis, octave de Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :
Il faut remarquer de plus pourquoi l’Ange fut aperçu assis à droite. Que signifie la gauche, sinon la vie présente ? Que désigne la droite, sinon la vie éternelle ? De là vient qu’il est écrit dans le Cantique des cantiques : « Sa main gauche est sous ma tête et sa main droite m’embrassera. » Comme notre Rédempteur avait déjà dépassé la vie présente qui est corruptible, c’est avec raison que l’Ange ayant mission d’annoncer son entrée dans la vie éternelle, se montrait assis à droite. Il apparut couvert d’une robe blanche, parce qu’il venait proclamer la joie de notre grande fête. La blancheur de son vêtement exprime en effet la splendeur de notre solennité. L’appellerons-nous nôtre ou sienne ? Disons mieux : cette solennité est sienne et elle est nôtre. Car si la résurrection de notre Rédempteur a été notre bonheur, en ce qu’elle nous a ramenés à l’immortalité ; elle a fait aussi la joie des Anges, puisque, en nous rappelant au Ciel, elle complète leur nombre. Homélie de saint Grégoire le Grand, pape, IInde leçon des vigiles nocturnes du jour de Pâques, au nocturne.
Procession d’entrée : Ouverture d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles.
Introït Resurrexi : chanté avec son trope Quem quæritis du Xème siècle tiré des anciens manuscrits parisiens (antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème siècle) – versets de l’introït du jour de Pâques en polyphonie par Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, chanoine de la Sainte Chapelle
Kyrie & Gloria de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
Sanctus, Benedictus & Agnus Dei de la Missa Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra
Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
Procession de sortie : Psaume CL de César Franck (1822 † 1890), organiste de la Basilique Sainte Clotilde à Paris, dont c’est le 200ème anniversaire de la naissance
Saint-Eugène, le dimanche 4 avril 2021, vêpres stationales du saint jour de Pâques avec processions aux fonts baptismaux à 16h30.
LA OU IL Y A DES FONTS BAPTISMAUX. (D’après l’Ancien Ordre Romain).
Les secondes vêpres de la solennité pascale dans le propre de Paris possèdent un caractère très particulier : après une première partie au chœur, le clergé et les fidèles vont en procession aux fonts baptismaux, qui sont encensés puis reviennent en marquant une station devant le crucifix de la nef. Comme la cérémonie comporte le chant de trois Magnificat, elle fut appelée aussi « Vêpres triples ».
Loin d’être d’origine parisienne, cette cérémonie est romaine et remonte aux premiers temps de l’Eglise. Elle est décrite par les anciens Ordines Romani des VIIème – XIème siècles, qui les désignent sous le nom de vêpres triples : le pape commençait cet office dans Saint-Jean-de-Latran, la cathédrale de Rome, puis on allait en procession au baptistère du Latran et on terminait l’office à Saint-André de la Croix, monastère annexé à la basilique du Latran. La même cérémonie s’observait toute l’octave de Pâques jusqu’au dimanche in Albis inclusivement.
Au cours de cette cérémonie se chantaient de nombreux Alleluia, dont les versets étaient alternativement en grec ou en latin. La présence de ces chants et le témoignage de saint Grégoire le Grand laissent entendre que cette cérémonie a été importée à Rome du temps du pape saint Damase (366 – 384) par saint Jérôme, à l’imitation de ce qui se pratiquait alors à Jérusalem dans la basilique de la Résurrection (le « Saint Sépulcre »). A Jérusalem, les vêpres du soir de Pâques et de son octave commençaient dans la basilique, puis allaient pareillement aux fonts baptismaux et se terminaient dans la chapelle élevée sur le lieu même du Golgotha. Les catéchumènes baptisés dans la nuit de Pâques faisaient cette procession avec les aubes blanches qu’on leur avait remises au baptême, et l’évêque de Jérusalem leur faisait chaque jour la catéchèse pour leur expliquer le sens des mystères qu’ils avaient reçus (on possède ainsi les Catéchèses mystagogiques de saint Cyrille de Jérusalem pour ces cérémonies). De là vient le nom que l’on donne à toute l’octave de Pâques, in Albis. L’usage parisien en conserve le souvenir en faisant porter aux chantres de cet office non des chapes comme à l’ordinaire, mais des aubes parées.
L’exil de la papauté à Avignon entraîna au XIVème siècle la disparition de ce vénérable office basilical, l’office romain se contentant dès lors de reprendre les antiennes des laudes de Pâques pour les vêpres. Toutefois, la plupart des diocèses de France et de Rhénanie continuèrent à observer cette vénérable tradition, qui fut incluse dans les différents propres diocésains du XIXème et XXème siècles.
Saint-Eugène, le Samedi Saint 16 avril 2022, vigile pascale de 15h.
Répétition pour les choristes à 10h.
A l’heure de None (trois heures de l’après-midi), l’Évêque se rend avec tout le clergé à l’Église, et c’est à ce moment que commence la Veille du Samedi saint. » Dom Guéranger, l’Année liturgique.
Conçu de nouveau dans l’eau fécondée par le Saint-Esprit, le fils d’Adam, né pour la mort, renaît à la vie par le Christ. Hâtons-nous donc de rompre notre jeûne solennel ; car le Christ notre Pâque a été immolé. Non seulement nous sommes conviés au festin du corps de l’Agneau, mais nous devons encore nous enivrer de son sang. Ce breuvage n’est point imputé à crime pour ceux qui le boivent, mais il est en eux le principe du salut. Nourrissons-nous aussi de celui qui est l’Azyme ; car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. Le Christ est le pain descendu du ciel, bien supérieur à celui qui pleuvait du ciel dans la manne, et dont Israël fit son festin pour mourir ensuite. Celui dont ce corps sacré est l’aliment devient possesseur de l’éternelle vie.
Les choses anciennes ont disparu, tout est devenu nouveau : le couteau de la circoncision mosaïque est émoussé, et le rude tranchant de la pierre employée par Josué est hors d’usage. C’est au front et non en secret, que le peuple du Christ reçoit sa marque glorieuse ; c’est par un bain et non par une blessure, par le Chrême et non par le sang.
Il convient donc, en ce soir de la résurrection de notre Seigneur et Sauveur, d’allumer un flambeau dont la blancheur flatte les regards, dont le parfum réjouisse l’odorat, dont l’éclat illumine, dont la matière ne cause pas de dégoût, dont la flamme n’exhale pas une noire fumée. Quoi, en effet, de plus convenable, de plus joyeux, que de célébrer les veilles de la nuit en l’honneur de celui qui est la fleur de Jessé, avec des torches dont la matière est empruntée aux fleurs ? La Sagesse a chanté, parlant d’elle-même : Je suis la fleur des champs et le lis des vallons. La cire n’est point une sueur arrachée au pin par le feu ; elle n’est point une larme enlevée au cèdre par les coups répétés de la hache ; sa source est mystérieuse et virginale ; et si elle éprouve une transformation, c’est en prenant la blancheur de la neige. Devenue liquide par la fusion, sa surface est unie comme le papyrus ; pareille à l’âme innocente, aucune division ne vient la briser, et sa substance, toujours pure, descend en ruisseaux pour devenir l’aliment de la flamme. »
Extrait de la liturgie du Samedi Saint dans le rit ambrosien.
Offertoire : Sileat omnis caro mortalis – offertoire du Samedi Saint de la liturgie de saint Basile le Grand dans le rit byzantin – musique : tradition russe
Sanctus : Messe I Lux & Origo
A l’élévation : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – Harmonisation d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, commandeur de Saint Grégoire le Grand
Pendant la communion : Canon pascal de Saint-Jean Damascène (VIIIème siècle – extraits) – Polyphonie d’après Maxime Kovalevsky (1903 † 1988)
Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
Saint-Eugène, le Vendredi Saint 15 avril 2022, Messe des Présanctifiés de 19h. Office des Ténèbres vers 22h.
Répétition pour les choristes à compter de 18h30 (habillement à 18h15 pour les chantres)./strong>
La messe des Présanctifiés est ainsi nommée car les Saints Dons ont été consacrés la veille le Jeudi Saint au cours de la messe de la Cène ; ils ont été portés au reposoir à l’issue de cette messe et sont aujourd’hui solennellement rapportés à l’autel au cours de cette liturgie des Présanctifiés. Le génie du rit romain montre ainsi le lien théologique intime qui unit le Jeudi Saint et le Vendredi Saint, le sacrifice du pain et du vin à la Cène par le Christ et celui de son Corps et de son Sang sur la Croix.
Cette liturgie romaine du Vendredi Saint par bien des aspects rappelle la liturgie des Présanctifiés que le rit byzantin célèbre tous les mercredis et vendredis de Carême et dont le règlement est traditionnellement attribué au Pape saint Grégoire le Grand, pape de Rome, qui fut diacre apocrisiaire à Constantinople. Il ne s’agit pas d’un simple office de communion mais bien d’une messe car les espèces du pain et du vin y sont employés, mais surtout parce que le célébrant y procède à la fraction de l’hostie, signe de la passion et, pour les premiers chrétiens, signe de l’eucharistie (« Ils reconnurent le Seigneur dans la fraction du pain » (cf. Luc XXIV, 30-31)
A la messe des Présanctifiés :
Procession d’entrée en silence
Traits : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Jean – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
Découvrement de la croix : Antienne Ecce lignum
Pendant l’adoration de la croix :
Premiers impropères : polyphonie de Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
Seconds impropères : Popule meus sur une polyphonie du R.P. Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des jésuites à Paris
Pendant les encensements de l’offertoire : Nunc potestátes cœlórum – grande entrée de la divine liturgie des saints dons présanctifiés de saint Grégoire le Grand, pape de Rome (rit byzantin du Carême) – harmonisation traditionnelle russe – adaptation : Gregory DiPippo & Henri de Villiers
Pendant la communion : Deus meus, ut quid dereliquisti me – IVème des VII paroles du Christ en Croix – oratorio de César Franck (Marc XV, 34 & Job XIX, 14)
Saint-Eugène, le jeudi 14 avril 2022, messe solennelle de 20h30, suivie de la procession au reposoir, du dépouillement des autels & du Mandatum, puis de l’office des Ténèbres vers 22h30. Répétition à 20h pour l’ensemble de la schola (habillement à 19h45 pour les chantres).
La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, puisqu’il s’agit de la solennité commémorative de la dernière Cène, laquelle se trouve être aussi la première messe.
A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.
La liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, de joie et de tristesse. C’est tout d’abord une impression de joie qui domine le début de la messe. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; l’orgue fait entendre ses accents éclatants ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches & les orgues se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.
Pendant les encensements de l’offertoire : Dextera Domini du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 † 1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne