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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Nicolas-Antoine Lebègue – O Crux ave, spes unica

Nicolas-Antoine Lebègue (1631 † 1702), organiste de la chapelle royale et de Saint-Mérry.
O Crux ave, spes unica.
2 voix égales (SS ou TT) & basse continue.
2 pages – sol mineur (et transposition en mi mienur).

Ce petit motet « pour la Semaine Sainte » O Crux ave, spes unica, est composé sur le texte de l’avant-dernière strophe du Vexilla Regis prodeunt, hymne de la Passion et de la Sainte Croix. Le texte en est donc de saint Venance Fortunat (VIème siècle). Après un solo sur un air noble, le deux derniers vers de la strophe sont chantés en tierces parallèles par les deux parties (ce passage pourra très bien être chanté en chœur).

Nous proposons deux transcriptions : en sol mineur (ton original) et en mi mineur, afin que cette strophe puisse au besoin s’insérer dans le chant de l’hymne Vexilla Regis (1er ton transposé en mi).

Rappelons que dans la liturgie, on se met ordinairement à genoux durant le chant de cette strophe. Le chant gagnera donc à être particulièrement grave & dévot.

A noter que la même strophe est chantée aux saluts qui se donnent avec des reliques de la Vraie Croix.

Il convient d’adapter le texte de cette strophe en fonction du temps liturgique ; selon les règles suivantes, on doit chanter :
– Hoc passionis tempore (au temps de la Passion),
– In hoc paschali gaudio (le 3 mai pour l’Invention de la Sainte Croix et pour tout le temps pascal),
– In hac triumphi gloria (le 14 septembre pour l’Exaltation de la Sainte Croix),
– Gentis redemptæ gloria (durant l’année).

Les premières mesures de la partition :

Nicolas Antoine Lebègue (1631 † 1702) - O Crux, Ave spes unica

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Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF – ton original en sol mineur
Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF – transposition en mi mineur
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Anthoine de Bertrand – Vexilla Regis prodeunt

Anthoine de Bertrand (c. 1530 † avant 1582).
Vexilla Regis prodeunt (& O Salutaris Hostia pour le temps de la Passion)
4 voix mixtes (SATB).
1 pages – 1er ton transposé en mi mineur.

Humaniste et musicien fameux du XVIème siècle, Anthoine de Bertrand fut assassiné par les protestants entre 1576 & 1582.

Ce Vexilla Regis provient d’une édition dont 2 parties sur 4 sont perdues. Les parties séparées de l’altus et du tenor sont donc ici une proposition de restitution.

Le Vexilla Regis est l’hymne du temps de la Passion et des fêtes de la Sainte Croix. Son texte (comme celui du Pange lingua du Vendredi Saint) fut composé par l’hymnographe saint Venance Fortunant au VIème siècle, à l’occasion de la réception solennelle des reliques de la vraie Croix à Poitiers par la reine de France sainte Radegonde.

Anthoine de Bertrand conserve en la rythmant la mélodie traditionnelle du plain-chant (Ier ton) qu’il affecte à la partie de dessus.

Pour l’exécution de cette œuvre, on pourra alterner les strophes avec le plain-chant ordinaire ou encore faire chanter certaines parties et taire d’autres une strophe sur deux.

Le texte de notre partition suit bien sûr le texte traditionnel (& non le texte modernisé de l’hymnaire médicéen).

L’avant-dernière strophe (O Crux, ave spes unica), pourra se chanter plus lentement & plus solennellement, selon la coutume (on est d’ordinaire à genoux pour cette strophe dans la liturgie). La partition précise aussi les différentes variantes du texte de cette strophe durant l’année liturgique :
– Hoc passionis tempore (temps de la Passion),
– In hoc paschali gaudio (le 3 mai pour l’Invention de la Sainte Croix et pour tout le temps pascal),
– In hac triumphi gloria (le 14 septembre pour l’Exaltation de la Sainte Croix),
– Gentis redemptæ gloria (durant l’année).

Vexílla Regis pródeunt,
Fulget Crucis mystérium :
Quo carne carnis cónditor,
Suspénsus est patíbulo.
Aujourd’hui du grand Roi l’étendard va marchant,
Où l’Auteur de la chair vient sa chair attachant.
Aujourd’hui de la Croix resplendit le mystère,
Où Dieu souffre la mort aux mortels salutaire.
Quo vulnerátus ínsuper
Mucróne diro lánceæ,
Ut nos laváret crímine,
Manávit und(a) et sánguine.
Voilà, du flanc du Christ, étant du fer atteint,
Sors le ruisseau vermeil, qui les crimes éteint :
Céleste lavement des âmes converties,
Mêlant de sang et d’eau ses ondes my-parties.
Impléta sunt quæ cóncinit
David fidéli cármine,
Dicens: In natiónibus
Regnávit a ligno Deus.
Maintenant s’accomplit aux yeux de l’Univers
L’oracle que David inspira dans ses vers,
Chantant ces mots sacrés sur les tons de sa lyre :
L’Eternel par le bois a planté son Empire.
Arbor decór(a), & fúlgida,
Ornáta Regis púrpura,
Elécta digno stípite,
Tam sancta membra tángere.
Arbre noble & trophée illustre et glorieux,
Orné du vêtement du Roi victorieux :
Plante du Ciel chérie, & des anges chantée,
Pour toucher de sa chair la dépouille sacrée.
Beáta, cujus bráchiis
Sæcli pepéndit prétium,
Statéra facta córporis,
Prædámque tulit tártari.
Tige trois fois heureuse dont le chef exalté,
Soutient le juste prix du monde racheté,
Et balance le corps qui mort, ses bras déploie
Pour ravir aux enfers leur rapine et leur proie.
O CRVX AVE, SPES UNICA,
In hac triúmphi glória,
Auge piis justítiam,
Reísque dona véniam.
Je te salue, ô Croix, seul espoir des vivants !
En ce jour glorieux, triomphal et fervent,
Augmente aux cœurs des bons l’immortelle justice,
Et pardonne aux pécheurs leur mortelle malice.
Te summa Deus Trínitas,
Colláudet omnis spíritus:
Quos per Crucis mystérium
Salvas, rege per sæcula.
Amen.
Ainsi puisse ton nom en mérite infini,
Suprême Trinité ! sans fin être béni,
Et ceux que, par la Croix tu délivres de crainte,
Triompher à jamais sous ta bannière sainte.
Ainsi sois-t-il.

Outre la partition générale (en 1 page), nous vous proposons au téléchargement une autre partition dans laquelle on a ajoutées deux strophes du texte de saint Venance Fortunat autrefois chantées à Paris mais tombées de l’usage romain. La strophe O Crux y est avec le texte pour toute l’année.

Voici ces deux strophes, conservées à Paris, qui sont de la main de saint Venance Fortunat, il s’agit respectivement de la seconde et de la dernière strophes des huit que comptait originellement l’hymne (la strophe O Crux, ave, spes unica et la doxologie finale Te summa Deus Trinitas ont été ajoutées au Xème siècle) :

Confíxa clavis víscera,
Tendens manus, vestígia :
Redemptiónis grátia,
Hic immolát(a) est hóstia.
En un instant, ses chairs sont fixées par les clous
Et ses mains étendues,
Voici la grâce de notre Rédemption,
Voici la victime immolée.
Salv(e) ara, salve víctima,
De passiónis glória,
Qua vita mortem pértulit
Et morte vitam réddidit !
Salut autel, salut victime,
Gloire de la Passion,
Où la vie parvient à la mort
Et où la mort restitue la vie !

Nous joignons aussi l’adaptation de cette mise en musique du Vexilla Regis pour l’O salutaris Hostia. Depuis une décision du roi de France Charles V (1338 † 1380), on sait que l’O salutaris est employé en France à l’élévation des messes chantées. Il était courant de changer le ton usuel de cette hymne pour celui de l’hymne des vêpres du temps liturgique en cours.

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

Les premières mesures de cette partition :
Anthoine de Bertrand - Vexilla Regis prodeunt

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Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF, augmentée de deux strophes tombées de l’usage romain, avec le texte à chanter pendant l’année, hors temps de la Passion & fête de la Croix.
Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF de O salutaris pour le temps de la Passion, sur l’air de Vexilla Regis.
 

 

Claudin de Sermisy – Magnificat octavi toni

Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la Chapelle royale, chanoine de la Sainte-Chapelle, de Notre-Dame-de-La-Rotonde de Rouen & de Sainte-Catherine de Troyes.
Magnificat octavi toni
5 voix mixtes (SATBB).
6 pages – 8ème ton (mode de sol).

Magníficat *
ánima mea Dóminum.
Mon âme magnifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus *
in Deo salutári meo.
Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : *
ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes.
Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : *
et sanctum nomen ejus.
Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies *
timéntibus eum.
Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : *
dispérsit supérbos mente cordis sui.
Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, *
et exaltávit húmiles.
Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : *
et dívites dimísit inánes.
Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, *
recordátus misericórdiæ suæ.
Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, *
Abraham et sémini ejus in sæcula.
Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, *
et Spirítui Sancto.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit,
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, *
et in sæcula sæculórum. Amen.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Surtout connu de nos jours par son abondante production de chansons françaises profanes, Claudin de Sermisy a laissé également une production de musique sacrée de grande qualité.

Ce Magnificat du 8ème ton est le dernier d’une série complète de 8 Magnificat sur les 8 tons d’Eglise. Sermisy alterne les versets selon deux formes : les versets impairs sont en faux-bourdon, les pairs en musique. Il y aura donc avantage à donner cet œuvre à deux chœurs séparés.

Voici l’organisation des versets pairs en musique :

  • Et exultavit : choeur à 4.
  • Quia fecit : en trio.
  • Fecit potentiam : chœur à 4.
  • Esurientes : chœur à 4.
  • Sicut locutus est : duo en canon.
  • Sicut erat in principio : grand chœur conclusif à 5 parties (avec une Quinta pars entre le Tenor & le Bassus).

Les premières mesures de cette partition :

Magnificat du VIIIème ton de Claudin de Sermisy

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Marc-Antoine Charpentier – In Nativitatem canticum (H. 414) – récitatif & chœur final des bergers

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
In Nativitatem canticum (H. 414)
récitatif & chœur final des bergers.
5 voix mixtes (SATBB), 2 dessus instrumentaux & basse continue.
5 pages.

Introduit par un récitatif de basse, le chœur final de l’oratorio de Noël H. 414 constitue un petit bijou de délicatesse pour le temps de Noël. Charpentier use ici de la tonalité de La majeur qu’il classifie comme « joyeux & champêtre » dans son tableau des énergies des modes.

L’exécution pourra se passer du récitatif de la basse & des deux dessus instrumentaux s’ils faisaient défauts, le chœur pouvant suffire dans une exécution avec orgue ou même a capella.

Les premières mesures de cette partition :

Marc-Antoine Charpentier - In Nativitatem canticum - récitatif de la basse (H. 414)

Le chœur « Salve puerule » :

Marc-Antoine Charpentier - In Nativitatem canticum - chœur Salve puerule (H. 414)

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Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF – La majeur (ton originel)
Cliquer sur ce lien pour ouvrir & télécharger la partition en fichier PDF – Sol majeur (un ton plus bas)
 

Vous pouvez écouter un enregistrement de cet oratorio de Marc-Antoine Charpentier sur YouTube (Les Arts Florissants sous la direction de William Christie) :
http://www.youtube.com/watch?v=ZOoGEm1tWQo

Guillaume Bouzignac (attr.) – Tu quis es ?

Musique attribuée à Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
Tu quis es ?
Motet à deux chœurs en l’honneur de saint Jean Baptiste, pour le temps de l’Avent – 8 voix mixtes (SATB/SATB) – première partie seulement.
4 pages – La mineur.

Voici une très étonnante composition de Guillaume Bouzignac, tirée du manuscrit Deslauriers de la Bibliothèque Nationale de France. Bouzignac dramatise le texte de l’évangile du troisième dimanche de l’Avent (Jean, I, 19-28), le transformant en dialogue haletant entre les juifs & saint Jean Baptiste, les brefs échanges entre les deux chœurs recevant encore plus de puissance par une écriture harmonique verticale & simple. On est bien ici en présence d’un mini-oratorio avant l’invention du genre.

Les premières mesures de cette partition :

Guillaume Bouzignac - Tu quis es - motet à saint Jean-Baptiste pour l'Avent

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Virgile Le Blanc – Conditor Alme Siderum – Hymne des vêpres de l’Avent

Attribué à Virgile Le Blanc (ed. 1592).
Conditor Alme Siderum – hymne de l’Avent, à vêpres.
4 voix mixtes (SATB).
1 page.

Conditor Alme Siderum est la fameuse hymne des vêpres de l’Avent dont la composition initiale remonte au IXème siècle. Dans les livres liturgiques anciens, sa mélodie est en général très clairement notée selon un rythme ternaire joyeux. C’est ce rythme ternaire qui est usuellement repris par les compositeurs polyphoniques. En voici un bel exemple, tiré des Paraphrases des Hymnes & Cantiques spirituelz pour chanter avec la Doctrine chrestienne, publié en 1592 à Lyon par le R.P. Coyssard, de la Compagnie de Jésus. La musicologue Denise Launay, qui a étudié cet ouvrage, attribue la paternité de la musique qui y est notée à Virgile Le Blanc. Ce livre de chants tient une position clef dans l’histoire de la musique sacrée catholique : c’est en effet l’un des tous premiers exemples que nous ayons d’une réaction musicale à la musique de la Réforme protestante au lendemain du Concile de Trente. Abandonnant résolument l’antique contrepoint, le compositeur écrit des harmonisations verticales, à la tournure populaire.

Notre adaptation conserve le ton ternaire le plus usuel du plain-chant à voix seule pour les strophes impaires de l’hymne, tandis que les strophes paires reçoivent l’harmonisation à 4 parties de Virgile Le Blanc.

Le ton original de Fa Majeur est un peu tendu pour les voix. On peut chanter en Mib Majeur, ou alors, réagencer les parties de sorte à chanter les 4 lignes dans l’ordre suivant : Ténor – Superius – Altus – Bassus, ce qui a pour effet de placer le chant liturgique au Ténor.

Le texte ici présenté est le texte antique de cette hymne, non celui corrigé par la Commission Médicéenne (dit « hymnaire d’Urbain VIII », lequel n’avait pas été reçu en France avant les éditions modernes du XXème siècle).

Les premières mesures de cette partition :

Virgile Le Blanc, Conditor Alme Siderum

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Domine, salvam fac Galliam – Prière pour la France du VIème ton royal

Arrangements Henri de Villiers.
Prière pour la France : Domine, salvam fac Galliam du VIème ton royal.
4 voix mixtes (SATB).
1 page – Sol Majeur.

Sous l’Ancien Régime, la prière pour les autorités publiques utilisait le dernier verset du Psaume 19 : Domine, salvum fac Regem, & exaudi nos in die qua invocaverimus te. L’Empire transforma ce verset en Domine, salvum fac imperatorem nostrum Napoleonem, la République en Domine, salvam fac Rem Publicam. Le XXème siècle a chanté également Domine, salvum fac gentem Francorum. Le texte que nous utilisons, Domine, salvam fac Galliam – Seigneur, sauvez la France était déjà en usage au XIXème siècle.

De tradition, ce verset est chanté le dimanche à la grand’messe à la fin de la communion (uniquement le dimanche à partir du XXème siècle), ainsi qu’aux saluts du Très-Saint Sacrement. Il a été psalmodié sur divers tons, les Vème & VIème tons ayant eu aux XVIIIème & XIXème siècles les plus grandes faveurs. Le VIème ton royal, ici présenté, est très populaire à Saint-Eugène, où il est chanté usuellement aux jours de fête & aux temps festifs (temps de Noël, de l’Epiphanie & de Pâques, fêtes doubles). Lorsque l’antienne de communion – qui dans la pratique précède ce verset – est également du VIème ton et que l’on est pas un jour ordinaire, on emploie le VIème ton ordinaire, qui est différent.

On a longtemps pensé que le ton royal était dû au roi Louis XIII, dont on savait les talents de musicien & de compositeur (Louis XIII est mort entouré de ses musiciens qui chantaient les psaumes en motets qu’il avait écrit). J’ai pourtant retrouvé ce ton de psalmodie, que la tradition appelle « ton royal », dans un petit manuel de processions de la Ligue du temps d’Henri III. Il est donc plus ancien à Paris que les tons dits « oratoriens » desquels il se rapproche (avec le changement de corde de récitation à l’hémistiche). Il est possible en tout cas que ce ton fut employé lors de la première procession du vœu de Louis XIII, un manuel de jésuites postérieur de quelques années appelle ainsi ce ton « les grâces du Roi ».

Voici le plain-chant du VIème ton royal sur lequel est établi ce faux-bourdon :

Domine, salvam fac Galliam - Prière pour la France du VIème ton royal

Le ton royal correspond assez bien au VIème ton du plain-chant ordinaire. Nous le donnons ici avec le fameux faux-bourdon traditionnel de Notre-Dame de Paris. Le rythme de cette prière pour la France s’inspire directement de celui utilisé par Charles Gounod dans sa Messe solennelle de sainte Cécile. D’autres solutions ont été utilisées du XVIIème au XIXème siècle pour la cadence finale.

Les premières mesures de cette partition :

 
Domine salvam fac Galliam sur le VIème ton royal
 

Dómine, salvam fac Gálliam : *
Et exáudi nos in die qua invocavérimus te. (ter).
Seigneur, sauve la France, *
Et exauce-nous au jour où nous t’invoquerons.
(trois fois)

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Domine, salvam fac Galliam – Prière pour la France du VIème ton royal
 

Mathieu Gascongne – O vere digna Hostia

Mathieu Gascongne (avant 1502 † 1552), chantre de la chapelle royale de François 1er en 1517-1518, prêtre du diocèse de Meaux, chapelain de Sainte-Marie-Madeleine de Tours.
O vere digna Hostia
Texte du roi Louis XII – 4 voix mixtes (SATB).
2 pages – Fa Majeur.

Ce O vere digna Hostia est tiré d’un motet plus long de Gascongne, Caro mea vere est cibus, dont il constitue la dernière partie, & qui fut publié par Pierre Attaignant en 1534. Le roi Louis XII, à la suite d’un vœu fait au cours des guerres d’Italie alors qu’il était en difficulté, composa ce texte, s’inspirant de l’une des strophes de l’hymne de Pâques Ad cœnam Agni providi. Il voulu le faire chanter à l’élévation de toutes les messes hautes du Royaume, conjoint à la strophe O salutaris Hostia qui avait été réglé à cette place par le roi Charles V. Cette décision fur entérinée par l’Assemblée du clergé de 1512. Le motet de Gascongne est donc probablement postérieur à cette date.

On ne sait que fort peu de choses sur Mathieu Gascongne, qui parait avoir été lié tôt à la Cour de France. Il aurait composé des motets pour le sacre de François Ier en 1515. Certains le font maître de chapelle de la cathédrale de Cambrai. Il a laissé neuf messes, des motets à 4 voix, 2 magnificat & des chansons à 3 voix. Adrien Willaert, fondateur de l’école de Venise, le tenait en très haute estime. Sa musique est typique du style polyphonique français du début du XVIème siècle. Son contrepoint use souvent du dialogue entre voix, qui peut-être annonce les motets à double chœur de la fin du XVIème siècle (qui seront justement un fleuron de Venise).

Les premières mesures de cette partition :
Mathieu Gascongne - O vere digna hostia

O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.

 
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Marc-Antoine Charpentier – Dixit Dominus (H. 197)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Dixit Dominus (H. 197).
4 voix mixtes (SATB) & basse continue.
11 pages.
Prélude instrumental (H. 197a).
1 page.
Partie de basse continue seule.
2 pages.
Parties restituées de dessus instrumentaux.
5 pages.

Ecrit par Charpentier dans la tonalité originale de sol mineur, soit « sérieux & magnifique » dans sa conception de l' »énergie des modes », ce splendide Dixit Dominus trouvera sa place aux vêpres aussi bien que comme motet durant la messe (par exemple pour la fête du Christ-Roi).

L’exécution de ce psaume 109 nécessite trois solistes (haute-contre, taille, basse taille). Notre partition identifie clairement les parties des solistes en mettant leur texte en caractères italiques, selon une pratique rencontrée dans l’édition parisienne au XVIIème siècle. L’écriture de Charpentier fait alterner les solistes & le chœur, selon les principes traditionnels de l’antiphonie.

Ce magnifique psaume a été très bien enregistré par les chantres & les pages du Centre de Musique Baroque de Versailles sous la direction d’Olivier Schneebeli (Marc-Antoine Charpentier – Vêpres de Saint-Louis).

Marc-Antoine Charpentier a écrit un prélude instrumental (H. 197a) pour cette partition. Nous avons aussi restitué de ce fait les parties instrumentales pour le reste du motet, en tenant compte des usages de l’époque en matière de doublures instrumentales.

Les premières mesures de cette partition :

Marc-Antoine Charpentier - Dixit Dominus (H 197)

 

 

Anonyme, Magnificat sur le ton royal

Magnificat sur le ton royal
Anonyme
, tradition de Notre-Dame de Paris.
4 voix mixtes (SATB).
3 pages – Sol Majeur.

Magníficat *
ánima mea Dóminum.
Mon âme magnifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus *
in Deo salutári meo.
Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : *
ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes.
Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : *
et sanctum nomen ejus.
Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies *
timéntibus eum.
Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : *
dispérsit supérbos mente cordis sui.
Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, *
et exaltávit húmiles.
Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : *
et dívites dimísit inánes.
Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, *
recordátus misericórdiæ suæ.
Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, *
Abraham et sémini ejus in sæcula.
Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, *
et Spirítui Sancto.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit,
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, *
et in sæcula sæculórum. Amen.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

On a longtemps pensé que le ton royal était dû au roi Louis XIII, dont on savait les talents de musicien & de compositeur (Louis XIII est mort entouré de ses musiciens qui chantaient les psaumes en motets qu’il avait écrits). J’ai pourtant retrouvé ce ton de psalmodie, que la tradition appelle « ton royal », dans un petit manuel de processions de la Ligue du temps d’Henri III. Il est donc plus ancien à Paris que les tons dits « oratoriens » desquels il se rapproche (avec le changement de corde de récitation à l’hémistiche). Il est possible en tout cas que ce ton fut employé lors de la première procession du vœu de Louis XIII, un manuel de jésuites postérieur de quelques années appelle ce ton « les grâces du Roi ».

Le ton royal correspond assez bien au VIème ton du plain-chant ordinaire. Nous le donnons ici avec le fameux faux-bourdon traditionnel de Notre-Dame de Paris (transcrit tant pour les notes que pour le rythme qui conserve les anciennes habitudes de déclamations accentuées des psaumes latins).

Les premières mesures de cette partition :
Magnificat sur le VIème ton ton royal

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Magnificat sur le VIème ton royal
 

Et voici une transcription de ce plain-chant traditionnel que nous avons réalisée : selon les usages traditionnels du plain-chant français, les valeurs des longues/brèves sont rendus par les grandes virgas/losangées.

Magnificat royal - plain-chant traditionnel français